Au printemps 2015, Bétonsalon – Centre d’art et de recherche invitait l’artiste Maryam Jafri à concevoir, en conversation avec Mélanie Bouteloup et Virginie Bobin, une exposition expérimentale et un programme d’événements et de rencontres sous le titre Le jour d’après. Une installation de Maryam Jafri composée de photographies du (...)Au printemps 2015, Bétonsalon – Centre d’art et de recherche invitait l’artiste Maryam Jafri à concevoir, en conversation avec Mélanie Bouteloup et Virginie Bobin, une exposition expérimentale et un programme d’événements et de rencontres sous le titre Le jour d’après. Une installation de Maryam Jafri composée de photographies du jour de l’indépendance dans les anciennes colonies européennes en Asie et en Afrique, prises entre 1934 et 1975, agissait comme point de départ pour soulever différentes questions artistiques, historiques et politiques posées par ces images et leur arrière-plan historique et institutionnel. Conçue comme un espace de discussions et de rencontres, l’exposition proposait un terrain d’enquête pour explorer ces questions à travers une constellation de contributions matérielles et immatérielles (ateliers, séminaires, performances) en dialogue avec Maryam Jafri, le public et un réseau de chercheurs, théoriciens et artistes invités.
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 [Paris • France]

D’autres gestes  donne la parole à différent-e-s artistes, chercheur-se-s mais aussi collectifs et institutions qui interrogent les modalités de constitution, de conservation, de circulation et d’interprétation des archives et des patrimoines, notamment via la numérisation.  Le Jour d’après  et le travail de Maryam Jafri témoignent du rôle compliqué joué par la maitrise des outils de conservation et de diffusion du patrimoine (parfois celui des autres) dans la construction identitaire et idéologique des Etats après les indépendances. Alors que la légitimité de l’idée de Nation se trouve aujourd’hui mise à mal par la globalisation, les enjeux des archives et du patrimoine se déplacent. Quel rapport les «  communautés imaginaires  » décrites par Arjun Appadurai entretiennent-elles avec un patrimoine matériel et immatériel auxquels nous n’avons souvent accès qu’à travers des dispositifs médiatiques et numériques  ? Quelles sont les alternatives possibles à l’institution nationale de l’archive  ? Quels gestes, quels usages et quels réseaux sont-ils en jeu pour faire du patrimoine un outil d’émancipation et de connaissance  ? Avec  Lotte Arndt  (enseignante en théorie à l’École d’art et design de Valence),  Marian Nur Goni(historienne de la photographie),  Nana Oforiatta Ayim  (auteure, historienne),  Franck Ogou(archiviste, responsable de programme à l’Ecole du Patrimoine Africain),  Zineb Sedira  (artiste),Ashok Sukumaran  (artiste),  Françoise Vergès  (politologue) et  Emma Wolukau-Wanambwa(artiste).

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »

Images en dépendances / Des corps en mouvements

[Paris • France]
A l’invitation de l’artiste Soufiane Ababri, Montassir Sakhi propose, en conversation avec Virginie Bobin, une réflexion autour de la présence et de la représentation des corps individuels et collectifs dans les images de l’histoire récente du Maroc : en partant d’une photographie des cérémonies de l’indépendance marocaine issue d’Independence Day 1934-1975 de Maryam Jafri, ils commentent les « chorégraphies sociales » en jeu dans les images, de l’indépendance du pays jusqu’au printemps arabe, et les « tentatives invérifiables de rentrer dans l’histoire » mises en œuvre par les différents corps représentés (officiels, social, en lutte…).

 

Images en dépendances est une après-midi d’études consacrée aux itinéraires des images et aux réseaux successifs de significations générés par les représentations et les récits historiques, depuis des perspectives postcoloniales et non-alignées. Organisée dans le cadre de l’exposition de Maryam Jafri Le jour d’après à Bétonsalon – Centre d’art et de recherche, Images en dépendances proposait à ses invités d’activer photographies, revues et autres matériaux présentés dans Le jour d’après pour questionner la manière dont l’histoire est cadrée par ses représentations et dont les images et leurs significations sont affectées par leur contexte de circulation. Avec Maryam Jafri (artiste), Sarah Frioux-Salgas (Responsable des archives et de la documentation des collections à la médiathèque du musée du quai Branly), Dominique Malaquais (Chargée de recherche au Centre d’études des Mondes Africains, CNRS), et Montassir Sakhi (militant et membre fondateur du mouvement 20 février et de l’Association Autre Maroc).

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »
Mixage : Sébastien Zaegel

Hors-champ, une après-midi ambivalente / Compositions-recompositions

[Paris • France]
Formé en 2014, le groupe de recherche égalité / hybridité / ambivalence, initié à l’Ecole supérieure d’art et de design de Toulon-Provence, s’attache à cartographier les généalogies possibles, les déplacements, les migrations et les liens théoriques entre, d’un côté, un principe d’égalité entendu comme principe éthique, politique et esthétique, et de l’autre les notions d’hybridité, d’ambivalence et de décentrage, aux héritages hétérogènes. Les ressources accumulées sont recomposées et partagées au moyen de Renkan, un outil de création de cartes heuristiques collaboratives.

Suite à ses échanges avec les participants du groupe de recherche, Maxime Guitton (programmateur, commissaire d’exposition) propose une séance d’écoute publique où se composent et recomposent, dans une circulation entre l’Amérique du nord et l’Inde (notamment), musiques militantes, populaires et savantes.

Transcriptions :
English

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 25 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Hors-champ, une après-midi ambivalente »
Mixage : Sébastien Zaegel

[Paris • France]
« Les Indépendances se sont faites aussi grâce à Présence Africaine », affirme la réalisatrice Sarah Maldoror en 2009, « et ça on le doit à Alioune Diop parce qu’il recevait tout le monde […] Cela a été un ressort, un tremplin, Présence Africaine est un socle, sur ce socle on a mis un tremplin et de là les gens ont sauté dans tous les pays du monde, voilà à quoi a servi Présence Africaine ». En contrepoint des images fondatrices de l’avènement des Indépendances rassemblées par Maryam Jafri, Sarah Frioux-Salgas propose de regarder l’envers du décor en abordant (pour l’Afrique noire exclusivement) la période des Indépendances à travers les activités et les publications des éditions Présence Africaine qui constituèrent la bibliothèque d’une histoire politique, littéraire et scientifique plurielle des intellectuels (francophones, anglophones et lusophones) d’Afrique et de la diaspora.

 

Images en dépendances est une après-midi d’études consacrée aux itinéraires des images et aux réseaux successifs de significations générés par les représentations et les récits historiques, depuis des perspectives postcoloniales et non-alignées. Organisée dans le cadre de l’exposition de Maryam Jafri Le jour d’après à Bétonsalon – Centre d’art et de recherche, Images en dépendances proposait à ses invités d’activer photographies, revues et autres matériaux présentés dans Le jour d’après pour questionner la manière dont l’histoire est cadrée par ses représentations et dont les images et leurs significations sont affectées par leur contexte de circulation. Avec Maryam Jafri (artiste), Sarah Frioux-Salgas. 

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »
Mixage : Sébastien Zaegel