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Patati et patatras !

 

Il était une fois une princesse. Elle était de taille moyenne et un peu maigrichonne. Elle était brune et ses cheveux étaient longs et ondulés. Ses yeux étaient en amande et de couleur verte. Elle avait un petit nez et des oreilles décollées. Son cou était long, sa bouche était petite, mais ça ne l’empêchait pas de parler. Elle s’habillait souvent avec un t-shirt blanc à manche longue avec un cheval dessus, un pantalon jaune pastel, des bottines marron clair, des bracelets brésiliens et un collier de perles multicolores. Son objet préféré était une pierre précieuse qu’elle avait toujours sur elle (c’était son objet porte-bonheur). Elle portait aussi un diadème à paillettes dorées avec un diamant au milieu. Elle se prénommait Parlette et avait 10 ans.

Mais elle avait un problème : la princesse parlait beaucoup et tout le temps… Ça lui posait de gros soucis ! A la bibliothèque, elle lisait tout à voix haute et prolongeait systématiquement toutes les phrases. Au cinéma, tout au long du film, elle faisait des commentaires. Lorsque ses parents faisaient un discours, elle répétait tout ce qu’ils disaient. Et à table, elle ne pouvait s’empêcher de raconter sa vie dans les moindres détails, et était donc toujours la dernière à finir son assiette…

Son rêve était d’aller à l’école, mais comme elle parlait tout le temps, elle était sûre que ce ne serait pas possible…

Il y a bien longtemps aussi, vivait un prince. Il avait le même âge que la princesse. Son père était roi de Seine-Saint-Denis. Ce prince s’appelait Bracassé. Il portait une armure en or avec des diamants qui changeaient de couleur. Il avait des yeux bleus, mais il était daltonien. Il habitait à Montreuil. Il possédait un portefeuille noir et un téléphone portable en or.

Son rêve était de devenir chevalier, mais il était trop maladroit pour en devenir un ! Cela lui posait aussi de gros soucis… Il se cognait tout le temps dans toutes sortes d’objets comme les bords de tables, les chaises, les poubelles, les poteaux… Dès qu’il portait quelque chose, comme des piles de livres, il le faisait tomber. Quand il dormait, il tombait souvent de son lit. Il trébuchait aussi sur tous les objets qui traînaient par terre : des crayons, des colles et même des paillassons !

Par un merveilleux après-midi ensoleillé, Bracassé fit tomber ses chaussures dans la Seine. Il décida alors d’aller à Décathlon. Il y rencontra un vendeur qui était plutôt bizarre… Celui-ci amena le jeune prince dans le rayon chaussures. Pendant que le vendeur lui montrait les différents modèles, Bracassé aperçut une petite fiole dépasser de sa poche. Car c’était en fait un sorcier, qui lui conseilla de prendre des chaussures dorées qui lui permettraient de ne plus être maladroit… Le prince rentra ensuite chez lui tout content.

Au même moment, parce qu’elle était trop triste de ne pouvoir accomplir son rêve, la princesse Parlette s’enfuit du château pour aller dans le bois de Vincennes. Elle s’assit sur un tronc d’arbre, puis se mit à pleurer, se disant qu’elle ne deviendrait jamais élève…

C’est alors qu’elle vit un petit écureuil courir vers elle. Elle lui dit :

« Viens petit écureuil ! »

Le petit écureuil se transforma alors en fée. Avec un grand sourire, celle-ci lui donna un chewing-gum.

« Il t’empêchera de parler, dit-elle avec un ton bienveillant.

– Merci, bonne fée ! Vous êtes si gentille, bonne fée ! L’autre jour, j’ai rencontré une fée que je croyais gentille, mais je vous préfère vous, parce que finalement, l’autre fée n’était pas si gentille que ça comparée à vous. Mais je croyais qu’elle était gentille… »

La fée, agacée, lui enfonça le chewing-gum dans la bouche, puis se retransforma en écureuil. Parlette rentra chez elle toute contente. Elle prépara son cartable, et se dit que le lendemain elle pourrait aller à l’école.

Le jour suivant, elle emballa son chewing-gum magique et se dirigea vers l’endroit où elle avait toujours voulu aller. Arrivée à l’école royale, la princesse remit le chewing-gum dans sa bouche et monta, sans parler, les escaliers pour rejoindre la salle de classe. Elle s’assit sur une chaise et se mit à mâcher bruyamment. La maîtresse s’en rendit compte immédiatement et lui dit d’un ton sévère :

« Va jeter ce chewing-gum ! On ne mange pas de sucreries en classe : c’est écrit dans les règles de vie ! »

Sous le regard étonné des autres élèves, la princesse, désespérée, partit dans la cour en pleurant.

Pendant ce temps, Bracassé se prépara pour aller au gymnase où se passaient les entraînements pour devenir chevalier. Il se dit que cette fois il allait réussir. Mais lorsqu’il passa la porte, il vit le professeur de sport lui dire d’un ton ferme :

« Enlève tes chaussures tout de suite ! On n’a pas le droit d’en porter dans le gymnase : c’est dans le règlement !

– Mais, mais… bredouilla le prince inquiet.

– Il n’y a pas de « mais » ! Soit tu retires tes chaussures, soit tu sors ! »

Le prince enleva donc ses chaussures magiques et commença l’exercice demandé, mais évidemment, il n’y arriva pas… Alors, il quitta le gymnase en pleurant et, déçu, alla jeter ses chaussures dans la poubelle de la cour. Là, il trébucha sur un caillou et s’écroula devant la princesse, qui le regarda d’un air ébahi.

C’est ainsi que la très bavarde princesse Parlette et le très maladroit prince Bracassé se rencontrèrent au milieu de la cour de l’école.

« Je ne pourrai jamais devenir chevalier, se lamenta le prince en percutant un arbre.

– Et moi je ne serai jamais une élève silencieuse… » se plaignit la princesse.

Puis elle continua à parler toute seule pendant 45 minutes.

Hélas ! Les quarante-cinq minutes étaient les dernières minutes de l’école. La sonnerie retentit. Parlette sortit de l’école en marchant tranquillement mais, toujours en parlant !

Tout à coup, elle entendit une cloche sonner et se rappela qu’elle avait rendez-vous chez le dentiste. Elle se mit à courir et entra dans le cabinet tout essoufflée. Elle fut étonnée de voir une remplaçante inconnue. Elle s’appelait Mme Incizive.

Parlette s’installa dans le fauteuil.

« De quelle couleur veux-tu ton appareil ma petite ?

– Doré ! Parce que c’est ma couleur préférée ! Parce que ça brille ! Et c’est joyeux, et….

– D’accord ! Maintenant ouvre la bouche ! Tu vas vite comprendre à quoi il te servira… »

Mme Incizive se mit à utiliser plein d’instruments qui font peur. Après quelques instants, Parlette se retrouva avec un bel appareil doré.

Cet appareil était magique mais elle ne le savait pas encore : seuls les mots intéressants allaient sortir de sa bouche.

 

 

Le prince, après sa rencontre avec l’arbre, était tombé dans les pommes. Au bout de quarante-cinq minutes, la sonnerie retentit. Il sortit de l’école pour rentrer chez lui. Sur son chemin, il vit un panneau publicitaire annonçant un nouveau jeu vidéo de chevaliers. Plein d’enthousiasme, il se mit à courir vers la salle de jeux la plus proche. Il s’emmêla les pieds dans le tapis rouge de l’entrée et, après un vol plané « viiiouuuu », pour une fois bien réussi, atterrit comme une crêpe « PLAF ! » contre la porte d’entrée de la salle.

Il rentra en se frottant la tête. Il prit le jeu vidéo puis alla s’asseoir. Mais le fauteuil avait des roulettes… Et le fauteuil roula avant qu’il n’ait eu le temps de s’asseoir. On entendit un gros « boum ». Il reprit un autre siège et s’assit (car cette fois, il n’y avait pas de roulettes). Il lança le jeu vidéo qui s’appelait Chevaliers extrêmes. Comme prévu, il perdit. Il tapa sur l’écran, tout énérvé. Tout à coup, un personnage du jeu s’approcha de l’écran et dit :

« Ça ne va pas de taper comme ça !

– Qu…que…quoi ?

– As-tu un problème ? Tu as l’air triste, je peux faire quelque chose pour toi peut-être…

– Oh… Merci infiniment !»

Et Bracassé lui raconta son histoire. Le chevalier fut très touché et décida de l’aider. Il arracha une plume de son casque, passa la main à travers l’écran et la lui donna. « Cette plume est magique, garde-la toujours sur toi. » Le prince la mit dans sa poche et rentra chez lui tout content.

Le lendemain matin, Bracassé retourna à l’école avec sa plume magique. Puis il arriva dans la cour sans se cogner et il sortit ses affaires d’entraînement sans les faire tomber. Il accrocha sa plume magique et réussit toutes les épreuves.

L’entraîneur lui dit : « Tiens, aujourd’hui, tu ne tombes pas, tu ne te cognes pas.

– J’essaye de faire attention… »

L’entraînement se passa si bien que l’entraîneur décida de le sélectionner pour passer le concours de chevalier de 1ère année.

 

Le lendemain, Parlette alla à l’école. Elle entra en classe. La maîtresse dit : « Nous allons faire des maths. Quelqu’un peut venir au tableau nous expliquer comment poser une addition ? » Parlette leva la main, mais sans parler cette fois. La maîtresse était très étonnée. Alors elle l’interrogea. Parlette alla au tableau et plein de mots intéressants sortirent de sa bouche. Elle retourna à sa place et se demanda comment elle avait fait pour ne pas dire de mots inutiles… C’est là qu’elle comprit la dernière phrase de Mme Incizive et que son appareil était magique.

Maintenant Parlette va à l’école. Bien sûr, elle ne parle que quand il le faut : pour poser des questions, pour passer au tableau et pour le travail en groupe… Elle s’est fait plein de nouveaux camarades de classe car elle est devenue intéressante. Désormais, elle commence une nouvelle année auprès de sa nouvelle maîtresse qui s’appelle Mme Paloma.

 

De son côté, Bracassé s’entraîna et s’améliora toute l’année. Le jour du concours arriva enfin. Après plusieurs épreuves réussies, il arriva à la joute finale.

Le lendemain matin, en buvant son thé tranquillement, il entendit à la radio qu’il allait y avoir beaucoup de vent. Il sortit de chez lui avec sa plume magique dans sa poche. Au moment de l’épreuve qu’il attendait depuis si longtemps, il accrocha sa plume sur son casque. Quelques minutes plus tard, un gros coup de vent lui arracha sa plume. Il cria mais décida quand même de passer l’épreuve. Ce fut une catastrophe : il tomba de son cheval avant même que l’autre ne le touche ! Puis il alla dans un coin de la cour et pleura. Quelques minutes plus tard, Parlette, qui avait assisté à la finale, alla le voir.

« Ne sois pas triste. Tu as fait de ton mieux et tu es arrivé en finale.

– J’ai râté ma dernière épreuve, parce que j’ai perdu ma plume magique…

– Ah ? Toi aussi tu as besoin d’un objet magique ? J’ai un appareil dentaire qui m’aide à ne dire que des mots intéressants. Mais un jour, j’essaierai de l’enlever pour m’améliorer toute seule. L’important, c’est d’essayer de réaliser ses rêves. »

 


Avec la classe de M. Durremberger : Yunus A, Yanisse Ali B, Anissia B, Alice B, Audren C, Melchior F, Lilas G, Leandro, Felix G, Marcello G, Nina I, Veska IA, Ramy Zakhari K, Fanny M, Alfred N, Joséphine O, Riyad O, Saviour R-L, Hailey S, Angèle V, Fernando Ricardo Z.

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