Julien Creuzet est un artiste en résidence à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec de septembre 2014 à avril 2015. (...)Julien Creuzet est un artiste en résidence à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec de septembre 2014 à avril 2015. « Pendant sa résidence, Julien Creuzet compose un opéra-archipel, ouvrant ici un nouveau chapitre de son travail. Ce titre, commun à une multitude d’œuvres et prolongé d’un sous-titre pour chacune, joue un peu le rôle de la mer des caraïbes qui sépare des îlots, petites parties émergées d’un vaste territoire dont l’unité réelle est sous-marine. Dans un semblable mouvement archipélique, Julien Creuzet dissocie les éléments qui composent l’opéra ─ voix, musique, danses, décors, costumes, scène, livrets… ─ en une forme éclatée, en un programme disparate de gestes, de performances, de conférences, de films, de sculptures etc. L’opéra-archipel prend pieds dans deux sources historiques ayant contribué à forger, en France, un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille : l’opéra de Rameau Les Indes Galantesde 1735, exaltation dans un même élan de la conquête amoureuse et des territoires éloignés, ainsi qu’une revue de la France coloniale des années 1930 Toutes nos colonies dont chaque numéro au titre éloquent est consacré à une “possession française” : Le Tchad de sable et d’or, Le paradis des Antilles françaises, Seuil de l’Orient, la côte des Somalis, l’Inde française… Ces sources, Julien Creuzet les démonte, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, cet exotisme des Indes au pluriel, où sont passées ces “images de l’inconnu incarné” selon ses mots. Pour cela, il construit des filiations entre ces traces d'ailleurs et d'autrefois avec ce qu'il observe ici et maintenant, en France, en Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Sec, dans sa végétation, chez ses habitants... Julien Creuzet relie ainsi des bribes du passé avec ce qu’il observe de nouvelles “sensations d’exotisme”, alors que la géographie ne recèle plus aucune surprise mais que des altérités résident dans des zones plus obscures. Il construit, à partir des images du monde connu, d’autres images de mondes moins connus faisant émerger des parties sous-marines issues du quotidien. » Émilie Renard
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Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus [part 1]

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel