www.khiasma.net — Khiasma est une structure de production et de diffusion artistique et culturelle dont les actions questionnent les relations entre art et pratiques sociales. Ouvert en 2004, l’Espace Khiasma est dédié à une programmation dans le domaine des arts visuels (expositions et cycles de projections), de la performance, des littératures vivantes (...)www.khiasma.net — Khiasma est une structure de production et de diffusion artistique et culturelle dont les actions questionnent les relations entre art et pratiques sociales. Ouvert en 2004, l’Espace Khiasma est dédié à une programmation dans le domaine des arts visuels (expositions et cycles de projections), de la performance, des littératures vivantes (Festival Relectures). L’espace, en accès libre, est pensé comme un lieu de découverte des formes de l’art actuel pour un large public. Il joue également le rôle d’espace citoyen au travers des cycles de conférences, de colloques et de débats.
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«Écouter l’espace» | Séance 6

[Paris XXe • France]

«Un nuage magique, calme, crépitant, liquide»… Reportage de la sixième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

«Écouter l’espace» | Séance 5

[Paris XXè • France]

 

Compte rendu de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. La deuxième année de l’atelier de la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau, porté sur le son et le mouvement, a mené les élèves à réaliser un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

 

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse des dépôts et consignations.

«Écouter l’espace» | Séance 4

[Paris XXe • France]

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir.
Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

«Écouter l’espace» | Séance 3

[Paris XXe • France]

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir.
Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

[Les Lilas • France]

 

Non loin du Précheur, en Martinique, près de la rivière Sèche, il y a une grosse roche, immense bâtiment, que l’on voit depuis la route… Le tombeau des Caraïbes. Le bouche-à-oreille dit de la légende que les hommes recouverts de roucou, auraient sauté ensemble, dans le vide depuis le haut de la roche, pour fuir le futur des hommes garnis de dentelle. La chute, avant le suicide vaporeux. On a cherché sans retrouver d’ossements. C’est la voix sans visage d’un film et des bribes d’images qui apparaissent. Dans le ciel, c’est un début et une piste, depuis le drone qui survole cette roche, debout au milieu de la carrière de sable…

 

Né en 1986. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école des beaux arts de Caen, du post-diplôme des beaux arts de Lyon, du Studio national des arts contemporain – Le Fresnoy à Tourcoing. Il est représenté par la galerie Doyang Lee à Paris. Son travail a fait récemment l’objet d’une exposition personnelle au Frac Basse Normandie à Caen (2015), au centre d’art contemporain de Juvisy sur Orge, à la galerie Doyang Lee à Paris (2013), à la fondation Sandretto Re Rebaudengo à Turin (2012). Suite à sa résidence au centre d’art La Galerie à Noisy le Sec, il a participé à l’exposition collective intitulée Scroll infini, en 2015. Ses projets en 2016 incluent : résidence Orange Rouge (Seine Saint Denis), Contre-Formes exposition collective au Centre Dramatique National de Caen, exposition personnelle à la Galerie Doyang Lee, seconde biennale de Kampala (Ouganda)…

Regarde ta jeunesse dans les yeux – Une histoire de la naissance du hip-hop français (1980-1990)

Vincent Piolet dessine la cartographie de la naissance du rap et de la culture hip hop en France durant les années 80. Portée par les témoignages d’acteurs de ce mouvement et accompagnée d’extraits sonores, images et anecdotes fascinantes, cette conférence foule un territoire bien moins connu et documenté que les décennies suivantes qui verront l’éclosion d’un mouvement artistique et économique phénoménal. En parcourant les chemins de son livre Regarde ta jeunesse dans les yeux (éditions Le mot et le reste, 2015), Piolet revient aux racines culturelles de la culture hip-hop française des premières heures, ses lieux, ses aspirations et ses modèles, entre insouciance et culture « zulu », identité et mimétisme, banlieues et Paris.

Entretien avec Ana Vaz : Há Terra !

[Les Lilas • France]

 

« Há terra ! est une rencontre, une chasse, un conte diachronique du regard et du devenir. Comme dans un jeu, comme dans une coursepoursuite, le film oscille entre personnage et terre, terre et personnage, prédateur et proie. » Ainsi Ana Vaz décrit-elle son poème cinématographique en 16 mm. Des mouvements de caméra filants semblent traquer une jeune fille métisse dans les hautes herbes. La voix off au présent s’agglomère au passé dans la myopie de la longue focale. La boucle sonore récurrente d’un homme criant « Terre ! Terre ! » convoque le lointain souvenir de la conquête coloniale. Mais la beauté du collage tient à l’impossibilité pour le spectateur de laisser « passer » ce passé : bientôt le témoignage actuel porte sur un maire qui s’est approprié par la menace les terres des indigènes. La jeune fille traquée en vient à personnifier un territoire. Nous sommes dans le sertão brésilien, où l’exclamation « há terra! » (littéralement : « il y a (de) la terre ») peut aussi s’entendre comme l’affirmation que les sans-terre, non-possédants organisés en Mouvement depuis une quarantaine d’années, n’ont pas lieu d’en être privés. Énigmatique et fiévreux, le film vibre aussi en images et en son du Manifeste anthropophage d’Oswald de Andrade (1928), autre inspiration d’Ana Vaz : « Anthropophagie. Absorption de l’ennemi sacré pour le transformer en totem. L’humaine aventure. La finalité terrienne ». (Charlotte Garson)

 

 

Née en 1986 à Brasilia, Ana Vaz est une artiste et cinéaste dont les films et le travail spéculent sur les relations entre le soi et l’autre, le mythe et l’histoire au travers d’une cosmologie de signes, références et perspectives. Des assemblages de matériau filmé et trouvé, ses films combinent ethnographie et spéculation dans l’exploration des frictions et fictions inscrites dans les environnements naturels comme bâtis. Diplômée du Royal Melbourne Institute of Technology et du Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains, Ana Vaz fut également membre de SPEAP (SciencesPo School of Political Arts), un projet conçu et mené par Bruno Latour. Son travail est régulièrement projeté partout dans le monde : New York Film Festival, TIFF Wavelengths, CPH:DOX, Videobrasil, Courtisane, Cinéma du Réel, Lux Salon. En 2015, elle reçoit le Kazuko Trust Award présenté par la Film Society du Lincoln Center en reconnaissance de l’excellence artistique et de l’innovation de son travail filmique.

Enregistré à l'Espace Khiasma.
Entretien : Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

Les Lignes d’erre de Fernand Deligny

[Les Lilas • France]

 

Contre « l’encastrement » institutionnel dont sont victimes selon lui les enfants autistes, Fernand Deligny, éducateur et poète, les accueille à partir de 1968 dans les Cévennes, dans un lieu de vie et des espaces au sein desquels ils peuvent librement circuler. Ces enfants, selon lui, sont simplement « mutistes », dans la mesure où ils refusent notre langage. Afin d’entrer en communication avec eux, les éducateurs le suivent dans leurs pérégrinations et reportent consciencieusement sur le papier les « lignes d’erre », tentatives de captation de ce qui constitue leur manière d’être au monde. Ces cartes, aussi splendides que fragiles, nous offrent une autre conception de l’espace et de ce qui l’anime.

 

Julien Zerbone est historien de l’art et critique d’art, il collabore notamment aux revues 303, Critique d’art et 02. Intéressé aux relations entre art et histoire politique et sociale, aux problématiques de l’art et du monde du travail et de la culture populaire, il met en place des cycles de rencontres et de conférences dans différentes structures de la région nantaise (maison des arts de Saint-Herblain, FRAC Pays de la Loire, Site Saint-Sauveur de Rocheservière..). Il intervient par ailleurs dans le cadre de projet tuteurés au sein du Département Histoire de l’art de l’Université de Nantes.

Alien(s)kin : Queer other other lands of here

Alien(s)kin: Queer other Other Lands of Here est une performance poétique audiovisuelle qui traite du pouvoir d’action de la « POC » (‘Person of Colour’) queer, depuis les marges supposées, comme disruptions des récits et chrono-géographies dominants. Se jouant des limites et frontières, un oeil sur « l’espace » comme lieu de réalisation et de création de zones alternatives d’espace/temps — des zones où les récits alternatifs respirent et sèment des géographies transitoires.

 

Jamika Ajalon est une artiste pluridisciplinaire qui travaille de nombreux médiums indépendamment mais aussi en fusion, incorporant textes écrits et parlés, sons, musiques et visuels. Nomade, elle grandit aux Etats-Unis avant de vivre de nombreuses années en Europe, notamment au Royaume-Uni et en France. Au fil de voyages, notamment dans divers pays d’Afrique, elle a rencontré et collaboré avec d’autres artistes et universitaires qui récusent les « frontières », externes comme internalisées, et sèment des graines. Fan de science-fiction, elle a toujours considéré « l’espace » comme un lieu de réalisation et de discussion des futurs possibles. Ses publications et performances ont été diverses. Elles incluent une série d’anti-conférences audiovisuelles explorant la mémoire et la subjectivité nomade au travers d’un prisme « afrofuturiste ». Le long de sa route, elle a eu le plaisir de performer, enregistrer, tourner, publier et exposer/projeter son travail à Vienne, Londres, Berlin, en Afrique du Sud, au Sénégal, à Kampala, à Paris…

 

www.jamikaajalon.com

https://www.facebook.com/jamikaajalon.artistpage

[Les Lilas • France]

En 1974, pour son inauguration, une fondation d’art à Vaduz demande un texte au poète Bernard Heidsieck. Embarrassé par cette commande (que dire d’une ville inconnue du Liechtenstein ?), c’est en tournant autour de son sujet que celui-ci finit par le trouver. Il prend une carte et trace une série de spirales concentriques. Tourner autour de Vaduz, vouloir parler de tout ce qu’il y a en dehors du plus petit du monde devenu son centre, recopier toutes les ethnies du globe, exposer dans un tourbillon de langues la richesse des peuples ; tel est le défi de Vaduz.

Dans cette conférence ponctuées d’extraits de performance, Hafida Jemni et Philippe Di Folco, tous deux proches du poète disparu en 2014, reviennent sur la genèse de cette œuvre emblématique et sur le parcours d’un poète qui dédia sa pratique à la performance et à l’expérimentation, sortant le texte du livre pour ouvrir la voie de la poésie sonore contemporaine.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivit à Khiasma : à 18h30,Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny puis, à 20h30,Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

[Les Lilas • France]

Pays des Amazones, royaume du prêtre Jean, terre de Barbarie… racontées, fantasmées, recherchées à travers le globe en des temps plus ou moins reculés, les contrées rêvées des voyageurs ont longtemps hanté les songes et les récits des grands voyageurs. Ces terres nimbées d’une aura mystérieuse, entourées de légendes ou totalement mythiques, prennent aussi bien la forme de continents : le Gondwana, l’Atlantide ou Mû, d’îles comme celle de Cythère, de pays telle la Colchide où repose la Toison d’or, sans oublier les royaumes comme celui des Cimmériens que l’on dit ténébreux…

Cet Atlas invite à une exploration de ces contrées rêvées, dans le compagnonnage des grands explorateurs du 16e siècle, mais aussi des poètes, polygraphes et érudits, de tous les temps. À partir des cartes et des récits qu’il y a rassemblés, Dominique Lanni propose à notre jeune public une « conférence contée » sous forme de carnet de voyage imaginaire.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivi à Khiasma : à 17h, conférence d’Hafida Jemni et Philippe Di Folco, « Autour de Vaduz » ; à 18h30, Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny ; puis, à 20h30, Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

«Écouter l’espace» | Séance 2

[Paris XXe • France]

 

Compte rendu de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. 

La deuxième année de l’atelier de la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau, porté sur le son et le mouvement, a mené les élèves à réaliser un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

 

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse des dépôts et consignations.

 

«Écouter l’espace» | Séance 1

[Paris XXe • France]

 

Compte rendus de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. La deuxième année de l’atelier ans la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau porte sur le son et le mouvement.

Les élèves réalisent un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse de dépôts et consignations.

[Paris XXe • France]

 

Les enfants de la classe de Camille Bedel, à l’école Le Vau parlent plusieurs langues, ils se sont enregistrés.

 

Atelier son et photo mené pendant l’année scolaire 2016-2017 avec le plasticien Yo-yo Gonthier.

 

Glossolalie (2011-…)

[Les Lilas • France]

 

Liant art contemporain et poésie, glossolalie 2011-(…) est une oeuvre multiforme et plurilingue qui construit un récit — une épopée — poétique et plastique dans les 7000 langues de la planète. l’oeuvre-récit s’invente langue après langue, et doit son existence même dans ce passage d’une langue à une autre. elle n’existe que parce qu’elle crée un espace d’écriture qui est un seuil : celui où se rejoignent la nature propre de chaque langue et celle de l’auteur au moment où il écrit.

Son objet est de dire le monde dans/selon l’ensemble de ses langues. dire le monde, c’est travailler un large spectre de modes d’écritures : d’une langue première (ou de sa projection) aux dynamiques d’écritures contemporaines, en passant par des fragments d’histoires, par des récits de segments d’événements, des listes, etc.

S’agglomèrent ainsi dans glossolalie 2011-(…) des temps d’avant le temps, des récits qui semblent contemporains des mythes, d’autres relatifs à des époques historiques — sans jamais s’appuyer, cependant, sur des faits réels reconnaissables. il y aurait ainsi dans chaque fragment en langue quelque chose de famillier, qui évoquerait des invariants de l’histoire humaine, plutôt que des faits attestés — choix ancré d’ailleurs dans la conviction que le fait historique est souvent (toujours ?) rédigé dans la langue des vainqueurs, et qu’il y a donc tout lieu de le questionner…

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Éléments pour les années 00

[Les Lilas • France]

 

 

Il n’y a plus d’Histoire, depuis vingt-cinq ans il n’y a plus d’Histoire avec un grand H, l’Histoire avec un grand H s’est achevée avec le triomphe de la démocratie et désormais il n’y a plus d’Histoire, juste des histoires. Petites. Des repères. Il ne se passe rien. Dit-on. Rien.
Et dans ce rien submergé d’immédiateté, l’occident vainqueur vit. Bien. Protégé. Kim Kardashian va bien. François Pinault va bien. Autour ça grouille un peu, ça soubresaute, mais à l’intérieur ça va. Bien. Il ne se passe rien de grave. Ou pas grand-chose. Des guerres ailleurs, des maladies, des attentats ici…
Consigner ce rien, ou ce pas grand-chose, devient dès lors un défi. Puisque nous vivons bien, que vivons-nous bien, ici ?
Pour ces Eléments pour les années 00, Emmanuel Adely qui vient d’achever sa résidence au Musée commun, propose vingt-cinq ans de ce rien pacifique au travers d’un quotidien économique qui est notre plus petit dénominateur commun, strié de textes issus des ateliers donnés pendant l’année et de nouvelles telles que le 11-Septembre, Fukushima, des attentats : un puzzle dont chaque jour est une pièce surprenante qui s’emboîte aux autres pour donner un tableau final aussi drôle que désespérant.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Portraits de C. et Mike Brown

[Les Lilas • France]

C. et Mike Brown sont les premiers portraits d’une série déterminée par des vies aux prises avec les faits et détails de notre époque. L’un est hacker et révèle quelques traits de sa vie dans l’ombre, l’autre est un Afro-Américain de 18 ans abattu par un policier blanc le 9 août 2014 à Ferguson aux États-Unis.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

 

“Je n’ai pas pris l’avion depuis quinze ans mais j’aime l’idée du voyage – j’aime particulièrement l’idée du voyage immobile, immatériel, fictif, face à un écran. J’aime être là où je ne suis pas, je m’accommode d’une présence virtuelle. Un voyage de ce genre est fait de peu. Il y a dans l’exercice quelque chose d’artificiel, de factice mais bizarrement cela me construit. J’aime être un voyageur de chambre comme il y a des toreros de salon – des types un peu ridicules, certes, mais toujours concernés et follement enthousiastes. Chaque sortie dans Street View est pour moi une véritable aventure.”

 

Chaque jour, sur Dreamlands Virtual Tour, son blog, il fait le compte-rendu d’un voyage virtuel débuté il y a déjà six ans.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

« On voit l’arrière d’un gros bateau. Un singe y est attaché. Il est question des ancêtres communs de l’homme et du singe. Des espèces disparues sur ce long chemin de l’évolution. Plusieurs œuvres d’art contemporain sont évoquées. Des pélicans et des lézards, de passage… »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Que sont mes amis devenus ?

[Les Lilas • France]

« Que sont mes amis devenus » est une nouvelle série d’épisodes de l’épopée « L’an 2005 » écrite par Olivier Marboeuf. Une histoire alternative de la banlieue et de ses spectres tirée de sa résidence à la Grande Borne à Grigny. Au fil des années qu’égraine cette performance en forme de séances d’hypnose, une brève histoire des cavernes de Lascaux à Nouméa, les exercices de divination dans des flaques d’essence, le spectre de Marius Trésor et les courses de zombies en mini-moto alternent avec les épisodes de la fin du vingtième siècle de l’année 1983 au seuil de la fameuse année 1995.

 

Dans le cadre, du festival Relectures 17, de la Nuit Blanche 2016 aux Lilas et de la résidence d’écrivain d’Olivier Marboeuf à la Médiathèque Victor Hugo (Grigny), un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France.

[Les Lilas • France]

« On voit un homme qui a les pieds dans l’eau, et des avions qui décollent, au-dessus de lui. Le jour tombe. Il est question de piqûres et de physique quantique. De la façon dont mon corps est là et pas ailleurs. De la façon dont mon corps voyage. »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Manuel du voyageur impénitent

[Les Lilas • France]

 

De l’échangeur autoroutier à la rue de la Dhuys à Bagnolet, Olivier Marboeuf vous invite à une balade d’observation sur les traces d’histoires perdues et de héros oubliés.

Lecture de bitume et de récits rupestres, traduction de fissures, géologie des chantiers et des montagnes de zoo, divination dans des flaques d’essence… le XXème siècle comme si vous y étiez.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

 

À la suite du texte Hymnes conçu pour l’atelier Lecture(s) de bouche(s) mené par Patrick Fontana, Nicolas Richard a entamé un vaste travail d’indexation poétique des hymnes nationaux, à l’échelle du monde. Pour cette lecture à Khiasma, il a sélectionné et mis en forme quelques entrées correspondant aux hymnes des États du continent africain et sud-américain.

 Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes créée cette année avec les stagiaires de l’atelier Lecture(s) de bouche(s). Puis, Patrick Fontana et Nicolas Richard ont répondu aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de cet atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Ces deux moments sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

Patrick Fontana et Nicolas Richard répondent aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de l’atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

 

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier. L’auteur a prélevé et indexé sous différentes entrées thématiques les paroles des chants de chaque État pour recomposer un hymne hybride et chimérique. 

 

Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes, et Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. La création sonore et la lecture sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier.

 

Le même soir, Patrick Fontana et Nicolas Richard ont répondu aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de cet atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle. Pour finir cette intervention, Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. Ces deux moments sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Oralieu Planguenoual

[Les Lilas • France]
« On voit un petit rocher, au pied duquel une petite flaque. Un enfant dépose dans cette flaque des poissons, des crabes, des coquillages… La mer monte et recouvre tout. Le narrateur se retourne sur son enfance et s’interroge : d’où peut venir la fascination pour les animaux ? Il est question des marées, de leur lien avec la lune et les planètes, de l’eau qui rentre dans les coquillages et les fait grandir. »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Confédération Républicaine / De mon corps : au garde à vous !

[Les Lilas • France]

Chansons patriotiques pour corps privé en domaine public, ou éclatement de l’intime pour une mise en réseau dans les créneaux des secteurs correspondants.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]
« On voit la mer, un bateau énorme se déplace sur l’horizon. Un homme fait une apnée et ne réapparait pas. Il est question d’une épave, en Grèce. Des poulpes, et de l’encre. De coquilles d’oursins, dont le vrai nom est « test », mot dont l’étymologie est proche de la tête. Il y est question d’apnée, du Monde du silence et de Cousteau.»

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

Comment entendons-nous notre propre voix ? Quels rapports entretenons-nous avec elle ? Quelles sonorités aimons-nous ou au contraire détestons-nous en elle ? Telles sont les questions que Violaine Lochu a posé aux habitants du Saulnois lors de sa résidence à la Synagogue de Delme, mais également à des professionnels de la voix (chanteuses, comédien, professeur…). Il est conseillé d’écouter cette pièce sonore au casque.

violaine lochu

SEMES / récit 6 : Dominique Le Brun

[Les Lilas • France]
A partir d’histoires de naufragés, nous observerons comment se jouent, se rejouent et/ou se délitent les fondements d’une société nouvelle.
Juriste, journaliste et écrivain voyageur, Dominique Le Brun est auteur de plusieurs anthologies autour de la littérature de voyage et des récits maritimes.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 22 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

[Les Lilas • France]
Lors du dernier weekend de l’exposition, deux « récits » viendront clore celle-ci. Dans le premier, autour du film “Making of Elina” de Thomas Lasbouyges et de la plateforme archipels.org de Vincent Chevillon, les deux artistes dialogueront autour de la création de mondes possibles.
Thomas Lasbouygues est artiste et cinéaste.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 21 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 4 : Françoise Vergès

[Les Lilas • France]
Pour ce quatrième « récit », Françoise Vergès nous racontera comment, au travers d’un paysage, de son étude botanique, se lit l’histoire des hommes qui l’ont traversé.
Françoise Vergès occupe la Chaire Global South(s) du College d’études mondiales de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), Paris.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 12 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 3 : Fabrizio Terranova

[Les Lilas • France]
Troisième « récit » : Fabrizio Terranova reviendra sur la notion de l’appât qui fait de la narration spéculative une prise politique tout autre que la fiction. Rencontre suivie d’une performance sonore de François Bianco.
Fabrizio Terranova est cinéaste et enseignant. Il dirige le Master Narrations Spéculatives à l’Ecole de Recherche Graphique de Bruxelles.

 

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 14 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Mutando – soirée de clôture de la résidence d’Alice Rivières

[Les Lilas • France]

Un boa constrictor & des Xmen, des modes d’existence & du jeu vidéo, de la réalité virtuelle & de la divination, de la science-fiction & des entendeurs de voix, des souris huntingtonniennes & des romans policiers : une pensée en zigzag qui prend de multiples chemins pour aller quelque part, afin de croiser le plus de personnes possible sur sa route.
 
La résidence « MUTANDO » se présente comme le déploiement d’un projet d’écriture ambitieux et innovant à l’intérieur même de l’espace Khiasma, devenu chambre d’échos de la collectivité des voix habitant le « personnage conceptuel » d’Alice Rivières. Catalyseur spéculatif pour la narration d’autres possibles de ce « devenir hungtintonien », c’est à travers elle que le collectif Dingdingdong (Institut de coproduction de savoir sur la maladie de Huntington) fictionne d’autres rapports au monde, à la pensée et aux savoirs. Construisant, depuis l’expérience de la maladie et avec les usagers , artistes, médecins et chercheurs qui le composent, autant de « savoirs situés », il accompagne Alice Rivières dans « la longue marche de sa métamorphose neuroévolutionnaire » à mesure des multiples récits dont elle fait l’objet (Manifeste, notes de voyage, vidéo, spectacle, jeu-videos…), et nourrit l’écriture de Mutando : roman huntingtonien d’auto-science fiction, où Alice Rivières cherche à trouver une langue adéquate au corps mutant qui est le sien.
 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

SEMES / récit 2 : Jérémy Gravayat / EN CHANTIER

[Les Lilas • France]
Le second « récit » de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon est EN CHANTIER. Pour inaugurer ce second acte, Vincent Chevillon a invité Jérémy Gravayat à échanger sur les enjeux de la mise en récit de collectes de matériaux documentaires. Comment s’agencent les documents entre les nécessités de la transmission, de l’acte politique et celles du geste artistique ?
Cinéaste, Jérémy Gravayat réalise des films questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération Lyonnaise.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

 


Soirée dans le cadre du programme « Réfléchir la création” de l’association À bras le corps.
Le projet « Réfléchir la création » est soutenu par Arcadi.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 2 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Et les animaux se mirent à raconter le monde…

[Les Lilas • France]
Les animaux ont bien changé. Bien sûr on pourrait penser que ce sont nos façons de les voir qui changent. Ce qui voudrait dire qu’il n’y a que nous qui changeons : nous serions les seuls à avoir une histoire, les animaux n’y seraient que les figurants. Or, une autre version semble aujourd’hui pouvoir compliquer cette manière de raconter, une version qui suggère que les animaux changent comme nous et parfois avec nous. Selon les situations qu’on leur propose, voire les questions qu’on leur adresse, les animaux pourront ou non déployer certaines compétences. De même qu’ils pourront ou non obtenir que l’on prenne en compte ce qui importe pour eux. Ces situations dans lesquelles humains et animaux entrent en relation sont multiples. Elles vont des pratiques des éleveurs à celles des scientifiques, du vivre ensemble avec les animaux familiers aux difficultés de cohabitation avec les espèces protégées. Chacune d’elles décline des interrogations, des exigences et des difficultés particulières. Mais une question commune les traverse : avec qui voulons-nous vivre et comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 19 avril 2016, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Esther Poryles
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 4 avril 2016, dans le cadre du festival « Hors limites »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Des commentaires immiscés dans les interlignes, un journal de maladie débordant sur les marges, des réponses aux répliques d’Imogène McCarthery et du commissaire Maigret : voici ce que découvre l’écrivaine Geneviève Peigné entre les pages des romans policiers de la collection « Le Masque » ayant appartenu à sa mère Odette, emportée quelques mois plus tôt par la maladie d’Alzheimer.

 

De cette façon de prendre la fiction à partie, d’interpeller des personnages comme si ces derniers étaient autant d’ « interlocuteurs » à même de répondre à la solitude et au mal-être, Geneviève Peigné noue un dialogue posthume autour du livre et de l’écriture. Dans le cadre du festival Hors limites, elle s’entretiendra avec Alice Rivières sur leur recherche commune de formes littéraires susceptibles de traduire les états de corps et d’esprit que suscite l’expérience de la maladie.

L’une, à travers ce roman singulier, L’Interlocutrice, l’autre par le biais de l’enquête existentialo-scientifique qu’elle mène à l’Espace Khiasma dans le cadre de sa résidence d’écriture : explorant les devenirs possibles de sa condition de « mutante » à laquelle la désigne la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes.

 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 7 avril 2016, dans le cadre du festival « Hors limites » et de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Fabbula est une revue thématique spécialisée dans l’exploration de la réalité virtuelle « d’auteur », et des nouvelles façons de voir et percevoir que propose ce nouveau médium.

Pour ce septième lundi des revues, Fabbula lancera le thème de son numéro 3 : les « Mondes Possibles ». Ou : comment les utopies, fictions et spéculations se racontent dans les mondes virtuels et en quoi le réel en est stimulé ? Dans la continuité de la journée d’expérimentation de la veille portés par de talentueux développeurs de la scène parisienne indépendante, et forte de cette expérience partagée des mondes possibles, l’éditeur de Fabbula, assisté d’Alice Rivières et de Fabrizio Terranova, travaillera en direct avec le public de Khiasma à l’élaboration de ce numéro !

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Récits d’après / les verbes

[Villemomble • France]
Le parcours « La Culture et l’Art au Collège » ‘Récits d’après’, organisé par l’Espace Khiasma au collège Pasteur de Villemomble avec la complicité de l’auteur Emmanuel Rabu, s’inscrit dans la continuité directe de la thématique du festival de littératures vivantes RELECTURES 16 ‘des récits du futur’.

 

À un moment où notre vision du futur est marquée par des incertitudes politiques, économiques, climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, il semble important d’outiller les élèves pour leur permettre de concevoir un avenir qui conserve une dimension de promesses et de transformations. Or, la capacité de fabulation fait partie des ressources dont nous disposons pour transmettre une mémoire, une compréhension du monde, et inventer un devenir.

 

Récit d’après se présente donc comme un dispositif de « narration spéculative » qui a pour but la mise en situation d’une classe de sixième à travers une fiction-cadre : imaginer quels pourraient être les récits, les connaissances, les contes et les fables du « monde d’avant » qu’en regard de ce « monde d’après », les survivants de l’apocalypse pourraient se raconter. Rassemblés autour du feu ou dans l’enceinte de ce « cercle magique » théorisé par Johan Huizinga, lequel permet de créer momentanément une parenthèse spatiotemporelle dans laquelle les règles de comportements sont différentes. Ces « jeux » que l’on dit à juste titre « de sociétés », et qui peuvent être une façon de reconstituer, transmettre et remettre en acte une mémoire, des savoirs, des pratiques, des valeurs et des histoires qui permettraient de réenvisager différemment le présent « à partir de l’avenir »…

 

La question du rapport entre les Hommes et les animaux y est centrale, permettant de lier la question de l’écologie à l’usage narratif des symboliques animales dans les oeuvres aux programmes (tel que la figure du loup dans les contes, les fables, ou encore du renard dans Le Petit Prince, qui est l’oeuvre intégrale étudiée). Conformément à l’hétérogénéité textuelle qui caractérise l’esthétique littéraire d’Emmanuel Rabu, différents types de textes sont directement manipulés par les élèves, expérimentant ainsi leurs spécificités propres en imaginant comment ces derniers pourraient être agencés pour reconstituer une « encyclopédie post-apocalyptique » sous forme de poème visuel et sonore :

 

– Vaste jeu de l’Oie qui rassemblerait des savoirs disparates sur un monde animal disparu…

 

– Litanie de listes à fonction récapitulatives qui, à l’exemple de celles qui nous reste des civilisations également disparues, telles les listes lexicales sumériennes et mésopotamiennes, constituent souvent les premières formes littéraires répertoriées…

Réalisation : Emmanuel Rabu
Voix : les élèves de la classe de 6e de Chloé Denamur, du collège Pasteur de Villemomble

SEMES / récit 1 : Jocelyn Bonnerave / NOIR ATLANTIQUE

[Les Lilas • France]
NOIR ATLANTIQUE est le premier « récit » inaugurant l’acte 1 de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon. Ayant invité l’écrivain, performeur et anthropologue Jocelyn Bonnerave à explorer l’exposition comme un objet d’étude anthropologique, ce seront les principes fondamentaux d’une « sociologie animiste » en germe qui émaneront de cette fameuse « réserve ». Espace muséographique qui dérobe aux regards, lieu du penser/classer mais aussi du refoulement, de la cargaison, de l’appropriation inavouable, atelier pour l’artiste, laboratoire ou cale de bateau : c’est au cœur de cette écologie de l’ombre que s’agenceront les différentes combinaisons des futurs « actes » de l’exposition, mais où l’on peut imaginer également une « vie sociale » des objets. Où ces derniers prendraient la parole lorsque les hommes ne sont pas là. Une contre-forme de l’exposition, à la façon dont l’océan atlantique serait une contre-forme centrale des continents périphériques et qui, selon l’hypothèse de Paul Gilroy, formerait un continent résiduel d’où serait né, du fond des cales, le peuple de la Caraïbe.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le jeudi 10 mars 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Montreuil • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Récits d’après / les lieux

[Villemomble • France]
Le parcours « La Culture et l’Art au Collège » ‘Récits d’après’, organisé par l’Espace Khiasma au collège Pasteur de Villemomble avec la complicité de l’auteur Emmanuel Rabu, s’inscrit dans la continuité directe de la thématique du festival de littératures vivantes RELECTURES 16 ‘des récits du futur’.

 

À un moment où notre vision du futur est marquée par des incertitudes politiques, économiques, climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, il semble important d’outiller les élèves pour leur permettre de concevoir un avenir qui conserve une dimension de promesses et de transformations. Or, la capacité de fabulation fait partie des ressources dont nous disposons pour transmettre une mémoire, une compréhension du monde, et inventer un devenir.

 

Récit d’après se présente donc comme un dispositif de « narration spéculative » qui a pour but la mise en situation d’une classe de sixième à travers une fiction-cadre : imaginer quels pourraient être les récits, les connaissances, les contes et les fables du « monde d’avant » qu’en regard de ce « monde d’après », les survivants de l’apocalypse pourraient se raconter. Rassemblés autour du feu ou dans l’enceinte de ce « cercle magique » théorisé par Johan Huizinga, lequel permet de créer momentanément une parenthèse spatiotemporelle dans laquelle les règles de comportements sont différentes. Ces « jeux » que l’on dit à juste titre « de sociétés », et qui peuvent être une façon de reconstituer, transmettre et remettre en acte une mémoire, des savoirs, des pratiques, des valeurs et des histoires qui permettraient de réenvisager différemment le présent « à partir de l’avenir »…

 

La question du rapport entre les hommes et les animaux y est centrale, permettant de lier la question de l’écologie à l’usage narratif des symboliques animales dans les oeuvres aux programmes (tel que la figure du loup dans les contes, les fables, ou encore du renard dans Le Petit Prince, qui est l’oeuvre intégrale étudiée). Conformément à l’hétérogénéité textuelle qui caractérise l’esthétique littéraire d’Emmanuel Rabu, différents types de textes sont directement manipulés par les élèves, expérimentant ainsi leurs spécificités propres en imaginant comment ces derniers pourraient être agencés pour reconstituer une « encyclopédie post-apocalyptique » sous forme de poème visuel et sonore :

 

– Vaste jeu de l’Oie qui rassemblerait des savoirs disparates sur un monde animal disparu…

 

– Litanie de listes à fonction récapitulatives qui, à l’exemple de celles qui nous reste des civilisations également disparues, telles les listes lexicales sumériennes et mésopotamiennes, constituent souvent les premières formes littéraires répertoriées…

Réalisation : Emmanuel Rabu
Voix : les élèves de la classe de 6e de Chloé Denamur, du collège Pasteur de Villemomble

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

[Montreuil • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
(collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif.

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ?

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique.

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore.

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199)

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”.

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45)

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Plaidoyer en faveur des rats de Paris

[Les Lilas • France]
« Un ami n’est pas quelqu’un d’indispensable. Un ami n’est pas indispensable à la vie. Il n’est pas nécessaire. Il est même contingent. De ce point de vue là, un ami n’est pas un rat et le rat, peut-être, n’est pas notre ami. »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Khiasma / Carte de visite sonore

[Les Lilas • France]
Khiasma ? Un lieu. Une association loi 1901. Une racine grecque. Une ancienne imprimerie. Ce qui se croise. Ce qui s’inverse. De l’inconnu inscrit dans le connu. Un point de vue qu’il faut toujours refonder pour arriver à voir quelque chose.

Réalisation : Violaine Lochu
Avec les voix de : Olivier Marboeuf (directeur), Simon Quéheillard (artiste), François Daireaux (artiste), Alice Rivières (personnage conceptuel), Sébastien Zaegel (coordinateur du pôle littérature), les extraits d’une performance d’Emmanuel Adely et de David Haddad et de la création sonore « Archipel » de Vincent Chevillon et de Marion Cros

bonjourmilena@gmail.com

[Les Lilas • France]
« Si vous aussi vous avez une question à lui poser, elle vous répondra à cette adresse. Discrétion assurée. Elle travaille exceptionnellement ce soir. Elle est derrière son comptoir et elle est là pour parler. »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La littérature, c’est physique

[Les Lilas • France]
« Nous avons organisé notre travail autour de quelques étapes que nous allons nommer ici instants :

– Instant métro.
– Instant agenda.
– Instant fac.
– Instant Caf.
– Instant haïku.
– Instant rose.
– Instant pub.
– Instant nocturne.
– Instant scandale.
– Instant performance.

On va pas tous vous les faire. »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Présentation de la collection Les Contemporains

[Les Lilas • France]
Les Contemporains, une nouvelle collection littéraire et plastique aux éditions Manucius, dirigée par Céline Flécheux et Magali Nachtergael

 

Mis en place en 2011 par des chercheurs de l’Université Paris Diderot et Paris 13, le séminaire Les Contemporains. Littérature, arts visuels, théorie. est ouvert à des artistes et des écrivains venant présenter leurs œuvres devant des étudiants et des chercheurs spécialistes d’art et de littérature. Le projet du séminaire a été désigné lauréat de l’appel « Initiatives innovantes » lancé par l’IDEX SPC (Initiative d’Excellence du PRES Sorbonne Paris Cité).

Sa finalité est la recherche, tout en explorant de nouveaux matériaux de réflexion pour l’enseignement. En confrontant des expériences artistiques, il entend montrer l’art dans ses complexes processus de production et recueillir les échos qui se forment entre des domaines de création différenciés.

Pour faire entrer les arts visuels dans le littéraire, nous avons choisi des personnalités qui traçaient des lignes de récit, mettaient à l’œuvre de nouvelles formes de fictions ou qui faisaient l’histoire d’une expérience visuelle si forte qu’elle en modifiait profondément l’écriture.

Nous tentons par là de rendre compte de la dimension visuelle que se donne la littérature depuis quelques années, ainsi que des préoccupations plastiques sensibles chez nombre d’écrivains contemporains. Réciproquement, de nombreux artistes se montrent préoccupés par des questions d’écriture, qu’il s’agisse de récits, fictions ou d’essais.

De nouvelles expérimentations littéraires et plastiques trouvent dans le texte un moment de pause avant de se relancer vers la performativité, le volume, les images et les écrans dans un flux qui laisse parfois le livre derrière elles. La série de séminaires espère donner à saisir le moment où se pose un texte dans un entre-deux, toujours avant ou après un épisode plastique qui le poussera et le reposera plus loin.

La collection que nous publions chez Manucius représente le fruit des séances publiques de séminaires. Nos invités, des personnalités du monde de l’écriture et de l’art, ont pu proposer un texte qui se trouve édité ici. Nous avons également souhaité publier des formes qui ne pouvaient être dites, car leur matière n’est pas toujours le langage, mais qui trouvent leur expression dans le livre. C’est ainsi que la collection accueille également des projets artistiques originaux.

Céline Flécheux (Université Paris Diderot) et Magali Nachtergael (Université Paris 13)

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Présentation de la revue Terrain vague

[Les Lilas • France]
Terrain vague est une revue borderline qui investit les interstices et explore les lisières du genre, du féminisme, de l’art contemporain et de la culture pop. Il y a là un terreau commun où poussent, entre deux carcasses de voiture, les herbes folles, les fleurs sauvages et les essences rares.

 

La revue est un espace de création ouvert qui cultive les rencontres, trop rares, entre la multitude des identités queer. Un terrain de jeux et d’expérimentations où se mêlent création graphique et littéraire, philosophie et sociologie, photos et illustrations, entretien et fiction, arts et performances.

 

Terrain vague est né de la volonté d’un groupe d’amis. L’objectif est de créer un lieu d’expression qui fédérerait des démarches artistiques identitaires, un catalyseur qui permettrait d’interroger ensemble les représentations et les relations de force sexuelles et sociales.

 

Terrain vague se propose d’attirer d’autres corps minoritaires et de leur donner une visibilité. De ces échanges et confrontations naîtront des aspérités riches de sens et d’idées, une terre fertilisée de tous bords pour y planter et y construire.

 

L’aspect de la revue est celui d’un journal, et plus particulièrement du tabloïd. Il s’agit autant de mettre en tension une certaine “pauvreté” de l’objet avec un contenu inédit et précieux, que de réinterroger un format qui est à l’origine d’une diffusion massive, populaire et globale de l’information. Enfin, en l’absence de brochage, chaque page peut devenir œuvre, affiche, manifeste, memento, ex-voto.

 

Terrain vague est proposé par
Pierre Andreotti, photographe plasticien,
Tiphaine Kazi-Tani, chercheur(e) en design,
Adam Love, designer,
Anne Pauly, journaliste, et
Antoine Pietrobelli, universitaire.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Brouhaha, les mondes du contemporain / Lionel Ruffel & Le peuple qui manque

[Les Lilas • France]
« C’est dans cette sensation de ne plus se sentir exactement moderne que cette sensation d’être contemporain pouvait trouver une réponse… »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Les usagers de la santé : pratiques d’auto-détermination

[Les Lilas • France]

Le Réseau sur l’entente de voix français (REV France) rassemble des personnes qui entendent des voix, ou qui se sentent concernées par ces phénomènes, et qui assument clairement le principe de prendre au sérieux ces expériences, en considérant que ces voix et ces présences sont réelles. Il organise notamment des groupes d’auto-support et des formations, à l’adresse des Entendeurs autant que de leurs proches et des soignants. Ce réseau, initié en France par Yann Derobert et Magali Molinié, vite rejoints par Vincent Demassiet, inspire beaucoup les réflexions et les travaux de Dingdingdong sur l’autodétermination des usagers, laquelle pose des problèmes spécifiques lorsqu’elle est abordée pour une maladie qualifiée de neurodégénérative telle que Huntington.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 15 décembre 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le lundi des Revues #1 – JEF KLAK

[Les Lilas • France]

Un lundi par mois, KHIASMA ouvrira son espace à ce qui s’écrit en collectif et se publie sous le nom de « revue ». Pour cette 1re édition, nous recevrons des membres de Jef Klak, qui est à la fois un collectif, une revue papier à pagination variable (+ un disque de création sonore), un site Internet et un journal mural. Son fil conducteur ? Les déclinaisons d’une comptine : Marabout, Bout d’ficelle, Selle de ch’val, Ch’val de course, etc. Chaque thème étant déplié selon les questions sociales et esthétiques qui s’y rapportent, le n°1, Marabout, a abordé la magie, les relations entre croire et pouvoir, tandis que le n°2, Bout d’ficelle, dont nous fêterons ensemble la sortie imminente (le 15 mai), explorera les tissus – urbain, organique, textile –, bref : différents nœuds sous toutes les coutures !

 

Avec Bruno Nassim Aboudrar (Comment le voile est devenu musulman, Flammarion, 2014), Rachel Viné-Krupa (Un Ruban autour d’une bombe. Une biographie textile de Frida Kahlo, NADA Edition, 2013), Frédéric Ciriez (Mélo, Verticales, 2013), et plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Jef Klak !

Avec Bruno Nassim Aboudrar, Rachel Viné-Krupa, Frédéric Ciriez, et plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Jef Klak !
Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 11 mai 2015.
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le lundi des Revues #2 – COYOTE

[Les Lilas • France]

Coyote est un assemblage,
un collectif,
une collaboration entre des êtres et des affects,
des zones d’affinités
– une alliance involutive.
Coyote est une zone d’expérimentation éditoriale sur papier, un espace de respiration critique, autonome, nourri par le cours du théâtre des négociations – la simulation d’une assemblée d’un genre nouveau et élargi où les états dialoguent avec les terriens non-humains.
Coyote 0 rassemble des documents, théoriques, visuels, poétiques. Pendant 6 jours, il s’est augmenté, tel une jungle, pour rendre compte d’un processus intensif de négociations politiques autour de la crise climatique, d’un élargissement des consciences, d’une forme de piraterie. Un zine qui est aussi pamphlet.
Coyote numéro zéro a été réalisé durant le théâtre des négociations fin mai 2015 à Nanterre-Amandiers

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 23 novembre 2015.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Ma Science-Fiction / Conférence d’Isabelle Stengers

[Les Lilas • France]

« La Science fiction comme exercice spéculatif : que sera notre monde dans quarante ans ? Voilà une question à ne pas poser aux spécialistes des sciences dites humaines, ce n’est pas de la science, diront-ils. Mais c’est une bonne question si elle porte sur les futurs dont le présent est porteur, ceux que le présent nous rend capables de fabuler aujourd’hui. Et si la littérature de science-fiction désignait (entre autres) ce que les sciences humaines s’interdisent, au nom du sérieux scientifique : envisager le présent à partir des possibles dont il est porteur ? Et si les écrivains de science-fiction faisaient exister, à chaque époque, les mondes auxquels nos imaginations peuvent donner consistance ? Ressusciter l’homme de Néandertal – un biotechnologue, George Church, a récemment soulevé cette hypothèse scandaleuse. Scandale ? Oui, sauf si l’opération prend sens dans un monde où la question “qui compose l’humanité ?” est devenue cruciale… »

La philosophe Isabelle Stengers se pose ici en lectrice passionnée de science-fiction, comme espace d’un autre monde radical, comme tentative de prise de nouvelles relations sociales.

Dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 3 novembre 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Décrire son outil de travail. Dans cet entretien, réalisé par Simon Quéheillard et Violaine Lochu au mois de juin 2015, Olivier Marboeuf revient sur l’histoire, les enjeux sociaux et politiques de L’Espace Khiasma, depuis sa création en 2004. Quelle réalité sociale recouvre le terme générique de « centre d’art » ? Comment entrer en révolution en se donnant pour outil le cadre institutionnel ? La posture de l’impénitent consiste à nommer le paradoxe d’un milieu social, comme vecteur d’une normalité, qui ne se reconnait pas lui-même. Elle exprime ici les possibilités comme les impasses de la production collective d’un savoir, que rejoue actuellement le retour de la notion « d’éducation populaire ». La mise en oeuvre d’une situation de pensée collective est ensuite abordée sous l’angle de la relation maître-élève, puis de la nécessité de la forme particulière que requiert la parole publique.

Rituel de libération des animaux

[Les Lilas • France]

Emmanuel Rabu n’est pas au centre de lui-même. En son centre, il y a son microbiote. Des archées, des protistes, des bactéries, des fungis, des virus. Et c’est sans compter ce qui l’entoure : tout un « règne animal » que l’on voudrait domestiqué. Passager clandestin, pilote du véhicule et/ou véhicule lui-même de ces différentes entités biologiques, Emmanuel Rabu tente de briser la glace de l’anthropocentrisme en engageant la conversation avec ce qui grouille, ce qui s’entre-dévore, ce qui se reproduit – enfin avec ce qui, comme lui, vit. Peut-on domestiquer un microbe ? Est-ce lui qui nous domine ? Qui tient le bout de la chaîne alimentaire ? Comment les animaux nous perçoivent-ils ? Entre nous et ce qui est en nous, entre nous et ce qui n’est pas nous, faut-il parler de symbiose, de compétition, de commensalisme, de neutralisme ?

« Nous sommes constitutivement des espèces de compagnie. » — Donna Haraway.
« Le choucas ne connaît pas du tout la forme de la sauterelle immobile. » — Jakob von Uexküll.
Et la relation d’Emmanuel Rabu à son chat ne repose pas sur le fantasme romantique d’une réciprocité des affects. Il n’y a pas d’association mutualiste.« La datation de la domestication du chien — du dernier ancêtre commun au chien et au loup — recule : 10 000 ans jusqu’à peu, 15 000 ans, 35 000 ans aujourd’hui — mais 300 ou 400 000 ans pour certains archéozoologues (elle précéderait l’apparition de sapiens sapiens). Cette association entre primates et canidés n’est pas corrélée à la sédentarisation — comme ce fut le cas pour les souris, les chats — et au début de la stratification sociale. Les primates ne chassent pas en groupe — sauf l’homme. Est-ce à cette première association que sapiens a dû ses techniques de chasse, une supplémentation en protéines, l’accroissement du volume de son cerveau, une décharge de temps qui lui a permis de développer ses facultés sociales. » (Emmanuel Rabu, Rituel de libération des animauxProlongement du texte de Rituel de libération des animaux : des pièces de poésie sonore minimalistes, répétitives dont les arguments — parfois imperceptibles — sont le relativisme perceptuel, l’interaction biologique, l’association et le parasitisme…

Enregistré à l'Espace Khiasma le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

Cultiver son devenir : propositions pour une écologie du diagnostic

[Les Lilas • France]

Rencontre autour de la publication du livre de l’historienne des sciences et membre de Dingdingdong Katrin Solhdju L’épreuve du savoir – propositions pour une écologie du diagnostic qui part du récit d’Alice Rivières (Manifeste de Dingdingdong). Publication septembre 2015.
Une prise par la philosophie pragmatique de la situation princeps du test présymptomatique de Huntington, qui permet à des personnes « à risque » de savoir s’ils sont porteurs de la mutation MH – et le cas échéant voués à développer à coup sûr la maladie au milieu de leur vie. Comment construire différemment de telles pratiques de diagnostic afin de leur permettre d’être à la hauteur de cette « connaissance de l’avenir » que la génétique donne désormais aux médecins ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

L’accumulation primitive de la noirceur

[Bagnolet • France]
En transposant de nouvelles figurations littéraires du mal dans les parkings, centres commerciaux, banlieues pavillonnaires ou autres non-lieux emblématiques de la suburbia mondiale, Bruce Bégout invente un ton qu’il qualifie de « post-gothique ». Dans cet univers étrangement familier où les forces des ténèbres s’incarnent dans le « potentiel de nuisance » de l’époque (appareils, produits de consommation, architectures, représentations sociales, tics de langage…), il s’agit d’outiller, par le recours à la fiction, une analyse philosophique des pathologies de la modernité. À la suite de Sphex (2009), Le ParK (2010) et s’inscrivant dans une quadrilogie dont le dernier opus, On ne dormira jamais, sortira en libraire en 2016, les histoires racontées dans L’Accumulation primitive de la noirceur poursuivent le constat de faillite de ce « grand récit » qu’est la modernité : projet toujours à venir et n’en finissant pas de trahir ses promesses. Lui qui, depuis le 18e siècle, devait nous apporter bonheur, émancipation et joie collective.

Enregistré à la Médiathèque de Bagnolet le samedi 3 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Olivier Marboeuf installe ici une nouvelle projection de « cinéma à l’intérieur des crânes », véritable séance d’hypnose en direct qui propose de prévoir l’avenir à partir de l’an 2005. Un cinéma sans image, uniquement basé sur l’art du conte. Comme toujours les faits historiques viennent se mêler à des histoires de magies, les figures surgissent de l’ombre au milieu du panthéon national, et bientôt apparaissent à l’intérieur du feu les visages et les fables de l’avenir. Avec cette nouvelle performance, Olivier Marboeuf ouvre la série « épopée » où, renouant avec le genre du récit picaresque, il propose de raconter une histoire épique de la banlieue, de ses grands drames et petites histoires.

 

Dans le cadre de la Nuit Blanche 2015 aux Lilas

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 3 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

Choeurs Politiques

[Les Lilas • France]
En résidence à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, Frank Smith explore les modes de fabrication d’une « langue démocratique », en mesure de construire la vérité et la continuité du monde à travers ses transformations. Cette volonté de remodéliser une langue est à comprendre dans les deux sens. D’abord, lire et relire — afin de les désarticuler, d’en saisir les arcanes — certains des documents produits par cette langue de la démocratie : émanation des pouvoirs centraux de l’État et des opérateurs nationaux, constitutive du corps social et ordonnatrice du territoire sur lequel celui-ci se déploie, dont elle accompagne la reconfiguration. Ensuite, bien noter que le concept de « langue démocratique » renvoie également — et plus directement peut-être — à ce droit pour chacun de prendre la parole, d’avoir voix au chapitre : faire de la langue le terrain d’expression d’une polyphonie de foule catalysée en « chœurs politiques »…

 

dans le cadre de la résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » de Frank Smith à Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 2 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Face à ce qui se dérobe

[Les Lilas • France]
Le 10 décembre 2013, Thamsanqa Jantjie, énigmatique interprète en langue des signes, vole la vedette aux chefs d’État réunis au stade de Soweto pour la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela.
Guignol, usurpateur ou schizophrène dangereux…
6 heures en direct et en roue libre.
Sa chorégraphie a embarrassé la langue de bois des pantins sur l’estrade, avant de provoquer un imbroglio médiatique aux déclarations les plus invraisemblables.
Et l’isolement de cet homme ? « Il se meut là où l’autre n’entre pas » Henri Michaux.
Corps discordant et discordance des discours… Postures et impostures :
Un récit vidéo de Matthieu Dibelius suivi d’un solo silencieux d’Elsa Wolliaston.

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 1er octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Enquête sur les modes d’existence – une anthropologie des modernes, paru en 2012 aux éditions de la Découverte est un ouvrage auquel est associée une série de rencontres visant à apprendre à composer le monde commun avec les acteurs qu’il concerne et implique.
Cette enquête a pour but de donner une définition plus précise aux expériences rassemblées sous l’expression vague de « modernisation ». Et surtout plus acceptable pour les autres civilisations qui sont soumises, elles aussi, à la même découverte : il n’y a pas de Terre pour s’y moderniser « à l’ancienne ». Il faut donc reprendre ce qu’on entend par ce terme en apprenant à hériter du projet de la modernisation en le composant tout autrement.
Parmi la quinzaine de modes d’existence auquel cet ouvrage fait référence, celui de la Métamorphose résonne tout particulièrement avec les questionnements romanesques et existentiels actuels d’Alice Rivières, en résidence à Khiasma cette année, qui s’efforce de trouver une manière d’accueillir dignement l’expérience de métamorphose auquel sa vie de Huntingtonienne la voue désormais. S’il y a bien métamorphose, alors qu’en est-il de l’être qui lui serait associé ? Est-il possible d’enquêter sur cet être, et si oui, comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Les Lilas • France]
« Stevenson aurait écrit L’île au trésor d’après le dessin d’une île. À mesure qu’il en traçait les contours, l’île et le récit, s’entremêlant, se sont élaborés parallèlement. Ainsi le projet Yarn* est une déambulation orale, un cheminement au travers d’un territoire en expansion, périphérique à la trace de notre exploration. L’un construit l’autre réciproquement. En 2015, j’ai invité Thomas Lasbouygues à rejoindre l’équipage du Sea4C pour rapatrier le voilier en Europe depuis les îles vierges britanniques. Au retour, une correspondance a été amorcée. Le premier jet fut un extrait de mon journal de bord, il y répondit par un extrait du sien dans la continuité chronologique. Au fur et à mesure, des échanges de documents divers alimentèrent notre curiosité, élaborant un récit à plusieurs voix, une dérive au travers des récits de voyageurs vers différents lieux, pour différentes époques. » (Vincent Chevillon)Yarn* est une déambulation dans l’espace et le temps. Métamorphoses et révolutions, le récit proposé se déroule, glisse, emmêle trames historiques et récits fictionnels, pose les bases d’une architecture pour la renverser. Un univers fluctuant endogène à lui-même, paradoxalement obsédé par l’ailleurs.

*Yarn :
1 – Fil continue de textile enroulé autour d’un support (ex. : pelote de laine).
2 – récits de marins à propos de leurs véritables ou supposées aventures, récits réels ou fictifs s’enchainant inlassablement, racontars…

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 27 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Peut-on appréhender un jeu vidéo en terme d’écriture et de récit spécifiques ?Le jeu est-il une fabrique narrative particulière ?Jouer est-il une nouvelle forme de lecture ?Dans cette conférence à deux voix, Fabien Siouffi (Dingdingdong) et Paul Sztulman posent deux regards différents sur le vocabulaire et les potentialités narratives d’une production culturelle omniprésente.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

 

Terreur, saison 1

[Les Lilas • France]
Terreur est un thriller se déployant sur une période d’environ cinquante ans, où des individus et des décideurs européens, de Hénin-Beaumont à Marbella et de Linas-Monthléry à Treblinka, vont être soumis à de nouveaux modes de vie et, pour certains, aux méthodes peu conventionnelles de l’entreprise LIFE. Fondée en 2014, cette entreprise va en quelques années révolutionner le marché de la dépression avec des molécules de nouvelle génération.

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 26 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

WOW ! (Conférence sur nos possibilités de vivre ailleurs)

[Les Lilas • France]
Les temps de l’espèce humaine sur Terre sont comptés. Anthropocène épuisant le globe, changement climatique irréversible, menace inévitable d’astéroïdes provoquant une extinction massive de la biodiversité, collision intergalactique, inversion du champ magnétique ou évolution du soleil, la terre ne sera un jour plus vivable. L’humanité devra donc partir. Pour aller où ? Y a-t-il une vie possible ailleurs ? Les premiers signes extraterrestres reçus et la découverte récente de plusieurs exoplanètes en zone d’habitabilité nourrissent tous les espoirs. Il y a peut-être une chance pour qu’on s’en sorte !

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 25 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Après une catastrophe mondiale.
Un groupe de survivants fuit un village dévasté. Accompagné dans son périple par une meute animale férale, le groupe va traverser des lieux dévastés ou repeuplés, et de nouvelles formes d’organisation sociale. Sans jamais se défaire d’un argument post-cataclysmique et de la trame linéaire du road-novel, Futur fleuve emprunte à la littérature conceptuelle et expérimentale — pour avancer ses personnages vers une rédemption écologique — impossible ? et questionner les processus de domination, de domestication et de marronnage.

Enregistré à l'Espace Khiasma le Vendredi 25 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Pour l’ouverture du festival RELECTURES 16 ‘des récits du futur’, Jean-Pierre Ostende propose une traversée de la ville imaginaire qu’il arpente dans le blog « Histoire sauvage » sur http://jeanpierreostende.com/. Une science-fiction douce, drôle et inquiétante, dans la lignée du roman La Présence (éditions Gallimard, 2007) et de sa machine narrative tout terrain : l’Explorateur Club ! À l’instar des activités développées par cette entreprise (de fiction) créée en 2003 autour du tourisme, de la formation, du conseil en relations humaines et du divertissement, l’« historien sauvage » de Notreville, narrateur dont on suit la correspondance, se fait tout aussi bien « interprète, recenseur, chroniqueur, ethnologue, dénombrer, documentariste ou archiviste ». Pour essayer d’atténuer le sentiment d’étrangeté qu’il ressent dans cette ville où il est né et qu’il n’a jamais vraiment quittée, il dresse ainsi des portraits, des vignettes, des prélèvements. Transforme ses rencontres en archives, et sa vie en performance…

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 24 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Bande annonce RELECTURES 16

[Les Lilas • France]

Du 24 septembre au 4 octobre, à l’Espace KHIASMA et dans des lieux partenaires, la 16e édition du festival RELECTURES renouera avec les puissances de la fabulation !

RELECTURES 16 ‘des récits du futur’ invite à un certain usage de la littérature de science-fiction : non seulement comme genre, mais aussi comme méthode. À un moment où notre vision du futur est marquée d’incertitudes politiques, économiques et climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, le récit se présente comme un espace d’expérimentation, d’ouvertures. De ruptures créatives et motrices qui sont autant de possibles concourant à la fondation d’un futur commun. En lutte avec l’idéologie de la décadence et ses nostalgies mortifères, une question se profilera donc à l’horizon de chacune des formes proposées par le festival : comment accéder à un avenir qui conserve une dimension de promesse et de transformations radicales ?

Tous les évènements seront captés et diffusés ici-même, du jour pour le lendemain, tout au long du festival.

RELECTURES propose chaque année une programmation croisant les littératures actuelles aux pratiques d’écriture issues de l’art contemporain. RELECTURES est thématique et décline, d’une édition à l’autre, des problématiques liées à la question du récit. Festival des littératures vivantes, RELECTURES met en évidence les démarches transdisciplinaires d’auteurs et d’artistes ouvrant d’autres espaces à la littérature pour se faire entendre (la scène, l’écran, les ondes, le flux, l’installation, le néon, l’affiche, le haut-parleur ou le corps du performeur). Créé en 2006, RELECTURES a lieu pendant deux semaines, entre septembre et octobre. Débutant à l’Espace Khiasma (Les Lilas – 93), il se déploie ensuite dans des lieux partenaires, en Seine-Saint-Denis et dans le 20e arrondissement de Paris.

[Les Lilas • France]
Confrontée à l’angoisse d’avoir à créer une pièce sur le thème de la divination, Violaine Lochu décide de consulter une voyante afin qu’elle lui prédise la performance qu’elle donnera le 30.09.15 à l’Espace Khiasma, dans le cadre du festival Relectures 16 ‘des récits du futur’.

[Les Lilas • France]
Dialogue avec l’artiste Simon Quéheillard autour de son ouvrage en cours Une méthode de dispersion.
Distrait est celui qui voit tout. Mais ce tout est une dispersion. Cette dispersion a lieu dans les marges. L’expérience consiste à l’y maintenir en périphérie. Si, comme on le dit, une personne distraite se trouve « absorbée par autre chose », en nous détournant constamment, la distraction comme forme d’attention tend à recréer du vide. De cette manière le vide se construit et réapparaîtra toujours au centre de la perception. Si le vide est central, les marges sont mouvantes, aucun objet jamais ne se cristallise. Une vision à plusieurs contrepoints où toutes choses perçues simultanément coexistent. Se détourner pour maintenir la distance d’où les images ressurgiront.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 29 novembre 2014, dans le cadre de l’exposition sommeils de Ismaïl Bahri.

[Pierrefitte-sur-Seine • France]
« On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), je proposerai quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ? » (Georges Didi-Huberman)

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

Enregistré aux Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) le mardi 2 juin 2015

[Les Lilas • France]
Il s’agira de déployer à Khiasma l’enquête existentialo-scientifique qu’Alice Rivières mène depuis cinq ans : comment faire d’une tragédie annoncée (la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes) autre chose qu’une malédiction ? Alice Rivières raconte la genèse de son chantier d’écriture actuel, Mutando (« en mutant » en latin), un roman qui explore sa condition de mutante et, à travers elle, ses devenirs possibles.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 22 juin 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
La conquête de l’Ouest américain ? « Une grande période de prédation contrariée, puisqu’elle aboutit à une démocratie », selon le philosophe Jean-Paul Curnier. Période, dont le western — « équivalant de ce que l’Iliade et l’Odyssée sont pour l’Antiquité » — porte la trace et forme le grand récit : celui de la naissance d’une nation (qui est par ailleurs le titre du premier long métrage de l’histoire du cinéma…).
En organisant donc, dans le cadre de sa résidence d’écriture, une projection de Pat Garett et Billy the kid à l’Espace Khiasma, Jean-Paul Curnier plaçait ce quatrième rendez-vous public sous le patronage de Bob Dylan, dont la musique habite le film de Sam Peckinpah, et de ces deux grandes figures au travers desquelles certaines contradictions historiques de la société américaine se sont incarnées.
Réalisé spécialement pour la r22 Tout-monde, ce programme radiophonique croise des échanges qui ont eu lieu avec la salle à l’issue de cette projection, avec les extraits d’une conversation entre Jean-Paul Curnier et Christophe Cognet — cinéaste également en résidence à Khiasma pour son projet Miserrimus. Il s’agissait d’explorer la charge mythique de ce duel à mort — entre Pat Garett, voyou devenu shérif, et Billy the kid, son ancien compagnon de route — où se joue les derniers soubresauts anarchisants d’une Amérique sans frontières, peu à peu gagnée par l’ordre et la propriété terrienne, et de montrer comment celle-ci traverse encore notre imaginaire politique…

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Interrogé par Amandine André à l’occasion de sa programmation dans le cadre du festival RELECTURES 15 ‘d’après documents’ (pour lequel elle créa la performance Cela ne va pas être possible : c’est administratif) Céline Ahond retraverse quelques étapes de son parcours de performeuse. Un itinéraire qui se présente comme l’exploration des déclinaisons possible de cette question fondamentale guidant le travail qu’elle mène en résidence à l’Espace Khiasma : « est-ce que parler est une écriture ? ».

Entretien réalisé par Amandine André à l'Espace Khiasma, dans les marges du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
sommeils, pièce radiophonique qui emprunte son nom à l’exposition d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, tisse entre elles des prises de paroles semées à la croisée des vents — ce courant d’air, qui soulève en ce moment même et jusqu’au 13 décembre les cloisons du centre d’art, rejouant l’espace devenu chambre noire, camera obscura, « espace du dedans […] chambre d’écho d’un dehors », et se jouant des perceptions sensorielles des spectateurs.
Construite autour d’un dispositif de captation très simple dans son principe : un rectangle de papier placé devant l’objectif et servant d’obturateur (membrane sensible et oscillante, actionnée par le vent et conditionnant le régime d’apparition/disparition des images), cette installation vidéo se caractérise par son recours aux voix. Des voix tunisiennes, issue d’un même « dehors » que cette lumière de Tunisie qu’exfiltre sporadiquement l’entrebâillement du papier. Les voix des passants, croisés lors du tournage, qui voient le mécanisme à l’œuvre, et participent de cette œuvre à leur insu. Qui, par leurs commentaires, mettent en lumière le fonctionnement du dispositif et certains de ses enjeux, devenant ainsi, auprès des spectateurs de l’exposition, les intercesseurs d’un hors champ.
sommeils recueille ce qui se dit à la marge de l’œuvre et devient catalyseur de récits. Un geste continué lors de tous les rendez-vous publics d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, dans la pénombre d’une exposition « habitée en paroles ». Voix des commissaires d’expositions Olivier Marboeuf et Guillaume Désanges, de l’artiste Simon Quéheillard écrivant une lettre (Les images veillent sur moi), voix d’Ismaïl Bahri lui-même, traduisant la parole des autres comme on raconte sa propre histoire — voix que rassemble cette création sonore réalisée tout spécialement pour la r22 Tout-monde !

Pour ceux qui voudraient en apprendre plus, un extrait de la correspondance qu’Ismaïl bahri entretient avec Olivier Marboeuf et où il est question de Sommeil, est consultable en cliquant sur « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Réalisé par Ismaïl Bahri et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre de l'exposition sommeils programmée du 9 octobre au 13 décembre 2014

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Episode 1: Devenir magicien. Rencontre avec Ioanis Nuguet, réalisateur de Spartacus et Cassandra.

[Lussas • France]
Malgré les efforts redoublés de Spartacus, l’équipe de foot qui affronte cet après-midi-là l’U.S Lussas demeure inconnue. Alors que les supporters sont tenus en haleine sur le banc de touche par le match en cours, Ioanis Nuguet évoque sa vision du cinéma et la fabrication de son film Spartacus et Cassandra, qui a fait l’ouverture des projections en plein air de la 26ème édition des États Généraux du Film Documentaire, en août dernier.

Synopsis du film :
Deux enfants roms sont recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa soeur de 13 et 10 ans, déchirés entre le nouveau destin qui s’offre à eux, et leurs parents vivant dans la rue.

Transcriptions :
English

Réalisé par Laure Franquès à l’occasion de la 26ème édition des États Généraux du Film Documentaire de Lussas (Ardèche), dans le cadre du projet Journal Sonore#1. Lussas sur écoute, production Khiasma.

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur ce site.

[Paris • France]
Avec la complicité des musiciens Yves Robert et Fantazio, le philosophe Jean-Paul Curnier a transformé la médiathèque Marguerite Duras en agora, bateau pirate, arène, cercle de pow-wow. En scène primitive où il a été question des rapports entre prédation et démocratie. Sa résidence à l’Espace Khiasma nous invitait à philosopher de concert avec lui : elle est devenue, pour RELECTURES, un véritable « concert de philosophie » !

Ainsi, juste avant de se concrétiser sous la forme d’un livre, sa réflexion s’est offert, après bien des détours, un autre tour de scène. Le public qui l’accompagna tout au long de l’année se souviendra qu’il y fut question de chasse à l’arc, de destruction de bidonville, de piraterie et de corrida, de Pat Garret et de Billy le Kid. Or, cette façon de concevoir l’exercice de la pensée est au cœur de son projet : non pas comme une démonstration, mais comme un récit d’aventures, un cheminement dans l’espace commun des discussions publiques. Au carrefour de l’anthropologie, de la fiction et de la philosophie politique, Jean-Paul Curnier entreprit donc d’élucider la façon dont les démocraties pouvaient contenir, en germe, ce à quoi l’on considérerait spontanément qu’elles s’opposent. La pratique la plus barbare qui soit, la plus honnie moralement, la moins défendable socialement : la prédation. Relisant les philosophes et reconsidérant l’héritage grec et nord-américain à l’aune de cette intuition, de la conquête de l’ouest à la République de Salé, il développa, au fil des rencontres, l’idée d’une « scène originelle » d’appropriation du territoire et des richesses, que les considérations morales sur le principe d’égalité tendraient à escamoter. Yves Robert et Fantazio ont rejoué cette scène sur scène avec lui, et l’hypothèse freudienne de la « horde primitive » s’est découvert de curieuses affinités avec La Horde sauvage de Sam Peckinpah…

 

soirée de clôture de la résidence de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Les Lilas • France]
La table des opérations
est un essai d’investigations poétiques en cours d’écriture. Frank Smith y déploiera la typologie des dispositifs, protocoles et processus qu’il met en œuvre dans son traitement poétique du matériau documentaire. Pour RELECTURES, c’est cette table elle-même qui s’est matérialisée en plateau de jeu (dit « de société ») : communion sous le sigle de l’AFP, dont les règles et le rite ont été inspirés par l’ABC de la guerre de Bertolt Brecht.

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

Spinoza in China, commencement

[Les Lilas • France]
Spinoza in China
 est (pour peu de temps encore) un chantier d’écriture : «autobiographie de l’enfant Ernesto, âgé de 10 ans et quelques secondes, ou, et, quelques siècles», «récit des multiples instants d’une émancipation, lente, laborieuse, mais tenace», «ode à l’amour» et «programme éditorial poétique, pour les 34 prochaines années».

Du reste, au fur et à mesure que tombent les dépêches AFP : « Spinoza in China est également une exposition des Visages d’Ernesto, au quotidien, sous forme d’une série de portraits dont le titre d’ensemble est le suivant : Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde. »

Enregistré à l'Espace Khiasma le dimanche 28 septembre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Dans les années 30, aux États-Unis, un groupe de jeunes écrivains désigne comme «objectivisme» l’usage poétique qu’ils font de textes non littéraires. Le plus célèbre d’entre eux, Charles Reznikoff, «redécoupa» des minutes de procès puisées dans les archives judiciaires afin de leur donner un rythme, une versification, composant ainsi un «récitatif» : «cri massivement pluriel». Cette nouvelle appréhension du document eut de nombreuses postérités, irriguant des démarches artistiques plurielles que Frank Smith et ses invités ont passé en revue.

 

dans le cadre de la résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

[Les Lilas • France]
Exposés des faits
questionne les mécanismes de la construction du récit à partir de la rhétorique du témoignage. En déplaçant la langue du droit de la salle d’audience à l’espace du livre, Vanessa Place procède par montages de documents provenant de dossiers qu’elle fut amenée à traiter, en tant qu’avocate commise d’office. Seuls sont dissimulés le nom des victimes et certains détails qui permettraient trop facilement de les identifier.
Nous confrontant à des matériaux bruts et sommés de reconstituer, à partir de l’« exposition » des faits, leur (problématique) vérité, l’expérience de lecture devient celle de « l’effet Rashomon » : subjectivité de notre appréhension des situations, et donc de notre capacité de jugement.
Suite à sa lecture, Vanessa Place s’entretient avec Frank Smith au sujet du projet, VanessaPlace Inc. (première firme internationale de poésie), et fait entendre sa nouvelle pièce sonore, Last Words, construite à partir des dernières déclarations de tous les détenus exécutés au Texas depuis 1982.

 

Carte blanche à Frank Smith, dans le cadre de la soirée de lancement de sa résidence « Écrivains en Seine-Saint-Denis » à Khiasma et aux Archives nationales. Un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis.

It’s All True [extrait]

[Les Lilas • France]
Dans la baie de Rio, rôde le fantôme d’un crocodile.
On dit qu’il vient du Nordeste.
Qu’il a été dévoré par un requin après avoir rencontré le président Vargas.
On dit que c’est à cause d’un film tourné par un américain.
On dit aussi que les requins ne mangent pas les crocodiles.
Et qu’Orson Welles n’a rien à faire là-dedans.

 

dans le cadre d’une résidence au Musée d’Art Contemporain de Niteroi, avec le collectif Suspended Spaces.

Enregistré à l’Espace Khiasma le jeudi 25 septembre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le petit parlement (conférence pour adulte à partir de dix ans)

[Les Lilas • France]
Jean-Paul-le-Philosophe réunit autour de lui un « petit parlement » pour discuter de son drôle de métier. Un métier que l’on exerce, d’ailleurs, souvent en discutant ! Alors, de fil en aiguille, de l’arc à la cible et de l’imagination au réel, Jean-Paul-le-Philosophe soulève bien d’autres questions auxquelles même les adultes de beaucoup plus de dix ans n’avaient jamais pris le temps de réfléchir…

dans le cadre de la résidence d’écrivain de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Cela ne va pas être possible : c’est administratif

[Les Lilas • France]
Cela ne va pas être possible : c’est administratif
devait être le récit-performance documenté d’un parcours dans les méandres des administrations françaises, accompagnant une personne « sans papier » dans ses démarches de régularisation. Une histoire racontée « d’après documents » : documents-cadres (textes de loi, jurisprudences, circulaires, directives, règlements européens…), documents à produire (extrait d’acte de naissance, attestation de domicile, formulaires CERFA n° 13653*03 et n° 13662*05, passeport, visa, certificat de nationalité, acte de mariage, promesse d’embauche, certificat de scolarité, relevés de notes, rapport médical, documents justifiant sa présence ininterrompue en France : ordonnances médicales, factures, fiches de paie… ) afin d’obtenir les documents qui attestent, légitiment des statuts et instituent des identités (titres de séjour, carte nationale d’identité…), pour montrer à quel point les documents peuvent être au centre des existences « en situation irrégulière ». Seulement, les histoires n’appartiennent pas qu’à ceux qui les racontent, et Céline Ahond nous conte son expérience pour témoigner de cette rencontre.
Cette dernière, pour qui prendre la parole, c’est tracer le chemin d’une pensée en construction, a donc dû penser à tracer des chemins de traverses et de contournement, afin d’évoquer en creux cette histoire dont elle devait respecter l’intimité. Il fallait alors se détacher du « contexte » pour se concentrer sur le « cadre » — celui de l’art. C’est à dire, celui où — et d’où — l’artiste parle : ce qui revient à réfléchir sur la place de ce dernier. Ne pas raconter pour mieux dire autre chose, et traduire tout cela dans son vocabulaire et sa grammaire formelle. Céline Ahond dessina donc une « ligne orange » pour sauter la barrière sans pour autant franchir la ligne rouge, transforma un document vierge en passeport pour partout, et a peint des portes en vert d’incrustation vidéo, créant ainsi des ouvertures vers encore ailleurs…

Transcriptions :
العربية

Enregistré à l’Espace Khiasma le mercredi 24 septembre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Stade Banal (une soirée diapo)

[Les Lilas • France]
À l’occasion du festival RELECTURES 15 ‘d’après documents’, Matthieu Dibelius a projeté sur les murs de l’Espace Khiasma un montage éloquent d’images sans commentaire. Sans commentaire, mais avec quelques précisions, qu’il apporta lors des échanges qui ont suivi : après son Stade Banal, Matthieu Dibelius est donc passé à l’oral !
Aussi, pour faire échos à l’article que le magazine en ligne de Khiasma publia sur son travail, nous en diffusons un extrait. Il y est question des actions qu’il mène dans le champ « médico-social » (puisque c’est comme ça qu’ « on dit ») et de son rapport au langage, marqué par le « frallemand » de son enfance, et par le dépiautage ludique des dictionnaires…

Enregistré à l’Espace Khiasma le mardi 23 septembre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Homère Homer joue à la tragédie grecque pour raconter la crise des subprimes. L’histoire est inéluctable : Homer (celui qui mange des donuts) doit faire face à la crise économique. Une fois sa maison confisquée et sa famille disloquée, il finira par se crever les yeux pour ne plus voir son malheur. Après une longue errance, à la recherche de sa fille Lisa, il deviendra Homère (celui qui raconte des histoires). Alternant séquences tragiques (vraiment) surjouées et explications économiques (faussement) improvisées, Homère Homer provoque le rire, ainsi qu’une réelle compréhension des mécanismes économiques contemporains.

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 22 septembre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

« Ghérasim Luca » – Intro

[Paris • France]
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom.
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
L’hôte peut désigner la personne qui est reçue ou celle qui reçoit, un double sens que Jean-Paul Curnier a décidé de mettre à profit dans le cadre de sa résidence à l’espace Khiasma. Pour cette soirée, il a donc invité Jacques Durand, écrivain taurin de renommé, à venir s’entretenir avec lui sur l’éthique et l’esthétique de la tauromachie, dont ce dernier exprima toutes les facettes dans les chroniques qu’il livra jusqu’en 2012 au journal Libération. Aussi, ce qui pourrait ressembler à première vue à une cambiada – passe destinée à détourner la charge du taureau – dans la réflexion de Jean-Paul Curnier se révèle comme le développement d’une intuition première. Sous les traits du torero défiant la mort avec panache, et sacrifiant parfois sa vie à son goût pour le risque et les actions d’éclat, Jean-Paul Curnier discerne en effet la figure voisine du pirate dont l’existence brève, joyeuse et violente, toute en dépenses et en excès, fut le creuset de formes d’organisations politiques basées sur l’autogestion, l’égalité, et le souci du bien commun. C’est donc par un biais inattendu que son exploration des liens entre démocratie et prédation se poursuit, empruntant l’épée du matador ou le sabre d’abordage comme autant de façon possible de philosopher à l’arc !

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La Fin du monde – Prendre corps / Ghérasim Luca

[Paris • France] 
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom. 
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Bamby Bassoum, Maria Antonietta Benedetti, Frédéric Dautais, Guillaume Mahé, Tayyebeh Tafrechy, Nidia Alba Ramirez, Léa Nguyen, Taha Baharam Brahim, Chen Zhijie, Delphine Verron, Li Thi Cam Van, Firouzeh Esmaeili Kosej, Thi Nga Galmiche

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
« Il s’agit de décrire un lieu à l’oral. Il y en a cinq : cinq lieux dans le Monde, en bord de mer. Cinq lieux où suffisamment de choses se tissaient pour que je puisse les déconstruire en une performance. Cinq performances. Parfois des amis me demandent, en me voyant m’intéresser aux animaux qui m’entourent, d’où me vient cet intérêt. C’est en partie pour répondre à cette question que je me lance dans Oralieu : c’est une enquête. Pour décrire les lieux, je ne me sers pas de mon imagination, mais de choses que je savais déjà, de l’observation d’un animal, d’informations que j’ai collectées après coup. L’ensemble forme un savoir, mais un savoir qui n’est ni froid ni objectif. Dans Oralieu, le savoir est poétique. Oralieu traite d’un humain heureux de tout ce qui le rattache à ce qui l’entoure. Un humain curieux de ses attachements. C’est une écologie joyeuse, curieuse, et non pas alarmiste et dépressive. »

Découvrez l’intégralité du projet d’Alexis Fichet sur le blog d’Oralieu : http://oralieu.blogspot.fr/

Enregistré à l’Espace Khiasma le dimanche 29 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Tout bien considéré fait suite à l’invitation du collectif PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines) pour deux soirées de réflexion consacrées aux questions soulevées par la destruction du bidonville de Ris-Orangis et par l’expulsion de ses occupants. Y étaient présents Sébastien Thiéry, fondateur et animateur du PEROU, des membres militants du PEROU, ainsi que des auteurs du livre collectif Considérant qu’il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir, paru en mars 2014 chez post-éditions.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La Fin du monde – Son corps léger / Ghérasim Luca

[Paris • France] 
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom. 
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Chen Zhijie, Li Thi Cam Van, Firouzeh Esmaeili Kosej, Ndoubme Gueye, Barikissou Le Gac, Niranjana Kanagaratnam, Thi Nga Galmiche, Maria Antonietta Benedetti, Tayyebeh Tafrechy, Nidia Alba Ramirez, Taha Baharam Brahim, Léa Nguyen

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La controverse Marboeuf

[Les Lilas • France] « Avec Jean-Yves Jouannais, en son absence », Olivier Marboeuf introduit le principe d’une polémique à distance autour de la figure du plus grand écrivain n’ayant jamais écrit, Félicien Marboeuf, grand-père commun des deux auteurs. Après Deuxième Vie, l’auteur revient sur l’origine de son nom de famille et sur la capture de son grand-père, revisitant sa biographie au travers de cartes mentales inspirées des pratiques de Barthes. Partant de son patronyme, il dérive progressivement vers de nouvelles filiations, réelles ou imaginées, qui révèlent son prénom secret et, avec lui, une nouvelle lecture de l’histoire coloniale : où l’on découvrira les étonnants Pikiki et leur mystérieux leader « Œ », où il y sera question d’héritage, de spoliation et de danse des morts. Une opération identitaire critique où la dimension politique est abordée de manière oblique, à la fois tragi-comique et fantastique.

Enregistré à l’Espace Khiasma le vendredi 27 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Ainsi, le premier de ces rendez-vous mensuels a été consacré à l’exploration intérieure de la prédation, et de ce qu’elle implique comme forme de relation à la proie (et donc aux animaux) dans l’expérience qui lui est personnelle de la chasse à l’arc. Pièce radiophonique conçue à partir de matériaux collectés lors de cette soirée, Archéologos transpose et restitue cette étape de recherche sous une forme différente de celle — traditionnelle — de l’essai philosophique.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Les déterritorialisations du vecteur

[Les Lilas • France] 
Le moustique-tigre aime les hommes, mais ces derniers ne lui rendent pas. En perpétuelle déterritorialisation, il s’installe là où on le cherche. Dans sa performance, Frédéric Ferrer nous emporte dans une épopée improbable entre Asie et Méditerranée, pneus, maladies, aires d’autoroutes et insecticides.

Transcriptions :
العربية

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 28 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

En dehors (avec les outsiders) #1

[Les Lilas • France] 
En ouverture de Relectures 14, Nicolas Richard rend un hommage vibrant et caustique aux outsiders de la musique avec une nouvelle performance en cours d’écriture, présentée pour la première fois en public. Il nous entraîne sans ménagement sous les torrents synthétiques et les chants à tâtons de ces princes du web ; chanteurs sans peur à la recherche d’une gloire hypothétique. Souvent hilarantes, l’écriture et la playlist font mouche sans jamais pour autant se départir d’une tendresse pour « ceux qui chantent, mais ne chantent pas ». Nicolas Richard est là où on l’attend, formidable accélérateur d’une phrase qui part dans le décor, mais aussi en d’autres lieux, celui d’une conférence qui déplie au travers du portrait de quelques éminents outsiders un plaidoyer pour l’engagement dans l’art, aussi approximatif soit-il. Tout sauf continuer à faire semblant.

Transcriptions :
Français / English

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 23 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
« C’est là que, en fermant les yeux, à ma grande surprise, des choses sont apparues violemment derrière mes paupières closes. […] Un entrecroisement complexe et omnicolore, […] comme les dédales : l’enchevêtrement de salles et de couloirs d’un labyrinthe en pleine expansion. »

Sous l’influence du peyotl, certaines hallucinations ont, dans l’esprit de Gwyneth Bison, ainsi jeté des ponts entre la pensée magique du chamanisme mexicain et la pensée technique et créatrice de Dédale, architecte fameux du non moins fameux labyrinthe où l’on enferma le Minotaure. Frayant son chemin à travers les pistes multiples, ouvertes à mesure qu’il en déroule l’écheveau, c’est sous le patronage de ce dernier que Gwyneth Bison a placé cette conférence dé(riv/lir)ante. S’autorisant détours, embardées et corrélations surprenantes, il relie le Mexique à la Grèce ancienne par une ligne droite, les rapprochant par une ligne courbe, comme une chaine d’anneaux qu’il déviderait : ligne de boucles, combinaison de linéarité de circularité, ou comme « à Nogent-le-Rotrou, en vacances avec son oncle, dans un circuit touristique où le point de départ est aussi l’arrivée »…

Transcriptions :
Français / English

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 28 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site