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[Les Lilas • France] 
Dans le cadre de lundi de Phantom, Ismaïl Bahri prolonge sa réflexion entamée depuis le début de sa résidence à l’Espace Khiasma, et met en partage de nouvelles recherches vidéographies gravitant, notamment, autour de projections, d’écrans, d’ellipses et de « films à blanc ».

« Filmer à blanc », c’est produire des images à partir d’un dispositif de captation « élémentaire » – par sa simplicité, mais également son rapport aux « éléments », dans le sens atmosphérique du terme. Il s’agit d’un système de caches en papier blanc de différentes formes et grammage placé devant l’objectif de la caméra, et que le vent soulève par intermittence. Il en résulte des tremblés d’intensités variables, des palpitations de lumières, une microdramaturgie de l’apparition et de la disparition. C’est aussi susciter un questionnement social à partir de formes artistiques.

Ismaïl Bahri revient en effet sur les implications d’une expérience telle que « filmer à blanc » une manifestation advenue lors d’un tournage en Tunisie. Opposant à l’« événement à ne pas rater » un dispositif de ratage délibéré, l’enjeu est de s’extraire du flux en temps réel, caractéristique du régime médiatique de l’image, et se placer dans un rapport désynchronisé. Faire en sorte que la captation n’épouse pas la vitesse de l’événement, c’est éviter que celui-ci ne se dilue dans son propre mouvement et le donner à voir par ses marges, tel qu’il se projette en débords d’écran…