www.khiasma.net — Khiasma est une structure de production et de diffusion artistique et culturelle dont les actions questionnent les relations entre art et pratiques sociales. Ouvert en 2004, l’Espace Khiasma est dédié à une programmation dans le domaine des arts visuels (expositions et cycles de projections), de la performance, des littératures vivantes (...)www.khiasma.net — Khiasma est une structure de production et de diffusion artistique et culturelle dont les actions questionnent les relations entre art et pratiques sociales. Ouvert en 2004, l’Espace Khiasma est dédié à une programmation dans le domaine des arts visuels (expositions et cycles de projections), de la performance, des littératures vivantes (Festival Relectures). L’espace, en accès libre, est pensé comme un lieu de découverte des formes de l’art actuel pour un large public. Il joue également le rôle d’espace citoyen au travers des cycles de conférences, de colloques et de débats.
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Kinesis | À la pointe (coupante) des algorithmes

[Les Lilas • France]

 

Dans le cadre d’une journée d’étude organisée par le post-diplôme Documents et art contemporain de l’Ecole européenne supérieure de l’image, et de la publication dédiée à sa recherche, Louis Henderson convie deux théoriciens à proposer des lectures de son travail : Kodwo Eshun et Stephen Wright.

 

Kinesis : du grec ancien κίνησις. 1. Mouvement, particul. mouvement de la danse 2. fig. agitation, trouble, soulèvement.

Cette première exposition monographique en France du cinéaste anglais Louis Henderson s’organise autour de la mise en relation de deux de ses films récents : Black Code Code Noir (2015) et The Sea is History (2016), présenté dans une version de travail. Alors que le premier explore l’archéologie d’Internet pour mettre en lumière le rôle des algorithmes dans le contrôle social et nécropolitique de la communauté afro-américaine aujourd’hui, le second revient en République Dominicaine et à Haïti, à l’endroit même où Christophe Colomb posa le pied en 1492, geste inaugural de la Modernité coloniale.

Les nombreux événements accueillis dans l’espace de Kinesis sont autant d’efforts pour fabriquer collectivement de nouveaux régimes critiques de récit, faire émerger des figures spéculatives, actualiser les héritages des cultural studies tout autant que repenser les pratiques du hacking et notre relation aux nouvelles technologies de l’information. L’exposition Kinesis imagine des chemins et des vocabulaires pour reconstruire une histoire des possibles, rendre visible les persistances du pouvoir et fabuler le désenvoûtement de ses codes par le truchement d’une nouvelle révolution animiste au cœur de la Caraïbe.

 

Kinesis | Statistiques et algorithmes : que fait le chiffre à la police ?

[Les Lilas • France]

 

Comment penser un service public de la police en dehors de la spirale des données statistiques et de la logique comptable qui pousse inexorablement à toujours plus de police et à l’économie de la violence ?

 

Cette première exposition monographique en France du cinéaste anglais Louis Henderson s’organise autour de la mise en relation de deux de ses films récents : Black Code Code Noir (2015) et The Sea is History (2016), présenté dans une version de travail. Alors que le premier explore l’archéologie d’Internet pour mettre en lumière le rôle des algorithmes dans le contrôle social et nécropolitique de la communauté afro-américaine aujourd’hui, le second revient en République Dominicaine et à Haïti, à l’endroit même où Christophe Colomb posa le pied en 1492, geste inaugural de la Modernité coloniale. Tendue entre ces deux moments, l’exposition se développe comme un espace de recherche. Pendant un mois, Kinesis accueillera de nombreux événements parmi lesquels la première des Black Code Sessions, rencontre rassemblant chercheurs, cinéastes, artistes et activistes qui dépliera les questions qu’ouvre le film Black Code Code Noir afin d’en assembler de nouvelles versions. Au cœur de cette exposition-projet se déploie ainsi un véritable espace de recherche autour du film et des questions qu’il aborde, mettant en partage son matériau et des sources d’inspiration de l’artiste – musique, textes, documents –, invitant chaque visiteur à contribuer activement à la réflexion à laquelle nous enjoint le travail de Louis Henderson. Les nombreux autres événements accueillis dans l’espace de Kinesis seront autant d’efforts pour fabriquer collectivement de nouveaux régimes critiques de récit, faire émerger des figures spéculatives, actualiser les héritages des cultural studies tout autant que repenser les pratiques du hacking et notre relation aux nouvelles technologies de l’information. L’exposition Kinesis imagine des chemins et des vocabulaires pour reconstruire une histoire des possibles, rendre visible les persistances du pouvoir et fabuler le désenvoûtement de ses codes par le truchement d’une nouvelle révolution animiste au cœur de la Caraïbe.

«Écouter l’espace» | Séance 11

[Paris XXe • France]

 

« Les voix de la fôret » … Reportage de la onzième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

 

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

 

Un projet réalisé avec le soutien de la Fondation de France.

Ragnhild May & Kristoffer Raasted en live à Khiasma !

[Les Lilas • France]

 

Le 25 juin 2017, l’Espace Khiasma fêtait sa fin de saison au cours d’une grande journée conviviale, rythmée d’une série de lives musicaux.

 

Parmi ces lives, Ragnhild May, une artiste danoise donc la pratique oscille entre les arts visuels et la musique. Fabriquant ses propres instruments, elle proposa une performance réalisée à partir d’un orgue expérimental, accompagné au chant de Kristoffer Raasted, étudiant en échange aux Beaux-arts de Paris qui avait participé en avril au workshop EVOL à Khiasma.

 

Et pour revivre cette journée en images, rendez-vous sur le magazine de Khiasma : http://www.khiasma.net/magazine/cloture-de-saison-25-juin-2017/

Mixage: Esther Poryles
Photos : Matthieu Gauchet

Les projets artistiques collaboratifs

[Les Lilas • France]

 

Le 14 juin 2017, Khiasma invitait Marie Preston, Hélène Cœur et Carine Dejean-Drejou pour une conversation autour des projets artistiques collaboratifs et leur accueil dans des lieux socio-culturels et des établissements scolaires.

 

Quels sont les apports, les enjeux et les limites de ces partenariats ? A partir de quand peut-on considérer que l’on a collaboré ? C’est autour de ces deux questions que s’est structurée une discussion riche en échanges de points de vue entre artistes, intervenant.e.s, professionnel.le.s de la culture et enseignant.e.s.

 

Avec Marie Preston, artiste et maîtresse de conférence à l’Université Paris 8 sur les pratiques artistiques collaboratives, Hélène Cœur, artiste intervenant régulièrement dans des projets collaboratifs et Carine Dejean-Dreujou, professeure coordonnatrice ULIS TFCM au collège Pierre Mendès France (Paris 20e).

Soirée enregistrée à l'Espace Khiasma, le 14 juin 2017.
Mixage : Adrien Tripon.

«Écouter l’espace» | Séance 10

[Paris XXe • France]

 

« Du ventre au crépitements » … Reportage de la dixième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

 

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

 

Un projet réalisé avec le soutien de la Fondation de France.

D’ de Kabal – Live à Khiasma !

07.2017

Musique

Khiasma

12:02

 

[Les Lilas • France]

 

Le 25 juin 2017, l’Espace Khiasma fêtait sa fin de saison au cours d’une grande journée conviviale, rythmée d’une série de lives musicaux. En dernière partie de soirée, c’est D’ de Kabal – artiste aux multiples casquettes dont celles de rappeur, slameur et écrivain – qui, d’une puissante performance en solo, est venu refermer cet intense moment de cohésion.

La r22 est heureuse de publier quelques minutes de ce live où la voix, travaillée, samplée, remaniée, devient l’unique instrument d’une performance qui joue du dépouillement comme de la saturation. Une voix comme véhicule d’un engagement entier, celui du corps autant que celui des mots.

Et pour revivre cette journée en images, rendez-vous sur le magazine de Khiasma : http://www.khiasma.net/magazine/cloture-de-saison-25-juin-2017/

Mixage: Esther Poryles

«Écouter l’espace» | Séance 9

[Paris XXe • France]

«Le colin-maillard du périphérique»… Reportage de la neuvième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

 

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

 

Un projet réalisé avec le soutien de la Fondation de France.

«Écouter l’espace» | Séance 8

[Paris XXe • France]

Quand la classe se sépare en la terre, l’eau et l’air… Reportage de la huitième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

Un projet réalisé avec le soutien de la Fondation de France.

«Écouter l’espace» | Séance 7

[Paris XXe • France]

 

Dans le préau, de simples sacs plastiques deviennent des objets sonores et cinétiques… Reportage de la septième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

 

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

 

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

 

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

 

Un projet réalisé avec le soutien de la Fondation de France.

«Écouter l’espace» | Séance 6

[Paris XXe • France]

«Un nuage magique, calme, crépitant, liquide»… Reportage de la sixième séance du projet «Ecouter l’espace» à l’école Le Vau.

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

À la fin de chaque atelier, deux enfants sont désignés comme « reporters » un enfant lit, un autre enregistre.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir. Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

«Écouter l’espace» | Séance 5

[Paris XXè • France]

 

Compte rendu de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. La deuxième année de l’atelier de la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau, porté sur le son et le mouvement, a mené les élèves à réaliser un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

 

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse des dépôts et consignations.

«Écouter l’espace» | Séance 4

[Paris XXe • France]

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir.
Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

«Écouter l’espace» | Séance 3

[Paris XXe • France]

Ce projet invite les enfants de l’école Le Vau (Paris 20e) à ressentir l’environnement qui les entoure à partir de l’écoute et des sensations corporelles. Deux intervenantes sont à l’œuvre : Hélène Cœur, spécialiste du son, et Milena Gilabert, danseuse. Ensemble, elles amènent les enfants à traverser les sons comme des matières d’une palette en mouvement.

Une quinzaine de séances sont réparties tout au long de l’année scolaire. Elle se déroulent parfois en classe, parfois dans d’autres espaces du quartier, à explorer et découvrir.
Chaque séance fait l’objet d’un compte-rendu sonore (réalisé par les élèves) qui vous permettra de suivre le projet pas à pas !

Entretien avec Ana Vaz : Há Terra !

11.2016

Entretien

Khiasma

29:52

 

[Les Lilas • France]

 

« Há terra ! est une rencontre, une chasse, un conte diachronique du regard et du devenir. Comme dans un jeu, comme dans une coursepoursuite, le film oscille entre personnage et terre, terre et personnage, prédateur et proie. » Ainsi Ana Vaz décrit-elle son poème cinématographique en 16 mm. Des mouvements de caméra filants semblent traquer une jeune fille métisse dans les hautes herbes. La voix off au présent s’agglomère au passé dans la myopie de la longue focale. La boucle sonore récurrente d’un homme criant « Terre ! Terre ! » convoque le lointain souvenir de la conquête coloniale. Mais la beauté du collage tient à l’impossibilité pour le spectateur de laisser « passer » ce passé : bientôt le témoignage actuel porte sur un maire qui s’est approprié par la menace les terres des indigènes. La jeune fille traquée en vient à personnifier un territoire. Nous sommes dans le sertão brésilien, où l’exclamation « há terra! » (littéralement : « il y a (de) la terre ») peut aussi s’entendre comme l’affirmation que les sans-terre, non-possédants organisés en Mouvement depuis une quarantaine d’années, n’ont pas lieu d’en être privés. Énigmatique et fiévreux, le film vibre aussi en images et en son du Manifeste anthropophage d’Oswald de Andrade (1928), autre inspiration d’Ana Vaz : « Anthropophagie. Absorption de l’ennemi sacré pour le transformer en totem. L’humaine aventure. La finalité terrienne ». (Charlotte Garson)

 

 

Née en 1986 à Brasilia, Ana Vaz est une artiste et cinéaste dont les films et le travail spéculent sur les relations entre le soi et l’autre, le mythe et l’histoire au travers d’une cosmologie de signes, références et perspectives. Des assemblages de matériau filmé et trouvé, ses films combinent ethnographie et spéculation dans l’exploration des frictions et fictions inscrites dans les environnements naturels comme bâtis. Diplômée du Royal Melbourne Institute of Technology et du Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains, Ana Vaz fut également membre de SPEAP (SciencesPo School of Political Arts), un projet conçu et mené par Bruno Latour. Son travail est régulièrement projeté partout dans le monde : New York Film Festival, TIFF Wavelengths, CPH:DOX, Videobrasil, Courtisane, Cinéma du Réel, Lux Salon. En 2015, elle reçoit le Kazuko Trust Award présenté par la Film Society du Lincoln Center en reconnaissance de l’excellence artistique et de l’innovation de son travail filmique.

Enregistré à l'Espace Khiasma.
Entretien : Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

«Écouter l’espace» | Séance 2

[Paris XXe • France]

 

Compte rendu de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. 

La deuxième année de l’atelier de la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau, porté sur le son et le mouvement, a mené les élèves à réaliser un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

 

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse des dépôts et consignations.

 

«Écouter l’espace» | Séance 1

[Paris XXe • France]

 

Compte rendus de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. La deuxième année de l’atelier ans la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau porte sur le son et le mouvement.

Les élèves réalisent un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse de dépôts et consignations.

[Paris XXe • France]

 

Les enfants de la classe de Camille Bedel, à l’école Le Vau parlent plusieurs langues, ils se sont enregistrés.

 

Atelier son et photo mené pendant l’année scolaire 2016-2017 avec le plasticien Yo-yo Gonthier.

 

[Les Lilas • France]
« On voit la mer, un bateau énorme se déplace sur l’horizon. Un homme fait une apnée et ne réapparait pas. Il est question d’une épave, en Grèce. Des poulpes, et de l’encre. De coquilles d’oursins, dont le vrai nom est « test », mot dont l’étymologie est proche de la tête. Il y est question d’apnée, du Monde du silence et de Cousteau.»

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 29 septembre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photos : Matthieu Gauchet

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

SEMES / récit 6 : Dominique Le Brun

[Les Lilas • France]
A partir d’histoires de naufragés, nous observerons comment se jouent, se rejouent et/ou se délitent les fondements d’une société nouvelle.
Juriste, journaliste et écrivain voyageur, Dominique Le Brun est auteur de plusieurs anthologies autour de la littérature de voyage et des récits maritimes.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 22 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 5 : Thomas Lasbouygues

[Les Lilas • France]
Lors du dernier weekend de l’exposition, deux « récits » viendront clore celle-ci. Dans le premier, autour du film “Making of Elina” de Thomas Lasbouyges et de la plateforme archipels.org de Vincent Chevillon, les deux artistes dialogueront autour de la création de mondes possibles.
Thomas Lasbouygues est artiste et cinéaste.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 21 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 4 : Françoise Vergès

[Les Lilas • France]
Pour ce quatrième « récit », Françoise Vergès nous racontera comment, au travers d’un paysage, de son étude botanique, se lit l’histoire des hommes qui l’ont traversé.
Françoise Vergès occupe la Chaire Global South(s) du College d’études mondiales de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), Paris.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 12 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 3 : Fabrizio Terranova

[Les Lilas • France]
Troisième « récit » : Fabrizio Terranova reviendra sur la notion de l’appât qui fait de la narration spéculative une prise politique tout autre que la fiction. Rencontre suivie d’une performance sonore de François Bianco.
Fabrizio Terranova est cinéaste et enseignant. Il dirige le Master Narrations Spéculatives à l’Ecole de Recherche Graphique de Bruxelles.

 

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 14 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Mutando – soirée de clôture de la résidence d’Alice Rivières

[Les Lilas • France]

Un boa constrictor & des Xmen, des modes d’existence & du jeu vidéo, de la réalité virtuelle & de la divination, de la science-fiction & des entendeurs de voix, des souris huntingtonniennes & des romans policiers : une pensée en zigzag qui prend de multiples chemins pour aller quelque part, afin de croiser le plus de personnes possible sur sa route.
 
La résidence « MUTANDO » se présente comme le déploiement d’un projet d’écriture ambitieux et innovant à l’intérieur même de l’espace Khiasma, devenu chambre d’échos de la collectivité des voix habitant le « personnage conceptuel » d’Alice Rivières. Catalyseur spéculatif pour la narration d’autres possibles de ce « devenir hungtintonien », c’est à travers elle que le collectif Dingdingdong (Institut de coproduction de savoir sur la maladie de Huntington) fictionne d’autres rapports au monde, à la pensée et aux savoirs. Construisant, depuis l’expérience de la maladie et avec les usagers , artistes, médecins et chercheurs qui le composent, autant de « savoirs situés », il accompagne Alice Rivières dans « la longue marche de sa métamorphose neuroévolutionnaire » à mesure des multiples récits dont elle fait l’objet (Manifeste, notes de voyage, vidéo, spectacle, jeu-videos…), et nourrit l’écriture de Mutando : roman huntingtonien d’auto-science fiction, où Alice Rivières cherche à trouver une langue adéquate au corps mutant qui est le sien.
 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 24 mai 2016, dans le cadre du festival « Hors limites » et de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 2 : Jérémy Gravayat / EN CHANTIER

[Les Lilas • France]
Le second « récit » de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon est EN CHANTIER. Pour inaugurer ce second acte, Vincent Chevillon a invité Jérémy Gravayat à échanger sur les enjeux de la mise en récit de collectes de matériaux documentaires. Comment s’agencent les documents entre les nécessités de la transmission, de l’acte politique et celles du geste artistique ?
Cinéaste, Jérémy Gravayat réalise des films questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération Lyonnaise.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

 


Soirée dans le cadre du programme « Réfléchir la création” de l’association À bras le corps.
Le projet « Réfléchir la création » est soutenu par Arcadi.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 2 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Et les animaux se mirent à raconter le monde…

[Les Lilas • France]
Les animaux ont bien changé. Bien sûr on pourrait penser que ce sont nos façons de les voir qui changent. Ce qui voudrait dire qu’il n’y a que nous qui changeons : nous serions les seuls à avoir une histoire, les animaux n’y seraient que les figurants. Or, une autre version semble aujourd’hui pouvoir compliquer cette manière de raconter, une version qui suggère que les animaux changent comme nous et parfois avec nous. Selon les situations qu’on leur propose, voire les questions qu’on leur adresse, les animaux pourront ou non déployer certaines compétences. De même qu’ils pourront ou non obtenir que l’on prenne en compte ce qui importe pour eux. Ces situations dans lesquelles humains et animaux entrent en relation sont multiples. Elles vont des pratiques des éleveurs à celles des scientifiques, du vivre ensemble avec les animaux familiers aux difficultés de cohabitation avec les espèces protégées. Chacune d’elles décline des interrogations, des exigences et des difficultés particulières. Mais une question commune les traverse : avec qui voulons-nous vivre et comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 19 avril 2016, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Esther Poryles
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 4 avril 2016, dans le cadre du festival « Hors limites »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Des commentaires immiscés dans les interlignes, un journal de maladie débordant sur les marges, des réponses aux répliques d’Imogène McCarthery et du commissaire Maigret : voici ce que découvre l’écrivaine Geneviève Peigné entre les pages des romans policiers de la collection « Le Masque » ayant appartenu à sa mère Odette, emportée quelques mois plus tôt par la maladie d’Alzheimer.

 

De cette façon de prendre la fiction à partie, d’interpeller des personnages comme si ces derniers étaient autant d’ « interlocuteurs » à même de répondre à la solitude et au mal-être, Geneviève Peigné noue un dialogue posthume autour du livre et de l’écriture. Dans le cadre du festival Hors limites, elle s’entretiendra avec Alice Rivières sur leur recherche commune de formes littéraires susceptibles de traduire les états de corps et d’esprit que suscite l’expérience de la maladie.

L’une, à travers ce roman singulier, L’Interlocutrice, l’autre par le biais de l’enquête existentialo-scientifique qu’elle mène à l’Espace Khiasma dans le cadre de sa résidence d’écriture : explorant les devenirs possibles de sa condition de « mutante » à laquelle la désigne la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes.

 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 7 avril 2016, dans le cadre du festival « Hors limites » et de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Fabbula est une revue thématique spécialisée dans l’exploration de la réalité virtuelle « d’auteur », et des nouvelles façons de voir et percevoir que propose ce nouveau médium.

Pour ce septième lundi des revues, Fabbula lancera le thème de son numéro 3 : les « Mondes Possibles ». Ou : comment les utopies, fictions et spéculations se racontent dans les mondes virtuels et en quoi le réel en est stimulé ? Dans la continuité de la journée d’expérimentation de la veille portés par de talentueux développeurs de la scène parisienne indépendante, et forte de cette expérience partagée des mondes possibles, l’éditeur de Fabbula, assisté d’Alice Rivières et de Fabrizio Terranova, travaillera en direct avec le public de Khiasma à l’élaboration de ce numéro !

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Récits d’après / les verbes

[Villemomble • France]
Le parcours « La Culture et l’Art au Collège » ‘Récits d’après’, organisé par l’Espace Khiasma au collège Pasteur de Villemomble avec la complicité de l’auteur Emmanuel Rabu, s’inscrit dans la continuité directe de la thématique du festival de littératures vivantes RELECTURES 16 ‘des récits du futur’.

 

À un moment où notre vision du futur est marquée par des incertitudes politiques, économiques, climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, il semble important d’outiller les élèves pour leur permettre de concevoir un avenir qui conserve une dimension de promesses et de transformations. Or, la capacité de fabulation fait partie des ressources dont nous disposons pour transmettre une mémoire, une compréhension du monde, et inventer un devenir.

 

Récit d’après se présente donc comme un dispositif de « narration spéculative » qui a pour but la mise en situation d’une classe de sixième à travers une fiction-cadre : imaginer quels pourraient être les récits, les connaissances, les contes et les fables du « monde d’avant » qu’en regard de ce « monde d’après », les survivants de l’apocalypse pourraient se raconter. Rassemblés autour du feu ou dans l’enceinte de ce « cercle magique » théorisé par Johan Huizinga, lequel permet de créer momentanément une parenthèse spatiotemporelle dans laquelle les règles de comportements sont différentes. Ces « jeux » que l’on dit à juste titre « de sociétés », et qui peuvent être une façon de reconstituer, transmettre et remettre en acte une mémoire, des savoirs, des pratiques, des valeurs et des histoires qui permettraient de réenvisager différemment le présent « à partir de l’avenir »…

 

La question du rapport entre les Hommes et les animaux y est centrale, permettant de lier la question de l’écologie à l’usage narratif des symboliques animales dans les oeuvres aux programmes (tel que la figure du loup dans les contes, les fables, ou encore du renard dans Le Petit Prince, qui est l’oeuvre intégrale étudiée). Conformément à l’hétérogénéité textuelle qui caractérise l’esthétique littéraire d’Emmanuel Rabu, différents types de textes sont directement manipulés par les élèves, expérimentant ainsi leurs spécificités propres en imaginant comment ces derniers pourraient être agencés pour reconstituer une « encyclopédie post-apocalyptique » sous forme de poème visuel et sonore :

 

– Vaste jeu de l’Oie qui rassemblerait des savoirs disparates sur un monde animal disparu…

 

– Litanie de listes à fonction récapitulatives qui, à l’exemple de celles qui nous reste des civilisations également disparues, telles les listes lexicales sumériennes et mésopotamiennes, constituent souvent les premières formes littéraires répertoriées…

Réalisation : Emmanuel Rabu
Voix : les élèves de la classe de 6e de Chloé Denamur, du collège Pasteur de Villemomble

SEMES / récit 1 : Jocelyn Bonnerave / NOIR ATLANTIQUE

[Les Lilas • France]
NOIR ATLANTIQUE est le premier « récit » inaugurant l’acte 1 de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon. Ayant invité l’écrivain, performeur et anthropologue Jocelyn Bonnerave à explorer l’exposition comme un objet d’étude anthropologique, ce seront les principes fondamentaux d’une « sociologie animiste » en germe qui émaneront de cette fameuse « réserve ». Espace muséographique qui dérobe aux regards, lieu du penser/classer mais aussi du refoulement, de la cargaison, de l’appropriation inavouable, atelier pour l’artiste, laboratoire ou cale de bateau : c’est au cœur de cette écologie de l’ombre que s’agenceront les différentes combinaisons des futurs « actes » de l’exposition, mais où l’on peut imaginer également une « vie sociale » des objets. Où ces derniers prendraient la parole lorsque les hommes ne sont pas là. Une contre-forme de l’exposition, à la façon dont l’océan atlantique serait une contre-forme centrale des continents périphériques et qui, selon l’hypothèse de Paul Gilroy, formerait un continent résiduel d’où serait né, du fond des cales, le peuple de la Caraïbe.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le jeudi 10 mars 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

BARAS (Février 2013)

[Montreuil • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

Récits d’après / les lieux

[Villemomble • France]
Le parcours « La Culture et l’Art au Collège » ‘Récits d’après’, organisé par l’Espace Khiasma au collège Pasteur de Villemomble avec la complicité de l’auteur Emmanuel Rabu, s’inscrit dans la continuité directe de la thématique du festival de littératures vivantes RELECTURES 16 ‘des récits du futur’.

 

À un moment où notre vision du futur est marquée par des incertitudes politiques, économiques, climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, il semble important d’outiller les élèves pour leur permettre de concevoir un avenir qui conserve une dimension de promesses et de transformations. Or, la capacité de fabulation fait partie des ressources dont nous disposons pour transmettre une mémoire, une compréhension du monde, et inventer un devenir.

 

Récit d’après se présente donc comme un dispositif de « narration spéculative » qui a pour but la mise en situation d’une classe de sixième à travers une fiction-cadre : imaginer quels pourraient être les récits, les connaissances, les contes et les fables du « monde d’avant » qu’en regard de ce « monde d’après », les survivants de l’apocalypse pourraient se raconter. Rassemblés autour du feu ou dans l’enceinte de ce « cercle magique » théorisé par Johan Huizinga, lequel permet de créer momentanément une parenthèse spatiotemporelle dans laquelle les règles de comportements sont différentes. Ces « jeux » que l’on dit à juste titre « de sociétés », et qui peuvent être une façon de reconstituer, transmettre et remettre en acte une mémoire, des savoirs, des pratiques, des valeurs et des histoires qui permettraient de réenvisager différemment le présent « à partir de l’avenir »…

 

La question du rapport entre les hommes et les animaux y est centrale, permettant de lier la question de l’écologie à l’usage narratif des symboliques animales dans les oeuvres aux programmes (tel que la figure du loup dans les contes, les fables, ou encore du renard dans Le Petit Prince, qui est l’oeuvre intégrale étudiée). Conformément à l’hétérogénéité textuelle qui caractérise l’esthétique littéraire d’Emmanuel Rabu, différents types de textes sont directement manipulés par les élèves, expérimentant ainsi leurs spécificités propres en imaginant comment ces derniers pourraient être agencés pour reconstituer une « encyclopédie post-apocalyptique » sous forme de poème visuel et sonore :

 

– Vaste jeu de l’Oie qui rassemblerait des savoirs disparates sur un monde animal disparu…

 

– Litanie de listes à fonction récapitulatives qui, à l’exemple de celles qui nous reste des civilisations également disparues, telles les listes lexicales sumériennes et mésopotamiennes, constituent souvent les premières formes littéraires répertoriées…

Réalisation : Emmanuel Rabu
Voix : les élèves de la classe de 6e de Chloé Denamur, du collège Pasteur de Villemomble

EMERSON (28 octobre 2013)

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

NATIXIS (10 août 2013)

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

WILSON (4 août 2015)

[Montreuil • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
 (collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif. 

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ? 

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique. 

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore. 

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199) 

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”. 

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45) 

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

[Bagnolet • France]
« Nous sommes des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir. Aujourd’hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d’une promesse d’embauche et, même souvent, du soutien d’un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent, car nous n’avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers ! Le Collectif Baras, mot qui signifie “travailleurs” en bambara, est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l’ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n’est pas une solution idéale, c’est une solution par défaut, pour répondre à l’urgence de la situation ! Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet – ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma. Nous avons essayé de trouver d’autres logements, en faisant des demandes officielles qui n’ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés. »
(collectif Baras)

 

En se basant sur l’histoire du collectif Baras, et après les avoir suivi lors de la manifestation du 13 février, dans un parcours où ces derniers se sont arrêtés, symboliquement, devant tous les endroits dont ils ont été expulsés, Frédéric Mathevet découpé les 20 minutes de sa pièce sonore en fonction du temps passé par les Baras dans les différents squats occupés.

 

« Les 1 077 120 minutes (de la naissance du collectif à la fête de soutient prévue le 18 mars 2016) ont été ainsi rabattues sur 20 minutes, et tous les événements importants de l’histoire des Baras, les différents procès, les expulsions musclées, mais aussi les fêtes de soutien et les manifestations, ont pu trouver une place et une durée (au pro-rata) dans chacune des 5 parties. Conséquemment, chaque partie porte les noms des lieux du squat et sa durée correspond au temps d’occupation du collectif jusqu’à son expulsion. Chaque événement sonore à l’intérieur de ces durées, chaque variation, correspond à un événement de la vie du collectif.

 

J’ai donc transformé la narration plus ou moins précise du collectif en surface d’inscription temporelle avec des moments de montage précis. Or, se posaient deux problèmes qui, me semble-t-il, sont complémentaires : où poser son micro quand on suit un tel événement, et comment penser les moments de rupture du montage ?

 

La réponse à ces deux questions se trouve dans la notion de hors-champs. Enfin de “hors-son” dans le cas d’une pièce sonore. Et le montage sonore n’est pas le montage cinématographique, de la même manière que l’écran du cinéma n’est pas l’espace de projection sonore “immersif” (c’est un mot à la mode qui témoigne à quel point les artistes sonores sont dans le déni des problématiques propres de leur discipline) qui spatialise, au minimum sur un dispositif stéréophonique.

 

C’est François Laplantine qui m’a aidé à résoudre ce double problème. Je découvre François Laplantine (De tout petits liens, Mille et une nuit), et constate que les liens métis qu’il décrit sont très proches de la bande dessinée et de sa gouttière (l’espace blanc entre les vignettes) qui hante mon travail plastique et sonore.

 

“Les petits liens métis […] ne se forment pas par simple contiguïté qui ferait simplement coexister ce qui est attenant ou adjacent. On ne parlera dans ce dernier cas que de ‘bon voisinage’. Un quartier dans lequel un groupe étranger peut laisser les uns parfaitement indifférents aux autres […]. Les liens qui nous intéressent ne sont pas des liens de juxtaposition ni même de superposition, c’est-à-dire de simultanéité, mais de successivité.” (p. 199)

 

Ces liens métis sont affaire de rythme et de formes en mouvement, ce sont des liens plastiques (plastikos) de jonction de flux. Des lieux de métamorphose qui forcent à une auscultation des “cadences des petites flexions”.

 

Où placer son micro pour saisir ce flux, pour l’attraper, le laisser filer et lui donner d’autres lignes de fuite ? “Entre le trop loin (l’indifférence) et le trop près (l’identification).” (p.45)

 

Ne pas réduire l’enregistrement au champ du micro (si on peut dire), ce qui reviendrait à faire un reportage sur cet événement précis (“La manifestation du 13 février 2016”) et qui aurait alors fonctionné comme un “cache”. C’est-à-dire, que l’événement aurait caché l’ensemble du hors-champ de cette manifestation : les questions réelles que nous devons nous poser quant aux vieilles notions de frontières et de territoires. Notamment quand ces mêmes notions n’existent plus quand il s’agit de commerce et main-d’œuvre bon marché : les questions relevant des enjeux géopolitiques unilatéraux qui nourrissent des conflits locaux et imposent des migrations. » (Frédéric Mathevet)

Réalisation : Frédéric Mathevet

Khiasma / Carte de visite sonore

[Les Lilas • France]
Khiasma ? Un lieu. Une association loi 1901. Une racine grecque. Une ancienne imprimerie. Ce qui se croise. Ce qui s’inverse. De l’inconnu inscrit dans le connu. Un point de vue qu’il faut toujours refonder pour arriver à voir quelque chose.

Réalisation : Violaine Lochu
Avec les voix de : Olivier Marboeuf (directeur), Simon Quéheillard (artiste), François Daireaux (artiste), Alice Rivières (personnage conceptuel), Sébastien Zaegel (coordinateur du pôle littérature), les extraits d’une performance d’Emmanuel Adely et de David Haddad et de la création sonore « Archipel » de Vincent Chevillon et de Marion Cros

Les usagers de la santé : pratiques d’auto-détermination

[Les Lilas • France]

Le Réseau sur l’entente de voix français (REV France) rassemble des personnes qui entendent des voix, ou qui se sentent concernées par ces phénomènes, et qui assument clairement le principe de prendre au sérieux ces expériences, en considérant que ces voix et ces présences sont réelles. Il organise notamment des groupes d’auto-support et des formations, à l’adresse des Entendeurs autant que de leurs proches et des soignants. Ce réseau, initié en France par Yann Derobert et Magali Molinié, vite rejoints par Vincent Demassiet, inspire beaucoup les réflexions et les travaux de Dingdingdong sur l’autodétermination des usagers, laquelle pose des problèmes spécifiques lorsqu’elle est abordée pour une maladie qualifiée de neurodégénérative telle que Huntington.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 15 décembre 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le lundi des Revues #1 – JEF KLAK

[Les Lilas • France]

Un lundi par mois, KHIASMA ouvrira son espace à ce qui s’écrit en collectif et se publie sous le nom de « revue ». Pour cette 1re édition, nous recevrons des membres de Jef Klak, qui est à la fois un collectif, une revue papier à pagination variable (+ un disque de création sonore), un site Internet et un journal mural. Son fil conducteur ? Les déclinaisons d’une comptine : Marabout, Bout d’ficelle, Selle de ch’val, Ch’val de course, etc. Chaque thème étant déplié selon les questions sociales et esthétiques qui s’y rapportent, le n°1, Marabout, a abordé la magie, les relations entre croire et pouvoir, tandis que le n°2, Bout d’ficelle, dont nous fêterons ensemble la sortie imminente (le 15 mai), explorera les tissus – urbain, organique, textile –, bref : différents nœuds sous toutes les coutures !

 

Avec Bruno Nassim Aboudrar (Comment le voile est devenu musulman, Flammarion, 2014), Rachel Viné-Krupa (Un Ruban autour d’une bombe. Une biographie textile de Frida Kahlo, NADA Edition, 2013), Frédéric Ciriez (Mélo, Verticales, 2013), et plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Jef Klak !

Avec Bruno Nassim Aboudrar, Rachel Viné-Krupa, Frédéric Ciriez, et plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Jef Klak !
Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 11 mai 2015.
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le lundi des Revues #2 – COYOTE

[Les Lilas • France]

Coyote est un assemblage,
un collectif,
une collaboration entre des êtres et des affects,
des zones d’affinités
– une alliance involutive.
Coyote est une zone d’expérimentation éditoriale sur papier, un espace de respiration critique, autonome, nourri par le cours du théâtre des négociations – la simulation d’une assemblée d’un genre nouveau et élargi où les états dialoguent avec les terriens non-humains.
Coyote 0 rassemble des documents, théoriques, visuels, poétiques. Pendant 6 jours, il s’est augmenté, tel une jungle, pour rendre compte d’un processus intensif de négociations politiques autour de la crise climatique, d’un élargissement des consciences, d’une forme de piraterie. Un zine qui est aussi pamphlet.
Coyote numéro zéro a été réalisé durant le théâtre des négociations fin mai 2015 à Nanterre-Amandiers

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 23 novembre 2015.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Ma Science-Fiction / Conférence d’Isabelle Stengers

[Les Lilas • France]

« La Science fiction comme exercice spéculatif : que sera notre monde dans quarante ans ? Voilà une question à ne pas poser aux spécialistes des sciences dites humaines, ce n’est pas de la science, diront-ils. Mais c’est une bonne question si elle porte sur les futurs dont le présent est porteur, ceux que le présent nous rend capables de fabuler aujourd’hui. Et si la littérature de science-fiction désignait (entre autres) ce que les sciences humaines s’interdisent, au nom du sérieux scientifique : envisager le présent à partir des possibles dont il est porteur ? Et si les écrivains de science-fiction faisaient exister, à chaque époque, les mondes auxquels nos imaginations peuvent donner consistance ? Ressusciter l’homme de Néandertal – un biotechnologue, George Church, a récemment soulevé cette hypothèse scandaleuse. Scandale ? Oui, sauf si l’opération prend sens dans un monde où la question “qui compose l’humanité ?” est devenue cruciale… »

La philosophe Isabelle Stengers se pose ici en lectrice passionnée de science-fiction, comme espace d’un autre monde radical, comme tentative de prise de nouvelles relations sociales.

Dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 3 novembre 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

« L’impénitent », entretien avec Olivier Marboeuf

[Les Lilas • France]
Décrire son outil de travail. Dans cet entretien, réalisé par Simon Quéheillard et Violaine Lochu au mois de juin 2015, Olivier Marboeuf revient sur l’histoire, les enjeux sociaux et politiques de L’Espace Khiasma, depuis sa création en 2004. Quelle réalité sociale recouvre le terme générique de « centre d’art » ? Comment entrer en révolution en se donnant pour outil le cadre institutionnel ? La posture de l’impénitent consiste à nommer le paradoxe d’un milieu social, comme vecteur d’une normalité, qui ne se reconnait pas lui-même. Elle exprime ici les possibilités comme les impasses de la production collective d’un savoir, que rejoue actuellement le retour de la notion « d’éducation populaire ». La mise en oeuvre d’une situation de pensée collective est ensuite abordée sous l’angle de la relation maître-élève, puis de la nécessité de la forme particulière que requiert la parole publique.

[Les Lilas • France]
Dialogue avec l’artiste Simon Quéheillard autour de son ouvrage en cours Une méthode de dispersion.
Distrait est celui qui voit tout. Mais ce tout est une dispersion. Cette dispersion a lieu dans les marges. L’expérience consiste à l’y maintenir en périphérie. Si, comme on le dit, une personne distraite se trouve « absorbée par autre chose », en nous détournant constamment, la distraction comme forme d’attention tend à recréer du vide. De cette manière le vide se construit et réapparaîtra toujours au centre de la perception. Si le vide est central, les marges sont mouvantes, aucun objet jamais ne se cristallise. Une vision à plusieurs contrepoints où toutes choses perçues simultanément coexistent. Se détourner pour maintenir la distance d’où les images ressurgiront.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 29 novembre 2014, dans le cadre de l’exposition sommeils de Ismaïl Bahri.

[Pierrefitte-sur-Seine • France]
« On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), je proposerai quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ? » (Georges Didi-Huberman)

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

Enregistré aux Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) le mardi 2 juin 2015

[Les Lilas • France]
Il s’agira de déployer à Khiasma l’enquête existentialo-scientifique qu’Alice Rivières mène depuis cinq ans : comment faire d’une tragédie annoncée (la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes) autre chose qu’une malédiction ? Alice Rivières raconte la genèse de son chantier d’écriture actuel, Mutando (« en mutant » en latin), un roman qui explore sa condition de mutante et, à travers elle, ses devenirs possibles.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 22 juin 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Rencontre avec Vincent Chevillon autour d’Archipels.org

[Lilas • France]

 

Archipels.org est un lieu de rencontre où se croisent des sources, des personnes, des images. Synthèse d’une réflexion autour des recherches menées notamment par Aby Warburg, Jean-Luc Godard, Augustin Berque ou encore Edouard Glissant sur des notions telles que la mémoire collective et individuelle, l’Histoire ou encore le territoire, la plateforme archipels.org présente, regroupe, organise et classe des documents de différentes natures sous forme d’Atlas.

 

Vincent Chevillon travaille depuis 2010 à partir d’imaginaires rapportés : récits, images photographiques, objets, vestiges, fragments biologiques, minéraux, culturels… À leurs croisements se construisent des formes et des histoires dont il propose des relectures, interprétations et mises en relation au travers d’atlas iconographiques hérités de la pratique de l’historien Aby Warburg.  Les époques et les lieux s’y télescopent, s’y accouplent, s’y nouent, s’y plissent. Une partie de sa recherche s’attèle à synthétiser ces croisements en des formes interprétables : objets et images à leur tour associés, combinés, scénographiés selon les espaces et les contextes qu’ils investissent.

[Les Lilas • France]
La conquête de l’Ouest américain ? « Une grande période de prédation contrariée, puisqu’elle aboutit à une démocratie », selon le philosophe Jean-Paul Curnier. Période, dont le western — « équivalant de ce que l’Iliade et l’Odyssée sont pour l’Antiquité » — porte la trace et forme le grand récit : celui de la naissance d’une nation (qui est par ailleurs le titre du premier long métrage de l’histoire du cinéma…).
En organisant donc, dans le cadre de sa résidence d’écriture, une projection de Pat Garett et Billy the kid à l’Espace Khiasma, Jean-Paul Curnier plaçait ce quatrième rendez-vous public sous le patronage de Bob Dylan, dont la musique habite le film de Sam Peckinpah, et de ces deux grandes figures au travers desquelles certaines contradictions historiques de la société américaine se sont incarnées.
Réalisé spécialement pour la r22 Tout-monde, ce programme radiophonique croise des échanges qui ont eu lieu avec la salle à l’issue de cette projection, avec les extraits d’une conversation entre Jean-Paul Curnier et Christophe Cognet — cinéaste également en résidence à Khiasma pour son projet Miserrimus. Il s’agissait d’explorer la charge mythique de ce duel à mort — entre Pat Garett, voyou devenu shérif, et Billy the kid, son ancien compagnon de route — où se joue les derniers soubresauts anarchisants d’une Amérique sans frontières, peu à peu gagnée par l’ordre et la propriété terrienne, et de montrer comment celle-ci traverse encore notre imaginaire politique…

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
sommeils, pièce radiophonique qui emprunte son nom à l’exposition d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, tisse entre elles des prises de paroles semées à la croisée des vents — ce courant d’air, qui soulève en ce moment même et jusqu’au 13 décembre les cloisons du centre d’art, rejouant l’espace devenu chambre noire, camera obscura, « espace du dedans […] chambre d’écho d’un dehors », et se jouant des perceptions sensorielles des spectateurs.
Construite autour d’un dispositif de captation très simple dans son principe : un rectangle de papier placé devant l’objectif et servant d’obturateur (membrane sensible et oscillante, actionnée par le vent et conditionnant le régime d’apparition/disparition des images), cette installation vidéo se caractérise par son recours aux voix. Des voix tunisiennes, issue d’un même « dehors » que cette lumière de Tunisie qu’exfiltre sporadiquement l’entrebâillement du papier. Les voix des passants, croisés lors du tournage, qui voient le mécanisme à l’œuvre, et participent de cette œuvre à leur insu. Qui, par leurs commentaires, mettent en lumière le fonctionnement du dispositif et certains de ses enjeux, devenant ainsi, auprès des spectateurs de l’exposition, les intercesseurs d’un hors champ.
sommeils recueille ce qui se dit à la marge de l’œuvre et devient catalyseur de récits. Un geste continué lors de tous les rendez-vous publics d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, dans la pénombre d’une exposition « habitée en paroles ». Voix des commissaires d’expositions Olivier Marboeuf et Guillaume Désanges, de l’artiste Simon Quéheillard écrivant une lettre (Les images veillent sur moi), voix d’Ismaïl Bahri lui-même, traduisant la parole des autres comme on raconte sa propre histoire — voix que rassemble cette création sonore réalisée tout spécialement pour la r22 Tout-monde !

Pour ceux qui voudraient en apprendre plus, un extrait de la correspondance qu’Ismaïl bahri entretient avec Olivier Marboeuf et où il est question de Sommeil, est consultable en cliquant sur « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Réalisé par Ismaïl Bahri et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre de l'exposition sommeils programmée du 9 octobre au 13 décembre 2014

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Episode 1: Devenir magicien. Rencontre avec Ioanis Nuguet, réalisateur de Spartacus et Cassandra.

[Lussas • France]
Malgré les efforts redoublés de Spartacus, l’équipe de foot qui affronte cet après-midi-là l’U.S Lussas demeure inconnue. Alors que les supporters sont tenus en haleine sur le banc de touche par le match en cours, Ioanis Nuguet évoque sa vision du cinéma et la fabrication de son film Spartacus et Cassandra, qui a fait l’ouverture des projections en plein air de la 26ème édition des États Généraux du Film Documentaire, en août dernier.

Synopsis du film :
Deux enfants roms sont recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa soeur de 13 et 10 ans, déchirés entre le nouveau destin qui s’offre à eux, et leurs parents vivant dans la rue.

Transcriptions :
English

Réalisé par Laure Franquès à l’occasion de la 26ème édition des États Généraux du Film Documentaire de Lussas (Ardèche), dans le cadre du projet Journal Sonore#1. Lussas sur écoute, production Khiasma.

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur ce site.

« Ghérasim Luca » – Intro

[Paris • France]
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom.
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
L’hôte peut désigner la personne qui est reçue ou celle qui reçoit, un double sens que Jean-Paul Curnier a décidé de mettre à profit dans le cadre de sa résidence à l’espace Khiasma. Pour cette soirée, il a donc invité Jacques Durand, écrivain taurin de renommé, à venir s’entretenir avec lui sur l’éthique et l’esthétique de la tauromachie, dont ce dernier exprima toutes les facettes dans les chroniques qu’il livra jusqu’en 2012 au journal Libération. Aussi, ce qui pourrait ressembler à première vue à une cambiada – passe destinée à détourner la charge du taureau – dans la réflexion de Jean-Paul Curnier se révèle comme le développement d’une intuition première. Sous les traits du torero défiant la mort avec panache, et sacrifiant parfois sa vie à son goût pour le risque et les actions d’éclat, Jean-Paul Curnier discerne en effet la figure voisine du pirate dont l’existence brève, joyeuse et violente, toute en dépenses et en excès, fut le creuset de formes d’organisations politiques basées sur l’autogestion, l’égalité, et le souci du bien commun. C’est donc par un biais inattendu que son exploration des liens entre démocratie et prédation se poursuit, empruntant l’épée du matador ou le sabre d’abordage comme autant de façon possible de philosopher à l’arc !

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La Fin du monde – Prendre corps / Ghérasim Luca

[Paris • France] 
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom. 
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Bamby Bassoum, Maria Antonietta Benedetti, Frédéric Dautais, Guillaume Mahé, Tayyebeh Tafrechy, Nidia Alba Ramirez, Léa Nguyen, Taha Baharam Brahim, Chen Zhijie, Delphine Verron, Li Thi Cam Van, Firouzeh Esmaeili Kosej, Thi Nga Galmiche

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Tout bien considéré fait suite à l’invitation du collectif PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines) pour deux soirées de réflexion consacrées aux questions soulevées par la destruction du bidonville de Ris-Orangis et par l’expulsion de ses occupants. Y étaient présents Sébastien Thiéry, fondateur et animateur du PEROU, des membres militants du PEROU, ainsi que des auteurs du livre collectif Considérant qu’il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir, paru en mars 2014 chez post-éditions.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La Fin du monde – Son corps léger / Ghérasim Luca

[Paris • France] 
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom. 
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Chen Zhijie, Li Thi Cam Van, Firouzeh Esmaeili Kosej, Ndoubme Gueye, Barikissou Le Gac, Niranjana Kanagaratnam, Thi Nga Galmiche, Maria Antonietta Benedetti, Tayyebeh Tafrechy, Nidia Alba Ramirez, Taha Baharam Brahim, Léa Nguyen

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Ainsi, le premier de ces rendez-vous mensuels a été consacré à l’exploration intérieure de la prédation, et de ce qu’elle implique comme forme de relation à la proie (et donc aux animaux) dans l’expérience qui lui est personnelle de la chasse à l’arc. Pièce radiophonique conçue à partir de matériaux collectés lors de cette soirée, Archéologos transpose et restitue cette étape de recherche sous une forme différente de celle — traditionnelle — de l’essai philosophique.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site