www.phantom-productions.org — La Fabrique Phantom est une structure d’accompagnement basée sur un principe de résidences souples intégrant la mise à disposition d’un ensemble d’outils artistiques, matériels, logistiques et financiers. Les spécificités et les durées particulières de chaque projet sont prises en compte : le processus de développement du film est (...)www.phantom-productions.org — La Fabrique Phantom est une structure d’accompagnement basée sur un principe de résidences souples intégrant la mise à disposition d’un ensemble d’outils artistiques, matériels, logistiques et financiers. Les spécificités et les durées particulières de chaque projet sont prises en compte : le processus de développement du film est pensé comme un espace vivant de recherche et de rencontre, une communauté qui associe professionnels et public, notamment à travers Les Lundis de Phantom, séances mensuelles de présentation de travaux en cours accueillis à l’Espace Khiasma.
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[Les Lilas • France]

 

Pour le 30ème Lundi de Phantom, João Vieira Torres nous emmène sur les traces d’Aurora, sa grand-mère disparue, sage-femme et guérisseuse pendant plus de quarante ans dans le Sertão profond du Nordeste brésilien.

 

Hanté par des apparitions et des voix, son personnage, devenu lui-même un fantôme après son exil en Europe, décide de revenir dans cette région désertique où l’évangélisme gagne du terrain. Lors de ce parcours initiatique où il ne sait ce qu’il cherche, il fera de nombreuses rencontres et chacun souhaitera lui transmettre des histoires, souvent tragiques, de femmes disparues. Il devra transporter malgré lui ce terrible héritage jusqu’à une destination mystérieuse.

 

La figure d’Aurora planait déjà sur le précédent film de João Vieira Torres, Les enfants fantômes. Il poursuit avec Aurora une écriture qui glisse du documentaire à la fiction.

 

João Vieira Torres est né à Recife, Brésil, en 1981. Il vit et travaille depuis 2002 à Paris. Sa pratique inclut la photographie, le cinéma, l’art vidéo et la performance et s’intéresse à la difficulté à de trouver un ancrage, qu’il soit territorial, identitaire ou corporel.

Lundi de Phantom n°30 : João Vieira Torres (Lecture)

[Les Lilas • France]

 

Pour le 30ème Lundi de Phantom, João Vieira Torres nous emmène sur les traces d’Aurora, sa grand-mère disparue, sage-femme et guérisseuse pendant plus de quarante ans dans le Sertão profond du Nordeste brésilien.

 

En première partie de soirée, João Vieira Torres a lit un texte en présence de ses rushs. Le voici.

 

Hanté par des apparitions et des voix, son personnage, devenu lui-même un fantôme après son exil en Europe, décide de revenir dans cette région désertique où l’évangélisme gagne du terrain. Lors de ce parcours initiatique où il ne sait ce qu’il cherche, il fera de nombreuses rencontres et chacun souhaitera lui transmettre des histoires, souvent tragiques, de femmes disparues. Il devra transporter malgré lui ce terrible héritage jusqu’à une destination mystérieuse.

 

La figure d’Aurora planait déjà sur le précédent film de João Vieira Torres, Les enfants fantômes. Il poursuit avec Aurora une écriture qui glisse du documentaire à la fiction.

 

João Vieira Torres est né à Recife, Brésil, en 1981. Il vit et travaille depuis 2002 à Paris. Sa pratique inclut la photographie, le cinéma, l’art vidéo et la performance et s’intéresse à la difficulté à de trouver un ancrage, qu’il soit territorial, identitaire ou corporel.

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Pour ce 29è Lundi de Phantom, le cinéaste Jérémy Gravayat présente son projet Atlas, enquête qu’il mène depuis cinq ans sur l’histoire et l’actualité des bidonvilles de Seine-Saint-Denis. Recueil de témoignages, recherches d’archives, publication d’un journal, activités militantes et tournage d’un film composent les diverses étapes de ce cheminement au long cours, en compagnie d’habitants.

 

Jérémy Gravayat réalise des films (documentaires, fictions) questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et de l’histoire des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte et Calais, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération lyonnaise, habitants des bidonvilles.

 

Travaillant conjointement l’archive et le document, le documentaire et la fiction, l’histoire orale et la topographie, les trois films projetés au cours de cette soirée sont proposés comme des chapitres fragmentaires d’un long-métrage en cours de montage, qui sera finalisé en 2018.

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Pour le deuxième Lundi de Phantom consacré à l’univers de Katia Kameli, l’artiste et vidéaste nous propose de plonger dans la fabrication de son film à épisodes Le Roman Algérien. Une réflexion sur la création d’une archive vivante de l’Algérie contemporaine qui interroge le rapport aux images, aux signes et à la mémoire.

 

Pour le deuxième épisode qu’elle vient d’achever, elle convoque la lecture de Marie-José Mondzain. Née à Alger, la célèbre philosophe des images regarde et commente la mise en récit de l’histoire de ce pays par des femmes militantes à partir de quelques photographies et moments clefs des premières heures de l’Indépendance.

 

Katia Kameli et Marie-José Mondzain prolongent la conversation du film en public et dialoguent autour des enjeux du regard et du geste de l’archiviste.

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Frédéric Nauczyciel est en résidence pour deux années sur une invitation du Département de la Seine-Saint-Denis. Il présente lors de cette séance Phantom des vidéos récentes et des travaux en cours réalisés en région parisienne et à Baltimore autour de l’univers et du vocabulaire du Voguing, art de la performance qui déjoue et déplace le genre.

 

« Cette résidence poursuit ma traversée des ghettos noirs de Baltimore. C’est la seconde saison, parisienne, de la série The Fire Flies. Après avoir documenté le voguing contemporain et ma rencontre avec les voguers de Baltimore, puis de Paris, cette seconde saison se déploie en Seine-Saint-Denis. Elle présentera les personnages américains et français, dans une périphérie réinventée ; y apparaîtront de nouveaux protagonistes, artistes et performeurs, confrontés à une géographie « trans-genre ». Elle évoquera les lignes de partage, la présence du féminin dans la ville. Une présence vive, vibrante, décentrée puis recentrée, non émerveillante, baroque. Les images fixes, animées ou vivantes, dans leur esthétique et leur éthique, c’est à dire leur forme et leur fond, font écho à ces quelques lignes de Georges Didi-Huberman, qui me parcourent depuis plus de trois ans : « Le cours de l’expérience a chuté, mais il ne tient qu’à nous, dans chaque situation particulière, d’élever cette chute à la dignité, à la « beauté nouvelle » d’une chorégraphie, d’une invention de formes. »

[Les Lilas • France]

 

Jeux de paroles et d’images, questions de traduction et de relecture, l’œuvre de Katia Kameli est faite de circulation de récits, de courants d’histoires, passant d’un corps à un autre pour donner à entendre des fables anciennes autant que des voix contemporaines, des contes populaires et des films imaginaires qui tissent entre la Marrakech et Bollywood, Marseille et Alger une vaste géographie émotionnelle.

 

Projections et conversation traverseront un choix d’œuvres clefs du parcours de l’artiste, pour en dessiner quelques-uns des motifs les plus prégnants.

 

Katia Kameli est une artiste pluridisciplinaire. Elle vit à Paris. Elle est diplômée d’un DNSEP à l’École Nationale des Beaux-Arts de Bourges et d’un post-diplôme, le College-Invisible, dirigé par Paul Devautour à l’École Supérieure d’Arts de Marseille.

En 2007-2008, elle est lauréate du programme Cultures France, Paris-New York, et part en résidence à Location One (NY). Son travail a trouvé une visibilité et une reconnaissance sur la scène artistique et cinématographique nationale et internationale, et a été montré dans des expositions personnelles : What Language Do You Speak Stranger, The Mosaic Rooms, London (2016); Futur, Artconnexion, Lille (2016); Taymour Grahne Gallery, New York (2014); 7 Acts of Love in 7 days of Boredom, Transpalette, Bourges (2012) ; et des expositions collectives : Cher(e)s Ami(e)s, Centre Pompidou, Paris (2016); Made in Algeria, Mucem, Marseille (2016); Entry Prohibited to Foreigners, Havre Magasinet, Boden, Sweden (2015); Where we’re at, Bozar, Bruxelles (2014); Lubumbashi Biennale, Congo (2013); Pour un Monde Durable, Fondation Calouste Gulbenkian, Portugal (2013); Le Pont, MAC Marseille (2013); Dak’art, Biennale de Dakar (2012); Higher Atlas, Biennale de Marrakech (2012); et La Biennale de Bamako, Mali (2011).

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Projections et conversation avec l’artiste Liv Schulman, accompagnée d’Émilie Renard (directrice de La Galerie, Centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec) et Olivier Marboeuf.

Cette conversation ponctuée de projections traverse la résidence de l’artiste Liv Schulman, intitulée Que faire ?, à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec, qui se déroule du 2 septembre 2016 au 1er avril 2017. Que faire ? consiste à créer une mini-série télévisée de 3 épisodes. Cette série se développe autour de séances de thérapie collective pour des scénaristes souffrant du syndrome de la page blanche. Liv Schulman fait de Noisy-le-Sec le terrain de cette fiction et y intègre les habitants, l’activité et les lieux de la ville, autour des notions d’inspiration et de créativité au travail. À cette occasion l’artiste revisite également certaines de ses œuvres précédentes qui s’intéressent de manière caustique aux contraintes et aux conventions du langage issues de l’art, de l’économie et du champ social.

Liv Schulman (née en 1985) vit à Paris et Buenos Aires (Argentine). Elle est diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et du Post-Diplôme de l’Ecole nationale des beaux-arts de Lyon.

https://livschulman.com/

Entretien avec Djamel Kerkar : Atlal

[Les Lilas • France]

 

Lors de cette conversation, le cinéaste Djamel Kerkar parcourt son premier long-métrage, Atlal, présenté en première parisienne lors de la séance Phantom du 23 février 2017 au MK2 Beaubourg. Dans une écriture épurée qui laisse la place au récit silencieux des ruines, le film revient sur la décennie noire, terrible guerre civile qui a déchiré l’Algérie des années 1990. En s’installant à Ouled Allal, bourgade qui fut le théâtre à l’automne 1997 d’une opération militaire de sinistre mémoire qui l’a alors éradiquée, Kerkar traverse les strates de l’histoire de son pays, de la guerre de libération aux violences islamistes, en quête d’un futur pour une jeunesse au voyage immobile.

 

Djamel Kerkar est né à Alger (Algérie). Il a passé une partie de son enfance à Tunis, et a travaillé a Alger comme animateur et programmateur de cinéclub (Cinéclub chrysalide). Il est diplômé comme réalisateur de l’école des arts visuels de Marrakech (Maroc). Il réalise son premier court métrage documentaire en 2012 : Archipel ; puis Earth Is Full Of Ghosts (2014) une fiction librement inspiré de la pièce de théâtre d’Albert Camus, Le Malentendu.

 

Enregistré à Khiasma le 21 février 2017
entretien : Olivier Marboeuf
mix : Esther Poryles

Entretien avec Julien Creuzet : Ricochets, les galets que nous sommes finiront par couler […]

Autour de la performance Ciel Ara – créée à Khiasma en octobre 2016 dans le cadre du festival Relectures 17 et re-présentée en version longue (Ricochets, les galets que nous sommes finiront par couler […]) – le 3 février 2017 au Centre Pompidou, Olivier Marboeuf et Julien Creuzet s’entretiennent sur la manière de ce dernier d’envisager la performance où s’entrecroisent, s’entremêlent ou encore se superposent voix et récit, musique et chant, images et écrans. Des mythes et imaginaires Creuzet écrit des histoires, convoquent d’autres écrivains, d’autres voix pour écrire ensemble les étapes d’une relecture mythologique caraïbéenne. 

Une démarche plastique qui s’articule par ailleurs autour d’une pratique de la musique. Ainsi se pose la question du devenir de la chanson, de sa capacité de transmission et de ses possibilités d’invention sonore lorsqu’elle s’affranchie pour ouvrir à la poésie contemporaine.

Enregistré à Khiasma le 1er février 2017
Entretien : Julien Creuzet et Olivier Marboeuf
Musique : Julien Creuzet
Mixage : Esther Poryles

Lundi de Phantom n°24 : Kantuta Quirós & Aliocha Imhoff

[Les Lilas • France]

 

Pour ce 24è Lundi de Phantom, dernier rendez-vous de l’exposition Excusez-moi de vous avoir dérangés, Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós, fondateurs de la plateforme curatoriale le peuple qui manque, présenteront leur projet Les Impatients. Face à une crise de l’avenir qui est aussi, nécessairement, une crise du récit, Les Impatients sont ceux qui, en divers endroits du monde, oeuvrent à un mouvement de reconstruction face à une histoire qui semble arrêtée, pour « construire ce qui pourrait être, et déconstruire ce qui se présente comme étant ».

 

« On a pu décrire nos temps comme ceux des années d’hiver – une ère de glaciation des possibilités. Face à cette crise de l’avenir que traverse notre début de 21ème siècle, les Impatients sont ceux qui œuvrent à un mouvement de reconstruction de l’avenir, des avenirs. Ils sont ceux qui portent en eux cette impatience à l’égard d’une Histoire qui semble désormais immobile, arrêtée.

Depuis cette crise du futur, cette série surgit alors, pour nous, de l’urgence de retrouver des possibilités pour l’avenir. Nous partons en quête de traces, d’indices d’avenirs possibles que nous collectons et rassemblons. Ces salves d’avenir, dont de nombreux artistes et penseurs témoignent aujourd’hui, nous cherchons à les coudre ensemble. Nous pensons cette enquête en rhapsodes – le rhapsode, cet arpenteur qui va de ville de ville, pour dire les poèmes des autres, ce chercheur, cet agent de liaison qui, au sens premier du mot, a soucis de coudre, de lier les espaces les uns aux autres, continûment, jusqu’aux limites du monde habité.

Chaque épisode démarre ainsi depuis un chronotope, un espace-temps particulier, depuis lequel s’invente une pensée temporelle singulière. Les corps que nous filmons à Chicago, à Detroit, à Dakar, à Paris, à Leipzig et bientôt en Haïti, à Lagos, incarnent des cristaux de temps, loin de la fiction de ce temps homogène de la globalisation, de ce fantasme d’une simultanéité globale.

Nous filmons à Chicago, à Detroit où les ruines crépusculaires de la crise des subprimes et les blessures infligées aux vies noires sont contredites par les imaginations afrofuturistes et le mouvement des Black Live Matters. Nous filmons à Dakar, à Lagos (Nollywood), où se dessinent les frémissements d’un autre avenir pour l’Afrique. Nous filmons à Leipzig où a commencé historiquement le mouvement qui allait conduire à la chute du mur de Berlin. Nous filmons à Paris, pendant Nuit Debout où l’on a défait les calendriers et où a ressurgi, telle une épiphanie, cette joie commune de retrouver une possibilité du politique. »

— KQ & AI

Lundi de Phantom n°22 : Estefanía Peñafiel Loaiza

[Les Lilas • France]

 

« Le projet et ils vont dans l’espace qu’embrasse ton regard se déroule en plusieurs étapes et comporte différents éléments, parmi lesquels au moins deux films, dont une version est actuellement montrée au Jeu de Paume sous forme d’installation vidéo dans le cadre de l’exposition “Soulèvements”, organisée sous le commissariat de Georges Didi-Huberman.

Ces films auront notamment pour sujet l’évocation d’un lieu dont on n’a pas d’images ou presque : le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris. Il s’agit d’un espace à la fois fantomatique et hanté par l’histoire d’une révolte des sans papiers qui y étaient retenus en juin 2008, au cours de laquelle une section du bâtiment a été incendiée. Il n’y a eu presque aucune image de cet événement dans les médias. Quelques semaines plus tard, j’ai réalisé une installation autour de l’absence d’images de cette révolte, que j’ai nommée les villes invisibles 2. l’étincelle (Vincennes 2008). Depuis, d’autres Centres de Rétention dans différentes localités ont également été incendiés lors de révoltes similaires.

Le projet vise à explorer la résonance de ces révoltes, de ces feux qui continuent de se propager, qui communiquent tacitement entre eux tout en s’adressant à nous, comme autant de signaux de fumée que l’on refuse souvent de voir en se disant que « ça ne nous regarde pas », alors que la majorité des CRA se trouvent tout près de nous, à l’intérieur de nos villes… donc oui, « ça » nous regarde. »

— Estefanía Peñafiel Loaiza

[Les Lilas • France]
En ouverture de la nouvelle saison des Lundis de Phantom à Khiasma, nous avons accueilli une première rencontre avec Louis Henderson, jeune cinéaste anglais dont les films interrogent les relations entre colonialisme, technologie, capitalisme et histoire.
Pour cette première soirée, il a projeté son film Logical Revolts, tourné au Caïre en 2012, à la recherche d’une histoire de la révolution égyptienne et traversera de large extraits d’un autre film récent Lettre de Voyant (2013). À partir d’une réflexion sur ces œuvres, il a abordé les questions que soulève sa recherche actuelle autour de Toussaint Louverture, figure de la révolution haïtienne.

[Bobigny • France]

 

Un espace pour voir

 

Ce Lundi de Phantom se porte en contrepoint de la rencontre qui aura lieu le 10 avril au Magic cinéma à Bobigny. Il marquera une étape supplémentaire dans l’élaboration de l’exposition qui se tiendra à l’Espace Khiasma en septembre 2014. Si la dernière soirée a mis en partage l’amorce des recherches actuelles, celle-ci donnera à observer et à penser quelques essais de mise en espace des vidéos en cours de fabrication avec la perspective de faire du lieu un espace pour voir.

 

A cette occasion, Cécile Poblon, directrice du centre d’art le BBB à Toulouse, est invitée à dialoguer avec l’artiste sous le mode d’un échange ouvert avec le public.

Lundi de Phantom n°11 : Pierre Michelon – Performance documentaire d’un discours non-prononcé

[Les Lilas • France]
À partir de la performance que David Legrand proposa dans le cadre du « Lundi de Phantom » consacré au film en cours de montage de Pierre Michelon, Un petit morceau de bois, ce dernier a composé une pièce sonore revenant sur les thèmes qui traversent son projet. Ce discours non-prononcé par André Malraux à Cayenne sert en effet de point de départ à l’approche sensible de l’enquête historique qu’il mène de concert avec Jean Mariema, une figure importante du militantisme guyanais. Procéder au reenactment d’un texte documentant un événement qui n’a pas eu lieu lui permet ainsi d’appréhender un épisode marquant de l’histoire de la départementalisation en Guyane française : le référendum de septembre 1958 portant sur la Constitution de la Ve République. Par le montage des voix et des récits d’André Malraux et de Jean Mariema, Un petit morceau de bois réactualise les enjeux de ce « non événement ». « Approuvez-vous la Constitution qui vous a été proposée par le Gouvernement de la République ? » Question laissée sans réponse, ou constamment épuisée par les luttes guyanaises qui se poursuivent au présent de l’indicatif : enclavement économique, cohésion sociale, pillages officiels ou clandestins, Université de plein exercice…

[Les Lilas • France] 
Dans le cadre de lundi de Phantom, Ismaïl Bahri prolonge sa réflexion entamée depuis le début de sa résidence à l’Espace Khiasma, et met en partage de nouvelles recherches vidéographies gravitant, notamment, autour de projections, d’écrans, d’ellipses et de « films à blanc ».

« Filmer à blanc », c’est produire des images à partir d’un dispositif de captation « élémentaire » – par sa simplicité, mais également son rapport aux « éléments », dans le sens atmosphérique du terme. Il s’agit d’un système de caches en papier blanc de différentes formes et grammage placé devant l’objectif de la caméra, et que le vent soulève par intermittence. Il en résulte des tremblés d’intensités variables, des palpitations de lumières, une microdramaturgie de l’apparition et de la disparition. C’est aussi susciter un questionnement social à partir de formes artistiques.

Ismaïl Bahri revient en effet sur les implications d’une expérience telle que « filmer à blanc » une manifestation advenue lors d’un tournage en Tunisie. Opposant à l’« événement à ne pas rater » un dispositif de ratage délibéré, l’enjeu est de s’extraire du flux en temps réel, caractéristique du régime médiatique de l’image, et se placer dans un rapport désynchronisé. Faire en sorte que la captation n’épouse pas la vitesse de l’événement, c’est éviter que celui-ci ne se dilue dans son propre mouvement et le donner à voir par ses marges, tel qu’il se projette en débords d’écran…

[Les Lilas • France]

 

Par dons et captures

 

Ce premier rendez-vous avec l’artiste en résidence s’articulera autour des « manières de faire ». Ismaïl Bahri invite Marie Doyon à jouer l’intercesseur, selon un procédé de dons et de captures entre l’artiste et le public. Il sera notamment question d’échelle et de rythme de travail, mais également des relations entre artistes, ainsi que des porosités éventuelles entre leurs différents contextes de vie et de recherche. Vidéos, images, documents, objets, dessins, intuitions délaissées ou en veille, livres et mots, seront déposés sur une table de travail qui deviendra, le temps d’une soirée, collective.

 

« Je crois que mon travail artistique a réellement éclos, il y a de cela quelques années, le jour où je me suis rendu compte qu’il m’était impossible de travailler au-delà d’une certaine échelle, restreinte à quelques centimètres carrés. Une fois dépassée une telle échelle, j’ai l’impression d’être littéralement débordé. Depuis, ma façon de travailler ne cesse de passer par l’entremise du détail pour développer un point de vue plus large sur ce qui m’entoure. » Ismaïl Bahri