rester-etranger.fr/ — À la source de l’antenne Rester. Étranger  un agencement sonore instable. Notre performance continue dans l’espace commun de la ménagerie de verre.  Des plateaux et des conques à l’air translucide où le destin du son reste à jamais indéterminé. Tantôt ralenti dans son élan par l’épaisseur de la lumière filtrée. Tantôt (...)rester-etranger.fr/ — À la source de l’antenne Rester. Étranger  un agencement sonore instable. Notre performance continue dans l’espace commun de la ménagerie de verre.  Des plateaux et des conques à l’air translucide où le destin du son reste à jamais indéterminé. Tantôt ralenti dans son élan par l’épaisseur de la lumière filtrée. Tantôt tourné en bourrique par l’affluence soudaine d’une nouvelle voix.
Nous avons pris connaissance des routes critiques qui mènent en France. Mais comment arrivons-nous dans la langue française ? Lorsque le dialogue a été brisé par les déroutes géopolitiques il est honorable d’écrire. De poser sur le seuil du langage un tapis de tendresse. Tissé à partir de nos pages disparates. Cela explique les irrégularités. Les dissonances. Les assonances. L’agencement des motifs poétiques parfois isolés de leur séquence. Cela explique l’hésitation assumée à accomplir la symétrie tant attendue. Rester. Etranger. Trouver dans la forme d’un livre. L’hospitalité absolue dans la langue.
Le projet «Rester. Etranger.» a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques (FNAGP) qui lui a apporté son soutien.
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Horrible trouble

[Paris • France]

 

Déni des mains assemblées. Mains divorcez. Mains partez. Mains dérapez. Mains échouez dans des digressions d’encre. Mains provoquez les boursouflures des paragraphes. Des passages raturés sous le pouce. Mains faites page dense et insensée. Illisible dans la mêlée des dates. Des gris anthracite. Des flous et des glauques. Mains d’humeur vespérale. Mains infusez vos astres. Mains induisez.

 

La paume est sèche. Ferme. Je sens ses lignes de vie contre les miennes.

«Horrible trouble», séquence 7 de l'antenne «Rester. Etranger».
Avec Abdellah Ismail, Hassan Abdallah, Abdulaziz Abdulkarim, Omar Haruone Aboubakr, Masri Omar et Hussein Abdallah.
Le projet «Rester. Etranger.» a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques (FNAGP) qui lui a apporté son soutien.

[Paris • France]

 

Un message pour ton peuple

 

Il se trame entre nous une espèce de famille. Soudaine et irrégulière elle habite toutes les fractures ostensibles et les interstices démodés. Elle s’organise dans les transitions. Elle est transition. Entre un intérieur et un extérieur qui partitionnent notre societé. Elle est le relais. Elle est mère. Elle est fils. Elle est Bonjour les amis. Elle résilie les chimères des identités assignées. Elle est pays.

«Wei Niré Eta», séquence 6 de l'antenne «Rester. Etranger».
Avec Hassan Abdallah et Omar Haruone.
Le projet «Rester. Etranger.» a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques (FNAGP) qui lui a apporté son soutien.

19 ans aujourd’hui

[Lyon • France]

 

Séquence#5 : 19 ans aujourd’hui

Avec Julien Abbes, Lucie Pavy, Rita Rochdi et Denis Mariotte

 

« Je préfère m’intéresser à ce qui m’entoure. Le point de vue de l’autre. Etre métisse c’est vivre sa mixité. Pour moi, c’est une chance. Ce problème d’étiquettes ça ne me va pas. C’est ma vie. On m’a mis dedans. C’est ce que ma maman me dit. Je ne serai jamais de la couleur locale ».

Lucie Pavy, 19 ans aujourd’hui

 

www.rester-etranger.fr

Antenne Rester. Étranger.
Séquence 1 : Je vole
Séquence 2 : C'est relou
Séquence 3 : Qu'on enlève. Qu'on déchire pour manger.
Séquence 4 : Chaud comme la pluie
Séquence 5 : 19 ans aujourd'hui

Chaud comme la pluie

[Paris • France]

 

La quatrième séquence, Chaud comme la pluie, diffracte plusieurs moments de la permanence à la Ménagerie de Verre. 

 

Le corps s’avance pour être prioritaire et il a raison. 

Le corps que j’ai abandonné ou qui s’est abandonné ou qui m’a abandonné. 

Celui-là je le ramasse parce que mon âme est à l’intérieur.

 

http://rester-etranger.fr/

Antenne Rester. Étranger, dirigée par Barbara Manzetti
séquence #1 : Je vole

séquence #2 : C'est relou

séquence #3 : Qu'on enlève. Qu'on déchire pour manger.
séquence #4 : Chaud comme la pluie

Qu’on enlève. Qu’on déchire pour manger.

[Paris XIè • France]

 

Dans la troisième séquence on enlève le cellophane. Qu’on déchire pour manger

Des scènes en temps réel. Drôle d’expression n’est-ce pas. Comme si le temps ne l’était pas à chaque instant. Réel. Pour tout vous dire je crois entretenir un problème de fond avec cet instant. Au cours duquel je me pose la question. Est-ce là. Maintenant. La réalité ? 

Antenne Rester. Étranger à la Ménagerie de verre
séquence #1 : Je vole
séquence #2 : C'est relou
séquence #3 : Qu'on enlève. Qu'on déchire pour manger.
_
avec la contribution de:
Tanguy Nédélec
Pascaline Denimal
Viviana Moin
Charlotte Imbault
Helena
Et avec nous, les étrangers.

[Paris XIè • France]

 

La deuxième séquence, C’est relou, conjure mot à mot notre peur de la langue pointue.
Une nouvelle peur surgit. Très personnelle. Elle côtoie la première. Celle de ne pas être capable de prononcer les textes que j’écris dans la langue apprise.

 


Il ne faut pas avoir peur de ne pas comprendre

Parfois tu baignes dans la langue française
Comme un enfant dans la langue maternelle

Si je pousse la porte.
La peau de mon visage.
Se colle aux autres peaux.
Lustrées par l’usage.
J’admire les postures harmoniques.
Les manches retroussées. Les regards biaisés. Les sourires.
Et les mains qui s’affairent.
J’admire les pupilles noires saillantes.
D’autres regards opaques.
Et la corpulence mythique des migrants regroupés.
Rescapés des naufrages que l’on sait.
Assurés à présent aux écrans.
Leurs vestes paraissent toutes délavées.
Tellement leurs visages rayonnent.
De beauté.
Ou simplement de l’habitude qu’ils ont adoptée à cette survivance.

Antenne Rester. Etranger à la Ménagerie de verre
séquence #1 : Je vole
séquence #2 : C'est relou
séquence #3 : Qu'on enlève. Qu'on déchire pour manger.
_
avec la contribution de : Audrey Gaisan Doncel, Chloé Schmidt, Bartolomeo Terrade, Eric Yvelin, Marian del Valle, Renaud Golo, Denis Mariotte et Hélène Hiratchet.
Et avec nous, les étrangers.

[Paris XIè • France]

 

La première séquence, Je vole, a été enregistrée et montée dans l’ignorance des codes et des techniques radiophoniques. Au sein du lieu au métabolisme aquatique. Un lieu comme une personne. Infatigable. Secoué par les frissons. Les spasmes. Les crissements. Les élans des artistes qui l’assiègent. Le contenu est parlé dans une langue française pas toujours maternelle. Mais systématiquement freinée. Maternée. Qui dit. Tu ne m’es pas étranger. Tu es. Peut-être. Mon fils. Tu es. La colonne vertébrale. Par ta seule présence. Tu enracines les mots. Qui s’étaient égarés. Dans mes pourparlers. 

Antenne rester. étranger à la ménagerie de verre
séquence #1 : Je vole
séquence #2 : C'est relou
séquence #3 : Qu'on enlève. Qu'on déchire pour manger.
_
avec la contribution de : Audrey Gaisan Doncel, Chloé Schmidt, Bartolomeo Terrade, Eric Yvelin, Marian del Valle, Renaud Golo, Denis Mariotte et Hélène Hiratchet.
Et avec nous, les étrangers.

Entretien avec Barbara Manzetti : Rester. Étranger.

[Les Lilas • France]

 

En résidence à La Ménagerie de Verre en 2017, Barbara Manzetti développe un travail d’écriture en collectif avec Tanguy Nédelec et Barbara Coffy. Danseuse et chorégraphe de formation, Manzetti s’attache à figurer le mouvement d’un corps sans présence, que l’écriture soit un chemin, un parcours ou sa trace, un récit d’un trajet, d’une arrivée, d’une entrée dans la langue, le français, « on fait cours de français ». Une rencontre sans visage, des voix sans corps. Apprendre pour rester, réapprendre, « jardiner », toujours étranger.

 

« Quelque chose se passe en hiver je l’espère. Cet hiver-ci dans lequel nous entrons à force d’abstinence. La focale est ouverte et le lumière est entrée. L’obscurité aussi a eu sa place. Une alternance des deux est toujours souhaitable pour alimenter les contrastes. Aussi tu ne peux pas te rendre compte de la nature miraculeuse de ta présence. Ici même ta voix maintenant. Pour te dire comment la matière dépasse le sens qu’on voulait lui donner. Ce dépassement qui se produit lorsque tu rentres. J’appellerais cela danser. »

 

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Enregistré à Khiasma le 10 février 2017
Entretien entre Barbara Manzetti et Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles