— Fortement attachée aux formes de l'oralité dans l'art, l'Antenne Relectures est un espace d'expérimentation pour des pratiques live dans les écoles d'art : pratique du son et formes hybrides intégrant la musique, la parole, la performance. Tout en nourrissant le temps fort annuel du Festival Relectures fin septembre à (...) — Fortement attachée aux formes de l'oralité dans l'art, l'Antenne Relectures est un espace d'expérimentation pour des pratiques live dans les écoles d'art : pratique du son et formes hybrides intégrant la musique, la parole, la performance. Tout en nourrissant le temps fort annuel du Festival Relectures fin septembre à l'Espace Khiasma, des workshops et des soirées de présentations publiques alimenteront la R22 Tout-Monde des productions de performances, de pièces sonores, d'émissions radio, de masterclass avec des auteurs et autres artistes.
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Lectures de « Miettes » et de « Elle regarde passer les gens »

Deux orfèvres du fragment, deux livres rares des Editions Verticales. Deux manières de découper le temps, de fabriquer de l’Histoire et des histoires, de l’anonyme et du commun, l’imaginaire d’une époque.
Lectures suivies d’une conversation avec Olivier Marboeuf.

 

Miettes de Philippe Artières
«Relire trente-cinq ans après leur parution les petites annonces de «Sandwich» – l’éphémère supplément de Libération –, y chercher les miettes de l’année 1980, c’est ce que j’ai entrepris de faire, ciseaux à la main. Découper une colonne, fureter dans une double page, éplucher de bout en bout une rubrique ou procéder par collages subjectifs. Autant d’expériences de lecture qui ont fait naître ce recueil protéiforme. Aux petites annonces s’ajoutent des bulletins météo ou des relevés sismiques de la même période. À travers ces événements de faible intensité, je fais le pari rêveur de revisiter un segment de notre histoire si proche et si lointaine. En captant le grain le plus fin de ce qui s’est passé et qui toujours échappe. En enregistrant ce petit rien qui fait pourtant l’épaisseur de nos vies.»

 

Elle regarde passer les gens d’Anne-James Chaton
«Elle reproche aux habitants de l’immeuble de l’espionner. Elle révèle des matières. Elle fait surgir des formes. Elle façonne des idées. Elle se fait tout voler. […] Elle doit fuir. Elle retournera à Paris. Elle y a des amis. Elle part pour la Suisse. Elle est arrêtée à la frontière. Elle n’a pas de papiers. […] Elle est de retour à New York. Elle danse. Elle parle. Elle choque. Elle a dû écourter son programme. Elle fait le bilan. Elle a perdu beaucoup d’argent. […] Elle soupçonne quelque chose. Elle ne lui fait pas confiance. Elle se méfie de cette Mary. Elle tourne autour de John. Elle lui plaît. Elle n’est pas la seule.»

Derrière ce «Elle» à identités multiples se cachent treize destins de femmes ayant marqué l’imaginaire du XXe siècle. Les vies de ces célébrités anonymes, saisies au plus près de leur quotidien, se chevauchent en une biographie sans temps mort qui réinvente l’épopée de notre modernité.

Lectures de « L’Amour, accessoires » et de « Deux fois né »

[Les Lilas • France]

 

Deux nouveautés de deux petits nouveaux chez Verticales. Deux regards décalés, drôles et incisifs sur les identités contemporaines. Deux tentatives de garder le cap au cœur d’un monde qui doucement tangue et prend l’eau. Deux lectures autour de l’art de trouver son chemin en se perdant quand même un peu.

 

L’Amour, accessoires de Fleur Breteau
Dans ce récit documentaire, Fleur Breteau nous fait découvrir un lovestore de l’intérieur. Avec sa bienveillante ironie, elle alterne portraits de clients, mode d’emploi de sextoys et chronique de sa propre existence où surgit la figure d’une sulfureuse arrière grand-tante. On est touché par le regard acéré et vivifiant, jamais impudique, de cette femme qui a le goût des autres et abhorre la « pensée sexuelle unique ».

 

Deux fois né de Constantin Alexandrakis
Ce récit autobiographique part d’un malentendu. Courant 2011, Constantin Alexandrakis apprend que son père, prétendument mort, n’a tout simplement jamais su qu’il avait un fils. Cette révélation le conduit à Athènes, sur les traces du « Géniteur », un sexagénaire peu coopératif sinon fuyant. L’enquête généalogique se mue peu à peu en quête existentielle. En chemin, l’auteur aura évoqué son initiation à la mythologie antique et au grec moderne, ses crises de démangeaison, l’obtention d’un CAP de charpentier, mais aussi la visite d’un dispensaire autogéré à Thessalonique, un séjour sur l’île rebelle d’Ikaria et les liens hallucinatoires du peyotl mexicain avec l’art de la mètis chère à Ulysse.

[Les Lilas • France]

 

Les « Pratiques du hacking » réunissent un groupe* de recherche autour du hacking comme forme emblématique de notre époque. Émanant de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne, elles questionnent depuis 2016 les pratiques artistiques irriguées par l’esprit hacker qui frappe toutes les strates de notre société.

 

Sous la forme d’une conversation ouverte et à l’appui de documents, une partie des membres du groupe  traverse les recherches passées et en cours, présente quelques pistes de travail et partage publiquement ses interrogations sur ce que Pascal Nicolas-le Strat a appelé la « recherche de plein vent »**.

 

Cette soirée est appréhendée comme une étape particulière de travail où la recherche s’envisage hors du terrain habituel du chercheur, à découvert et hors sol. Entre autres questions qui apparaitront au gré des échanges : la situation paradoxale que les Pratiques du hacking soulèvent dans le cadre institutionnel de l’école, l’écart entre les attentes de la recherche et ce que les membres du groupe cherchent déjà en tant qu’artistes et praticiens de la théorie, et les horizons incertains où toute recherche de plein vent nous mène nécessairement.

 

Pour cette soirée, le groupe de recherche invite David-Olivier Lartigaud, professeur spécialisé en théorie et pratiques numériques à l’ESAD Saint-Étienne et à l’ENSBA Lyon. En 2015, il a été co-commissaire avec Samuel Vermeil de l’exposition « A-T-T-E-N-T-I-O-N » à la Biennale Internationale Design Saint-Étienne et co-commissaire en 2013 avec François Brument de l’exposition « Singularité » pour cette même biennale. Il a dirigé l’ouvrage ART++ paru aux éditions HYX (Orléans) en 2011 et Objectiver (éditions Cité du Design-ESADSE) en 2017. Il est docteur en Art et Sciences de l’Art (Esthétique) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

*Le groupe «Pratiques du hacking» regroupe Pierre Akrich, Fabrice Gallis, Tamara Lang, Karine Lebrun, John Lejeune, Jan Middelbos, Julie Morel et Stephen Wright. Seront présents à Khiasma : Karine Lebrun (artiste, enseignante EESAB site de Quimper et coordinatrice des « Pratiques du hacking »), Tamara Lang (étudiante EESAB site de Quimper), Pierre Akrich (artiste), Jan Middelbos (artiste, ouvrier-technicien de plateau et doctorant en esthétique).

Morceaux de vie

[Paris IIIè • France]

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’actrice Garance Clavel nous a lu « Morceaux de vie » le parcours de vie d’une femme établi par Frank Smith dans le cadre de sa résidence d’écriture à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales (France) (Pierrefitte-sur-Seine) en 2014-2015.

« Dans l’écriture, il n’y va pas de la manifestation ou de l’exaltation du geste d’écrire ; il ne s’agit pas de l’épinglage d’un sujet dans un langage ; il est question de l’ouverture d’un espace où le sujet écrivant ne cesse de disparaître » , dit Michel Foucault, au cours d’une conférence consacrée à la notion d’auteur en 1970 à l’université de Buffalo, New York.
Je ne suis pas l’auteur des lignes que Garance Clavel va vous lire. A la limite, je ne les ai pas écrites, elles se sont écrites. Quelqu’un a parlé, et je dis qu’importe que quelqu’un ait parlé.

Lecture : Garance Clavel
Commentaire : Frank Smith
Mix : Mathis Berchery

[Les Lilas • France]

 

Non loin du Précheur, en Martinique, près de la rivière Sèche, il y a une grosse roche, immense bâtiment, que l’on voit depuis la route… Le tombeau des Caraïbes. Le bouche-à-oreille dit de la légende que les hommes recouverts de roucou, auraient sauté ensemble, dans le vide depuis le haut de la roche, pour fuir le futur des hommes garnis de dentelle. La chute, avant le suicide vaporeux. On a cherché sans retrouver d’ossements. C’est la voix sans visage d’un film et des bribes d’images qui apparaissent. Dans le ciel, c’est un début et une piste, depuis le drone qui survole cette roche, debout au milieu de la carrière de sable…

 

Né en 1986. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école des beaux arts de Caen, du post-diplôme des beaux arts de Lyon, du Studio national des arts contemporain – Le Fresnoy à Tourcoing. Il est représenté par la galerie Doyang Lee à Paris. Son travail a fait récemment l’objet d’une exposition personnelle au Frac Basse Normandie à Caen (2015), au centre d’art contemporain de Juvisy sur Orge, à la galerie Doyang Lee à Paris (2013), à la fondation Sandretto Re Rebaudengo à Turin (2012). Suite à sa résidence au centre d’art La Galerie à Noisy le Sec, il a participé à l’exposition collective intitulée Scroll infini, en 2015. Ses projets en 2016 incluent : résidence Orange Rouge (Seine Saint Denis), Contre-Formes exposition collective au Centre Dramatique National de Caen, exposition personnelle à la Galerie Doyang Lee, seconde biennale de Kampala (Ouganda)…

Regarde ta jeunesse dans les yeux – Une histoire de la naissance du hip-hop français (1980-1990)

Vincent Piolet dessine la cartographie de la naissance du rap et de la culture hip hop en France durant les années 80. Portée par les témoignages d’acteurs de ce mouvement et accompagnée d’extraits sonores, images et anecdotes fascinantes, cette conférence foule un territoire bien moins connu et documenté que les décennies suivantes qui verront l’éclosion d’un mouvement artistique et économique phénoménal. En parcourant les chemins de son livre Regarde ta jeunesse dans les yeux (éditions Le mot et le reste, 2015), Piolet revient aux racines culturelles de la culture hip-hop française des premières heures, ses lieux, ses aspirations et ses modèles, entre insouciance et culture « zulu », identité et mimétisme, banlieues et Paris.

[Les Lilas • France]

 

Contre « l’encastrement » institutionnel dont sont victimes selon lui les enfants autistes, Fernand Deligny, éducateur et poète, les accueille à partir de 1968 dans les Cévennes, dans un lieu de vie et des espaces au sein desquels ils peuvent librement circuler. Ces enfants, selon lui, sont simplement « mutistes », dans la mesure où ils refusent notre langage. Afin d’entrer en communication avec eux, les éducateurs le suivent dans leurs pérégrinations et reportent consciencieusement sur le papier les « lignes d’erre », tentatives de captation de ce qui constitue leur manière d’être au monde. Ces cartes, aussi splendides que fragiles, nous offrent une autre conception de l’espace et de ce qui l’anime.

 

Julien Zerbone est historien de l’art et critique d’art, il collabore notamment aux revues 303, Critique d’art et 02. Intéressé aux relations entre art et histoire politique et sociale, aux problématiques de l’art et du monde du travail et de la culture populaire, il met en place des cycles de rencontres et de conférences dans différentes structures de la région nantaise (maison des arts de Saint-Herblain, FRAC Pays de la Loire, Site Saint-Sauveur de Rocheservière..). Il intervient par ailleurs dans le cadre de projet tuteurés au sein du Département Histoire de l’art de l’Université de Nantes.

Alien(s)kin : Queer other other lands of here

Alien(s)kin: Queer other Other Lands of Here est une performance poétique audiovisuelle qui traite du pouvoir d’action de la « POC » (‘Person of Colour’) queer, depuis les marges supposées, comme disruptions des récits et chrono-géographies dominants. Se jouant des limites et frontières, un oeil sur « l’espace » comme lieu de réalisation et de création de zones alternatives d’espace/temps — des zones où les récits alternatifs respirent et sèment des géographies transitoires.

 

Jamika Ajalon est une artiste pluridisciplinaire qui travaille de nombreux médiums indépendamment mais aussi en fusion, incorporant textes écrits et parlés, sons, musiques et visuels. Nomade, elle grandit aux Etats-Unis avant de vivre de nombreuses années en Europe, notamment au Royaume-Uni et en France. Au fil de voyages, notamment dans divers pays d’Afrique, elle a rencontré et collaboré avec d’autres artistes et universitaires qui récusent les « frontières », externes comme internalisées, et sèment des graines. Fan de science-fiction, elle a toujours considéré « l’espace » comme un lieu de réalisation et de discussion des futurs possibles. Ses publications et performances ont été diverses. Elles incluent une série d’anti-conférences audiovisuelles explorant la mémoire et la subjectivité nomade au travers d’un prisme « afrofuturiste ». Le long de sa route, elle a eu le plaisir de performer, enregistrer, tourner, publier et exposer/projeter son travail à Vienne, Londres, Berlin, en Afrique du Sud, au Sénégal, à Kampala, à Paris…

 

www.jamikaajalon.com

https://www.facebook.com/jamikaajalon.artistpage

[Les Lilas • France]

En 1974, pour son inauguration, une fondation d’art à Vaduz demande un texte au poète Bernard Heidsieck. Embarrassé par cette commande (que dire d’une ville inconnue du Liechtenstein ?), c’est en tournant autour de son sujet que celui-ci finit par le trouver. Il prend une carte et trace une série de spirales concentriques. Tourner autour de Vaduz, vouloir parler de tout ce qu’il y a en dehors du plus petit du monde devenu son centre, recopier toutes les ethnies du globe, exposer dans un tourbillon de langues la richesse des peuples ; tel est le défi de Vaduz.

Dans cette conférence ponctuées d’extraits de performance, Hafida Jemni et Philippe Di Folco, tous deux proches du poète disparu en 2014, reviennent sur la genèse de cette œuvre emblématique et sur le parcours d’un poète qui dédia sa pratique à la performance et à l’expérimentation, sortant le texte du livre pour ouvrir la voie de la poésie sonore contemporaine.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivit à Khiasma : à 18h30,Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny puis, à 20h30,Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

[Les Lilas • France]

Pays des Amazones, royaume du prêtre Jean, terre de Barbarie… racontées, fantasmées, recherchées à travers le globe en des temps plus ou moins reculés, les contrées rêvées des voyageurs ont longtemps hanté les songes et les récits des grands voyageurs. Ces terres nimbées d’une aura mystérieuse, entourées de légendes ou totalement mythiques, prennent aussi bien la forme de continents : le Gondwana, l’Atlantide ou Mû, d’îles comme celle de Cythère, de pays telle la Colchide où repose la Toison d’or, sans oublier les royaumes comme celui des Cimmériens que l’on dit ténébreux…

Cet Atlas invite à une exploration de ces contrées rêvées, dans le compagnonnage des grands explorateurs du 16e siècle, mais aussi des poètes, polygraphes et érudits, de tous les temps. À partir des cartes et des récits qu’il y a rassemblés, Dominique Lanni propose à notre jeune public une « conférence contée » sous forme de carnet de voyage imaginaire.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivi à Khiasma : à 17h, conférence d’Hafida Jemni et Philippe Di Folco, « Autour de Vaduz » ; à 18h30, Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny ; puis, à 20h30, Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

[Les Lilas • France]

 

Liant art contemporain et poésie, glossolalie 2011-(…) est une oeuvre multiforme et plurilingue qui construit un récit — une épopée — poétique et plastique dans les 7000 langues de la planète. l’oeuvre-récit s’invente langue après langue, et doit son existence même dans ce passage d’une langue à une autre. elle n’existe que parce qu’elle crée un espace d’écriture qui est un seuil : celui où se rejoignent la nature propre de chaque langue et celle de l’auteur au moment où il écrit.

Son objet est de dire le monde dans/selon l’ensemble de ses langues. dire le monde, c’est travailler un large spectre de modes d’écritures : d’une langue première (ou de sa projection) aux dynamiques d’écritures contemporaines, en passant par des fragments d’histoires, par des récits de segments d’événements, des listes, etc.

S’agglomèrent ainsi dans glossolalie 2011-(…) des temps d’avant le temps, des récits qui semblent contemporains des mythes, d’autres relatifs à des époques historiques — sans jamais s’appuyer, cependant, sur des faits réels reconnaissables. il y aurait ainsi dans chaque fragment en langue quelque chose de famillier, qui évoquerait des invariants de l’histoire humaine, plutôt que des faits attestés — choix ancré d’ailleurs dans la conviction que le fait historique est souvent (toujours ?) rédigé dans la langue des vainqueurs, et qu’il y a donc tout lieu de le questionner…

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

 

 

Il n’y a plus d’Histoire, depuis vingt-cinq ans il n’y a plus d’Histoire avec un grand H, l’Histoire avec un grand H s’est achevée avec le triomphe de la démocratie et désormais il n’y a plus d’Histoire, juste des histoires. Petites. Des repères. Il ne se passe rien. Dit-on. Rien.
Et dans ce rien submergé d’immédiateté, l’occident vainqueur vit. Bien. Protégé. Kim Kardashian va bien. François Pinault va bien. Autour ça grouille un peu, ça soubresaute, mais à l’intérieur ça va. Bien. Il ne se passe rien de grave. Ou pas grand-chose. Des guerres ailleurs, des maladies, des attentats ici…
Consigner ce rien, ou ce pas grand-chose, devient dès lors un défi. Puisque nous vivons bien, que vivons-nous bien, ici ?
Pour ces Eléments pour les années 00, Emmanuel Adely qui vient d’achever sa résidence au Musée commun, propose vingt-cinq ans de ce rien pacifique au travers d’un quotidien économique qui est notre plus petit dénominateur commun, strié de textes issus des ateliers donnés pendant l’année et de nouvelles telles que le 11-Septembre, Fukushima, des attentats : un puzzle dont chaque jour est une pièce surprenante qui s’emboîte aux autres pour donner un tableau final aussi drôle que désespérant.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

C. et Mike Brown sont les premiers portraits d’une série déterminée par des vies aux prises avec les faits et détails de notre époque. L’un est hacker et révèle quelques traits de sa vie dans l’ombre, l’autre est un Afro-Américain de 18 ans abattu par un policier blanc le 9 août 2014 à Ferguson aux États-Unis.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

 

“Je n’ai pas pris l’avion depuis quinze ans mais j’aime l’idée du voyage – j’aime particulièrement l’idée du voyage immobile, immatériel, fictif, face à un écran. J’aime être là où je ne suis pas, je m’accommode d’une présence virtuelle. Un voyage de ce genre est fait de peu. Il y a dans l’exercice quelque chose d’artificiel, de factice mais bizarrement cela me construit. J’aime être un voyageur de chambre comme il y a des toreros de salon – des types un peu ridicules, certes, mais toujours concernés et follement enthousiastes. Chaque sortie dans Street View est pour moi une véritable aventure.”

 

Chaque jour, sur Dreamlands Virtual Tour, son blog, il fait le compte-rendu d’un voyage virtuel débuté il y a déjà six ans.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

« On voit l’arrière d’un gros bateau. Un singe y est attaché. Il est question des ancêtres communs de l’homme et du singe. Des espèces disparues sur ce long chemin de l’évolution. Plusieurs œuvres d’art contemporain sont évoquées. Des pélicans et des lézards, de passage… »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

« Que sont mes amis devenus » est une nouvelle série d’épisodes de l’épopée « L’an 2005 » écrite par Olivier Marboeuf. Une histoire alternative de la banlieue et de ses spectres tirée de sa résidence à la Grande Borne à Grigny. Au fil des années qu’égraine cette performance en forme de séances d’hypnose, une brève histoire des cavernes de Lascaux à Nouméa, les exercices de divination dans des flaques d’essence, le spectre de Marius Trésor et les courses de zombies en mini-moto alternent avec les épisodes de la fin du vingtième siècle de l’année 1983 au seuil de la fameuse année 1995.

 

Dans le cadre, du festival Relectures 17, de la Nuit Blanche 2016 aux Lilas et de la résidence d’écrivain d’Olivier Marboeuf à la Médiathèque Victor Hugo (Grigny), un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France.

[Les Lilas • France]

« On voit un homme qui a les pieds dans l’eau, et des avions qui décollent, au-dessus de lui. Le jour tombe. Il est question de piqûres et de physique quantique. De la façon dont mon corps est là et pas ailleurs. De la façon dont mon corps voyage. »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

 

De l’échangeur autoroutier à la rue de la Dhuys à Bagnolet, Olivier Marboeuf vous invite à une balade d’observation sur les traces d’histoires perdues et de héros oubliés.

Lecture de bitume et de récits rupestres, traduction de fissures, géologie des chantiers et des montagnes de zoo, divination dans des flaques d’essence… le XXème siècle comme si vous y étiez.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

 

À la suite du texte Hymnes conçu pour l’atelier Lecture(s) de bouche(s) mené par Patrick Fontana, Nicolas Richard a entamé un vaste travail d’indexation poétique des hymnes nationaux, à l’échelle du monde. Pour cette lecture à Khiasma, il a sélectionné et mis en forme quelques entrées correspondant aux hymnes des États du continent africain et sud-américain.

 Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes créée cette année avec les stagiaires de l’atelier Lecture(s) de bouche(s). Puis, Patrick Fontana et Nicolas Richard ont répondu aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de cet atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Ces deux moments sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

Patrick Fontana et Nicolas Richard répondent aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de l’atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

 

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier. L’auteur a prélevé et indexé sous différentes entrées thématiques les paroles des chants de chaque État pour recomposer un hymne hybride et chimérique. 

 

Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes, et Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. La création sonore et la lecture sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier.

 

Le même soir, Patrick Fontana et Nicolas Richard ont répondu aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de cet atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle. Pour finir cette intervention, Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. Ces deux moments sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]
« On voit un petit rocher, au pied duquel une petite flaque. Un enfant dépose dans cette flaque des poissons, des crabes, des coquillages… La mer monte et recouvre tout. Le narrateur se retourne sur son enfance et s’interroge : d’où peut venir la fascination pour les animaux ? Il est question des marées, de leur lien avec la lune et les planètes, de l’eau qui rentre dans les coquillages et les fait grandir. »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Confédération Républicaine / De mon corps : au garde à vous !

[Les Lilas • France]

Chansons patriotiques pour corps privé en domaine public, ou éclatement de l’intime pour une mise en réseau dans les créneaux des secteurs correspondants.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]
Droit de vote, une nouvelle de Emmanuel Adely, publié dans le numéro du 20 juillet 2015 du journal L’Humanité, et complétée à l’occasion du Festival RELECTURES 16 ‘des récits du futur’ !

Enregistré à la Maison des Fougères le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.

Mixage : Benoit Baudinat

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

[Les Lilas • France]
PlayLife tient une place à part dans la bibliographie d’Emmanuel Adely. Il fut rédigé à l’occasion du quarantième anniversaire de la première loi sur la formation continue, pour un commanditaire qui n’est autre que l’AFPA). Un univers, celui de la formation professionnel des adultes, dont l’auteur dû assimiler les codes — et a fortiori les sigles ! —, naviguant de longues heures sur les sites spécialisés pour en nourrir son écriture…
Exhaustive notice à l’usage de l’humain de 2050, Playlife détaille, recommande, glorifie avec un enthousiasme glaçant l’avènement d’une société effroyablement parfaite. Une société qui semble avoir digéré les cauchemars de Huxley, Bradbury, Orwell et Philip K. Dick jusqu’à les transformer en préceptes bienveillants et sécuritaires. L’humain pucé, labellisé, pressurisé jusqu’à l’abnégation au profit d’une efficacité maximale s’y meut à la manière d’un programme paramètrable, reconfigurable à l’envie, euthanisable en cas d’obsolescence ; système dans le système, toujours sous la vigie de la tentaculaire entreprise LIFE. Par la mise en situation des aboutissements possibles de nos recherches contemporaines sur la connectivité, la cybernétique, la génétique et leurs vertigineuses conséquences politiques, PlayLife s’inscrit dans la pure tradition du récit de science-fiction et propose — non sans humour — une plongée stupéfiante de pragmatisme dans les rouages du meilleur des mondes, le nôtre.

 

Enregistré à la Maison des Fougères le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

Rituel de libération des animaux

[Les Lilas • France]

Emmanuel Rabu n’est pas au centre de lui-même. En son centre, il y a son microbiote. Des archées, des protistes, des bactéries, des fungis, des virus. Et c’est sans compter ce qui l’entoure : tout un « règne animal » que l’on voudrait domestiqué. Passager clandestin, pilote du véhicule et/ou véhicule lui-même de ces différentes entités biologiques, Emmanuel Rabu tente de briser la glace de l’anthropocentrisme en engageant la conversation avec ce qui grouille, ce qui s’entre-dévore, ce qui se reproduit – enfin avec ce qui, comme lui, vit. Peut-on domestiquer un microbe ? Est-ce lui qui nous domine ? Qui tient le bout de la chaîne alimentaire ? Comment les animaux nous perçoivent-ils ? Entre nous et ce qui est en nous, entre nous et ce qui n’est pas nous, faut-il parler de symbiose, de compétition, de commensalisme, de neutralisme ?

« Nous sommes constitutivement des espèces de compagnie. » — Donna Haraway.
« Le choucas ne connaît pas du tout la forme de la sauterelle immobile. » — Jakob von Uexküll.
Et la relation d’Emmanuel Rabu à son chat ne repose pas sur le fantasme romantique d’une réciprocité des affects. Il n’y a pas d’association mutualiste.« La datation de la domestication du chien — du dernier ancêtre commun au chien et au loup — recule : 10 000 ans jusqu’à peu, 15 000 ans, 35 000 ans aujourd’hui — mais 300 ou 400 000 ans pour certains archéozoologues (elle précéderait l’apparition de sapiens sapiens). Cette association entre primates et canidés n’est pas corrélée à la sédentarisation — comme ce fut le cas pour les souris, les chats — et au début de la stratification sociale. Les primates ne chassent pas en groupe — sauf l’homme. Est-ce à cette première association que sapiens a dû ses techniques de chasse, une supplémentation en protéines, l’accroissement du volume de son cerveau, une décharge de temps qui lui a permis de développer ses facultés sociales. » (Emmanuel Rabu, Rituel de libération des animauxProlongement du texte de Rituel de libération des animaux : des pièces de poésie sonore minimalistes, répétitives dont les arguments — parfois imperceptibles — sont le relativisme perceptuel, l’interaction biologique, l’association et le parasitisme…

Enregistré à l'Espace Khiasma le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

Cultiver son devenir : propositions pour une écologie du diagnostic

[Les Lilas • France]

Rencontre autour de la publication du livre de l’historienne des sciences et membre de Dingdingdong Katrin Solhdju L’épreuve du savoir – propositions pour une écologie du diagnostic qui part du récit d’Alice Rivières (Manifeste de Dingdingdong). Publication septembre 2015.
Une prise par la philosophie pragmatique de la situation princeps du test présymptomatique de Huntington, qui permet à des personnes « à risque » de savoir s’ils sont porteurs de la mutation MH – et le cas échéant voués à développer à coup sûr la maladie au milieu de leur vie. Comment construire différemment de telles pratiques de diagnostic afin de leur permettre d’être à la hauteur de cette « connaissance de l’avenir » que la génétique donne désormais aux médecins ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

L’accumulation primitive de la noirceur

[Bagnolet • France]
En transposant de nouvelles figurations littéraires du mal dans les parkings, centres commerciaux, banlieues pavillonnaires ou autres non-lieux emblématiques de la suburbia mondiale, Bruce Bégout invente un ton qu’il qualifie de « post-gothique ». Dans cet univers étrangement familier où les forces des ténèbres s’incarnent dans le « potentiel de nuisance » de l’époque (appareils, produits de consommation, architectures, représentations sociales, tics de langage…), il s’agit d’outiller, par le recours à la fiction, une analyse philosophique des pathologies de la modernité. À la suite de Sphex (2009), Le ParK (2010) et s’inscrivant dans une quadrilogie dont le dernier opus, On ne dormira jamais, sortira en libraire en 2016, les histoires racontées dans L’Accumulation primitive de la noirceur poursuivent le constat de faillite de ce « grand récit » qu’est la modernité : projet toujours à venir et n’en finissant pas de trahir ses promesses. Lui qui, depuis le 18e siècle, devait nous apporter bonheur, émancipation et joie collective.

Enregistré à la Médiathèque de Bagnolet le samedi 3 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Olivier Marboeuf installe ici une nouvelle projection de « cinéma à l’intérieur des crânes », véritable séance d’hypnose en direct qui propose de prévoir l’avenir à partir de l’an 2005. Un cinéma sans image, uniquement basé sur l’art du conte. Comme toujours les faits historiques viennent se mêler à des histoires de magies, les figures surgissent de l’ombre au milieu du panthéon national, et bientôt apparaissent à l’intérieur du feu les visages et les fables de l’avenir. Avec cette nouvelle performance, Olivier Marboeuf ouvre la série « épopée » où, renouant avec le genre du récit picaresque, il propose de raconter une histoire épique de la banlieue, de ses grands drames et petites histoires.

 

Dans le cadre de la Nuit Blanche 2015 aux Lilas

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 3 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

Choeurs Politiques

[Les Lilas • France]
En résidence à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, Frank Smith explore les modes de fabrication d’une « langue démocratique », en mesure de construire la vérité et la continuité du monde à travers ses transformations. Cette volonté de remodéliser une langue est à comprendre dans les deux sens. D’abord, lire et relire — afin de les désarticuler, d’en saisir les arcanes — certains des documents produits par cette langue de la démocratie : émanation des pouvoirs centraux de l’État et des opérateurs nationaux, constitutive du corps social et ordonnatrice du territoire sur lequel celui-ci se déploie, dont elle accompagne la reconfiguration. Ensuite, bien noter que le concept de « langue démocratique » renvoie également — et plus directement peut-être — à ce droit pour chacun de prendre la parole, d’avoir voix au chapitre : faire de la langue le terrain d’expression d’une polyphonie de foule catalysée en « chœurs politiques »…

 

dans le cadre de la résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » de Frank Smith à Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 2 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Face à ce qui se dérobe

[Les Lilas • France]
Le 10 décembre 2013, Thamsanqa Jantjie, énigmatique interprète en langue des signes, vole la vedette aux chefs d’État réunis au stade de Soweto pour la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela.
Guignol, usurpateur ou schizophrène dangereux…
6 heures en direct et en roue libre.
Sa chorégraphie a embarrassé la langue de bois des pantins sur l’estrade, avant de provoquer un imbroglio médiatique aux déclarations les plus invraisemblables.
Et l’isolement de cet homme ? « Il se meut là où l’autre n’entre pas » Henri Michaux.
Corps discordant et discordance des discours… Postures et impostures :
Un récit vidéo de Matthieu Dibelius suivi d’un solo silencieux d’Elsa Wolliaston.

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 1er octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Enquête sur les modes d’existence – une anthropologie des modernes, paru en 2012 aux éditions de la Découverte est un ouvrage auquel est associée une série de rencontres visant à apprendre à composer le monde commun avec les acteurs qu’il concerne et implique.
Cette enquête a pour but de donner une définition plus précise aux expériences rassemblées sous l’expression vague de « modernisation ». Et surtout plus acceptable pour les autres civilisations qui sont soumises, elles aussi, à la même découverte : il n’y a pas de Terre pour s’y moderniser « à l’ancienne ». Il faut donc reprendre ce qu’on entend par ce terme en apprenant à hériter du projet de la modernisation en le composant tout autrement.
Parmi la quinzaine de modes d’existence auquel cet ouvrage fait référence, celui de la Métamorphose résonne tout particulièrement avec les questionnements romanesques et existentiels actuels d’Alice Rivières, en résidence à Khiasma cette année, qui s’efforce de trouver une manière d’accueillir dignement l’expérience de métamorphose auquel sa vie de Huntingtonienne la voue désormais. S’il y a bien métamorphose, alors qu’en est-il de l’être qui lui serait associé ? Est-il possible d’enquêter sur cet être, et si oui, comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 29 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16 et de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
« Stevenson aurait écrit L’île au trésor d’après le dessin d’une île. À mesure qu’il en traçait les contours, l’île et le récit, s’entremêlant, se sont élaborés parallèlement. Ainsi le projet Yarn* est une déambulation orale, un cheminement au travers d’un territoire en expansion, périphérique à la trace de notre exploration. L’un construit l’autre réciproquement. En 2015, j’ai invité Thomas Lasbouygues à rejoindre l’équipage du Sea4C pour rapatrier le voilier en Europe depuis les îles vierges britanniques. Au retour, une correspondance a été amorcée. Le premier jet fut un extrait de mon journal de bord, il y répondit par un extrait du sien dans la continuité chronologique. Au fur et à mesure, des échanges de documents divers alimentèrent notre curiosité, élaborant un récit à plusieurs voix, une dérive au travers des récits de voyageurs vers différents lieux, pour différentes époques. » (Vincent Chevillon)Yarn* est une déambulation dans l’espace et le temps. Métamorphoses et révolutions, le récit proposé se déroule, glisse, emmêle trames historiques et récits fictionnels, pose les bases d’une architecture pour la renverser. Un univers fluctuant endogène à lui-même, paradoxalement obsédé par l’ailleurs.

*Yarn :
1 – Fil continue de textile enroulé autour d’un support (ex. : pelote de laine).
2 – récits de marins à propos de leurs véritables ou supposées aventures, récits réels ou fictifs s’enchainant inlassablement, racontars…

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 27 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Peut-on appréhender un jeu vidéo en terme d’écriture et de récit spécifiques ?Le jeu est-il une fabrique narrative particulière ?Jouer est-il une nouvelle forme de lecture ?Dans cette conférence à deux voix, Fabien Siouffi (Dingdingdong) et Paul Sztulman posent deux regards différents sur le vocabulaire et les potentialités narratives d’une production culturelle omniprésente.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

 

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 27 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16 et de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Terreur, saison 1

[Les Lilas • France]
Terreur est un thriller se déployant sur une période d’environ cinquante ans, où des individus et des décideurs européens, de Hénin-Beaumont à Marbella et de Linas-Monthléry à Treblinka, vont être soumis à de nouveaux modes de vie et, pour certains, aux méthodes peu conventionnelles de l’entreprise LIFE. Fondée en 2014, cette entreprise va en quelques années révolutionner le marché de la dépression avec des molécules de nouvelle génération.

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 26 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

WOW ! (Conférence sur nos possibilités de vivre ailleurs)

[Les Lilas • France]
Les temps de l’espèce humaine sur Terre sont comptés. Anthropocène épuisant le globe, changement climatique irréversible, menace inévitable d’astéroïdes provoquant une extinction massive de la biodiversité, collision intergalactique, inversion du champ magnétique ou évolution du soleil, la terre ne sera un jour plus vivable. L’humanité devra donc partir. Pour aller où ? Y a-t-il une vie possible ailleurs ? Les premiers signes extraterrestres reçus et la découverte récente de plusieurs exoplanètes en zone d’habitabilité nourrissent tous les espoirs. Il y a peut-être une chance pour qu’on s’en sorte !

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 25 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Après une catastrophe mondiale.
Un groupe de survivants fuit un village dévasté. Accompagné dans son périple par une meute animale férale, le groupe va traverser des lieux dévastés ou repeuplés, et de nouvelles formes d’organisation sociale. Sans jamais se défaire d’un argument post-cataclysmique et de la trame linéaire du road-novel, Futur fleuve emprunte à la littérature conceptuelle et expérimentale — pour avancer ses personnages vers une rédemption écologique — impossible ? et questionner les processus de domination, de domestication et de marronnage.

Enregistré à l'Espace Khiasma le Vendredi 25 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Pour l’ouverture du festival RELECTURES 16 ‘des récits du futur’, Jean-Pierre Ostende propose une traversée de la ville imaginaire qu’il arpente dans le blog « Histoire sauvage » sur http://jeanpierreostende.com/. Une science-fiction douce, drôle et inquiétante, dans la lignée du roman La Présence (éditions Gallimard, 2007) et de sa machine narrative tout terrain : l’Explorateur Club ! À l’instar des activités développées par cette entreprise (de fiction) créée en 2003 autour du tourisme, de la formation, du conseil en relations humaines et du divertissement, l’« historien sauvage » de Notreville, narrateur dont on suit la correspondance, se fait tout aussi bien « interprète, recenseur, chroniqueur, ethnologue, dénombrer, documentariste ou archiviste ». Pour essayer d’atténuer le sentiment d’étrangeté qu’il ressent dans cette ville où il est né et qu’il n’a jamais vraiment quittée, il dresse ainsi des portraits, des vignettes, des prélèvements. Transforme ses rencontres en archives, et sa vie en performance…

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 24 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Bande annonce RELECTURES 16

[Les Lilas • France]

Du 24 septembre au 4 octobre, à l’Espace KHIASMA et dans des lieux partenaires, la 16e édition du festival RELECTURES renouera avec les puissances de la fabulation !

RELECTURES 16 ‘des récits du futur’ invite à un certain usage de la littérature de science-fiction : non seulement comme genre, mais aussi comme méthode. À un moment où notre vision du futur est marquée d’incertitudes politiques, économiques et climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, le récit se présente comme un espace d’expérimentation, d’ouvertures. De ruptures créatives et motrices qui sont autant de possibles concourant à la fondation d’un futur commun. En lutte avec l’idéologie de la décadence et ses nostalgies mortifères, une question se profilera donc à l’horizon de chacune des formes proposées par le festival : comment accéder à un avenir qui conserve une dimension de promesse et de transformations radicales ?

Tous les évènements seront captés et diffusés ici-même, du jour pour le lendemain, tout au long du festival.

RELECTURES propose chaque année une programmation croisant les littératures actuelles aux pratiques d’écriture issues de l’art contemporain. RELECTURES est thématique et décline, d’une édition à l’autre, des problématiques liées à la question du récit. Festival des littératures vivantes, RELECTURES met en évidence les démarches transdisciplinaires d’auteurs et d’artistes ouvrant d’autres espaces à la littérature pour se faire entendre (la scène, l’écran, les ondes, le flux, l’installation, le néon, l’affiche, le haut-parleur ou le corps du performeur). Créé en 2006, RELECTURES a lieu pendant deux semaines, entre septembre et octobre. Débutant à l’Espace Khiasma (Les Lilas – 93), il se déploie ensuite dans des lieux partenaires, en Seine-Saint-Denis et dans le 20e arrondissement de Paris.

[Les Lilas • France]
Confrontée à l’angoisse d’avoir à créer une pièce sur le thème de la divination, Violaine Lochu décide de consulter une voyante afin qu’elle lui prédise la performance qu’elle donnera le 30.09.15 à l’Espace Khiasma, dans le cadre du festival Relectures 16 ‘des récits du futur’.

[Les Lilas • France]
Interrogé par Amandine André à l’occasion de sa programmation dans le cadre du festival RELECTURES 15 ‘d’après documents’ (pour lequel elle créa la performance Cela ne va pas être possible : c’est administratif) Céline Ahond retraverse quelques étapes de son parcours de performeuse. Un itinéraire qui se présente comme l’exploration des déclinaisons possible de cette question fondamentale guidant le travail qu’elle mène en résidence à l’Espace Khiasma : « est-ce que parler est une écriture ? ».

Entretien réalisé par Amandine André à l'Espace Khiasma, dans les marges du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La très bouleversante confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la Terre ait porté

[Paris • France]
Se coulant dans le registre épique d’une chanson de geste en vers libres et rythmés, le flux de conscience logorrhéique de La très bouleversante confession… émane de vingt-trois cerveaux galvanisés par le stress et l’excitation : ceux des membres du commando de Navy Seals — les forces spéciales de la marine américaine — pendant le raid visant à abattre « le plus grand fils de pute que la terre ait jamais porté », « la star numéro Un du mal », a.k.a Oussama Ben Laden.
Steve, Joss, Ryan… : héros « dont les prénoms ont été modifiés », mais qui ne purent pourtant se résoudre à l’anonymat auquel les condamnait l’accord de non-divulgation d’informations qu’ils avaient signé. Pas moins de six versions différentes de la mort du chef d’Al Quaida furent ainsi livrées à la presse, et des informations monnayées à des scénaristes de films et des concepteurs de jeux vidéo.
Usant de ce matériau dans une démarche comparable à celle de Reznikoff, Emmanuel Adely forge avec humour une langue pour dire l’héroïsme gonflé au vide de cette guerre sans honneur et charriant avec elle, comme une variation contemporaine de l’épithète homérique, tous les clichés générés par son traitement médiatico-hollywoodien. Pour RELECTURES, a été faite une lecture intégrale de cette épopée, tandis que David Haddad en a improvisé les mondes sonores…

[Montreuil • France]

 

« Il est évident que l’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes.» KM

In-su-rrec-tion : 4 syllabes… prolonge de vive voix un dialogue épistolaire engagé par deux auteurs — Nathalie Quintane et Jean-Paul Curnier — l’ayant chacun, au préalable, reproduit dans leurs publications respectives — Tomates (P.O.L, 2010) et Prospérités du désastre : aggravation 2 (Lignes, 2014) — afin d’en encourager la dissémination et d’en intensifier l’écho. « Le peuple n’existe plus, l’individualité sérielle de masse l’a remplacé. » versus « Le peuple existe. L’individualité sérielle de masse ne l’a pas remplacé. » : tels sont les termes du désaccord de cette première passe d’armes. Au cœur du débat, la question du peuple (disparu/retrouvé ?) dans ce que l’on nomme « banlieue ». En filigrane, ce que donnent toujours à penser, presque dix ans plus tard, les émeutes de 2005. Entre l’arme de la critique et la critique des armes, Jean-Paul Curnier et Nathalie Quintane nous démontreront que la discussion est un sport de combat « à bâtons rompus »…

dans le cadre de la résidence d’écrivain de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Paris • France]
La performance : un art éphémère qui ne subsiste que par les traces « documentaires » qu’il laisse (photographies, captations sonores ou vidéos, résultats d’actions, témoignages…) et par sa faculté à générer des récits. Le document : l’un des vecteurs matériels de la pensée humaine, ayant valeur explicative, descriptive ou bien de preuve, et nécessitant d’être interprété, mis en lien, réactivé. Cette tension réciproque – documenter la performance/performer le document –, sur laquelle s’exprimeront les commissaires d’exposition Guillaume Désange et Olivier Marboeuf, est au centre du nouveau projet du Musée Commun : La Réserve. Fonds documentaire et archive vivante, basée sur un principe de donation, elle  vise à rendre accessible des processus de travail et des expériences qui ne le sont aujourd’hui que par leur documentation ou leur récit.

[Montreuil • France]

 

soirée de lancement de la résidence de Violaine Lochu au 116
 

La Chanson de Roland est un exemple fameux du glissement qui s’opère de l’Histoire à la légende, lorsque les événements sont pris en charge par un récit dont la portée dépasse leur dimension strictement factuelle. Ainsi, bien que la réalité historique de la bataille de Roncevaux ait été rétablie par croisement de sources documentaires, l’œuvre littéraire qui en procède continue à faire « monument » dans la mémoire et dans la langue. Or, c’est toute une série d’altérations linguistiques que Violaine Lochu lui fait subir, laquelle « ruine » littéralement le texte dans un temps archéologique accéléré. Érosion, fragmentation, sédimentation : ces phénomènes appliqués au langage se déclinent en chuchotements, silences, bruits, chants interrompus. Le poème est donné à entendre sous une autre forme, un autre relief — des aspérités nouvelles, qui laissent entrevoir sa splendeur passée. Dans une vision quasi romantique, le vestige est envisagé ici comme une re-création du langage.

Suite à sa performance, Violaine Lochu a présenté le travail qu’elle mène en résidence au 116 depuis octobre 2014, se proposant de réactiver la pratique antique de l’ars memoriae pour constituer, à travers la contribution des habitants, une mémoire plurielle de Montreuil : un « Palais de Mémoire » sous forme de cartographie, d’édition et d’interventions perforées.

Till R. raconte ses voyages et ceux des autres

[Paris • France] 
RELECTURES ayant souhaité fêter la sortie, courant octobre, d’À propos de quelques points dans l’espace aux éditions Al Dante, Till Roeskens nous propose de retraverser avec lui vingt-cinq ans de voyages, d’explorations et de rencontres. À la façon dont ce livre — qui tient de l’autobiographie, du récit d’aventures, du manifeste et du catalogue raisonné — se propose d’en rassembler les traces, images et témoignages.

 

« Je voudrais tenter de relier entre eux quelques points de la surface terrestre qu’il m’a été donné de connaître, comme on tendrait des fils entre de petits drapeaux sur une carte. Fragments d’une carte possible de ma vie traversée par d’autres vies, assemblés ici non pour me trouver, mais pour comprendre où je me trouve – pour repartir de là. Désirant partager ce bout de route avec vous. »

Pour clore la soirée, Till Roeskens réactivera sa performance de 2002, Till R. raconte ses voyages et ceux des autres, une « conférence-diaporama, comme cela se fait au retour des grands voyages. Mais le voyage en question consistait à prendre le voyage des autres. Faire de l’autostop en continu, pendant deux jours une nuit, sans direction préétablie. Suivre chaque personne qui vous prend jusqu’à sa destination. Continuer droit devant. »

[Paris • France]

Restitution de l’atelier « Discussion avec Jean-Paul Curnier – 4 dates pour une création radiophonique » menés avec les habitants du quartiers Fougères, 20ème arrondissement de Paris au cours de l’année 2014.

Avoir lieu d’être : ainsi pourrait-on énoncer la devise qui est au cœur du projet de la Maison des Fougères. Or, c’est un être-ensemble qu’il s’agit d’abriter en ce lieu. Aussi, afin que les énergies convergent dans l’action, mais également dans la réflexion sur ce que signifie faire « maison commune », Jean-Paul Curnier, philosophe-écrivain-poète — et résidant, lui-même, à l’Espace Khiasma — anima plusieurs séances d’une discussion sur le thème de la chartre. Occasion de poser quelques fondations apparentes au cœur de cette maison encore en chantier, et d’y aménager un atelier de fabrication collective du collectif. La réalisatrice sonore Hélène Cœur y promena ses micros afin que le groupe se ressaisisse de sa parole, la réécoute, la ré-agence et, à partir de cette mise en dialogue des envies et des avis, créé avec son aide, pour la r22-Tout-monde, une polyphonie radiophonique qui n’a pas eu pour vocation à être tout à fait « comme à la radio ». Dans le cadre de RELECTURES, en présence de Jean-Paul Curnier et d’Hélène Cœur, les participants à l’atelier ont ouverts les portes de la Maison des Fougères et nous donner à entendre, autour d’un verre, le résultat de leur travail.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Paris • France]
Avec la complicité des musiciens Yves Robert et Fantazio, le philosophe Jean-Paul Curnier a transformé la médiathèque Marguerite Duras en agora, bateau pirate, arène, cercle de pow-wow. En scène primitive où il a été question des rapports entre prédation et démocratie. Sa résidence à l’Espace Khiasma nous invitait à philosopher de concert avec lui : elle est devenue, pour RELECTURES, un véritable « concert de philosophie » !

Ainsi, juste avant de se concrétiser sous la forme d’un livre, sa réflexion s’est offert, après bien des détours, un autre tour de scène. Le public qui l’accompagna tout au long de l’année se souviendra qu’il y fut question de chasse à l’arc, de destruction de bidonville, de piraterie et de corrida, de Pat Garret et de Billy le Kid. Or, cette façon de concevoir l’exercice de la pensée est au cœur de son projet : non pas comme une démonstration, mais comme un récit d’aventures, un cheminement dans l’espace commun des discussions publiques. Au carrefour de l’anthropologie, de la fiction et de la philosophie politique, Jean-Paul Curnier entreprit donc d’élucider la façon dont les démocraties pouvaient contenir, en germe, ce à quoi l’on considérerait spontanément qu’elles s’opposent. La pratique la plus barbare qui soit, la plus honnie moralement, la moins défendable socialement : la prédation. Relisant les philosophes et reconsidérant l’héritage grec et nord-américain à l’aune de cette intuition, de la conquête de l’ouest à la République de Salé, il développa, au fil des rencontres, l’idée d’une « scène originelle » d’appropriation du territoire et des richesses, que les considérations morales sur le principe d’égalité tendraient à escamoter. Yves Robert et Fantazio ont rejoué cette scène sur scène avec lui, et l’hypothèse freudienne de la « horde primitive » s’est découvert de curieuses affinités avec La Horde sauvage de Sam Peckinpah…

 

soirée de clôture de la résidence de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Les Lilas • France]
La table des opérations
est un essai d’investigations poétiques en cours d’écriture. Frank Smith y déploiera la typologie des dispositifs, protocoles et processus qu’il met en œuvre dans son traitement poétique du matériau documentaire. Pour RELECTURES, c’est cette table elle-même qui s’est matérialisée en plateau de jeu (dit « de société ») : communion sous le sigle de l’AFP, dont les règles et le rite ont été inspirés par l’ABC de la guerre de Bertolt Brecht.

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

Spinoza in China, commencement

[Les Lilas • France]
Spinoza in China
 est (pour peu de temps encore) un chantier d’écriture : «autobiographie de l’enfant Ernesto, âgé de 10 ans et quelques secondes, ou, et, quelques siècles», «récit des multiples instants d’une émancipation, lente, laborieuse, mais tenace», «ode à l’amour» et «programme éditorial poétique, pour les 34 prochaines années».

Du reste, au fur et à mesure que tombent les dépêches AFP : « Spinoza in China est également une exposition des Visages d’Ernesto, au quotidien, sous forme d’une série de portraits dont le titre d’ensemble est le suivant : Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde. »

[Les Lilas • France]
Dans les années 30, aux États-Unis, un groupe de jeunes écrivains désigne comme «objectivisme» l’usage poétique qu’ils font de textes non littéraires. Le plus célèbre d’entre eux, Charles Reznikoff, «redécoupa» des minutes de procès puisées dans les archives judiciaires afin de leur donner un rythme, une versification, composant ainsi un «récitatif» : «cri massivement pluriel». Cette nouvelle appréhension du document eut de nombreuses postérités, irriguant des démarches artistiques plurielles que Frank Smith et ses invités ont passé en revue.

 

dans le cadre de la résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

[Les Lilas • France]
Exposés des faits
questionne les mécanismes de la construction du récit à partir de la rhétorique du témoignage. En déplaçant la langue du droit de la salle d’audience à l’espace du livre, Vanessa Place procède par montages de documents provenant de dossiers qu’elle fut amenée à traiter, en tant qu’avocate commise d’office. Seuls sont dissimulés le nom des victimes et certains détails qui permettraient trop facilement de les identifier.
Nous confrontant à des matériaux bruts et sommés de reconstituer, à partir de l’« exposition » des faits, leur (problématique) vérité, l’expérience de lecture devient celle de « l’effet Rashomon » : subjectivité de notre appréhension des situations, et donc de notre capacité de jugement.
Suite à sa lecture, Vanessa Place s’entretient avec Frank Smith au sujet du projet, VanessaPlace Inc. (première firme internationale de poésie), et fait entendre sa nouvelle pièce sonore, Last Words, construite à partir des dernières déclarations de tous les détenus exécutés au Texas depuis 1982.

 

Carte blanche à Frank Smith, dans le cadre de la soirée de lancement de sa résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » à Khiasma et aux Archives nationales. Un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis.

[Les Lilas • France]
Dans la baie de Rio, rôde le fantôme d’un crocodile.
On dit qu’il vient du Nordeste.
Qu’il a été dévoré par un requin après avoir rencontré le président Vargas.
On dit que c’est à cause d’un film tourné par un américain.
On dit aussi que les requins ne mangent pas les crocodiles.
Et qu’Orson Welles n’a rien à faire là-dedans.

 

dans le cadre d’une résidence au Musée d’Art Contemporain de Niteroi, avec le collectif Suspended Spaces.

Le petit parlement (conférence pour adulte à partir de dix ans)

[Les Lilas • France]
Jean-Paul-le-Philosophe réunit autour de lui un « petit parlement » pour discuter de son drôle de métier. Un métier que l’on exerce, d’ailleurs, souvent en discutant ! Alors, de fil en aiguille, de l’arc à la cible et de l’imagination au réel, Jean-Paul-le-Philosophe soulève bien d’autres questions auxquelles même les adultes de beaucoup plus de dix ans n’avaient jamais pris le temps de réfléchir…

dans le cadre de la résidence d’écrivain de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Cela ne va pas être possible : c’est administratif

[Les Lilas • France]
Cela ne va pas être possible : c’est administratif
devait être le récit-performance documenté d’un parcours dans les méandres des administrations françaises, accompagnant une personne « sans papier » dans ses démarches de régularisation. Une histoire racontée « d’après documents » : documents-cadres (textes de loi, jurisprudences, circulaires, directives, règlements européens…), documents à produire (extrait d’acte de naissance, attestation de domicile, formulaires CERFA n° 13653*03 et n° 13662*05, passeport, visa, certificat de nationalité, acte de mariage, promesse d’embauche, certificat de scolarité, relevés de notes, rapport médical, documents justifiant sa présence ininterrompue en France : ordonnances médicales, factures, fiches de paie… ) afin d’obtenir les documents qui attestent, légitiment des statuts et instituent des identités (titres de séjour, carte nationale d’identité…), pour montrer à quel point les documents peuvent être au centre des existences « en situation irrégulière ». Seulement, les histoires n’appartiennent pas qu’à ceux qui les racontent, et Céline Ahond nous conte son expérience pour témoigner de cette rencontre.
Cette dernière, pour qui prendre la parole, c’est tracer le chemin d’une pensée en construction, a donc dû penser à tracer des chemins de traverses et de contournement, afin d’évoquer en creux cette histoire dont elle devait respecter l’intimité. Il fallait alors se détacher du « contexte » pour se concentrer sur le « cadre » — celui de l’art. C’est à dire, celui où — et d’où — l’artiste parle : ce qui revient à réfléchir sur la place de ce dernier. Ne pas raconter pour mieux dire autre chose, et traduire tout cela dans son vocabulaire et sa grammaire formelle. Céline Ahond dessina donc une « ligne orange » pour sauter la barrière sans pour autant franchir la ligne rouge, transforma un document vierge en passeport pour partout, et a peint des portes en vert d’incrustation vidéo, créant ainsi des ouvertures vers encore ailleurs…

[Les Lilas • France]
À l’occasion du festival RELECTURES 15 ‘d’après documents’, Matthieu Dibelius a projeté sur les murs de l’Espace Khiasma un montage éloquent d’images sans commentaire. Sans commentaire, mais avec quelques précisions, qu’il apporta lors des échanges qui ont suivi : après son Stade Banal, Matthieu Dibelius est donc passé à l’oral !
Aussi, pour faire échos à l’article que le magazine en ligne de Khiasma publia sur son travail, nous en diffusons un extrait. Il y est question des actions qu’il mène dans le champ « médico-social » (puisque c’est comme ça qu’ « on dit ») et de son rapport au langage, marqué par le « frallemand » de son enfance, et par le dépiautage ludique des dictionnaires…

[Les Lilas • France]
Homère Homer joue à la tragédie grecque pour raconter la crise des subprimes. L’histoire est inéluctable : Homer (celui qui mange des donuts) doit faire face à la crise économique. Une fois sa maison confisquée et sa famille disloquée, il finira par se crever les yeux pour ne plus voir son malheur. Après une longue errance, à la recherche de sa fille Lisa, il deviendra Homère (celui qui raconte des histoires). Alternant séquences tragiques (vraiment) surjouées et explications économiques (faussement) improvisées, Homère Homer provoque le rire, ainsi qu’une réelle compréhension des mécanismes économiques contemporains.

[Les Lilas • France]
« Il s’agit de décrire un lieu à l’oral. Il y en a cinq : cinq lieux dans le Monde, en bord de mer. Cinq lieux où suffisamment de choses se tissaient pour que je puisse les déconstruire en une performance. Cinq performances. Parfois des amis me demandent, en me voyant m’intéresser aux animaux qui m’entourent, d’où me vient cet intérêt. C’est en partie pour répondre à cette question que je me lance dans Oralieu : c’est une enquête. Pour décrire les lieux, je ne me sers pas de mon imagination, mais de choses que je savais déjà, de l’observation d’un animal, d’informations que j’ai collectées après coup. L’ensemble forme un savoir, mais un savoir qui n’est ni froid ni objectif. Dans Oralieu, le savoir est poétique. Oralieu traite d’un humain heureux de tout ce qui le rattache à ce qui l’entoure. Un humain curieux de ses attachements. C’est une écologie joyeuse, curieuse, et non pas alarmiste et dépressive. »

Découvrez l’intégralité du projet d’Alexis Fichet sur le blog d’Oralieu : http://oralieu.blogspot.fr/

Enregistré à l’Espace Khiasma le dimanche 29 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La controverse Marboeuf

[Les Lilas • France] « Avec Jean-Yves Jouannais, en son absence », Olivier Marboeuf introduit le principe d’une polémique à distance autour de la figure du plus grand écrivain n’ayant jamais écrit, Félicien Marboeuf, grand-père commun des deux auteurs. Après Deuxième Vie, l’auteur revient sur l’origine de son nom de famille et sur la capture de son grand-père, revisitant sa biographie au travers de cartes mentales inspirées des pratiques de Barthes. Partant de son patronyme, il dérive progressivement vers de nouvelles filiations, réelles ou imaginées, qui révèlent son prénom secret et, avec lui, une nouvelle lecture de l’histoire coloniale : où l’on découvrira les étonnants Pikiki et leur mystérieux leader « Œ », où il y sera question d’héritage, de spoliation et de danse des morts. Une opération identitaire critique où la dimension politique est abordée de manière oblique, à la fois tragi-comique et fantastique.

Enregistré à l’Espace Khiasma le vendredi 27 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Les déterritorialisations du vecteur

[Les Lilas • France] 
Le moustique-tigre aime les hommes, mais ces derniers ne lui rendent pas. En perpétuelle déterritorialisation, il s’installe là où on le cherche. Dans sa performance, Frédéric Ferrer nous emporte dans une épopée improbable entre Asie et Méditerranée, pneus, maladies, aires d’autoroutes et insecticides.

Transcriptions :
العربية

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 28 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

En dehors (avec les outsiders) #1

[Les Lilas • France] 
En ouverture de Relectures 14, Nicolas Richard rend un hommage vibrant et caustique aux outsiders de la musique avec une nouvelle performance en cours d’écriture, présentée pour la première fois en public. Il nous entraîne sans ménagement sous les torrents synthétiques et les chants à tâtons de ces princes du web ; chanteurs sans peur à la recherche d’une gloire hypothétique. Souvent hilarantes, l’écriture et la playlist font mouche sans jamais pour autant se départir d’une tendresse pour « ceux qui chantent, mais ne chantent pas ». Nicolas Richard est là où on l’attend, formidable accélérateur d’une phrase qui part dans le décor, mais aussi en d’autres lieux, celui d’une conférence qui déplie au travers du portrait de quelques éminents outsiders un plaidoyer pour l’engagement dans l’art, aussi approximatif soit-il. Tout sauf continuer à faire semblant.

Transcriptions :
Français / English

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 23 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
« C’est là que, en fermant les yeux, à ma grande surprise, des choses sont apparues violemment derrière mes paupières closes. […] Un entrecroisement complexe et omnicolore, […] comme les dédales : l’enchevêtrement de salles et de couloirs d’un labyrinthe en pleine expansion. »

Sous l’influence du peyotl, certaines hallucinations ont, dans l’esprit de Gwyneth Bison, ainsi jeté des ponts entre la pensée magique du chamanisme mexicain et la pensée technique et créatrice de Dédale, architecte fameux du non moins fameux labyrinthe où l’on enferma le Minotaure. Frayant son chemin à travers les pistes multiples, ouvertes à mesure qu’il en déroule l’écheveau, c’est sous le patronage de ce dernier que Gwyneth Bison a placé cette conférence dé(riv/lir)ante. S’autorisant détours, embardées et corrélations surprenantes, il relie le Mexique à la Grèce ancienne par une ligne droite, les rapprochant par une ligne courbe, comme une chaine d’anneaux qu’il déviderait : ligne de boucles, combinaison de linéarité de circularité, ou comme « à Nogent-le-Rotrou, en vacances avec son oncle, dans un circuit touristique où le point de départ est aussi l’arrivée »…

Transcriptions :
Français / English

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 28 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site