▼ Mois
▼ Auteur-s
▼ Programme
▼ Catégorie
 

SHANSHUI [carte blanche à Tengger part 1]

 

[Enlish Below]

 

Actifs sous le nom de Tengger depuis 2013,

Itta et Marqido, accompagnés par leur fils

Raii, sont une famille de musiciens et de

voyageurs coréano-japonaise basée à

Séoul. ils développent depuis cinq ans

à travers leur pratique musicale et leurs

voyages (conçus comme des experiences

spirituelles) un univers riche, dans lequel

chacun de leurs albums, performances,

concerts et autres projets nous invitent

à naviguer.

Leur dernier album en date « Segye »

est sorti sur le label néerlandais

Guruguru Brain. Sa confection a été

considérablement influencée par la

proximité qu’avait le studio

d’enregistrement avec le lieux où prit place

la mobilisation populaire conduisant

à la destitution de la présidente

Geun-hye Park au cours des mois

d’octobre et de novembre 2016.

 

A l’occasion de cette nouvelle

carte blanche sur l’antenne Sept de la r22,

Itta et Marqido on réalisé shanshui,

une pièce qui s’inspire d’un concept

d’abord appliqué à l’art pictural Chinois,

coréen et japonais*, et dont ils livrent ici

leur interprétation toute personnelle,

à l’exact opposé d’une carte postale sonore,

dans les nappes et les volutes hypnotiques

du synthétiseur de Marqido,

des profondeurs desquelles surgissent

les motifs lumineux de l’harmonium indien

d’Itta auxquels répond sa voix éthérée.

 

Illustration réalisée par Paul Descamps

d’après la pièce de Tengger

et le concept de shanshui.

 

*Le terme sansuiga 山水画 désigne

la peinture chinoise coréenne et japonaise

représentant une image idéalisée

de la nature, en utilisant principalement

des formes de montagnes, de rivières,

de nuages, et des éléments naturels

comme des rochers et des arbres.

C’est l’un des 3 thèmes majeurs

de la peinture extreme orientale,

avec la peinture de personnages

jinbutsuga 人物画 ainsi que la peinture

de fleurs et d’oiseaux kachouga 花鳥画.

Souvent considérée comme la plus

caractéristique de la tradition picturale

chinoise, la peinture de paysage n’est pas

pensée commeun miroir du monde naturel,

mais plutôt un moyen d’expression de

la pensée humaine et de concepts

abstraits et/ou philosophiques.

source : http://www.aisf.or.jp/~jaanus/deta/s/sansuiga.htm

 

[English]

 

Active under the name of Tengger

since 2013, Itta (from Korea)

Marqido (from Japan) and their son Raii,

are a traveller and musician family

based in Seoul.

For five years they have been exploring

through their musical practice

and their travels (envisioned as spiritual

experiences in real environments) a rich

and diverse world, in which each of their

albums, performances, concerts and other

project invite us to wander.

Tengger’s most recent album, « Segye »

was released on dutch label

Guruguru Brain. It’s making was heavily

influenced by the proximity between

the recording studio and the location

where popular protests leading to

the destitution of president

Park Geun-hye took place, between

October and November of 2016.

 

For this new Carte Blanche on Sept*,

Itta and Marqido did craft an original

sound piece called « Shanshui »,

based on a concept that takes its roots

in Chinese Korean and Japanese

painting**. They deliver here their

very own interpretation of 山水, far away

from the sonic postcard that one could

expect, in the profound layers of tones

and hypnotic volutes and swirls of 

Marqido’s modular synthesizer,

from which depths Itta’s Indian

harmonium luminous patterns arise,

followed by her ethereal voice,

seeming to echo and answer it.

 

The illustration was created by french

illustrator Paul Descamps, inspired by

Tengger’s sound piece and shanshui

painting style and concept.

 

*Sept is a virtual (and sometime

concrete) place dedicated to

the development and sharing of

experimental music practices.

It was initiated a year and a half ago

by Victor Donati, and is currently active as

an « antenna » of R22 tout monde

(a french webradio founded by

Khiasma independent art center,

based in Les Lilas 93260)

 

**The term sansuiga 山水画 is applied to

Chinese, Korean, and Japanese painting

which depicts an idealized image primarily

using the forms of mountains, rivers,

clouds and natural features such as

rocks and trees.

One of the three major subject categories

of Far Eastern painting, along with figure

painting jinbutsuga 人物画 and bird and

flower painting kachouga 花鳥画.

(Although the representation of landscape

had a long history in China,

only in the 11c did it become the

dominant subject of mainstream

painting.) Sometimes called the most

characteristic or the chief glory of the

entire Chinese painting tradition,

landscape painting is said to provide

not only a mirror of the natural world

but a means of expressing

human thought and abstract or

philosophical principles.

 

source: http://www.aisf.or.jp/~jaanus/deta/s/sansuiga.htm

Phone [carte blanche à bela part.3]

 

Troisième volet de la carte blanche à bela:

 

Phone [carte blanche à bela part 3]

 

La pratique de la musique comme outil

de résilience en milieu hostile;

 

Privé de son ordinateur personnel,

son principal outil de travail (interdit dans

l’enceinte de la base militaire),

bela recourt au système D afin de

continuer à faire de la musique,

pratiquant la contrainte.

Dans la publication précédente

(cl4ss1f13d [carte blanche à bela part 2] ),

c’est en utilisant l’autoradio d’un camion

de ravitaillement de carburant pour les

avions de chasse qu’ille avait enregistré

un mix; ici c’est à l’aide de son

smartphone clandestinement introduit

dans l’enceinte du complexe militaire et

d’application rudimentaires dédiées

à la création musicale qu’ont été

façonnés les morceaux qui composent

cette pièce sonore.

Tels des courts poèmes, ils révèlent une

pratique régulière voir quotidienne,

qui approfondit un peu plus la relation

intime entretenue avec la musique,

qui préserve, protège et soigne, dans

un environnement subi et violent.

 

[english]

 

Third opus of bela’s Carte blanche:

Phone [carte blanche à bela part 3]

Creating music as a tool of resilience

in hostile grounds.

Deprived of personal computer and

principal work tool (forbidden inside the

military base), bela are  compelled to create

with the very less, under constraint.

In the previous post

(cl4ss1f13d [carte blanche à bela part 2] )

they recorded a mixtape

using an aircraft supply truck’s radio.

Since a few months, bela crafted a series of

tracks, with a rudimentary music app on

their secretly kept cellphone.

The following sound piece is compilation of

these short poems, that reveal a very regular

or even daily practice.

It intensifies the intimate relationship

with music, developed in the previous parts

of this carte blanche, and its capacity to

preserve, protect and heal in an endured

and violent environment.

 

 

cl4ss1f13d [carte blanche à bela part.2]

 

cl4ss1f13d (diesel refueler, 2351, 160118)

 

Le service militaire en Corée du sud

est à ce jour encore obligatoire pour

les jeunes hommes. 91% d’entre eux

se voient appelés et doivent effectuer

deux années de service sous peine

d’emprisonnement, ou de devoir

renoncer à leur nationalité.

Deux longues années dans l’une des

trois branches de l’armée (air, marine,

terre) souvent vécues comme une

grand violence, aussi bien

psychologique que physique

(L’ONG Asian human right évoque

une « violence institutionnalisée »

menaçant chaque conscrit).

C’est dans ce contexte particulier

que bela, artiste auquel est consacrée

la première carte blanche sur l’antenne

Sept de la r22 tout monde,

et actuellement en train de servire sur une

base de la ROK Air Force (대한민국 공군),

a réalisé

«cl4ss1f13d (diesel refueler, 2351, 160118)».

Un objet sonore hybride, au croisement

entre le mix, le field recording,

la documentation d’un acte performatif,

et la pièce sonore; enregistré à l’aide

d’un téléphone portable (objet interdit

sur la base), cette diffusion de

morceaux de musique sur l’autoradio

d’un camion de ravitaillement diesel,

nous projette dans le quotidien de

l’artiste appelé.

La musique qui nous parvient à travers

les filtrages successifs (système de

diffusion, bruits « parasites » du

camion et des avions présents sur

la base, système d’enregistrement, etc.)

est alors envisagée comme un élément

intime, constitutif d’une identité propre,

à l’endroit même ou l’individu et

l’individuel tendent à être mis à l’écart

au profit du groupe.

 

44:44 PROJECT [carte blanche à bela part.1]

 

Cette première carte blanche sur l’antenne

Sept est l’occasion de donner la parole

à l’artiste bela (Paju, Corée du Sud).

Une exploration du passé, du présent

et du future, à travers la publications de

plusieurs pièces sonores et mixes.

Pour cette première partie, retour sur

le projet 44:44, co-réalisé avec l’artiste

MLCYBABY, et qui avait donné lieu à

une exposition en juillet 2017 dans la

galerie séoulite Archive Bomm. Sous

le pseudonyme de MDBRKN, bela

avait alors réalisé une pièce sonore

de 44 minutes et 44 secondes,

bande son de l’exposition.

 

44:44

 

tétraphobie: aversion ou peur du nombre quatre

 

Depuis l’hiver 2016, MDBRKN et MCLYBABY

ont imaginé dans un aller-retour d’idées la

synthèse et la traduction physique de

plusieurs états émotionnels (anxiété,

dépression, ennui, humiliation, etc.) en

un lieu. les stigmates prennent forme:

éclats de miroir, brindilles, eau de pluie, 

vagues, chantiers de constructions,

ruines…

Un son sans forme propre emplit l’espace

pendant 44 minutes et 44 secondes,

associé à des fragments d’images

répétés. Les sons et les images

combinées convoquent et disposent les

sentiments à nu sur le sol.

 

« Sick of the relentless ennui, she questions

if she is human at all. She quit cussing like

she used to when she‘s exhausted;

it’s empty nowAfter crawling through

a narrow and filthy alley, she finds her

4x4m size room just to fall asleep.

She lost sense of either she is having

a nightmare or standing on her legs in

reality with this intense headache.

Digital clock at the wall reads AM 4:44; 

she looks into the mirror – Is it a ghost or

a mirror? »

crédits sonores : bela/MDBRKN
crédits visuels : MLCYBABY
Sept sur Facebook : @septradio