— S'étendant de la Porte des Lilas à la Porte de Vincennes autour de l'axe de la ligne de Tramway T3b, «la Bande» est à la fois un territoire concret et un espace à inventer ! Se réapproprier nos lieux de vie, les rêver ou les documenter : coordonnée par Khiasma (Les Lilas), la Maison des Fougères et La Cabane Fleury (Paris 20e), (...) — S'étendant de la Porte des Lilas à la Porte de Vincennes autour de l'axe de la ligne de Tramway T3b, «la Bande» est à la fois un territoire concret et un espace à inventer ! Se réapproprier nos lieux de vie, les rêver ou les documenter : coordonnée par Khiasma (Les Lilas), la Maison des Fougères et La Cabane Fleury (Paris 20e), l'antenne «La Bande» vous proposera un ensemble de contenus réalisés sur ce territoire par les nombreux acteurs qui l'investissent.
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Concert de Mohamed Bhar

[Les Lilas • France]

 

Alors qu’en janvier, le festival lilasien Cultures d’Hivers mettait la Tunisie à l’honneur,  le ciné-gouter mensuel de Khiasma a été l’occasion de projeter le court-métrage Les Souliers de l’Aïd (Sabbat el Aïd) d’Anis Lassoued et d’inviter le musicien Mohamed Bhar à venir jouer son répertoire engagé et plein de poésie.  

 

Né en 1957 à Ksour Essef, Mohamed Bhar est un auteur-compositeur-interprète tunisien. Il se produit seul, accompagné de son oud et dirige également la chorale de l’association Art et culture des deux rives.

Un concert de Mohamed Bhar.
Mixage : Esther Poryles.

[Bagnolet • France]

 

Cartographie sonore de la porte de Bagnolet est un projet en partenariat avec les enfants de l’association Mom’artre et l’artiste Ségolène Thuillart.

 

Avec ce travail  cartographie sonore de la porte de Bagnolet, il est question de retranscrire l’ambiance d’un quartier à travers une bande sonore et d’amener l’enfant à appréhender son environnement sous le prisme de l’ouïe. C’est à travers différents gestes du quotidien que l’on retrace un parcours, que l’on va découvrir diverses sensibilité face au milieu sonore urbain. 

 

Chaque enfant, est allé enregistrer un son qui était propre à son quotidien et à une anecdote.

 

Pour découvrir le travail de Ségolène Thuillart : http://segolenethuillart.tumblr.com

Avec la participation de Eli, Ephrem, Etan, Noé, Rebbeca, Yassin, Elsa et Théo.
Enregistré, monté et réalisé par Ségolène Thuillart en partenariat avec l'association Mom'artre.

Espace culturel d’Anglemont | Carte de visite sonore

[Les Lilas • France]

 

L’Espace culturel d’Anglemont, situé aux Lilas, abrite à la fois le centre culturel Jean Cocteau, le conservatoire Gabriel Fauré, la bibliothèque André Malraux et le square Georges Gay.

 

Accompagné par l’équipe de Khiasma et une animatrice du Service jeunesse des Lilas, un groupe de sept adolescents a réalisé cette carte de visite sonore. En se familiarisant avec le matériel technique, les jeunes ont circulé dans les différents espaces pour capter des sons d’ambiance et réaliser des interviews du personnel et des usagers.

 

 

Enregistrements et entretiens réalisés en juin 2016 par Néné-Aminata, Marwan, Harouna, Fatou et Bilal.
Montage et mixage : Adrien Tripon (Khiasma).

Utopie, (Dystopie, Mazzerati)

[Paris 20e • France]

 

De février à mai 2017, l’artiste Luca Wyss a travaillé sur le quartier des Fougères – Le Vau dans le cadre d’une résidence entre différentes structures de ce territoire : la Maison des Fougères, le Cap de Bonne Espérance, l’Espace Paris Jeunes Mahalia Jackson, la Cabane Fleury et le collège Pierre Mendès-France. Dans chacun de ces lieux l’artiste a proposé des ateliers avec les différents publics qui les fréquentent. Au début, il s’est agi d’imaginer des récits sur le futur du quartier. Comment sera le quartier dans 20 ans ? Comment serons nous dans 20 ans ? En jouant les ethnologues du futur, les participants se sont interrogés les uns aux autres. Puis, ces histoires ont été mises en images (photo, vidéo, dessin, collage…), mais pas par le même groupe qui les a produites : l’artiste a fait circuler les récits d’un lieu à l’autre. Ainsi, par exemple, un groupe de collégiens se retrouve à faire des petits films sur le monde imaginé par des adultes usagers de la psychiatrie du CAP de Bonne Espérance.

Les résultats de ces ateliers ont été exposés dans les structures impliquées lors d’un parcours artistique de restitution festif et convivial le 13 mai. Les glissements se sont poursuivi à cette occasion, car les œuvres n’ont pas été montrées là où elles ont été produites, participant ainsi à la circulation des publics et à son mélange.

 

Face à la violence sociale présente tout autour de nous, je suis à la recherche des lueurs présentes dans la vie quotidienne ; ces petits gestes, mots, rythmes et actes qui défient l’oppression. Dans ce but, je travaille à partir de la conversation ; enregistrant des entretiens, organisant des espaces de dialogue, examinant les pratiques sociales, partageant des rencontres.

Mes travaux sont des procédures invitant au dialogue. Comme dans la pratique documentaire, j’utilise la réalité comme matière première pour mon travail. Les résultats prennent la forme de performances, d’événements culinaires, de films documentaires et de interventions quotidiennes. Ma recherche m’a amené dans une station radio alternative dans un Kosovo occupé par l’ONU, à suivre un tournoi de football dans une banlieue d’Alger, à demander l’avenir à des amis sans-papiers à Paris, à interroger mes collègues artistes à propos de leurs jobs alimentaires, à organiser un réseau d’aliments biologiques à Buenos Aires, à voler avec les cerfs-volants d’une favela de Rio de Janeiro…
Je traduis ces moments d’émancipation en récits pour libérer leur possibilité d’être des ponts au-delà de frontières culturelles/territoriales/sociales.

Luca Wyss

(Utopie,) Dystopie, (Mazzerati)

[Paris 20e • France]

 

De février à mai 2017, l’artiste Luca Wyss a travaillé sur le quartier des Fougères – Le Vau dans le cadre d’une résidence entre différentes structures de ce territoire : la Maison des Fougères, le Cap de Bonne Espérance, l’Espace Paris Jeunes Mahalia Jackson, la Cabane Fleury et le collège Pierre Mendès-France. Dans chacun de ces lieux l’artiste a proposé des ateliers avec les différents publics qui les fréquentent. Au début, il s’est agi d’imaginer des récits sur le futur du quartier. Comment sera le quartier dans 20 ans ? Comment serons nous dans 20 ans ? En jouant les ethnologues du futur, les participants se sont interrogés les uns aux autres. Puis, ces histoires ont été mises en images (photo, vidéo, dessin, collage…), mais pas par le même groupe qui les a produites : l’artiste a fait circuler les récits d’un lieu à l’autre. Ainsi, par exemple, un groupe de collégiens se retrouve à faire des petits films sur le monde imaginé par des adultes usagers de la psychiatrie du CAP de Bonne Espérance.

Les résultats de ces ateliers ont été exposés dans les structures impliquées lors d’un parcours artistique de restitution festif et convivial le 13 mai. Les glissements se sont poursuivi à cette occasion, car les œuvres n’ont pas été montrées là où elles ont été produites, participant ainsi à la circulation des publics et à son mélange.

 

Face à la violence sociale présente tout autour de nous, je suis à la recherche des lueurs présentes dans la vie quotidienne ; ces petits gestes, mots, rythmes et actes qui défient l’oppression. Dans ce but, je travaille à partir de la conversation ; enregistrant des entretiens, organisant des espaces de dialogue, examinant les pratiques sociales, partageant des rencontres.

Mes travaux sont des procédures invitant au dialogue. Comme dans la pratique documentaire, j’utilise la réalité comme matière première pour mon travail. Les résultats prennent la forme de performances, d’événements culinaires, de films documentaires et de interventions quotidiennes. Ma recherche m’a amené dans une station radio alternative dans un Kosovo occupé par l’ONU, à suivre un tournoi de football dans une banlieue d’Alger, à demander l’avenir à des amis sans-papiers à Paris, à interroger mes collègues artistes à propos de leurs jobs alimentaires, à organiser un réseau d’aliments biologiques à Buenos Aires, à voler avec les cerfs-volants d’une favela de Rio de Janeiro…
Je traduis ces moments d’émancipation en récits pour libérer leur possibilité d’être des ponts au-delà de frontières culturelles/territoriales/sociales.

Luca Wyss

(Utopie, Dystopie,) Mazzerati

[Paris 20e • France]

 

De février à mai 2017, l’artiste Luca Wyss a travaillé sur le quartier des Fougères – Le Vau dans le cadre d’une résidence entre différentes structures de ce territoire : la Maison des Fougères, le Cap de Bonne Espérance, l’Espace Paris Jeunes Mahalia Jackson, la Cabane Fleury et le collège Pierre Mendès-France. Dans chacun de ces lieux l’artiste a proposé des ateliers avec les différents publics qui les fréquentent. Au début, il s’est agi d’imaginer des récits sur le futur du quartier. Comment sera le quartier dans 20 ans ? Comment serons nous dans 20 ans ? En jouant les ethnologues du futur, les participants se sont interrogés les uns aux autres. Puis, ces histoires ont été mises en images (photo, vidéo, dessin, collage…), mais pas par le même groupe qui les a produites : l’artiste a fait circuler les récits d’un lieu à l’autre. Ainsi, par exemple, un groupe de collégiens se retrouve à faire des petits films sur le monde imaginé par des adultes usagers de la psychiatrie du CAP de Bonne Espérance.

Les résultats de ces ateliers ont été exposés dans les structures impliquées lors d’un parcours artistique de restitution festif et convivial le 13 mai. Les glissements se sont poursuivi à cette occasion, car les œuvres n’ont pas été montrées là où elles ont été produites, participant ainsi à la circulation des publics et à son mélange.

 

Face à la violence sociale présente tout autour de nous, je suis à la recherche des lueurs présentes dans la vie quotidienne ; ces petits gestes, mots, rythmes et actes qui défient l’oppression. Dans ce but, je travaille à partir de la conversation ; enregistrant des entretiens, organisant des espaces de dialogue, examinant les pratiques sociales, partageant des rencontres.

Mes travaux sont des procédures invitant au dialogue. Comme dans la pratique documentaire, j’utilise la réalité comme matière première pour mon travail. Les résultats prennent la forme de performances, d’événements culinaires, de films documentaires et de interventions quotidiennes. Ma recherche m’a amené dans une station radio alternative dans un Kosovo occupé par l’ONU, à suivre un tournoi de football dans une banlieue d’Alger, à demander l’avenir à des amis sans-papiers à Paris, à interroger mes collègues artistes à propos de leurs jobs alimentaires, à organiser un réseau d’aliments biologiques à Buenos Aires, à voler avec les cerfs-volants d’une favela de Rio de Janeiro…
Je traduis ces moments d’émancipation en récits pour libérer leur possibilité d’être des ponts au-delà de frontières culturelles/territoriales/sociales.

Luca Wyss

BARAS (Février 2013)

[Montreuil • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

EMERSON (28 octobre 2013)

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

NATIXIS (10 août 2013)

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

WILSON (4 août 2015)

[Montreuil • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
(collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif.

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ?

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique.

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore.

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199)

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”.

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45)

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

Plantes Résistantes – Atlas Sensible, Episode 1

[Les Lilas • France]

 

La Bande Est 20e déploie le premier épisode de ses ateliers d’exploration urbaine en compagnie d’Olivier Marboeuf et de l’artiste Younès Rahmoun.

 

Une déambulation active entre la Maison des Fougères et Khiasma en forme de porte d’entrée vers le travail impactant de Younès Rahmoun, et l’occasion de porter un regard neuf sur la ville, ses brèches et ses failles, à la recherche de tout ce qui germe, monte en graine, éclot, fleurit, pollinise et s’hybride. Au détour d’une rue, au détour d’une forêt, l’horizon s’ouvre à hauteur de chaussures. Ici, on surprend une montagne intégrée en zone urbaine. Là, des graines migrantes. Partout, des êtres qui s’adaptent et résistent. Une captation de promenade parlée comme un voyage immobile à travers la friche, le jardin, les blocs, le pavillon, la jachère et la culture.

 

L’installation de Younès Rahmoun, «Montagne-Terre-Pierre », est visible jusqu’au 19 décembre à l’Espace Khiasma dans le cadre de l’exposition Les propriétés du sol.

Réalisation : Benoit Baudinat