LAM vous propose une sélection d’œuvres sonores expérimentales récoltées lors de l'enquête sur les nouvelles formes d'écritures du sonore et du musical, initiée au printemps 2013 et toujours en cours. Partitions graphiques, photographiques ou programmations interactives mettent la performance sonore dans une situation funambule et (...)LAM vous propose une sélection d’œuvres sonores expérimentales récoltées lors de l'enquête sur les nouvelles formes d'écritures du sonore et du musical, initiée au printemps 2013 et toujours en cours. Partitions graphiques, photographiques ou programmations interactives mettent la performance sonore dans une situation funambule et repoussent la notation traditionnelle dans ses derniers retranchements.
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Once upon a time, Fukushima (Balade de l’invisible mix)

[Paris • France]

La partition de cette nouvelle version de «Once Upon A Time Fukushima» reprend la note d’intention du projet proposé à Dominique Balaÿ pour le projet collaboratif qu’il a développé : Meanwhile, In Fukushima

« Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venus habiter la sonorité /fukushima/. Pour nous, Occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. C’est cette sonorité-réceptacle où se sont déposés les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire. Fukushima est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégés à une catastrophe et à un cataclysme faisant de /fukushima/ le signe d’une apocalypse hypermoderne : Fukushima est un big crunch symbolique, une cosmogonie inversée. »

Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, vise à inverser la narratologie liée à /fukushima/. Elle reste fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agit ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnés. Il s’agit d’activer un moment symbolique pour rendre à fukushima ses forces positives et centrifuges ; d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères pour proposer une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion.

La partition est constituée d’un plateau sur lequel un relevé transparent de l’ensemble des centrales nucléaires japonaises se déplace et offre à l’instrumentiste des notes et des motifs à jouer. L’ensemble des manipulations de la carte est capté en temps réel et manipulé, ainsi que les sons produits par l’instrumentiste.

Les déplacements du calque sur le plateau, comme les différents moments de la construction sonore sont déterminés par le lancer de deux dés : l’un qui indique un chiffre compris entre un et six et qui permet un déplacement latéral ou une rotation précise de la carte, l’autre qui propose une suite d’opérations comme changer de calques, déplacer latéralement, rotation vers la gauche, rotation vers la droite, retourner le calque ou ne rien faire…

Au sol, une projection d’un respirant qui « incorpore » la définition de Fukushima et sur lequel l’instrumentiste se calque, tout en colorant sa respiration des phonèmes de /fukushima/. Pendant ce temps le manipulant fait disparaître un dessin méticuleusement choisi parmi des images de Kamishibaï , puis décalquées.

Once upon a time Fukushima, partition suspendue pour aérophone

[Pantin • France] 
Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venues habiter la sonorité fukushima. Pour nous occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. Elle est cette sonorité-réceptacle où se sont déposées les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire.Fukushima est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégées à une catastrophe et à un cataclysme faisant de fukushima le signe d’une apocalypse hypermoderne : Fukushima est un Big Crunch symbolique, une cosmogonie inversée. 

Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, se propose d’inverser la narratologie liée à fukushima. Elle restera fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agira ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnées. Il s’agira d’activer un moment symbolique qui rendra à fukushima ses forces positives et centrifuges, d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères qui proposera une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion. 

Informations complémentaires

Participation au projet sonore et collaboratif de Dominique Balaÿ, Meanwhile in Fukushima.

In-formed music [extrait]

[Pantin • France]
In-formed Music est une composition pour être joué avec journaux de toutes provenances, de tous genres et de toutes dates. La pièce est composée pour trois groupes de joueurs de journaux. Le nombre de joueurs doit être le même dans tous les groupes, à partir de quatre joueurs par groupes. La performance nécessite au moins 12 joueurs. Le nombre de joueurs peut être augmenté. Mais toujours avec 3 comme plus petit commun multiple (par exemple 15, 18, 21, 24, 27, 30, etc.). En prenant ceci en considération, il n’y a pas de nombre maximum joueurs.

La chanson de bûcherons

[Pantin • France]
1. Comment décririez-vous cette forme d’écriture sonore et / ou de musique ?
Pré-conscient / anti-cérébral.
2. Comment pensez-vous que votre proposition peut être interprétée ?
D’une manière analogue à l’écriture automatique.
3. Quelles significations ou niveau supplémentaire fournit cette forme particulière de l’écriture à la performance et / ou à l’interprétation de l’œuvre?
La subversion des gestes pré-conditionnés de la performance et de l’improvisation.

Glitch in Variable and Determinate States

[Pantin • France]
« Enregistrement MIDI de l’interface clavier, tandis que sept notes sont jouées de façon linéaire ou en masses sur des périodes chronométrées. Ces données d’enregistrement ont ensuite été imprimées sur 102 pages qui ont été entrées dans l’ordinateur de commutation vidéo, et la télévision a joué visuellement les sept notes. Les 102 pages ont ensuite été réinterprétées comme un volume de texte et de dessin. Le texte est de trois phrases : « je suis dans l’amour », « la maison est un tangible », « le sublime n’est pas un faussaire », avec des pages de dessin qui les sépare. Les données MIDI ont été enfin utilisées pour contrôler la lecture des échantillons enregistrés du tube cathodique de la télévision en tension et hors tension. » Rebekkah Palov

[Pantin • France]
Au rythme de… Les Mercuriales est la tentative de faire perdurer un moment. Celui où la répétition de quelques néons allumés, probablement par les agents de services de l’entreprise, rythmait les deux façades obscures des Mercuriales, conférant un aspect singulier à ces deux tours imposantes, marquant le paysage du 20e arrondissement de Paris. Ce moment a donné lieu à la réécriture graphique des néons, afin d’être translittéré ensuite en musique. L’interprétation proposée ici est celle du groupe MMMRL BBQ. Partition de Frédéric Mathevet, interprétation de MMMRL BBQ (Denis Bernardi, guitare basse, Frédéric Mathevet, synthétiseur, Célio Paillard, percussions).

Fluctuatio (in)animi – œuvre musicale pour flûte, violon, alto, violoncelle, contrebasse et électronique et Kinem(a) – dessin

[Pantin • France]
« Je suis fascinée par tous les sons mécaniques, industriels, par la richesse de leur sonorité, leur qualité cinétique irrépressible et leur fonctionnement autonome, imperturbable. Les deux types d’écriture que j’utilise pour mes créations (musicale et graphique) sont étroitement connectés, mais ils ne sont pas systématiquement associés pour une œuvre donnée. Ils se réfèrent plutôt à la pensée artistique qui sous-tend chacune de mes créations. Le schéma ou le dessin n’est pas destiné à produire du bruit. La musique n’est pas destinée à évoquer une production visuelle. Mais c’est un même réseau de connexions nombreuses et très imbriquées qui infiltre les deux médiums artistiques et qui est à la source des processus sonores et visuels que j’imagine. C’est mon intérêt pour les rouages, les assemblages d’unités extrêmement minimales qui est à l’origine de la recherche de mécaniques visuelles, d’un côté, et de ces mécanismes sonores “hybrides”, entre le mécanique et l’organique (ou presque animal) d’un autre côté. C’est ce que je nomme une “nanomusique” (et des “nanographiques”), c’est-à-dire l’articulation d’éléments infimes qui produit une globalité très complexe, dense et évolutive. Les deux créations proposées ici (une œuvre musicale, “Fluctuatio (in)animi”, et une œuvre graphique, “Kinêma”) sont représentatives de cette parenté structurale entre mes créations musicales et graphiques.»

-> Clara Maïda pour l’enquête de L’Autre musique

Enregistrement du concert de création à l’Akademie der Künste de Berlin le 25 novembre 2006. KAMMERENSEMBLE NEUE MUSIK BERLIN. Honorary Mention au PRIX ARS ELECTRONICA 2007. Publié sur le CD monographique in corpore vili (DAAD et Edition RZ, Berlin, 2010. Distribution française : label Metamkine)