Au plus près des évènements qui « tiennent lieu » à l’Espace Khiasma, le programme « contre-feu » touche au langage et à ce qui se dit en marge des œuvres – et qui est une problématique centrale de la médiation notamment. Comment fonctionnent l’œuvre et son commentaire et qui le prend en charge ? Du déplacement que peut opérer (...)Au plus près des évènements qui « tiennent lieu » à l’Espace Khiasma, le programme « contre-feu » touche au langage et à ce qui se dit en marge des œuvres – et qui est une problématique centrale de la médiation notamment. Comment fonctionnent l’œuvre et son commentaire et qui le prend en charge ? Du déplacement que peut opérer le commentaire dans ce que l’on voit considéré non pas comme un problème, mais plutôt comme une piste supplémentaire – une piste comme on en parle dans un montage musical, comme une couche additionnelle dans le régime sensible et non pas comme on est souvent porté à le penser – et à le pratiquer – comme une intrusion d’un langage obsédé par la compréhension. Pourquoi le commentaire ne serait-il pas l’objet d’un trouble, au contraire ?
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SEMES / récit 2 : Jérémy Gravayat / EN CHANTIER

[Les Lilas • France]
Le second « récit » de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon est EN CHANTIER. Pour inaugurer ce second acte, Vincent Chevillon a invité Jérémy Gravayat à échanger sur les enjeux de la mise en récit de collectes de matériaux documentaires. Comment s’agencent les documents entre les nécessités de la transmission, de l’acte politique et celles du geste artistique ?
Cinéaste, Jérémy Gravayat réalise des films questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération Lyonnaise.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

 


Soirée dans le cadre du programme « Réfléchir la création” de l’association À bras le corps.
Le projet « Réfléchir la création » est soutenu par Arcadi.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 2 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 1 : Jocelyn Bonnerave / NOIR ATLANTIQUE

[Les Lilas • France]
NOIR ATLANTIQUE est le premier « récit » inaugurant l’acte 1 de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon. Ayant invité l’écrivain, performeur et anthropologue Jocelyn Bonnerave à explorer l’exposition comme un objet d’étude anthropologique, ce seront les principes fondamentaux d’une « sociologie animiste » en germe qui émaneront de cette fameuse « réserve ». Espace muséographique qui dérobe aux regards, lieu du penser/classer mais aussi du refoulement, de la cargaison, de l’appropriation inavouable, atelier pour l’artiste, laboratoire ou cale de bateau : c’est au cœur de cette écologie de l’ombre que s’agenceront les différentes combinaisons des futurs « actes » de l’exposition, mais où l’on peut imaginer également une « vie sociale » des objets. Où ces derniers prendraient la parole lorsque les hommes ne sont pas là. Une contre-forme de l’exposition, à la façon dont l’océan atlantique serait une contre-forme centrale des continents périphériques et qui, selon l’hypothèse de Paul Gilroy, formerait un continent résiduel d’où serait né, du fond des cales, le peuple de la Caraïbe.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le jeudi 10 mars 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Dialogue avec l’artiste Simon Quéheillard autour de son ouvrage en cours Une méthode de dispersion.
Distrait est celui qui voit tout. Mais ce tout est une dispersion. Cette dispersion a lieu dans les marges. L’expérience consiste à l’y maintenir en périphérie. Si, comme on le dit, une personne distraite se trouve « absorbée par autre chose », en nous détournant constamment, la distraction comme forme d’attention tend à recréer du vide. De cette manière le vide se construit et réapparaîtra toujours au centre de la perception. Si le vide est central, les marges sont mouvantes, aucun objet jamais ne se cristallise. Une vision à plusieurs contrepoints où toutes choses perçues simultanément coexistent. Se détourner pour maintenir la distance d’où les images ressurgiront.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 29 novembre 2014, dans le cadre de l’exposition sommeils de Ismaïl Bahri.

[Les Lilas • France] 
sommeils, pièce radiophonique qui emprunte son nom à l’exposition d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, tisse entre elles des prises de paroles semées à la croisée des vents — ce courant d’air, qui soulève en ce moment même et jusqu’au 13 décembre les cloisons du centre d’art, rejouant l’espace devenu chambre noire, camera obscura, « espace du dedans […] chambre d’écho d’un dehors », et se jouant des perceptions sensorielles des spectateurs.
Construite autour d’un dispositif de captation très simple dans son principe : un rectangle de papier placé devant l’objectif et servant d’obturateur (membrane sensible et oscillante, actionnée par le vent et conditionnant le régime d’apparition/disparition des images), cette installation vidéo se caractérise par son recours aux voix. Des voix tunisiennes, issue d’un même « dehors » que cette lumière de Tunisie qu’exfiltre sporadiquement l’entrebâillement du papier. Les voix des passants, croisés lors du tournage, qui voient le mécanisme à l’œuvre, et participent de cette œuvre à leur insu. Qui, par leurs commentaires, mettent en lumière le fonctionnement du dispositif et certains de ses enjeux, devenant ainsi, auprès des spectateurs de l’exposition, les intercesseurs d’un hors champ.
sommeils recueille ce qui se dit à la marge de l’œuvre et devient catalyseur de récits. Un geste continué lors de tous les rendez-vous publics d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, dans la pénombre d’une exposition « habitée en paroles ». Voix des commissaires d’expositions Olivier Marboeuf et Guillaume Désanges, de l’artiste Simon Quéheillard écrivant une lettre (Les images veillent sur moi), voix d’Ismaïl Bahri lui-même, traduisant la parole des autres comme on raconte sa propre histoire — voix que rassemble cette création sonore réalisée tout spécialement pour la r22 Tout-monde !

Pour ceux qui voudraient en apprendre plus, un extrait de la correspondance qu’Ismaïl bahri entretient avec Olivier Marboeuf et où il est question de Sommeil, est consultable en cliquant sur « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Réalisé par Ismaïl Bahri et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre de l'exposition sommeils programmée du 9 octobre au 13 décembre 2014

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site