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[Les Lilas • France]

Dans le cadre d’une invitation de l’Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne, l’Espace Khiasma a eu le plaisir d’accueillir l’anthropologue et théoricienne américaine Elizabeth Povinelli pour une soirée autour des films récents du Karrabing Film Collective.

Povinelli a développé depuis de longues années une collaboration avec une communauté indigène de Nord de l’Australie qui a nourri ses recherches les plus ambitieuses. Avec Karrabing Film Collective, ils ont inventé un espace cinématographique unique et baroque, jouant habilement de la satire et déjouant l’Histoire officielle et les lois de l’Etat australien pour défendre leur identité, revendiquer leurs droits et la puissance de leur imaginaire.

Durant cette soirée où a été projetés deux films – Wutharr, Saltwater Dreams (2016, 28:53) et The Jealous One (2017, 29:17) – et évoqué le dernier opus du collectif, Night Time Go, Elizabeth Povinelli a dialogué avec Louis Henderson et Olivier Marboeuf autour des pratiques collectives de cinéma, des enjeux de transmission et d’invention d’autres régimes de l’Histoire à partir des langages et expériences minoritaires.

Elizabeth Povinelli : « The Rise of Extimate Aesthetics »

[Paris • France]

 

« L’essor des esthétiques de l’extimité » s’ouvre sur l’ouvrage de Frantz Fanon Les Damnés de la Terre — colonisés, défavorisés, noirs et métissés, ce sont les Indigènes et les autres qui cheminent à travers les écueils toxiques du risque vital, avançant du mieux qu’ils peuvent malgré un travail qui ne paie pas et des domiciles qui ne peuvent pas être habités, des marais qui ne peuvent pas être prolongés ni vidés — en vue de ré-examiner le concept du cultuel dans la théorie esthétique et la fonction de l’art dans les philosophies occidentales de la vérité. Faisant office de conclusion à la discussion autour des politiques et des arts à la lumière de la terre toxique, « L’essor des esthétiques de l’extimité » défend que ce dont nous avons besoin n’est pas d’une nouvelle valeur de l’art, de l’esthétique et des artistes, mais d’un compte-rendu examinant comment ces trois domaines contribueront à la maintenance et à l’extension d’une politique de souveraineté toxique captivante, et comment la nouvelle forme d’esthétique de l’extimité pourrait alors émerger en son sein tout en s’y opposant.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, matérialités, et socialités. Cette théorie potentielle s’est déroulée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord d’Australie et à travers cinq livres, de nombreux ouvrages et quatre films avec le Karrabing Film Collective. 

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 20 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

Elizabeth Povinelli : « The Collapse of Political Concepts »

[Paris • France]

 

« L’Effondrement des Concepts Politiques » débute avec quatre axes qui émergent lorsque la politique s’infiltre dans l’espace interstitiel entre la terre entière (whole earth), gaia et les mondes autonomes (worlds). Ces quatre axes sont les suivants : l’extimité de l’existence ; l’effondrement des distinctions et hiérarchies d’existence occidentales, et particulièrement celles entre la Vie et la Non-vie, et entre le biologique et le géologique ; la distribution des effets du pouvoir et le pouvoir d’impacter un terrain d’existence donné ; enfin la multiplicité et l’effondrement des formes de l’événement. Comment l’affaiblissement des quasi-espaces, des choses floues, ainsi que des efforts et des forces de remblayage de l’existence exige-il une reddition des concepts politiques occidentaux concernant leur refus d’assumer leur impact historique et actuel sur notre terre toxique ?

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

[Paris • France]

 

Construite autour de Condition de l’homme moderne d’Hannah Arendt et d’un groupe de sirènes dans un film récent du Karrabing Film Collective, “Le Retour du Monde” entame une discussion sur la terre toxique en distinguant, la terre dans sa globalité (whole earth), gaia (du grec : la vie, l’origine et la génitrice de la vie) et les mondes (worlds) autonomes. Comment la toxicité donne-t-elle tort à ces trois éléments? Le terme « retour » dans le titre de la conférence pourrait évoquer quelque chose faisant jadis partie de la théorie occidentale, qui avait été oublié ou perdu, mais qui est désormais revenu tel un fils prodigue. Mais qu’est-ce qui revient, qu’est-ce qui n’est jamais parti, et où ? Et si les sirènes n’avaient jamais disparu sous l’assaut des colons modernes, ou n’étaient jamais revenues avec le désenchantement face au rationnel? Et si les sirènes avaient continué à traverser le paysage, malgré des voyages altérés par les actes toxiques du colonialisme, de l’industrialisme et leur valorisation ? En d’autres termes, comment les imaginaires de la terre entière (earth), des mondes autonomes (worlds) et de gaia cachent autant qu’ils dévoilent de grandes parties de l’existence qui n’ont jamais été enchantées, plutôt désenchantées, comme le réalisateur afroaméricain Charles Burnett l’a évoqué dans son film Killer of Sheep, luttant en vue de se protéger et de survivre dans un contexte en perpétuel changement de racisme toxique et de colonialisme de peuplement.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 à Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne