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Nuit Blanche : Farewell Over Tears

[Les Lilas • France]

 

Farewell Over Tears est une pièce ambiante de guitare joué par Marin Esteban, membre du groupe Rhodes Tennis Court Avenue.

 

Au cœur du festival RELECURES, la Nuit Blanche a pris la forme d’une occupation de 24 heures de l’Espace Khiasma du samedi 7 ou dimanche 8 octobre, de midi à midi, en compagnie du collectif π-node et de nombreux invités qui ont peuplé de performances, lectures, conversations et lives, un voyage sur les ondes radio hertziennes du proche au lointain.
 

Ce temps fort a accordé différentes propositions à l’Espace Khiasma, mais aussi dans ses alentours à partir de radio mobiles hertziennes conçues par π-node : des dérives psycho-géographiques locales, des conversations et des performances associant des questions post-coloniales, de genre, de formes de vie minoritaires et des propositions live attachées à la parole, la radio et la matérialité du son.

L'enregistrement et la diffusion (hertzienne et web) en direct furent réalisés par le collectif π-node, Radio BAL et la r22 Tout-monde. Captation réalisée à l'espace Khiasma durant la nuit du 7 au 8 octobre 2017. Enregistrement mixé par Esther Poryles.

Nuit blanche : The Diluted Hours

[Les Lilas • France]

 

«Avec The Diluted Hours, nous sommes plongés dans le cœur/corps sismique de l’intentionnalité des artistes : la mutation symbolico-esthétique d’une science-fiction fantastique qui se fait le démiurge du naufrage de notre temps. Annonce prophétique de la catastrophe qui loin de la morbidité irradie le spectre d’une imagination des possibles de nos luttes futures. Mais là où il y a danger croît aussi ce que sauve. La dissection de nos maux se fait le miroir d’un corps neuf dont nous nous devrons d’être les architectes insolents.» Philippe Boisnard

 

Depuis leur rencontre, en 2001, l’œuvre conjointe de Magali Daniaux et Cédric Pigot est marquée du double sceau de l’expérimentation et de la performance. Leurs pièces mêlent des médias divers et associent des registres opposés avec une prédilection pour les correspondances entre science-fiction et documentaire, ingénierie de pointe et contes fantastiques, matériaux lourds et sensations fugaces. Aux installations et objets, dessins et collages de leurs débuts se sont progressivement ajoutés des expérimentations et gestes artistiques plus immatériels. Vidéos, créations sonores, musique, poésie, recherches olfactives, œuvres virtuelles aux confins de l’art numérique ont formé un cycle d’oeuvres consacré aux étendues Arctiques et qui abordent des problématiques liées au changement climatique, les questions économiques, politiques et géostratégiques, le développement urbain et la gestion des ressources alimentaires. 

Leur travail a notamment été montré au Anchorage Museum en Alaka en 2016, au Musée du Jeu de Paume à Paris en 2014, à la Biennale d’Architecture de Venise en 2014, au Barents Spektakel en Norvège, en 2013, à l’opéra d’Oslo pour le festival Ultima en 2011, au Palais de Tokyo à Paris en 2011, à la Qui Vive International Biennial à Moscow en 2010.

 

http://daniauxpigot.com/

 

Au cœur du festival RELECURES, la Nuit Blanche a pris la forme d’une occupation de 24 heures de l’Espace Khiasma du samedi 7 ou dimanche 8 octobre, de midi à midi, en compagnie du collectif π-node et de nombreux invités qui ont peuplé de performances, lectures, conversations et lives, un voyage sur les ondes radio hertziennes du proche au lointain.
 

Ce temps fort a accordé différentes propositions à l’Espace Khiasma, mais aussi dans ses alentours à partir de radio mobiles hertziennes conçues par π-node : des dérives psycho-géographiques locales, des conversations et des performances associant des questions post-coloniales, de genre, de formes de vie minoritaires et des propositions live attachées à la parole, la radio et la matérialité du son.

La diffusion en direct (hertzienne et web) et l'enregistrement furent réalisés par le collectif π-node, Radio BAL et la r22 Tout-monde. Captation réalisée à l'espace Khiasma, la nuit du 7 au 8 octobre 2017. Enregistrement mixé par Esther Poryles.

Hodos #2 : À L’heure opale

[Strasbourg • France]

 

LE PROPHÈTE

 

L’enfant qui parlait au nom du soleil

allait par les rues du village mort,

les rats couraient vers ses pieds nus

lorsqu’il s’arrêtait au carrefours.

 

L’enfant appela d’une voix pleine de galères,

de voiles blanches et de poissons volants,

et les hommes changés en pierre

s’éveillèrent en grinçant.

 

C’était l’aube annoncée par les flèches

                                              [sifflantes

des joyeux archers du voisinage,

les hommes venaient, chacun portant sa nuit

comme on porte une ombrelle.

 

Ils s’accroupirent autour de l’enfant,

et leurs gros yeux rouges riaient,

et leurs larges bouches crachaient

du sable à travers les dents.

 

L’enfant qui parlait au nom du soleil

dit:  « N’écoutez plus le chant du coq stupide »,

et les hommes aux longues lèvres se tapaient

le derrière sur les pavés.

 

L’enfant dit: « Vous riez, vous riez,

mais lorsque vous vous éveillerez

avec du sang plein les oreilles,

alors, vous ne rirez plus. »

 

Sa tête tomba, écrasante et chaude

sur l’épaule d’une jeune femme ;

elle cru qu’il voulait l’embrasser

et se mit à rire d’effroi.

 

« Vous riez, vous riez, lui dit-il,

– et les vieux montraient leurs crocs jaunes –

votre rire n’est pas l’aumône

que réclame la Gueule céleste.

 

Il lui faut vos nourrissons,

vos nez fraîchement coupés,

il lui faut une moisson

d’orteils pour son souper.

 

Elle rit, elle rit, la grande Gueule,

elle brille, elle grésille,

vous riez, vous riez, épouvantables aîeule,

mais bientôt, grand mère, vos fils et vos filles ne

                                                          [riront plus.

Vous riez sous vos parasols de nuit,

ils vont craquer, ils vont craquer,

entendez rire la grande Gueule,

car bientôt vous ne rirez plus. »

 

René Daumal

Le Contre-Ciel, 1955

 

Tracklist :

Otomo Yoshihide – Cathode #2

Ellen Arkbro – For Organ and Brass

Tarab – Untitled

Luc Ferrari –  Presque Rien No. 2

(Ainsi Continue la Nuit dans ma

Tête Multiple)

Costin Miereanu – La Colline Bleue

Kara-Lis Coverdale – Grafts

_______ – Sea (field recording)

Marta Forsberg – Disquiet (Heart)

Jocy de Oliveira – Wave Song

Tarab – Untitled

Ryuichi Sakamoto – Kokubousoushou

Yves Tumor – Limerence

"Hodos" est une série de mix musicaux créée par Victor Donati pour Sept, antenne musicale, atlas sensible et non exhaustif des musiques expérimentales.
illustration : Melek Zertal

Ragnhild May & Kristoffer Raasted en live à Khiasma !

[Les Lilas • France]

 

Le 25 juin 2017, l’Espace Khiasma fêtait sa fin de saison au cours d’une grande journée conviviale, rythmée d’une série de lives musicaux.

 

Parmi ces lives, Ragnhild May, une artiste danoise donc la pratique oscille entre les arts visuels et la musique. Fabriquant ses propres instruments, elle proposa une performance réalisée à partir d’un orgue expérimental, accompagné au chant de Kristoffer Raasted, étudiant en échange aux Beaux-arts de Paris qui avait participé en avril au workshop EVOL à Khiasma.

 

Et pour revivre cette journée en images, rendez-vous sur le magazine de Khiasma : http://www.khiasma.net/magazine/cloture-de-saison-25-juin-2017/

Mixage: Esther Poryles
Photos : Matthieu Gauchet

D’ de Kabal – Live à Khiasma !

07.2017

Musique

Khiasma

12:02

 

[Les Lilas • France]

 

Le 25 juin 2017, l’Espace Khiasma fêtait sa fin de saison au cours d’une grande journée conviviale, rythmée d’une série de lives musicaux. En dernière partie de soirée, c’est D’ de Kabal – artiste aux multiples casquettes dont celles de rappeur, slameur et écrivain – qui, d’une puissante performance en solo, est venu refermer cet intense moment de cohésion.

La r22 est heureuse de publier quelques minutes de ce live où la voix, travaillée, samplée, remaniée, devient l’unique instrument d’une performance qui joue du dépouillement comme de la saturation. Une voix comme véhicule d’un engagement entier, celui du corps autant que celui des mots.

Et pour revivre cette journée en images, rendez-vous sur le magazine de Khiasma : http://www.khiasma.net/magazine/cloture-de-saison-25-juin-2017/

Mixage: Esther Poryles

Raw Live Recording #2: Le Verdouble

[Paris • France]

 

Le Verdouble est un duo de vielles à roue, composé d’Yvan Etienne et Yann Gourdon. Ensemble, ils explorent la résonance des corps, notamment architecturaux, et questionnent le temps de l’écoute et les états induis par ces paramètres*.

 

Cette captation a été réalisée à l’église Saint-Merri à Paris, en septembre 2016, au cours de la Nuit de Noces de la Nòvia, évènement organisé par le festival Crack et Sonic Protest**.

 

L’église, de par ses caractéristiques physiques, possède des propriétés résonantes importantes. Les roues tournent, les motifs se répètent, progressent et se perdent; l’espace résonne, les ondes fusent, se choquent et s’entremêlent ; l’air frémit.
 

https://www.la-novia.fr/le_verdouble.html
** http://www.sonicprotest.com/2016/24-septembre-2016/ 

«Raw Live Recording» est la série de captations brutes de performances, concerts et dj sets de l'antenne «Sept».
Prise de son: Victor Donati

[Paris • France]

 

Shamanic Exsude est le fruit d’un travail collaboratif commencé il y a trois ans, pour la première soirée «L’Autre musique».

 

Un scratcher manipule deux platines vinyles augmentées, instrument de musique et de dessin inventé par l’artiste Matthieu Crimersmois en 2007. En effet, c’est aussi un télécran (machine à dessiner) dont le dessin projeté entraîne un dialogue avec un percussionniste, Frédéric Mathevet, qui réceptionne une partie du dessin sur la peau de son instrument. Il interprète les traces (gratter, frotter, taper…), autant qu’il conditionne le dessin du scratcher et les sons qu’il produit. Une sorte de partition graphique apparaît. L’ensemble est manipulé, trituré, poussé jusqu’aux limites de la rupture par un travail en temps réel sur deux sampleurs par Célio Paillard.

Performance pour bodhràn, scratch et sampleur.
Live enregistré en décembre 2016 à l'occasion du festival « Le corps dessinant » organisé par l’institut ACTE (Unité de recherche de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et du CNRS) au Musée des Arts et Métiers (Paris).

Raw live recording #1 : Dedekind Cut

 

[Paris • France]

 

Dedekind cut, artiste new yorkais proche de « Non Worldwide », un collectif, un mouvement d’artistes africains et issus de la diaspora africaine*, aujourd’hui encore sous représentés et souvent invisibilisés dans les champs des musiques expérimentales, nous propose ici une performance singulière et hors normes. Articulant musiques expérimentales, extrêmes, dansantes, ambiantes, mainstream, underground, engagées, etc. dans un dj set libéré de toute notion de structure linéaire et des conventions techniques du mix, il navigue pendant plus de deux heures au sein d’un spectre sonore et émotionnel large et complexe.

 

*« A collective of African artists, and of the diaspora, using sound as their primary media, to articulate the visible and invisible structures that create binaries in society, and in turn distribute power. The exploration of ‘non, prior to the adjective, gives intel into the focus of the label, creating sound opposing contemporary canons »

https://nonafrica.bandcamp.com/music

Dj set enregistré au Petit Bain le 10 février 2017.
Un grand merci à Dedekind cut, au collectif I’ve seen the future, et à l’équipe du Petit Bain.
«Raw Live Recording» est la série de captations brutes de performances, concerts et dj sets de l'antenne Sept.

Once upon a time, Fukushima (Balade de l’invisible mix)

[Paris • France]

La partition de cette nouvelle version de «Once Upon A Time Fukushima» reprend la note d’intention du projet proposé à Dominique Balaÿ pour le projet collaboratif qu’il a développé : Meanwhile, In Fukushima

« Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venus habiter la sonorité /fukushima/. Pour nous, Occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. C’est cette sonorité-réceptacle où se sont déposés les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire. Fukushima est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégés à une catastrophe et à un cataclysme faisant de /fukushima/ le signe d’une apocalypse hypermoderne : Fukushima est un big crunch symbolique, une cosmogonie inversée. »

Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, vise à inverser la narratologie liée à /fukushima/. Elle reste fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agit ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnés. Il s’agit d’activer un moment symbolique pour rendre à fukushima ses forces positives et centrifuges ; d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères pour proposer une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion.

La partition est constituée d’un plateau sur lequel un relevé transparent de l’ensemble des centrales nucléaires japonaises se déplace et offre à l’instrumentiste des notes et des motifs à jouer. L’ensemble des manipulations de la carte est capté en temps réel et manipulé, ainsi que les sons produits par l’instrumentiste.

Les déplacements du calque sur le plateau, comme les différents moments de la construction sonore sont déterminés par le lancer de deux dés : l’un qui indique un chiffre compris entre un et six et qui permet un déplacement latéral ou une rotation précise de la carte, l’autre qui propose une suite d’opérations comme changer de calques, déplacer latéralement, rotation vers la gauche, rotation vers la droite, retourner le calque ou ne rien faire…

Au sol, une projection d’un respirant qui « incorpore » la définition de Fukushima et sur lequel l’instrumentiste se calque, tout en colorant sa respiration des phonèmes de /fukushima/. Pendant ce temps le manipulant fait disparaître un dessin méticuleusement choisi parmi des images de Kamishibaï , puis décalquées.

Deux soirées de concerts autour de Sophie Agnel

[Montreuil • France]

 

Sans présenter de manière exhaustive l’étendue de sa pratique, ces deux concerts se concentrent sur deux projets biens distincts de la pianiste montreuilloise.
L’un regroupe les deux anglais Steve Noble et John Edwards pour un moment de pure improvisation post free, pourrait-on dire et l’autre, développe un travail plus abstrait autour de l’espace sonore avec Bertrand Gauguet et Andrea Neumann. 

Sophie Agnel n’a pas son égal pour transcender le piano et utiliser toutes ses potentialités. Avec ses deux complices britanniques, John Edwards et Steve Noble, elle revient vers une forme traditionnelle du trio de jazz, terriblement groove et toujours virtuose. Quoique que le terme « classique » est un peu fort quand on connaît son approche moderne du piano, étendu ou préparé, c’est selon, mais toujours de façon étonnante, juste et inspirée. Ici, la combinaison piano-contrebasse-batterie n’obéit à aucune hiérarchie. Chaque instrument dirige, soutient, s’adapte, rééquilibre, s’ajuste au plus près…

http://www.efi.group.shef.ac.uk/musician/mnoble.html

http://www.efi.group.shef.ac.uk/musician/medwards.html

http://sophieagnel.free.fr/

 

Vespre est le projet solo de Romain Scrap, ex membre de Headwar et actuel de La Race et Piscine de Gravats. Pas de guitare saturée et encore moins de chant hurlé ici, Vespre prend la tangente du 100% acoustique. La musique se construit autour d’une série de métronomes désynchronisés, certains se heurtent, d’autres percutent des bols. L’instrumentarium comprend aussi une mini vielle et un harmonium avec lesquels Vespre crée une cadence organique et répétitive. Une musique décharnée et en totale autonomie.

http://vespre.bandcamp.com/

 

SEC_ est le nom d’artiste de Mimmo Napolitano (1985), jeune compositeur italien installé à Naples.

Sa recherche sonore se situe entre la musique concrète et le traitement numérique. Ses compositions s’élaborent à partir de sources sonores hétérogènes (synthétiseurs analogiques, échantillons, ondes radio..), sources traitées en direct par le biais de bandes et logiciels informatiques. 
Très actif, il est présent sur les nouvelles scènes de musiques expérimentales et a déjà collaboré avec entre autres, Jérôme Noetinger, Dave Phillips, Andy Guhl, Olivier Di Placido, Valerio Tricoli…
 

Enregistré aux Instants Chavirés les 17 et 18 février 2016.
Sophie Agnel, piano
Andrea Neumann, cadre de piano & électroniques
Bertrand Gauguet, saxophones alto et soprano
Steve Noble, batterie
John Edwards, contrebasse
Sec_
Vespre

Hodos #1 : Journey from the Death of a Friend

[Strasbourg • France]

« Dans les environs, il y avait un ruisseau d’eau claire. J’y bus, poussé par l’habitude. Quand je remontai sur la berge, un arbuste épineux me déchira le dos de la main. La douleur inaccoutumée me parut très vive. Incrédule, taciturne, heureux, je regardais se former une précieuse et lente goutte de sang. « Je suis redevenu mortel, me répétais-je, de nouveau je suis pareil aux autres hommes. » Cette nuit-là, je dormis jusqu’à l’aube »

Jorge Luis Borges,  L’Immortel, 1947

Tracklist :

FFH – Waterside

Phill Niblock – P K & S L S

Lileh Choir Of Dmanisi – ’Zari’ Ritual Lamentation

Wolfram – SE

Eliane Radigue – Kyema, Intermediate States

Kevin Drumm – Triangles

Henry Wolff & Nancy Hennings – Spacelights

あらべぇMy Room Has Two Doors

Osso Exotico – Lisbon cathedral organ 4 

Charlemagne Palestine – Schlongo!!!daLUVdrone

Tucker Martine – Brood X

Yvan Etienne – La lueur

"Hodos" est une série de mix musicaux créée par Victor Donati pour Sept, antenne musicale, atlas sensible et non exhaustif des musiques expérimentales.
illustration : Melek Zertal

Lise & Lisa – Lo becat

[Strasbourg • France]

 

On oublie souvent que la musique dite traditionnelle, comme toutes les musiques, a dans son ADN un caractère expérimental. Si d’aucuns veulent à tout prix la figer dans un folklore passé, nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui continuent de faire bourlinguer leurs héritages. Lise Barkas et Lisa Käuffert sont de celles qui n’ont pas fini de tisser les fréquences, les régions et les époques. Plongée dans un répertoire qui continue de s’écrire.

Musique – Lise Barkas et Lisa Käuffert
Son – Victor Donati et Augustin Soulard

Hello I Love You – Entretien avec Jules Colin Alias « Le Tigre »

01.2016

Musique

Vie

15:30

 

[Périgueux • France]

Jules Colin dit être né dans l’amour — d’abord dans celui de ses parents, qui d’un côté remplirent son biberon de blues New Orleans, de l’autre d’arts plastiques ; mais aussi « dans l’amour » à entendre « in love ». À Rennes, où il initie un réseau de bœuf en appartement qu’il nomme “Le Chant des Sang-Chaud », il se rebaptise « Le Tigre » : prédateur sensuel dont il possède la passion et parfois la prouesse. Inspiré par les USA du twist et des tourne-disques, il creuse un chant à coups de poing sur la poitrine, qu’il clame aux coins des rues comme aux comptoir des bars. Cet enregistrement a été fait de façon impromptue, chez lui, dans sa cuisine, le 28 Décembre 2015.

Voix & chansons, Jules Colin alias "Le Tigre"
Enregistré par Ross Heselton le 28/12/2015
Traitement du son, Augustin Soulard

The Word Shall Urge

10.2015

Musique

Vie

22:46

 

[Strasbourg • France]
Né en 1994, Ross Heselton est chanteur, guitariste, songwriter, traducteur et poète britannique/français. De par sa musique, il cherche à établir un carrefour entre contes, aventures, littératures, poésie, pensées et art. Dans ses chansons— contemplatives, méditatives, interrogatives, dévouées, passionnées et célébrâtes, il porte sa voix avec un jeu de guitare-avec-les-doigts qui emprunte autant des guitaristes flamencos d’Andalousie que des musiques répétitive et trance; autant du blues que des troubadours du Moyen-Orient ou encore de la musique expérimentale ou parfois purement pop. Il est acteur au sein du réseau VIE, et cofondateur de la micro-maison de disques Soleils Bleus.

The Word Shall Urge est réalisé par Ross Heselton, en collaboration avec Augustin Soulard (synthéthiseur modulaire) et Pierre Relaño Mascarade (synthéthiseur modulaire). Mots de Ross Heselton et Dylan Thomas. Ingénieur son, Augustin Soulard.

[Chicago • USA]
5 Person Bufet est un projet à phases multiples de Deniz Gul, se déclinant en trois parties: un scénario, une installation d’objets sculpturaux et son incarnation présente, une composition de musique performative. Organisée en trois actes et enregistrée lors de sa Première à Chicago, la composition musicale présente une constellation de thématiques: le désir, la sexualité, l’ambivalence politique, l’orgueil national et la recherche d’une identité culturelle. Le langage poétique de Gul se transforme ainsi en une expérience purement sonore.

5 Person Bufet est réalisé par Deniz Gul en collaboration avec les musiciens Katharine Young (basson), Audrey Chen (chant, violoncelle), Owen Davis (percussion), Carol Genetti (chant) et Frank Rosaly (percussion). Scénario et direction artistique par Deniz Gul. Direction musicale par Katharine Young. Ingénieur son, Stephen Ptacek.

Hors-champ, une après-midi ambivalente / Compositions-recompositions

[Paris • France]
Formé en 2014, le groupe de recherche égalité / hybridité / ambivalence, initié à l’Ecole supérieure d’art et de design de Toulon-Provence, s’attache à cartographier les généalogies possibles, les déplacements, les migrations et les liens théoriques entre, d’un côté, un principe d’égalité entendu comme principe éthique, politique et esthétique, et de l’autre les notions d’hybridité, d’ambivalence et de décentrage, aux héritages hétérogènes. Les ressources accumulées sont recomposées et partagées au moyen de Renkan, un outil de création de cartes heuristiques collaboratives.

Suite à ses échanges avec les participants du groupe de recherche, Maxime Guitton (programmateur, commissaire d’exposition) propose une séance d’écoute publique où se composent et recomposent, dans une circulation entre l’Amérique du nord et l’Inde (notamment), musiques militantes, populaires et savantes.

Transcriptions :
English

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 25 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Hors-champ, une après-midi ambivalente »
Mixage : Sébastien Zaegel

Sylvain Prudhomme & le Super Mama Djombo — Les Grands

[Stains • France] 
Les Grands
, le dernier roman de Sylvain PRUDHOMME se situe en Guinée-Bissau. On y suit la déambulation dans la capitale qui bruisse déjà du coup d’état qui se prépare, du guitariste d’un fameux groupe des années 70 -Super Mama Djombo- qui vient d’apprendre la mort de Dulce, chanteuse du groupe. Trente années de souvenirs défilent au gré de sa promenade au terme de laquelle il rejoint quelques anciens du groupe pour un concert, forcément unique, au Chiringuitó.
Le Super Mama Djombo est né dans les années 1960 en Guinée-Bissau, il est aujourd’hui une référence de la musique africaine, même si ses membres sont éparpillés entre l’Afrique et l’Europe, même si leur gloire n’est plus qu’un doux souvenir. Pour cette soirée, Sylvain Prudhomme lira des passages de son roman avec deux ‘grands’ à ses côtés : Malam Mané et Djon Motta.

Enregistré au Studio Théâtre de Stains le samedi 4 avril 2015, dans le cadre du festival Hors limites
Mixage : Sébastien Zaegel

[Paris • France] 
Dans le cadre d’une carte blanche offerte par la Maison de la Poésie à Paris, le festival Hors Limites invite Célia Houdart pour une lecture-récital de Gil, son dernier roman (P.O.L, 2015), avec le ténor François Rougier et la pianiste Marine Thoreau La Salle THOREAU qui interpréteront Bonne journée de Francis Poulenc sur un poème de Paul Eluard, La Nuit de Jules Massenet sur un poème de Victor Hugo et A Chloris de Reynaldo Hahn sur un poème de Théophile de Viau.

 

Gil est un jeune pianiste qui s’ouvre au monde en découvrant son talent pour le chant lyrique. Dans ce roman d’apprentissage, Célia Houdart suit le parcours du chanteur de l’adolescence à la gloire. Le livre fait ressentir de l’intérieur le souffle, les positions du corps, parfois jusqu’à la douleur.

 

Enregistré à la Maison de la Poésie de Paris le lundi 30 mars 2015, dans le cadre du festival Hors limites
Mixage : Sébastien Zaegel

Once upon a time Fukushima, partition suspendue pour aérophone

[Pantin • France] 
Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venues habiter la sonorité fukushima. Pour nous occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. Elle est cette sonorité-réceptacle où se sont déposées les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire.Fukushima est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégées à une catastrophe et à un cataclysme faisant de fukushima le signe d’une apocalypse hypermoderne : Fukushima est un Big Crunch symbolique, une cosmogonie inversée. 

Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, se propose d’inverser la narratologie liée à fukushima. Elle restera fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agira ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnées. Il s’agira d’activer un moment symbolique qui rendra à fukushima ses forces positives et centrifuges, d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères qui proposera une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion. 

Informations complémentaires

Participation au projet sonore et collaboratif de Dominique Balaÿ, Meanwhile in Fukushima.

Rien à perdre, rien à gagner : la liberté et l’errance

[Les Lilas • France]
Cette année, le festival Hors limites a été le lieu d’une « halte » pour le cheminement de pensée du philosophe Jean-Paul Curnier : l’un de ces rendez-vous avec le public ponctuant sa résidence à l’Espace Khiasma — agora ou « grand feu » autour desquels faire cercle pour délibérer – qui ont été au cœur même de son processus de réflexion. Mieux : ils s’en sont fait pour partie l’objet, et ont participé de ses objectifs.
Au carrefour de l’anthropologie, de la fiction et de la philosophie politique, l’auteur de Philosopher à l’arc a souligné en effet les liens entre fonctionnement démocratique et comportements prédateurs. Mais il s’agissait également pour lui d’imaginer de nouveaux modes d’expression et de circulation publique des idées, qui restitueraient leur caractère nomade. Telle cette lecture/performance avec le musicien Fantazio : « pratique musicale de la pensée » où deux voix se sont répondues comme deux voies se croisant à flanc de colline, à la recherche de la manière la plus noble de perdre son temps et de pratiquer la fuite vers l’avant. 

Enregistré à l’Espace Khiasma le mardi 1er avril 2014, dans le cadre du festival Hors limites organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

In-formed music [extrait]

[Pantin • France]
In-formed Music est une composition pour être joué avec journaux de toutes provenances, de tous genres et de toutes dates. La pièce est composée pour trois groupes de joueurs de journaux. Le nombre de joueurs doit être le même dans tous les groupes, à partir de quatre joueurs par groupes. La performance nécessite au moins 12 joueurs. Le nombre de joueurs peut être augmenté. Mais toujours avec 3 comme plus petit commun multiple (par exemple 15, 18, 21, 24, 27, 30, etc.). En prenant ceci en considération, il n’y a pas de nombre maximum joueurs.

La chanson de bûcherons

[Pantin • France]
1. Comment décririez-vous cette forme d’écriture sonore et / ou de musique ?
Pré-conscient / anti-cérébral.
2. Comment pensez-vous que votre proposition peut être interprétée ?
D’une manière analogue à l’écriture automatique.
3. Quelles significations ou niveau supplémentaire fournit cette forme particulière de l’écriture à la performance et / ou à l’interprétation de l’œuvre?
La subversion des gestes pré-conditionnés de la performance et de l’improvisation.

Glitch in Variable and Determinate States

[Pantin • France]
« Enregistrement MIDI de l’interface clavier, tandis que sept notes sont jouées de façon linéaire ou en masses sur des périodes chronométrées. Ces données d’enregistrement ont ensuite été imprimées sur 102 pages qui ont été entrées dans l’ordinateur de commutation vidéo, et la télévision a joué visuellement les sept notes. Les 102 pages ont ensuite été réinterprétées comme un volume de texte et de dessin. Le texte est de trois phrases : « je suis dans l’amour », « la maison est un tangible », « le sublime n’est pas un faussaire », avec des pages de dessin qui les sépare. Les données MIDI ont été enfin utilisées pour contrôler la lecture des échantillons enregistrés du tube cathodique de la télévision en tension et hors tension. » Rebekkah Palov

[Paris • France]
Avec la complicité des musiciens Yves Robert et Fantazio, le philosophe Jean-Paul Curnier a transformé la médiathèque Marguerite Duras en agora, bateau pirate, arène, cercle de pow-wow. En scène primitive où il a été question des rapports entre prédation et démocratie. Sa résidence à l’Espace Khiasma nous invitait à philosopher de concert avec lui : elle est devenue, pour RELECTURES, un véritable « concert de philosophie » !

Ainsi, juste avant de se concrétiser sous la forme d’un livre, sa réflexion s’est offert, après bien des détours, un autre tour de scène. Le public qui l’accompagna tout au long de l’année se souviendra qu’il y fut question de chasse à l’arc, de destruction de bidonville, de piraterie et de corrida, de Pat Garret et de Billy le Kid. Or, cette façon de concevoir l’exercice de la pensée est au cœur de son projet : non pas comme une démonstration, mais comme un récit d’aventures, un cheminement dans l’espace commun des discussions publiques. Au carrefour de l’anthropologie, de la fiction et de la philosophie politique, Jean-Paul Curnier entreprit donc d’élucider la façon dont les démocraties pouvaient contenir, en germe, ce à quoi l’on considérerait spontanément qu’elles s’opposent. La pratique la plus barbare qui soit, la plus honnie moralement, la moins défendable socialement : la prédation. Relisant les philosophes et reconsidérant l’héritage grec et nord-américain à l’aune de cette intuition, de la conquête de l’ouest à la République de Salé, il développa, au fil des rencontres, l’idée d’une « scène originelle » d’appropriation du territoire et des richesses, que les considérations morales sur le principe d’égalité tendraient à escamoter. Yves Robert et Fantazio ont rejoué cette scène sur scène avec lui, et l’hypothèse freudienne de la « horde primitive » s’est découvert de curieuses affinités avec La Horde sauvage de Sam Peckinpah…

 

soirée de clôture de la résidence de Jean-Paul Curnier à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à la médiathèque Marguerite Duras le mardi 30 septembre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le sitemédiathèque Marguerite Duras

[Pantin • France]
Au rythme de… Les Mercuriales est la tentative de faire perdurer un moment. Celui où la répétition de quelques néons allumés, probablement par les agents de services de l’entreprise, rythmait les deux façades obscures des Mercuriales, conférant un aspect singulier à ces deux tours imposantes, marquant le paysage du 20e arrondissement de Paris. Ce moment a donné lieu à la réécriture graphique des néons, afin d’être translittéré ensuite en musique. L’interprétation proposée ici est celle du groupe MMMRL BBQ. Partition de Frédéric Mathevet, interprétation de MMMRL BBQ (Denis Bernardi, guitare basse, Frédéric Mathevet, synthétiseur, Célio Paillard, percussions).

Fluctuatio (in)animi – œuvre musicale pour flûte, violon, alto, violoncelle, contrebasse et électronique et Kinem(a) – dessin

[Pantin • France]
« Je suis fascinée par tous les sons mécaniques, industriels, par la richesse de leur sonorité, leur qualité cinétique irrépressible et leur fonctionnement autonome, imperturbable. Les deux types d’écriture que j’utilise pour mes créations (musicale et graphique) sont étroitement connectés, mais ils ne sont pas systématiquement associés pour une œuvre donnée. Ils se réfèrent plutôt à la pensée artistique qui sous-tend chacune de mes créations. Le schéma ou le dessin n’est pas destiné à produire du bruit. La musique n’est pas destinée à évoquer une production visuelle. Mais c’est un même réseau de connexions nombreuses et très imbriquées qui infiltre les deux médiums artistiques et qui est à la source des processus sonores et visuels que j’imagine. C’est mon intérêt pour les rouages, les assemblages d’unités extrêmement minimales qui est à l’origine de la recherche de mécaniques visuelles, d’un côté, et de ces mécanismes sonores “hybrides”, entre le mécanique et l’organique (ou presque animal) d’un autre côté. C’est ce que je nomme une “nanomusique” (et des “nanographiques”), c’est-à-dire l’articulation d’éléments infimes qui produit une globalité très complexe, dense et évolutive. Les deux créations proposées ici (une œuvre musicale, “Fluctuatio (in)animi”, et une œuvre graphique, “Kinêma”) sont représentatives de cette parenté structurale entre mes créations musicales et graphiques.»

-> Clara Maïda pour l’enquête de L’Autre musique

Enregistrement du concert de création à l’Akademie der Künste de Berlin le 25 novembre 2006. KAMMERENSEMBLE NEUE MUSIK BERLIN. Honorary Mention au PRIX ARS ELECTRONICA 2007. Publié sur le CD monographique in corpore vili (DAAD et Edition RZ, Berlin, 2010. Distribution française : label Metamkine)