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Passagers clandestins : Laura Huertas Millán : Voyage en la terre, autre­ment dite

[Paris • France]

 

Projection et dis­cus­sion avec l’artiste autour de son film.

 

Accompagnant les conquê­tes impé­ria­les, les récits de voya­ges d’explo­ra­tion natu­relle et eth­no­gra­phi­que par­ti­ci­pent à l’inven­tion des ter­ri­toi­res colo­ni­sés. La récur­rence de cer­tains tropes, une dra­ma­tur­gie pres­que géné­ra­li­sée qui laisse surgir ce monde nou­veau pour les Occidentaux, laisse per­ce­voir à quel point les atten­tes des voya­geurs impé­riaux façon­nent leur objet.

 

Voyage en la terre autre­ment dite se base sur un corpus large de ces récits d’explo­ra­tions et s’inter­roge sur la per­sis­tance des ima­gi­nai­res exo­ti­sants dans le cinéma contem­po­rain. Il est entiè­re­ment tourné dans le huis clos d’une serre équatoriale à Lille, cons­truite en 1970 par l’archi­tecte Jean-Pierre Secq. Tout comme il reve­nait aux « eth­no­lo­gues en fau­teuil » (arm­chair eth­no­lo­gists) de cano­ni­ser un savoir sur les terres colo­ni­sées et leurs habi­tant.e.s, l’ima­gi­naire des Amériques se com­pose ici au tra­vers de récits qui pré­fi­gu­rent le regard. Le film inves­tit cet ima­gi­naire et vient aus­si­tôt le dés­ta­bi­li­ser en intro­dui­sant des déca­la­ges, des camou­fla­ges et des irri­ta­tions, mineu­res et majeu­res.

 

Laura Huertas Millán (1983) est une artiste et réa­li­sa­trice franco-colom­bienne. Elle est diplô­mée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy et détient un doc­to­rat d’art et de créa­tion por­tant sur les fic­tions eth­no­gra­phi­ques (ENS Ulm, Beaux-Arts de Paris). En 2014 elle a été cher­cheuse invi­tée au Sensory Ethnography Lab. Entre 2014 et 2017, elle a été cher­cheuse invi­tée au Film Study Center de la Harvard University. Ses films sont dif­fu­sés au cinéma et dans des ins­ti­tu­tions artis­ti­ques. Son der­nier film, Sol Negro (2016) a été récom­pensé au FIDMarseille (France), à Doclisboa (Portugal) et au Fronteira Film Festival (Brésil). Les tra­vaux de Laura Huertas Millán entre­la­cent les genres, mêlant docu­ments et dif­fé­ren­tes formes de fic­tion. Utilisant l’écriture comme une exten­sion de sa pra­ti­que ciné­ma­to­gra­phi­que, elle a récem­ment publié dans Spike Art Quarterly en col­la­bo­ra­tion avec Raimundas Malasauskas.