Pendant sa résidence aux Archives nationales et à l’Espace Khiasma, Frank Smith crée un texte de théâtre intitulé Choeurs politiques, poème dramatique pour voix. Explorant les modes d’élaboration d’une « langue démocratique », le travail qu’il mène aux Archives nationales fait valoir le droit, pour chacun, de prendre la (...)Pendant sa résidence aux Archives nationales et à l’Espace Khiasma, Frank Smith crée un texte de théâtre intitulé Choeurs politiques, poème dramatique pour voix. Explorant les modes d’élaboration d’une « langue démocratique », le travail qu’il mène aux Archives nationales fait valoir le droit, pour chacun, de prendre la parole. Il ajoute ainsi aux « voix des archives » celles des personnes rencontrées à l’occasion des permanences d’écrivain public qu’il anime au « bureau citoyen ».
▼ Mois
▼ Auteur-s
 

[Pierrefitte-sur-Seine • France]
« On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), je proposerai quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ? » (Georges Didi-Huberman)

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

Enregistré aux Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) le mardi 2 juin 2015

[Les Lilas • France]
Le festival Hors limites s’associe à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales pour accueillir l’une des cartes blanches ponctuant la résidence d’écriture de Frank Smith. Marqué, comme beaucoup d’autres, par la parution d’Un ABC de la barbarie de Jacques-Henri Michot, celui-ci a donc convié son auteur à en proposer une lecture, à l’occasion de la réédition de l’ouvrage aux éditions Al Dante. Cartographie des lieux communs émaillant le langage journalistique, miscellanées rassemblant les paroles de ceux qui, artistes et écrivains, rechargent au contraire la langue en capacités à dire le monde, récit d’une écriture et des tribulations d’un manuscrit s’inscrivant dans la grande tradition romanesque du Quichotte ; la richesse et la portée critique de ce texte en ont fait outil essentiel pour qui veut résister à l’impact propagandiste des médias sur notre façon de nous formuler le réel. En écho manifeste avec cette idée d’une « langue démocratique » développée par Frank Smith dans Chœurs politiques, poème dramatique pour voix, l’échange qui suit s’annonce donc nourris d’aperçus passionnants sur le « bon usage » (politique) de la faculté de parole !

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

[Les Lilas • France]
La table des opérations
est un essai d’investigations poétiques en cours d’écriture. Frank Smith y déploiera la typologie des dispositifs, protocoles et processus qu’il met en œuvre dans son traitement poétique du matériau documentaire. Pour RELECTURES, c’est cette table elle-même qui s’est matérialisée en plateau de jeu (dit « de société ») : communion sous le sigle de l’AFP, dont les règles et le rite ont été inspirés par l’ABC de la guerre de Bertolt Brecht.

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

[Les Lilas • France]
Dans les années 30, aux États-Unis, un groupe de jeunes écrivains désigne comme «objectivisme» l’usage poétique qu’ils font de textes non littéraires. Le plus célèbre d’entre eux, Charles Reznikoff, «redécoupa» des minutes de procès puisées dans les archives judiciaires afin de leur donner un rythme, une versification, composant ainsi un «récitatif» : «cri massivement pluriel». Cette nouvelle appréhension du document eut de nombreuses postérités, irriguant des démarches artistiques plurielles que Frank Smith et ses invités ont passé en revue.

 

dans le cadre de la résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

[Les Lilas • France]
Exposés des faits
questionne les mécanismes de la construction du récit à partir de la rhétorique du témoignage. En déplaçant la langue du droit de la salle d’audience à l’espace du livre, Vanessa Place procède par montages de documents provenant de dossiers qu’elle fut amenée à traiter, en tant qu’avocate commise d’office. Seuls sont dissimulés le nom des victimes et certains détails qui permettraient trop facilement de les identifier.
Nous confrontant à des matériaux bruts et sommés de reconstituer, à partir de l’« exposition » des faits, leur (problématique) vérité, l’expérience de lecture devient celle de « l’effet Rashomon » : subjectivité de notre appréhension des situations, et donc de notre capacité de jugement.
Suite à sa lecture, Vanessa Place s’entretient avec Frank Smith au sujet du projet, VanessaPlace Inc. (première firme internationale de poésie), et fait entendre sa nouvelle pièce sonore, Last Words, construite à partir des dernières déclarations de tous les détenus exécutés au Texas depuis 1982.

 

Carte blanche à Frank Smith, dans le cadre de la soirée de lancement de sa résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » à Khiasma et aux Archives nationales. Un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis.