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Entretien avec Abdellah Karroum, fondateur de l’Appartement 22

[Paris • France]

 

À l’occasion des 10 ans de la Radio Appartement 22, Abdellah Karroum, fondateur du centre d’art éponyme à Rabat et directeur du Mathaf (Arab Museum of Modern Art) à Douah, revient sur les pas des ses premiers projets jusqu’à la mise en place de la R22 Tout-monde. 

 

De complices en complices, un voyage à travers les frontières de ces deux dernières décennies. Un entretien où l’on pourra sentir la puissances des conjonctures, où l’on se demandera ce que peut bien vouloir dire d’accompagner des artistes à des endroits et pas à d’autres, ce qu’apporte la nécessité d’initier des projets à partir de la base. 

 

Une voix pour saisir au vol des histoires qui irriguent la r22 Tout-monde. Cette genèse prend à contrepied l’idée reçue qui voudrait que la circulation des modèles de développement se fasse systématiquement du Nord vers le Sud. 

Entretien, enregistrement, mixage : Simon Marini

Usages thérapeutiques du jeu vidéo : entretien avec Michael Stora

 

Pour cette nouvelle émission Des lendemains hybrides sur la r22 Tout-monde, voici une interview de Michael Stora, psychologue spécialiste des mondes numériques.
 
Déroulé :
00’15 – Michael Stora, l’observatoire des mondes numériques et le détournement thérapeutique des jeux vidéos.
05’20 – Qu’est-ce qu’un serious game ? De l’approche comportementaliste au travail relationnel.
08’18 – Pathologies et thérapeutiques, entre typologies et non déterminisme
11’50 – Du game ! Du play ! Et de la résistance !
13’38 – Implicit game ? Empathic game ? De la question psychologique à la question sociale et politique.
16’50 – Et la réalité virtuelle ! Modification des états de conscience(s).
20’30 – La narration dans les jeux vidéos : comparaison, points communs et distinctions avec la littérature et le cinéma. Jeux indépendants.
24’20 – Mutations des gamers et des games.
26’27 – Mais c’est quoi l’empathie pour un psychologue ?
31’29 – Parfois un jeu qui va changer quelque chose dans notre rapport au monde. Quant à notre rapport à l’idée de gagner ou de perdre, qu’en est-il ?

 

Et pour en savoir et en voir plus, il y a les deux épisodes du webdocumentaire Des lendemains hybrides. Ici (https://vimeo.com/141142338) et là (https://vimeo.com/148564235).

Interview réalisée par Laurent Bonnotte en mai 2017.

«La Peau Vive» : Entretien avec Frédéric Nauczyciel

[Saint-Denis • France]

 

Dans l’espace de l’exposition La Peau vive de Frédéric Nauczyciel, présentée dans la chapelle du Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis dans le cadre du programme Chapelle Vidéo, Olivier Marboeuf s’entretient longuement avec l’artiste sur ce projet, aboutissement de plusieurs années de travail à Baltimore et en Seine-Saint-Denis et de collaborations avec les communautés noire et transgenre de ces deux territoires et des artistes engagés dans les pratiques performatives. Un projet qui redéploie les thèmes et formes du travail de Frédéric Nauczyciel, alors qu’il propose à ses complices de filmer eux-mêmes leurs tatouages, leurs scarifications, leur peau, et ce faisant, d’échantillonner une partie de leur histoire.

 

 

FRÉDÉRIC NAUCZYCIEL // LA PEAU VIVE // DU 23.03.2017 AU 29.05.2017

 

La peau est ce qui nous sépare et nous protège de la ville. Sa plasticité – sa fermeté et sa souplesse – évoque une manière d’être dans la ville, un état toujours changeant, fluide, jamais figé. En réponse à l’invitation de Chapelle Vidéo, programme d’art vidéo du Département de Seine-Saint-Denis, Frédéric Nauczyciel investit la chapelle du musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis et présente La Peau vive, une installation qui invite des performers et le public à s’emparer de l’espace muséal, qui mixe chorégraphies, récits de vie, mises en abime de l’image de soi. Disséminés dans la chapelle de l’ancien carmel, huit et un écrans -le neuvième, central, de 6 m de large – composent un rythme propre, construisant un musée intime éphémère où l’histoire de corps affleure à même la peau comme les êtres affleurent à la surface de la ville.

 

Frédéric Nauczyciel est un artiste visuel français qui travaille entre la France et les Etats-Unis. Nourri par la danse et le cinéma, il réalise des photographies, des films et des installations. Il fait appel à l’expérience de la performance pour produire des « images vivantes ». Son œuvre aborde l’expérience physique de la ville, la traversée du centre à la périphérie, les variations entre le masculin et le féminin, ou encore l’image de soi et de l’autre. Il transpose dans le lieu de l’art des langues performatives, telles que portées par le Voguing* les Marching Band ou la langue des signes. Ce faisant, il réinvestit les clivages entre culture savante et culture populaire, il souligne la sophistication des expressions urbaines, révèle leur portée politique. Ses productions sont présentées en France (Mac/Val Vitry, Musée de la Chasse à Paris, Rencontres Internationales de Photographie d’Arles, aux Rencontres Internationales Paris / Berlin, Centre Pompidou Paris) et aux Etats-Unis (FotoFest Intenational Houston, Julie Menerret Contemporary New York). Il figure dans la collection du Fonds National d’Art Contemporain (Public # Ceux qui nous regardent, Le temps devant et The Fire Flies, Baltimore) et dans la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis (A Baroque Ball). En 2017, il est accompagné par l’Espace Khiasma et est artiste associé à la Cité Internationale des Arts à Paris.

Que reste-t-il lorsque l’on n’a que soi-même à offrir, son corps dans la ville, alors que c’est cette ville qui l’a façonné ? La peau devient ce qui nous en sépare et nous en protège, tout autant qu’elle nous y abandonne. Sa plasticité – sa fermeté comme sa souplesse – fait écho à une fluidité urbaine. Elle évoque un état toujours changeant, jamais figé, nécessaire pour habiter la ville. La Peau vive présente un ensemble de films réalisés par Frédéric Nauczyciel entre 2012 et 2016, lors de plusieurs voyages à Baltimore, dans l’état du Maryland aux Etats-Unis, et d’une résidence de deux années en Seine-Saint-Denis. L’installation relie ainsi les ghettos noirs d’une des villes nord-américaines les plus ségrégées à la périphérie parisienne à travers les membres des communautés transgenres noires des deux territoires -avec lesquels il collabore depuis plusieurs années- ainsi que des artistes, tels le slameur D’ de Kabal, ou encore le performeur Jean-Luc Verna. En les amenant à filmer eux-mêmes leurs tatouages, leurs scarifications, leur peau, face à la caméra, Frédéric Nauczyciel, tel un répétiteur, les invite à sampler une partie de leur histoire. A travers leur gestuelle, le choix du parcours de leur corps devant la caméra, du cadre ou de la mise au point, ils racontent leur manière d’être à la ville, d’(y) apparaître – c’est à dire leur manière de réinventer sa géographie, de faire de la périphérie le centre. Ces corps en mouvement donnent à voir les variations possibles du masculin au féminin. Ils traduisent une forme d’urbanité où ce qui est populaire contient une élégance et où le ghetto offre un horizon et une flamboyance.

Disséminés dans la chapelle, huit et un neuvième écran – central, de 6 m de large, opérant un ré-échantillonnage de l’ensemble – donnent corps aux corps, aux peaux vives, aux tatouages. Par un traitement ralenti, l’image se meut et déjoue les perceptions, le film devient trompe l’œil baroque – et évoque le perpétuel inachèvement de nos perceptions, de nous-mêmes ou des autres. Chacun des films porte en lui la promesse d’un solo, qui peut être dansé par un autre. Durant l’exposition, des performeurs viendront mettre en mouvement l’installation vidéo par leur présence vive, en ré-interprétant des bribes de film par la danse ou en réalisant en public des séances de filmage en direct. Ce faisant, l’installation propose de construire un espace au sein duquel les visiteurs font l’expérience du corps de l’autre ; un espace qui laisse les corps en transformation libres de toute assignation. L’installation s’ouvre sur Casper Ebony, à Baltimore, qui se filme. L’attention du performeur face à la caméra et à son image transcende tout narcissisme : du regard nait le mouvement. Ailleurs, Kory Blacksjuan Revlon, en filmant les tatouages qu’il a sous les yeux, tourne son regard vers nous. C’est aussi à cette expérience du regard que La Peau vive nous invite. 

 

Exposition organisée par le département de la Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Denis avec le soutien du Dicréam (CNC) et du Centquatre, Paris. La Peau Vive a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, qui lui a apporté son soutien.

 

Avec Baltimore Lisa Revlon, Legendary Father, David Revlon, Dale Blackheart, Kory Blacksjuan Revlon, Sin Toyer, Casper Ebony, Darryl Loudboi, Ismâïl Ibn Conner, James Conley III, Cameron Lavone Deshelids, Justin Mcclary Paris Honeysha Khan, Ari de B, Lionel Abenaqui, D’ de Kabal, Jean-Luc Verna, Benoit Oget, Musique et voix Abdu ali Phoebe Jean D’de Kabal House of HMU, performeurs Vinii Revlon, Diva Ivy Balenciaga, Dale Blackheart, Honeysha Khan, Ari de B, Julie Burton, assistante Équipe technique Eponine Momanceau et Daniela Mileykovsky, cheffes opérateur, Fanny Weinzaepflen, mixeuse son, Xavier Sirven, monteur, Jean Coudsi, étalonneur, Alan Purene, régisseur installation vidéo Programmation Nathalie Lafforgue, Marion Debillon, Julien Trésor Presse Valentine Umansky

Enregistrement réalisé dans l'exposition «La Peau Vive» au Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.
Prise de son et montage : Adrien Tripon.
L'entretien est traversé de quelques extraits sonores issus des vidéos qui composent l'installation de Frédéric Nauczyciel

Entretien avec Sébastien Zaegel : festival Hors limites 2017

[Seine-Saint-Denis • France]

Porté par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, le festival Hors limites est devenu un temps fort de la vie culturelle du département portant un même objectif : mettre en lumière durant quinze jours le travail de promotion de la littérature contemporaine effectué au quotidien par les bibliothèques et les médiathèques, mais aussi les cinémas, les librairies, les universités du territoire… dont bon nombre sont partenaires.

Entièrement gratuit et ouvert à tous les profils de lecteurs, Hors limites comprend plus d’une centaine d’auteurs et artistes invités, et pas moins de cent événements programmés. Présence renouvelée pour certains invités, inédite pour d’autres, ils sont nombreux à venir partager, sous des formes diverses un temps de rencontre, avec le public du département et au-delà.

www.facebook.com/festivalhorslimites

Enregistré à Khiasma le vendredi 10 mars 2017
entretien : Olivier Marboeuf et Sébastien Zaegel
mix : Esther Poryles

Entretien avec Djamel Kerkar : Atlal

[Les Lilas • France]

 

Lors de cette conversation, le cinéaste Djamel Kerkar parcourt son premier long-métrage, Atlal, présenté en première parisienne lors de la séance Phantom du 23 février 2017 au MK2 Beaubourg. Dans une écriture épurée qui laisse la place au récit silencieux des ruines, le film revient sur la décennie noire, terrible guerre civile qui a déchiré l’Algérie des années 1990. En s’installant à Ouled Allal, bourgade qui fut le théâtre à l’automne 1997 d’une opération militaire de sinistre mémoire qui l’a alors éradiquée, Kerkar traverse les strates de l’histoire de son pays, de la guerre de libération aux violences islamistes, en quête d’un futur pour une jeunesse au voyage immobile.

 

Djamel Kerkar est né à Alger (Algérie). Il a passé une partie de son enfance à Tunis, et a travaillé a Alger comme animateur et programmateur de cinéclub (Cinéclub chrysalide). Il est diplômé comme réalisateur de l’école des arts visuels de Marrakech (Maroc). Il réalise son premier court métrage documentaire en 2012 : Archipel ; puis Earth Is Full Of Ghosts (2014) une fiction librement inspiré de la pièce de théâtre d’Albert Camus, Le Malentendu.

 

Enregistré à Khiasma le 21 février 2017
entretien : Olivier Marboeuf
mix : Esther Poryles

Entretien avec Barbara Manzetti : Rester. Étranger.

[Les Lilas • France]

 

En résidence à La Ménagerie de Verre en 2017, Barbara Manzetti développe un travail d’écriture en collectif avec Tanguy Nédelec et Barbara Coffy. Danseuse et chorégraphe de formation, Manzetti s’attache à figurer le mouvement d’un corps sans présence, que l’écriture soit un chemin, un parcours ou sa trace, un récit d’un trajet, d’une arrivée, d’une entrée dans la langue, le français, « on fait cours de français ». Une rencontre sans visage, des voix sans corps. Apprendre pour rester, réapprendre, « jardiner », toujours étranger.

 

« Quelque chose se passe en hiver je l’espère. Cet hiver-ci dans lequel nous entrons à force d’abstinence. La focale est ouverte et le lumière est entrée. L’obscurité aussi a eu sa place. Une alternance des deux est toujours souhaitable pour alimenter les contrastes. Aussi tu ne peux pas te rendre compte de la nature miraculeuse de ta présence. Ici même ta voix maintenant. Pour te dire comment la matière dépasse le sens qu’on voulait lui donner. Ce dépassement qui se produit lorsque tu rentres. J’appellerais cela danser. »

 

http://rester-etranger.fr/

Enregistré à Khiasma le 10 février 2017
Entretien entre Barbara Manzetti et Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

Entretien avec Julien Creuzet : Ricochets, les galets que nous sommes finiront par couler […]

Autour de la performance Ciel Ara – créée à Khiasma en octobre 2016 dans le cadre du festival Relectures 17 et re-présentée en version longue (Ricochets, les galets que nous sommes finiront par couler […]) – le 3 février 2017 au Centre Pompidou, Olivier Marboeuf et Julien Creuzet s’entretiennent sur la manière de ce dernier d’envisager la performance où s’entrecroisent, s’entremêlent ou encore se superposent voix et récit, musique et chant, images et écrans. Des mythes et imaginaires Creuzet écrit des histoires, convoquent d’autres écrivains, d’autres voix pour écrire ensemble les étapes d’une relecture mythologique caraïbéenne. 

Une démarche plastique qui s’articule par ailleurs autour d’une pratique de la musique. Ainsi se pose la question du devenir de la chanson, de sa capacité de transmission et de ses possibilités d’invention sonore lorsqu’elle s’affranchie pour ouvrir à la poésie contemporaine.

Enregistré à Khiasma le 1er février 2017
Entretien : Julien Creuzet et Olivier Marboeuf
Musique : Julien Creuzet
Mixage : Esther Poryles

Entretien avec Ana Vaz : Há Terra !

11.2016

Entretien

Khiasma

29:52

 

[Les Lilas • France]

 

« Há terra ! est une rencontre, une chasse, un conte diachronique du regard et du devenir. Comme dans un jeu, comme dans une coursepoursuite, le film oscille entre personnage et terre, terre et personnage, prédateur et proie. » Ainsi Ana Vaz décrit-elle son poème cinématographique en 16 mm. Des mouvements de caméra filants semblent traquer une jeune fille métisse dans les hautes herbes. La voix off au présent s’agglomère au passé dans la myopie de la longue focale. La boucle sonore récurrente d’un homme criant « Terre ! Terre ! » convoque le lointain souvenir de la conquête coloniale. Mais la beauté du collage tient à l’impossibilité pour le spectateur de laisser « passer » ce passé : bientôt le témoignage actuel porte sur un maire qui s’est approprié par la menace les terres des indigènes. La jeune fille traquée en vient à personnifier un territoire. Nous sommes dans le sertão brésilien, où l’exclamation « há terra! » (littéralement : « il y a (de) la terre ») peut aussi s’entendre comme l’affirmation que les sans-terre, non-possédants organisés en Mouvement depuis une quarantaine d’années, n’ont pas lieu d’en être privés. Énigmatique et fiévreux, le film vibre aussi en images et en son du Manifeste anthropophage d’Oswald de Andrade (1928), autre inspiration d’Ana Vaz : « Anthropophagie. Absorption de l’ennemi sacré pour le transformer en totem. L’humaine aventure. La finalité terrienne ». (Charlotte Garson)

 

 

Née en 1986 à Brasilia, Ana Vaz est une artiste et cinéaste dont les films et le travail spéculent sur les relations entre le soi et l’autre, le mythe et l’histoire au travers d’une cosmologie de signes, références et perspectives. Des assemblages de matériau filmé et trouvé, ses films combinent ethnographie et spéculation dans l’exploration des frictions et fictions inscrites dans les environnements naturels comme bâtis. Diplômée du Royal Melbourne Institute of Technology et du Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains, Ana Vaz fut également membre de SPEAP (SciencesPo School of Political Arts), un projet conçu et mené par Bruno Latour. Son travail est régulièrement projeté partout dans le monde : New York Film Festival, TIFF Wavelengths, CPH:DOX, Videobrasil, Courtisane, Cinéma du Réel, Lux Salon. En 2015, elle reçoit le Kazuko Trust Award présenté par la Film Society du Lincoln Center en reconnaissance de l’excellence artistique et de l’innovation de son travail filmique.

Enregistré à l'Espace Khiasma.
Entretien : Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

Entretien avec Chloé Maillet et Louise Hervé

[Strasbourg • France]

 

En compagnie de Nicolas Fourgeaud, Chloé Maillet et Louise Hervé reviennent sur leur travail d’artistes-conférencières-historiennes-performeuses-chercheuses où les mondes et les histoires sont remis en circulation. Au travers d’une parole fleuve se catalyse un récit collectif accueillant les pensées saint-simoniennes, la mort de pythagore, le travail de groupe, le cinéma de genre, Fourrier et Palissy. Le champs de la recherche n’est pas ici séparé d’un registre sensible où vient se lover un doux humour. 

 

 

Transcriptions :
العربية

L'entretien s'est déroulé pendant le festival Avant-Première à la Haute École des Arts du Rhin. Le réseau VIE a bénéficié d'une carte blanche pour occuper un auditorium durant trois jours. S'y sont performés; théâtres, projections, discussions, concert et expériences collectives.

« L’impénitent », entretien avec Olivier Marboeuf

[Les Lilas • France]
Décrire son outil de travail. Dans cet entretien, réalisé par Simon Quéheillard et Violaine Lochu au mois de juin 2015, Olivier Marboeuf revient sur l’histoire, les enjeux sociaux et politiques de L’Espace Khiasma, depuis sa création en 2004. Quelle réalité sociale recouvre le terme générique de « centre d’art » ? Comment entrer en révolution en se donnant pour outil le cadre institutionnel ? La posture de l’impénitent consiste à nommer le paradoxe d’un milieu social, comme vecteur d’une normalité, qui ne se reconnait pas lui-même. Elle exprime ici les possibilités comme les impasses de la production collective d’un savoir, que rejoue actuellement le retour de la notion « d’éducation populaire ». La mise en oeuvre d’une situation de pensée collective est ensuite abordée sous l’angle de la relation maître-élève, puis de la nécessité de la forme particulière que requiert la parole publique.

Réalisé par Simon Quéheillard et Violaine Lochu

Mind Moves Matter – Mohamed Larbi Rahhali / entretien avec Natasha Ginwala

[Rabat • Maroc] 
Mind Moves Matter est la première exposition montrant la pensée et le travail d’une vie de l’artiste tétouanais Mohamed Larbi Rahhali. Par une animation des formes du quotidien et une compréhension perspicace du temps qui, bien que profondément personnelle, s’étend aussi à une échelle planétaire, Larbi révèle la pratique de la vie en tant qu’expérience constante de la création artistique. L’espace-temps de L’appartement 22 va capturer l’atmosphère de la maison et studio d’artiste, rappelant un mini musée constitué d’une scénographie absurde, d’un re-traitement imaginatif d’objets trouvés et de dispositifs conçus pour évoquer les relations d’aujourd’hui entre l’homme et la terre.

Larbi possède un parcours professionnel multiple en tant qu’artiste visuel, ayant appris différentes techniques artisanales pratiquées dans la médina de Tétouan, construit des décors de cinéma élaborés et également travaillé à l’Institut des Beaux-Arts en tant que technicien les années précédentes. Par ailleurs, sa relation intrinsèque avec la mer en tant que pêcheur est crucial afin d’envisager sa pratique artistique comme un tout.

Dans une Gesamtkunstwerk réconciliant les vocabulaires conceptuels, scientifiques et artisanaux, nous sommes témoins des intérieurs infimes d’une boite d’allumettes, des mouvements d’un cadran solaire artisanal et de l’étendue complexe de filets de pêches englobant la connaissance de la mer qui agissent comme des dispositifs chorégraphiques entre l’ordre et le chaos, l’horizon de la mer et l’espace interstellaire, la mémoire personnelle et la psyché collective.

Commissaire : Natasha Ginwala ( délégation artistique)

Enregistré à L’appartement22, dans le cadre de l’exposition Mind Moves Matter qui à eu lieu du 5 Juin au 30 Septembre 2015

[Les Lilas • France]
Interrogé par Amandine André à l’occasion de sa programmation dans le cadre du festival RELECTURES 15 ‘d’après documents’ (pour lequel elle créa la performance Cela ne va pas être possible : c’est administratif) Céline Ahond retraverse quelques étapes de son parcours de performeuse. Un itinéraire qui se présente comme l’exploration des déclinaisons possible de cette question fondamentale guidant le travail qu’elle mène en résidence à l’Espace Khiasma : « est-ce que parler est une écriture ? ».

Entretien réalisé par Amandine André à l'Espace Khiasma, dans les marges du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Greffer, Espalier, Dresser – Mohssin Harraki / entretien avec Emma Chubb

[Rabat • Maroc]
L’artiste Mohssin Harraki s’entretient avec Emma Chubb, commissaire de l’exposition qui s’est tenue à L’appartement22 l’été dernier, accueillant son installation intitulée Greffer, Espalier, Dresser. Composée de trente-trois « dessins » sur trois panneaux et trente feuilles de fer, lesquelles sont rassemblées dans un carnet à spirale, cette œuvre retraite la métaphore de l’« arbre généalogique » au moyen de techniques dont on use habituellement lorsqu’il s’agit d’horticulture. Greffer, espalier, Dresser déplace donc symboliquement cette volonté de domestiquer la nature – de la cultiver – sur ce terrain de la transmission culturelle qu’est la généalogie. L’arbre étant utilisé comme support d’une modélisation graphique pouvant permettre d’observer la façon dont les grandes familles religieuses et politiques traversent l’Histoire d’un pays, et de mettre en question les opérations de « sélections » qui, comme dans l’horticulture, sont à l’œuvre dans la constitution des lignées et l’établissement des filiations.

Nous invitons nos auditeurs non-arabophones qui souhaiteraient en savoir plus à lire la présentation de l’exposition par Emma Chubb, disponible en cliquant sur l’onglet « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Enregistré à L’appartement22, dans le cadre de l’exposition Greffer, Espalier, Dresser de Mohssin Harraki qui à eu lieu du 25 juin au 16 août 2014

Une transcription traduite en anglais et en français sera très prochainement disponible sur le site