Débutés en janvier 2013, Les Lundis de Phantom se sont imposés comme un rendez-vous singulier, fondé sur la présentation publique de recherches artistiques en cours. Moments de discussion, de découverte et d’expérimentation, les Lundis sont autant de fenêtres sur l’activité des artistes associés à La Fabrique Phantom.Débutés en janvier 2013, Les Lundis de Phantom se sont imposés comme un rendez-vous singulier, fondé sur la présentation publique de recherches artistiques en cours. Moments de discussion, de découverte et d’expérimentation, les Lundis sont autant de fenêtres sur l’activité des artistes associés à La Fabrique Phantom.
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[Les Lilas • France]

 

Frédéric Nauczyciel est en résidence pour deux années sur une invitation du Département de la Seine-Saint-Denis. Il présente lors de cette séance Phantom des vidéos récentes et des travaux en cours réalisés en région parisienne et à Baltimore autour de l’univers et du vocabulaire du Voguing, art de la performance qui déjoue et déplace le genre.

 

« Cette résidence poursuit ma traversée des ghettos noirs de Baltimore. C’est la seconde saison, parisienne, de la série The Fire Flies. Après avoir documenté le voguing contemporain et ma rencontre avec les voguers de Baltimore, puis de Paris, cette seconde saison se déploie en Seine-Saint-Denis. Elle présentera les personnages américains et français, dans une périphérie réinventée ; y apparaîtront de nouveaux protagonistes, artistes et performeurs, confrontés à une géographie « trans-genre ». Elle évoquera les lignes de partage, la présence du féminin dans la ville. Une présence vive, vibrante, décentrée puis recentrée, non émerveillante, baroque. Les images fixes, animées ou vivantes, dans leur esthétique et leur éthique, c’est à dire leur forme et leur fond, font écho à ces quelques lignes de Georges Didi-Huberman, qui me parcourent depuis plus de trois ans : « Le cours de l’expérience a chuté, mais il ne tient qu’à nous, dans chaque situation particulière, d’élever cette chute à la dignité, à la « beauté nouvelle » d’une chorégraphie, d’une invention de formes. »

[Les Lilas • France]

 

À l’invitation d’Ana Vaz, Raquel Schefer, chercheuse et cinéaste, présente sa recherche autour du panoramique circulaire comme forme filmique. Elle s’appuie sur l’œuvre d’Ana Vaz en retraçant sa généalogie cosmique dans le Nouveau Cinéma Sud Américain. Il est question du regard, du mouvement et des perspectives : Qui regarde qui ? Qui mange qui ? Le panoramique circulaire serait ainsi un geste de mise en mouvement du politique, pour imaginer une extension du corps, reformuler le réel et dé-coloniser la pensée. Au cours d’une conversation avec et sur les films présentés, Raquel Schefer sera en dialogue avec Ana Vaz et Olivier Marboeuf afin de lancer une série des conversations spéculatives pour songer un cinéma multi perspectiviste – notes pour un cinéma à.venir.

 

Avec des extraits des films de Glauber Rocha, Grupo Ukamau, Jorge Sanjinés, Tomás Gutierrez, Ruy Guerra, Ana Vaz, parmi d’autres.

[Les Lilas • France]

 

Jeux de paroles et d’images, questions de traduction et de relecture, l’œuvre de Katia Kameli est faite de circulation de récits, de courants d’histoires, passant d’un corps à un autre pour donner à entendre des fables anciennes autant que des voix contemporaines, des contes populaires et des films imaginaires qui tissent entre la Marrakech et Bollywood, Marseille et Alger une vaste géographie émotionnelle.

 

Projections et conversation traverseront un choix d’œuvres clefs du parcours de l’artiste, pour en dessiner quelques-uns des motifs les plus prégnants.

 

Katia Kameli est une artiste pluridisciplinaire. Elle vit à Paris. Elle est diplômée d’un DNSEP à l’École Nationale des Beaux-Arts de Bourges et d’un post-diplôme, le College-Invisible, dirigé par Paul Devautour à l’École Supérieure d’Arts de Marseille.

En 2007-2008, elle est lauréate du programme Cultures France, Paris-New York, et part en résidence à Location One (NY). Son travail a trouvé une visibilité et une reconnaissance sur la scène artistique et cinématographique nationale et internationale, et a été montré dans des expositions personnelles : What Language Do You Speak Stranger, The Mosaic Rooms, London (2016); Futur, Artconnexion, Lille (2016); Taymour Grahne Gallery, New York (2014); 7 Acts of Love in 7 days of Boredom, Transpalette, Bourges (2012) ; et des expositions collectives : Cher(e)s Ami(e)s, Centre Pompidou, Paris (2016); Made in Algeria, Mucem, Marseille (2016); Entry Prohibited to Foreigners, Havre Magasinet, Boden, Sweden (2015); Where we’re at, Bozar, Bruxelles (2014); Lubumbashi Biennale, Congo (2013); Pour un Monde Durable, Fondation Calouste Gulbenkian, Portugal (2013); Le Pont, MAC Marseille (2013); Dak’art, Biennale de Dakar (2012); Higher Atlas, Biennale de Marrakech (2012); et La Biennale de Bamako, Mali (2011).

[Les Lilas • France]

Projections et conversation avec l’artiste Liv Schulman, accompagnée d’Émilie Renard (directrice de La Galerie, Centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec) et Olivier Marboeuf.

Cette conversation ponctuée de projections traverse la résidence de l’artiste Liv Schulman, intitulée Que faire ?, à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec, qui se déroule du 2 septembre 2016 au 1er avril 2017. Que faire ? consiste à créer une mini-série télévisée de 3 épisodes. Cette série se développe autour de séances de thérapie collective pour des scénaristes souffrant du syndrome de la page blanche. Liv Schulman fait de Noisy-le-Sec le terrain de cette fiction et y intègre les habitants, l’activité et les lieux de la ville, autour des notions d’inspiration et de créativité au travail. À cette occasion l’artiste revisite également certaines de ses œuvres précédentes qui s’intéressent de manière caustique aux contraintes et aux conventions du langage issues de l’art, de l’économie et du champ social.

Liv Schulman (née en 1985) vit à Paris et Buenos Aires (Argentine). Elle est diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et du Post-Diplôme de l’Ecole nationale des beaux-arts de Lyon.

https://livschulman.com/

Lundi de Phantom n°22 : Estefanía Peñafiel Loaiza

[Les Lilas • France]

 

« Le projet et ils vont dans l’espace qu’embrasse ton regard se déroule en plusieurs étapes et comporte différents éléments, parmi lesquels au moins deux films, dont une version est actuellement montrée au Jeu de Paume sous forme d’installation vidéo dans le cadre de l’exposition “Soulèvements”, organisée sous le commissariat de Georges Didi-Huberman.

Ces films auront notamment pour sujet l’évocation d’un lieu dont on n’a pas d’images ou presque : le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris. Il s’agit d’un espace à la fois fantomatique et hanté par l’histoire d’une révolte des sans papiers qui y étaient retenus en juin 2008, au cours de laquelle une section du bâtiment a été incendiée. Il n’y a eu presque aucune image de cet événement dans les médias. Quelques semaines plus tard, j’ai réalisé une installation autour de l’absence d’images de cette révolte, que j’ai nommée les villes invisibles 2. l’étincelle (Vincennes 2008). Depuis, d’autres Centres de Rétention dans différentes localités ont également été incendiés lors de révoltes similaires.

Le projet vise à explorer la résonance de ces révoltes, de ces feux qui continuent de se propager, qui communiquent tacitement entre eux tout en s’adressant à nous, comme autant de signaux de fumée que l’on refuse souvent de voir en se disant que « ça ne nous regarde pas », alors que la majorité des CRA se trouvent tout près de nous, à l’intérieur de nos villes… donc oui, « ça » nous regarde. »

— Estefanía Peñafiel Loaiza

[Les Lilas • France]
En ouverture de la nouvelle saison des Lundis de Phantom à Khiasma, nous avons accueilli une première rencontre avec Louis Henderson, jeune cinéaste anglais dont les films interrogent les relations entre colonialisme, technologie, capitalisme et histoire.
Pour cette première soirée, il a projeté son film Logical Revolts, tourné au Caïre en 2012, à la recherche d’une histoire de la révolution égyptienne et traversera de large extraits d’un autre film récent Lettre de Voyant (2013). À partir d’une réflexion sur ces œuvres, il a abordé les questions que soulève sa recherche actuelle autour de Toussaint Louverture, figure de la révolution haïtienne.

[Bobigny • France]

 

Un espace pour voir

 

Ce Lundi de Phantom se porte en contrepoint de la rencontre qui aura lieu le 10 avril au Magic cinéma à Bobigny. Il marquera une étape supplémentaire dans l’élaboration de l’exposition qui se tiendra à l’Espace Khiasma en septembre 2014. Si la dernière soirée a mis en partage l’amorce des recherches actuelles, celle-ci donnera à observer et à penser quelques essais de mise en espace des vidéos en cours de fabrication avec la perspective de faire du lieu un espace pour voir.

 

A cette occasion, Cécile Poblon, directrice du centre d’art le BBB à Toulouse, est invitée à dialoguer avec l’artiste sous le mode d’un échange ouvert avec le public.

Lundi de Phantom n°11 : Pierre Michelon – Performance documentaire d’un discours non-prononcé

[Les Lilas • France]
À partir de la performance que David Legrand proposa dans le cadre du « Lundi de Phantom » consacré au film en cours de montage de Pierre Michelon, Un petit morceau de bois, ce dernier a composé une pièce sonore revenant sur les thèmes qui traversent son projet. Ce discours non-prononcé par André Malraux à Cayenne sert en effet de point de départ à l’approche sensible de l’enquête historique qu’il mène de concert avec Jean Mariema, une figure importante du militantisme guyanais. Procéder au reenactment d’un texte documentant un événement qui n’a pas eu lieu lui permet ainsi d’appréhender un épisode marquant de l’histoire de la départementalisation en Guyane française : le référendum de septembre 1958 portant sur la Constitution de la Ve République. Par le montage des voix et des récits d’André Malraux et de Jean Mariema, Un petit morceau de bois réactualise les enjeux de ce « non événement ». « Approuvez-vous la Constitution qui vous a été proposée par le Gouvernement de la République ? » Question laissée sans réponse, ou constamment épuisée par les luttes guyanaises qui se poursuivent au présent de l’indicatif : enclavement économique, cohésion sociale, pillages officiels ou clandestins, Université de plein exercice…

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 31 mars 2014, dans le cadre des Lundis de Phantom, et à Bourges, avec David Legrand, le vendredi 27 juin 2014.
Montage : Pierre Michelon

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Dans le cadre de lundi de Phantom, Ismaïl Bahri prolonge sa réflexion entamée depuis le début de sa résidence à l’Espace Khiasma, et met en partage de nouvelles recherches vidéographies gravitant, notamment, autour de projections, d’écrans, d’ellipses et de « films à blanc ».

« Filmer à blanc », c’est produire des images à partir d’un dispositif de captation « élémentaire » – par sa simplicité, mais également son rapport aux « éléments », dans le sens atmosphérique du terme. Il s’agit d’un système de caches en papier blanc de différentes formes et grammage placé devant l’objectif de la caméra, et que le vent soulève par intermittence. Il en résulte des tremblés d’intensités variables, des palpitations de lumières, une microdramaturgie de l’apparition et de la disparition. C’est aussi susciter un questionnement social à partir de formes artistiques.

Ismaïl Bahri revient en effet sur les implications d’une expérience telle que « filmer à blanc » une manifestation advenue lors d’un tournage en Tunisie. Opposant à l’« événement à ne pas rater » un dispositif de ratage délibéré, l’enjeu est de s’extraire du flux en temps réel, caractéristique du régime médiatique de l’image, et se placer dans un rapport désynchronisé. Faire en sorte que la captation n’épouse pas la vitesse de l’événement, c’est éviter que celui-ci ne se dilue dans son propre mouvement et le donner à voir par ses marges, tel qu’il se projette en débords d’écran…

[Les Lilas • France]

 

Par dons et captures

 

Ce premier rendez-vous avec l’artiste en résidence s’articulera autour des « manières de faire ». Ismaïl Bahri invite Marie Doyon à jouer l’intercesseur, selon un procédé de dons et de captures entre l’artiste et le public. Il sera notamment question d’échelle et de rythme de travail, mais également des relations entre artistes, ainsi que des porosités éventuelles entre leurs différents contextes de vie et de recherche. Vidéos, images, documents, objets, dessins, intuitions délaissées ou en veille, livres et mots, seront déposés sur une table de travail qui deviendra, le temps d’une soirée, collective.

 

« Je crois que mon travail artistique a réellement éclos, il y a de cela quelques années, le jour où je me suis rendu compte qu’il m’était impossible de travailler au-delà d’une certaine échelle, restreinte à quelques centimètres carrés. Une fois dépassée une telle échelle, j’ai l’impression d’être littéralement débordé. Depuis, ma façon de travailler ne cesse de passer par l’entremise du détail pour développer un point de vue plus large sur ce qui m’entoure. » Ismaïl Bahri