▼ Mois
▼ Auteur-s
▼ Programme
▼ Catégorie
 

Architecture, numérique, genre : la possibilité de spatialités queer ?

[Noisy-le-Sec • La Galerie]

 

Jean-Charles de Quillacq reçoit son cousin, Eric de Thoisy, « Architecture, numérique, genre : la possibilité de spatialités queer ? »

 

Dans sa lecture du travail de Eric de Thoisy, Vanessa Desclaux évoque la dimension spatiale de termes aujourd’hui employés pour décrire les sexualités : orientation, straight, queer, etc. Parallèlement, on voit émerger de nombreuses architectures décrites comme féminines, utérines voire vaginales.

 

Le rapport entre genres / sexualités et espace serait-il décisif ? L’histoire que veut démonter la philosophe féministe Donna Haraway est celle d’un « homme dans l’espace » (Manifeste Cyborg) ; le passage à la culture numérique du cyborg est alors, selon elle, le moment de l’émergence d’ « accouplements fâcheux ». Quelle en serait l’architecture ? Le “ jeu de l’imitation ” (autre résonance avec le travail de Jean-Charles de Quillacq) proposé par le mathématicien Alan Turing, pionnier de la culture numérique, est peut-être le point de départ d’une nouvelle pensée queer de l’espace.
 

Enregistré par l'équipe de Khiasma le 17 mars 2018 à la Galerie.

[Nanterre • France]
 
Angela Davis & Tariq Ali en conversation avec Françoise Vergès et Marcus Rediker

 

Deux immenses personnalités du militantisme et de l’activisme ont été réunies pour une soirée: Angela Davis, mondialement connue pour sa lutte contre le racisme, le sexisme et le système carcéral américain, et Tariq Ali, farouche opposant à la dictature militaire du Pakistan, devenu figure de la gauche internationale et écrivain. Tous deux on conversé avec la chercheuse et militante Françoise Vergès, l’historien Marcus Rediker et le public du Théâtre Nanterre-Amandiers.

 

Tous deux ont parlé du néolibéralisme, de la destruction systématique de pays du Sud global par les guerres des USA, de la Palestine, du nécessaire soutien à BDS, du féminisme abolitionniste, de la musique… Une discussion à écouter en anglais et en français. 

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d'études mondiales (FMSH), de l'Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

La traduction de cette conférence a été assuré par Nacira Guénif-Souilamas et Geoffrey Pleyers.

Enregistré au théâtre Nanterre-Amandiers le 3 mai 2018.

[Paris 10e • France]

 

En perçant la surface et le fond des océans : nouvelles cartographies et terrains de lutte

 

What is Deep Sea Mining? est une web-série de cinq épisodes autour de la question de l’exploitation minière des grands fonds marins, une nouvelle frontière à l’extraction de ressources au fond de l’océan annoncée pour les prochaines années. Les perspectives ouvertes par cette forme d’exploitation minière nouvelle et expérimentale réactualisent la mentalité coloniale et la mentalité du pionnier et redéfinissent les économies extractivistes pour le siècle à venir. Cette web-série aborde différents problèmes liés à ce procédé, de la question des ressources politiques à celle d’une gouvernance de l’océan par des organismes internationaux, invitant au passage à une «économie bleu» tout en s’efforçant à défendre une connaissance viable des eaux profondes, de leurs espèces et de leurs ressources en grande partie non-cartographiées et non-étudiées.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | « Prologue » (work in progress) de Rachel O’Reilly

[Paris 10e • France]

 

En perçant la surface et le fond des océans : nouvelles cartographies et terrains de lutte

 

Poète, artiste et critique d’origine australienne, Rachel O’Reilly produit avec Pa.LaC.E (Valle Medina and Benjamin Reynolds) son premier travail d’image en mouvement de son projet de recherche artistique en cours à The Gas Imaginary. Depuis 2013, à travers la poésie, le dessin collaboratif, ainsi qu’un ensemble de conférences publiques et de projections de l’histoire du cinéma, The Gas Imaginary a schématisé le drame de l’installation et de la mise en désordre politique produit par l’extraction de gaz non conventionnelle (fracking), alors qu’elle se déployait au coeur de la Nouvelle Économie – en Australie, entre le port de Gladstone la ville natale de l’artiste dans le Queensland (qui fut quatre mois durant en 1847 la capitale d’une colonie de l’Australie du nord) et les zones agraires dans l’arrière pays de la côte est de l’Australie. L’industrie menace aujourd’hui les communautés Aborigène isolées du centre du pays où, dix ans auparavant, l’intervention du Territoire du Nord conduisait à une expropriation des terres à grande échelle.

 

Considérant la différence entre les techniques d’extraction modernes (verticales) et les techniques non conventionnelles (en rhizome) qui posent des défis aux citoyennetés colonialistes, le projet d’O’Reilly relie la mine au développement portuaire, la terre à l’océan, et examine les contradictions des idéaux démocratiques et de justice des propriétaires matériels sous un colonialisme de peuplement.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Le drone perpétue-t-il la séparabilité ou bien est-il un outil de mise en fuite? Nous nous poserons cette question avec les mots et les images qui illustrent chaque ensemble de possibilités. Il sera question de la visibilité, comme de l’imposition d’une séparabilité et sa relation avec le postulat essentialiste qui assujetti le monde et ses parties. En même temps, être détaché de la terre permet aux drones de voir au travers de nombreux axes d’espace-temps, qui pose la migration comme un mode d’être au monde et qui offre la mise en fuite comme un véritable encodage pour l’existence.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | De la visibilité dans l’œuvre d’Harun Farocki : une archéologie de l’image

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Un nombre considérable des films et installations de Farocki réunit des matériaux issus d’archives. Ils peuvent en ce sens être reconnus comme des «montages» ou des films de compilation. Toutefois, aucun de ces termes ne fonctionne pour résumer l’approche particulière de l’artiste-cinéaste. Dans son travail, ré-éditer est certainement un processus de pensée autour des images; et l’acte d’assembler des plans préexistants évoque sûrement l’idée d’une «collection de documents» («compilation»), constituant une figure explicite dans de nombreux films-essais de Farocki, et exposant des matériaux d’archives aux processus de répétition et de permutation autant qu’à une interaction complexe entre l’acoustique et le visuel.

 

Le medium, en assumant la fonction d’une « archive archivante » (Derrida) participe à la génération d’images futures. Nous pourrions qualifier la critique de l’image par Farocki d’ «archéologique», en ayant à l’esprit les prospections de Michel Foucault d’un système de pensée historiquement déterminé et son travail sur les sources ayant pour but de rendre compte de l’ordre de la pensée. Comme une extension à cette approche archéologique, nous pourrions souligner l’importance de la matérialité des techniques. Cette intervention vise à montrer comment, dans le travail de Farocki, le montage amène une pensée de la visibilité autant qu’il suggère ce qui demeure impensé dans l’archive et sa relation avec l’ensemble des points aveugles que laisse de côté le processus d’enregistrement.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | What is the Content of (Your) (Black) Technique? : Le geste comme technologie

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Onyeka présentera les vidéos et explicitera leurs objectifs — appréhender l’usage de la danse, du corps, du mouvement et du geste comme des technologies et des approches analytiques. Suite à la projection du film, Ciaran lira un texte au sujet des différents travaux qui développent certains de leurs thèmes de recherche en relation avec le travail récent de Rizvana Bradley et d’Andrew Benjamin sur les questions du geste, les thèses d’Adorno sur la technique et la technologie et en réponse à cette hypothèse provocatrice de Moten et de Harney qui veut que “l’esthétique noire ne concerne pas la technique, elle n’est pas une technique…”

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | Vision et camouflage à l’heure du World Wide Web

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Lors de cette conférence, l’artiste Zach Blas s’abîme dans les boules de cristal de la Silicon Valley et prévoit la transmutation du big data en une substance magique qui anticipe et régule notre futur. En se penchant sur l’appropriation par les start-ups de la Silicon Valley et par les agences de surveillance gouvernementales du mysticisme et de la magie, Blas suggère que la boule de cristal, un appareil transparent qui permet à chacun de lire son avenir, est devenu paradigmatique de la manière dont les “tech” entrepreneurs en viennent à imaginer le traitement algorithmique de l’information.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | La conférence de Berlin et la naissance des pellicules Kodak : matérialité guerrière des images

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

La conférence explore quelques technologies de la vision – images, surveillance, catégories, terreur, représentation – qui nous éclairent sur le contexte historico-géographique du travail effectué par le film documentaire du PAIGC. Elle se penche notamment sur la conférence de Berlin, les innovations de Kodak en termes de pellicules et de développement, les usages impérialistes du combat contre l’esclavagisme, et les impératifs scopiques du colonialisme et de l’apartheid. Qu’en sont les contradictions et comment l’héritage du PAIGC peut-il nous aiguiller dans la poursuite d’une pratique décoloniale qui anime la conscience en rejouant l’expérience?

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black | Météorisations (Humble dérive d’Humus) — l’héritage matérialiste d’Amilcar Cabral

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

La lecture des écrits agronomiques d’Amilcar Cabral met en lumière les sous-sols d’une syntaxe émancipatrice, qui se performera par la suite dans une guérilla de lutte et de langage. En ces temps troublés, elle vient à point nommé nous entretenir d’un rassemblement des humbles qui réhabilitent le sol comme une rhizophère riche en être animés et en inscriptions de l’oppression. Un lieu à restituer afin de régénérer une multitude à venir qui a été morcelée par l’ingénierie violente de la Capitalocène. Cette interprétation, qui se déploie à partir des hypothèses de l’agronaute Amilcar Cabral, s’aventure à travers les cosmologies du sol, les mésologies, les météorisations, les zones de conflit entre la pierre et l’air, le composte en celluloïde, les consommations impériales? – la question du sucre. Et pose la question des questions qu’il importe de se poser.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

Discussion avec Bonaventure Son Bejeng Ndikung autour des interventions de Jepthé Carmil, Nadia Yala Kisukidi, Nadir Khanfour et Olivier Marboeuf. 

 

Plus d’informations sur Black Lens

 

 

Transcriptions :
Français

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France] 

 

Partir d’un paradoxe : comment la peau, qui expose à toutes les interpellations policières, à toutes les désignations injurieuses, peut-elle devenir, aussi, le signe d’une hospitalité ? Comment produire théoriquement le nom « noir », pour indiquer, malgré toute une histoire de la violence, la possibilité d’un refuge?

 

C’est au cœur d’une scène imaginée entre les Amériques et l’Europe, saisie par les textes de Césaire, Baldwin et la voix de Jeanne Lee, qu’on tentera de spécifier l’ambivalence, les difficultés, tout comme les potentialités oniriques de l’idée d’ «hospitalité raciale».

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

Il s’agit ici de penser l’opacité des corps dans le champ politique. Les gestes de voilement et de dévoilement des femmes dans l’Algérie française ont montré les potentialités stratégiques du recouvrement des corps face à l’optique de l’occupant. Harun Farocki en a saisi l’intérêt et prolongé le geste en 1988 avec Images du monde et inscription de la guerre, prenant le film comme espace de sauvetage des histoires fasciste et coloniale de l’Europe moderne. Cette intervention s’intéresse aux gestuelles contemporaines qui tentent d’échapper à l’identification policière, à la reconnaissance faciale et à toute forme d’assignation par la lumière.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

Nous traverserons des scènes marronnes à Saint-Domingue. Celles-ci sont vues comme des expériences de subjectivation, c’est-à-dire des moments où, le captif expérimente un usage libre de son corps et tente de créer un espace autre qui participe à la formation d’une nouvelle forme de commun.

 

Ces nouveaux espace-temps, très fugaces parfois instituent des lieux où le corps s’émancipe des cadres exclusivement producteurs implantés par le système plantationnaire. Ils offrent également un autre régime de visibilité et de perception des corps. Il s’agit d’une nouvelle topographie qui modifie le territoire des possibles au sein même de la plantation.

 

Cette lecture a pour enjeu de replacer ces scènes dans une histoire discontinue de la liberté des corps et de leur capacité expressive. J’accompagnerai mon propos d’un fragment de texte retraçant une scène de résistance qui a eu lieu sur un bateau négrier, ce dispositif technico-politique, lequel assure la traversée de l’Atlantique. Puis, à partir d’une archive numismatique, je présenterai la survivance du spectre du marronnage au cours de la seconde moitié du XXème siècle.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | Fabriquer des lieux sûrs, se cacher dans la lumière

[Paris 10e • France]

 

Les lieux sûrs dont nous allons parler, peut-être pour les défaire et les reformer à plusieurs reprises, sont inscrits quelque part. Ils sont parlants à partir de quelque part, mais cette inscription ne dit rien de leur permanence, ils ne sont pas solides et pas toujours là avec la même intensité. Il faut les faire monter. Ce sont des présences à convoquer «sous certaines conditions ». Et ce sont peut-être ces conditions que nous avons cherché, cherchons et allons chercher tout au long de ces conversations, en navigant de la lumière à l’ombre, des mots à ce qui échappe aux mots, des images oubliées à notre manière de les faire revenir. À moins que ce ne soit elles qui reviennent et s’archivent dans nos corps. Le sujet est vaste et nous nous sommes proposés en particulier durant ce séminaire de nous intéresser à la question des différents régimes de visibilité et d’invisibilité possibles pour apprendre à «se cacher dans la lumière ». Pour le dire autrement, les lieux sûrs qui vont nous intéresser ne sont pas des utopies, ils ne sont pas hors du monde dans lequel nous vivons et partage même une part de sa toxicité, au sens où ils prennent leur part d’une histoire commune et parfois douloureuse.

 

Comme il fallait prendre un point de départ pour dessiner une lutte autant que des lieux à habiter, nous avons choisi quelques récits car il sera question tout au long de ces deux jours de manières de raconter et de faire apparaître, de donner forme ou peut-être contours à certaines situations, de faire des cinémas, et de ces cinémas des forces qui engagent. Comme nous ne voulions pas que ces récits soient racontés d’une seule voix, nous avons choisi de fuir la «figure » pour nous intéresser à la «scène » comme espace de la multitude, de la polyphonie, des corps indissociés qui savent et produisent des lieux possibles qui s’enfuient du jour.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

A l’occasion de l’exposition conjointe des artistes Filipa César et Louis Henderson, «Op-Film: Une Archéologie de l’optique», à l’Espace Khiasma (du 29 mars au 28 avril aux Lilas), Khiasma a présenté Black Lens, séminaire expérimental de deux jours qui s’est déroulé à La Colonie (Paris 10è), les 29 et 30 Mars 2018. Il a mis en dialogue une série de projections, de performances audiovisuelles et de conversations d’artistes et de théoriciens basés en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Portugal.

 

Black Lens a été construit comme une longue conversation traversant 4 demi-journées, un espace de travail ouvert où ont été mis en partage des formes et des recherches qui interrogent les conditions d’invention de lieux sûrs (safe spaces) par le geste et le récit, le code et le corps. En suivant les lignes de fuite de l’exposition Op-Film: An Archaeology of Optics, Black Lens a tenté de tracer, au cœur des technologies du visible, le contour d’écologies minoritaires, de formes de vie et de transmission de savoir. De l’humus à l’océan, de l’algorithme au créole, de la surface à la profondeur, où se cristallisent et se dessinent les nouvelles zones de conflit, où s’écrivent et se tissent les voix dont nous avons besoin pour lutter ?

 

Avec : Erika Balsom, Zach Blas, Christa Blümlinger, Jephthé Carmil, The Otolith Group (Kodwo Eshun & Anjalika Sagar), Denise Ferreira da Silva, Ciarán Finlayson, Ayesha Hameed, Onyeka Igwe, Nadia Yala Kisukidi, Nadir Khanfour, Margarida Mendes, Olivier Marboeuf, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Arjuna Neuman, Rachel O’Reilly, Lorenzo Pezzani & Charles Heller, Ruth Wilson Gilmore.

 

 

Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Fès • Maroc]

 

Dans un Maroc en pleine effervescence à différents niveaux, le paysage des villes change ainsi que le concept d’urbanité et l’appropriation des espaces publics par les individus connaît des mutations remarquables. Les « villes nouvelles » sont des espaces qui accueillent un mode de vie moderne. L’impact des circonstances historiques sur ces espaces ne peut pas être négligé. 

Table ronde : Diversité culturelle dans l’héritage architectural colonial 

00 : 00 : 00 — Mohammed Hamdouni, Introduction
00 : 06 : 18 — Carlos Perez Marin, L’architecture coloniale espagnole à Tetouan 
00 : 52 : 10 — Flore Grassiot, Présentation du projet des itinéraires de Ain Chock Casablanca et le projet Azemmour Memoire du Futur 

 

 

 

Enregistré par Takafes le 26 janvier 2018 à l'institut Cervantes.

[Les Lilas • France]

Dans le cadre d’une invitation de l’Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne, l’Espace Khiasma a eu le plaisir d’accueillir l’anthropologue et théoricienne américaine Elizabeth Povinelli pour une soirée autour des films récents du Karrabing Film Collective.

Povinelli a développé depuis de longues années une collaboration avec une communauté indigène de Nord de l’Australie qui a nourri ses recherches les plus ambitieuses. Avec Karrabing Film Collective, ils ont inventé un espace cinématographique unique et baroque, jouant habilement de la satire et déjouant l’Histoire officielle et les lois de l’Etat australien pour défendre leur identité, revendiquer leurs droits et la puissance de leur imaginaire.

Durant cette soirée où a été projetés deux films – Wutharr, Saltwater Dreams (2016, 28:53) et The Jealous One (2017, 29:17) – et évoqué le dernier opus du collectif, Night Time Go, Elizabeth Povinelli a dialogué avec Louis Henderson et Olivier Marboeuf autour des pratiques collectives de cinéma, des enjeux de transmission et d’invention d’autres régimes de l’Histoire à partir des langages et expériences minoritaires.

[Les Lilas • France]

 

Après son Lundi de Phantom en novembre 2017 où il présentait Aurora, son prochain film en cours d’écriture, nous avons eu le plaisir d’accueillir de nouveau de João Vieira Torres pour une carte blanche où il traversait ses productions photographiques et cinématographiques de ces dernières années dans le cadre de la clôture de son post-diplôme à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image. Ce programme où l’artiste questionnait et se jouait des crises de l’identité contemporaine se composait de deux films présentés le jeudi 18 janvier au MK2 Beaubourg dans le cadre des Séances Phantom, d’une exposition photographique, de projections et d’une performance à l’Espace Khiasma le vendredi 19 janvier.

Enregistré à l'espace Khiasma le 19 janvier 2018. Mixé par Esther Porylès.

Elizabeth Povinelli : « The Rise of Extimate Aesthetics »

[Paris • France]

 

« L’essor des esthétiques de l’extimité » s’ouvre sur l’ouvrage de Frantz Fanon Les Damnés de la Terre — colonisés, défavorisés, noirs et métissés, ce sont les Indigènes et les autres qui cheminent à travers les écueils toxiques du risque vital, avançant du mieux qu’ils peuvent malgré un travail qui ne paie pas et des domiciles qui ne peuvent pas être habités, des marais qui ne peuvent pas être prolongés ni vidés — en vue de ré-examiner le concept du cultuel dans la théorie esthétique et la fonction de l’art dans les philosophies occidentales de la vérité. Faisant office de conclusion à la discussion autour des politiques et des arts à la lumière de la terre toxique, « L’essor des esthétiques de l’extimité » défend que ce dont nous avons besoin n’est pas d’une nouvelle valeur de l’art, de l’esthétique et des artistes, mais d’un compte-rendu examinant comment ces trois domaines contribueront à la maintenance et à l’extension d’une politique de souveraineté toxique captivante, et comment la nouvelle forme d’esthétique de l’extimité pourrait alors émerger en son sein tout en s’y opposant.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, matérialités, et socialités. Cette théorie potentielle s’est déroulée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord d’Australie et à travers cinq livres, de nombreux ouvrages et quatre films avec le Karrabing Film Collective. 

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 20 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

[Les Lilas • France] 

 

Pour son premier Lundi de Phantom à l’Espace Khiasma, l’artiste et cinéaste Alex Reynolds a parcouru, en conversation avec la curatrice Anna Manubens, le chemin que tracent ses œuvres filmiques récentes – Ver Nieve, Esta puerta, esta ventana… – vers l’écriture de son premier long-métrage à venir, Eiqui Chegan Os Meus Amores. Où il est question du cinéma comme espace à habiter, de la fiction comme stratégie de pouvoir, du récit comme enjeu de survie et des multiples négociations de la mémoire et des affects dans le partage d’un territoire. En somme, une maison qui serait une histoire parlée à plusieurs corps.

[Beirut • Liban]

 

Cet échange s’est déroulé au Beirut Art Center comme une séance de travail entre quatre acteurs de l’art engagés, à différents titres, dans des projets institutionnels construits à partir de rien. Elle offre simultanément une introduction et une préparation à un cycle sur la réinvention de l’institution artistique, en principe issue d’un état et d’une collectivité, dès lors qu’il s’agit de contextes dépendants du seul financement privé. Ce sont souvent les artistes qui donnent l’impulsion de plateformes et projets « publiques » dans une scène artistique locale donnée, à la condition cependant de passer le relai à des professionnels et d’ouvrir la conversation à différents outsiders et générations.

 

Contributeurs : Marie Muracciole, directrice du Beirut Art Center, Pooja Soud, directrice de Khoj, New Dehli, India; Mats Stjernstedt, ancient directeur de Kunstnernes Hus à Oslo, Norway, directeur de Malmo Kunsthalle, Lamia Joreige, artiste et co-fondatrice du Beirut Art Center.

Enregistré par le Beirut Art Center.

Elizabeth Povinelli : « The Collapse of Political Concepts »

[Paris • France]

 

« L’Effondrement des Concepts Politiques » débute avec quatre axes qui émergent lorsque la politique s’infiltre dans l’espace interstitiel entre la terre entière (whole earth), gaia et les mondes autonomes (worlds). Ces quatre axes sont les suivants : l’extimité de l’existence ; l’effondrement des distinctions et hiérarchies d’existence occidentales, et particulièrement celles entre la Vie et la Non-vie, et entre le biologique et le géologique ; la distribution des effets du pouvoir et le pouvoir d’impacter un terrain d’existence donné ; enfin la multiplicité et l’effondrement des formes de l’événement. Comment l’affaiblissement des quasi-espaces, des choses floues, ainsi que des efforts et des forces de remblayage de l’existence exige-il une reddition des concepts politiques occidentaux concernant leur refus d’assumer leur impact historique et actuel sur notre terre toxique ?

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

Steffani Jemison : Discussion avec Mike Ladd – Sources and Background 1/3

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.

Steffani Jemison : Discussion avec Mike Ladd – Musical Structures 2/3

 

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.

Steffani Jemison : Discussion avec Mike Ladd – Collaborative Process 3/3

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.

[Paris • France]

 

Construite autour de Condition de l’homme moderne d’Hannah Arendt et d’un groupe de sirènes dans un film récent du Karrabing Film Collective, “Le Retour du Monde” entame une discussion sur la terre toxique en distinguant, la terre dans sa globalité (whole earth), gaia (du grec : la vie, l’origine et la génitrice de la vie) et les mondes (worlds) autonomes. Comment la toxicité donne-t-elle tort à ces trois éléments? Le terme « retour » dans le titre de la conférence pourrait évoquer quelque chose faisant jadis partie de la théorie occidentale, qui avait été oublié ou perdu, mais qui est désormais revenu tel un fils prodigue. Mais qu’est-ce qui revient, qu’est-ce qui n’est jamais parti, et où ? Et si les sirènes n’avaient jamais disparu sous l’assaut des colons modernes, ou n’étaient jamais revenues avec le désenchantement face au rationnel? Et si les sirènes avaient continué à traverser le paysage, malgré des voyages altérés par les actes toxiques du colonialisme, de l’industrialisme et leur valorisation ? En d’autres termes, comment les imaginaires de la terre entière (earth), des mondes autonomes (worlds) et de gaia cachent autant qu’ils dévoilent de grandes parties de l’existence qui n’ont jamais été enchantées, plutôt désenchantées, comme le réalisateur afroaméricain Charles Burnett l’a évoqué dans son film Killer of Sheep, luttant en vue de se protéger et de survivre dans un contexte en perpétuel changement de racisme toxique et de colonialisme de peuplement.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 à Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne

AKIMBO : SEX IS. Art queer et activisme culturel à San Francisco, 1989-1991

 

Le collectif Boy with Arms Akimbo / Girl with Arms Akimbo, formé à San Francisco en 1989 en réaction à l’annulation de l’exposition de Robert Mapplethorpe à la Corcoran Gallery et dans le contexte meurtrier de l’épidémie du SIDA, a couvert pendant deux ans le paysage urbain de posters photocopiés questionnant les passants sur leurs représentations des sexualités. Reconnu.e.s à l’époque comme activistes culturels et invités en tant qu’artistes par l’institution (San Francisco Arts Commission Gallery, Berkeley Art Museum, Drawing Center New York), l’engagement politique du groupe s’est formalisé par des inventions plastiques marquantes qui s’inscrivaient dans l’appropriationnisme et la critique institutionnelle. Leur propos résolument pro-sexe, leur refus de nommer un.e porte-parole ou de sortir de l’anonymat jusqu’à aujourd’hui, leur volonté de conserver leurs inventions visuelles en copyleft afin de permettre au plus grand nombre de s’en saisir, en font un cas d’étude passionnant pour la définition d’un art queer qui valorise le collectif et l’élaboration de représentations diversifiées des corps et des sexualités.

 

Née en 1979, Isabelle Alfonsi est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de University College à Londres. Depuis novembre 2009, elle co-dirige Marcelle Alix, galerie d’art contemporain située à Belleville. En 2014-2015, elle élabore un cycle de conférences sur le genre et l’art à l’invitation du Crédac-centre d’art contemporain d’Ivry-sur-Seine. Une bourse de recherches du Centre National des Arts Plastiques lui permet de compléter ses recherches sur le groupe activiste Akimbo à San Francisco en 2016, en vue de la publication d’un ouvrage sur l’art contemporain queer (titre provisoire : Pour une esthétique de l’émancipation) à paraître aux éditions B42 en 2017.

Enregistré le 5 décembre 2016 à l'École du Louvre.

Passagers clandestins : Laura Huertas Millán : Voyage en la terre, autre­ment dite

[Paris • France]

 

Projection et dis­cus­sion avec l’artiste autour de son film.

 

Accompagnant les conquê­tes impé­ria­les, les récits de voya­ges d’explo­ra­tion natu­relle et eth­no­gra­phi­que par­ti­ci­pent à l’inven­tion des ter­ri­toi­res colo­ni­sés. La récur­rence de cer­tains tropes, une dra­ma­tur­gie pres­que géné­ra­li­sée qui laisse surgir ce monde nou­veau pour les Occidentaux, laisse per­ce­voir à quel point les atten­tes des voya­geurs impé­riaux façon­nent leur objet.

 

Voyage en la terre autre­ment dite se base sur un corpus large de ces récits d’explo­ra­tions et s’inter­roge sur la per­sis­tance des ima­gi­nai­res exo­ti­sants dans le cinéma contem­po­rain. Il est entiè­re­ment tourné dans le huis clos d’une serre équatoriale à Lille, cons­truite en 1970 par l’archi­tecte Jean-Pierre Secq. Tout comme il reve­nait aux « eth­no­lo­gues en fau­teuil » (arm­chair eth­no­lo­gists) de cano­ni­ser un savoir sur les terres colo­ni­sées et leurs habi­tant.e.s, l’ima­gi­naire des Amériques se com­pose ici au tra­vers de récits qui pré­fi­gu­rent le regard. Le film inves­tit cet ima­gi­naire et vient aus­si­tôt le dés­ta­bi­li­ser en intro­dui­sant des déca­la­ges, des camou­fla­ges et des irri­ta­tions, mineu­res et majeu­res.

 

Laura Huertas Millán (1983) est une artiste et réa­li­sa­trice franco-colom­bienne. Elle est diplô­mée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy et détient un doc­to­rat d’art et de créa­tion por­tant sur les fic­tions eth­no­gra­phi­ques (ENS Ulm, Beaux-Arts de Paris). En 2014 elle a été cher­cheuse invi­tée au Sensory Ethnography Lab. Entre 2014 et 2017, elle a été cher­cheuse invi­tée au Film Study Center de la Harvard University. Ses films sont dif­fu­sés au cinéma et dans des ins­ti­tu­tions artis­ti­ques. Son der­nier film, Sol Negro (2016) a été récom­pensé au FIDMarseille (France), à Doclisboa (Portugal) et au Fronteira Film Festival (Brésil). Les tra­vaux de Laura Huertas Millán entre­la­cent les genres, mêlant docu­ments et dif­fé­ren­tes formes de fic­tion. Utilisant l’écriture comme une exten­sion de sa pra­ti­que ciné­ma­to­gra­phi­que, elle a récem­ment publié dans Spike Art Quarterly en col­la­bo­ra­tion avec Raimundas Malasauskas.

Passagers clan­des­tins — Teresa Castro : Le cinéma et quel­ques-unes de ses fables végé­ta­les (Discussion)

[Paris • France] 

 

Au cinéma, le végé­tal s’anime : les arbres dan­sent, les cham­pi­gnons fré­mis­sent et les fleurs tour­noient. Grâce à ses res­sour­ces expres­si­ves et à sa puis­sance fabu­la­trice, le cinéma – médium de la moder­nité et avatar de l’objec­ti­vité – devient ainsi, et para­doxa­le­ment, le divul­ga­teur de « l’âme végé­tale », bou­le­ver­sant les fron­tiè­res du vivant et engen­drant des inten­tion­na­li­tés plus ou moins sur­pre­nan­tes. En par­tant de quel­ques exem­ples très divers, du cinéma scien­ti­fi­que aux films de série B, cette pré­sen­ta­tion se pro­pose d’explo­rer quel­ques-unes des fables végé­ta­les fabri­quées par le cinéma, en met­tant l’accent sur la façon dont celles-ci asso­cient par­fois le végé­tal et le fémi­nin.

 

Teresa Castro est Maître de confé­ren­ces en études ciné­ma­to­gra­phi­ques et audio­vi­suel­les à l’uni­ver­sité Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Ancienne cher­cheuse post-doc­to­rante au musée du quai Branly et au Max Planck Institute for the History of Science de Berlin, elle a publié La pensée car­to­gra­phi­que des images. Cinéma et culture visuelle (2011) et codi­rigé avec Maria do Carmo Piçarra (Re)ima­gi­ning African Independence : Film, Visual Arts and the Fall of the Portuguese Empire (2017). Sa recher­che actuelle porte sur les liens entre cinéma et ani­misme.

Passagers clan­des­tins — Teresa Castro : Le cinéma et quel­ques-unes de ses fables végé­ta­les

[Paris • France] 

 

Au cinéma, le végé­tal s’anime : les arbres dan­sent, les cham­pi­gnons fré­mis­sent et les fleurs tour­noient. Grâce à ses res­sour­ces expres­si­ves et à sa puis­sance fabu­la­trice, le cinéma – médium de la moder­nité et avatar de l’objec­ti­vité – devient ainsi, et para­doxa­le­ment, le divul­ga­teur de « l’âme végé­tale », bou­le­ver­sant les fron­tiè­res du vivant et engen­drant des inten­tion­na­li­tés plus ou moins sur­pre­nan­tes. En par­tant de quel­ques exem­ples très divers, du cinéma scien­ti­fi­que aux films de série B, cette pré­sen­ta­tion se pro­pose d’explo­rer quel­ques-unes des fables végé­ta­les fabri­quées par le cinéma, en met­tant l’accent sur la façon dont celles-ci asso­cient par­fois le végé­tal et le fémi­nin.

 

Teresa Castro est Maître de confé­ren­ces en études ciné­ma­to­gra­phi­ques et audio­vi­suel­les à l’uni­ver­sité Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Ancienne cher­cheuse post-doc­to­rante au musée du quai Branly et au Max Planck Institute for the History of Science de Berlin, elle a publié La pensée car­to­gra­phi­que des images. Cinéma et culture visuelle (2011) et codi­rigé avec Maria do Carmo Piçarra (Re)ima­gi­ning African Independence : Film, Visual Arts and the Fall of the Portuguese Empire (2017). Sa recher­che actuelle porte sur les liens entre cinéma et ani­misme.

[Paris • France]

 

À l’époque où la bota­ni­que fai­sait partie inté­grante des explo­ra­tions trans­at­lan­ti­ques, la jeune pay­sanne et her­bo­riste Jeanne Baret se tra­ves­tis­sait en valet de son maitre et amant, le bota­niste Philibert Commerson, et embar­quait à bord de L’Étoile, l’un des navi­res de l’expé­di­tion de Bougainville (1766-1769). Voyageuse impé­riale, ce per­son­nage clé de l’expo­si­tion de Candice Lin, A Hard White Body (Un corps blanc exquis), occupe une place trou­ble et ambi­guë : par son voyage, elle reven­di­quait la pos­si­bi­lité d’un hori­zon de vie alors défendu aux femmes. Cependant, elle contri­buait par là à l’entre­prise impé­riale de conquête du monde ainsi qu’à la colo­ni­sa­tion du savoir par la clas­si­fi­ca­tion des plan­tes qu’elle col­lec­tait dans les Amériques et les îles de l’océan Indien.

 

L’acti­vité de Baret amène au cœur de la connexion entre plan­tes et empire, entre projet occi­den­tal et mas­cu­lin de domi­na­tion et résis­tan­ces rusées, mul­ti­ples et pra­ti­ques. Établissant des connexions trans­at­lan­ti­ques, les voya­ges d’explo­ra­tions ne se résu­maient jamais à des cir­cu­la­tions à sens unique. Au contraire, parmi les pas­sa­gers clan­des­tins se trou­vent outre les humains voya­geant en cachette, ou sous cou­vert d’une iden­tité emprun­tée, des grai­nes, des semen­ces, des bac­té­ries et virus, des plan­tes et ani­maux qui se dis­sé­mi­nent de part et d’autres de l’océan. Puissances indomp­ta­bles, ces corps sans pas­se­ports ni fiche d’inven­taire débor­dent la volonté de mai­trise, se par­sè­ment, s’incrus­tent et se démul­ti­plient en inte­rac­tion avec leurs terres d’accueil.

[Noisy-le-Sec • France]

 

Une conférence de Marie Canet, curatrice et critique d’art, avec les artistes Jean-Charles de Quillacq et Brice Dellsperger.

 

A eux trois, ils articulent la question des doubles corporels dans le travail des deux artistes Jean-Charles de Quillacq et Brice Dellsperger et leurs échos dans des sources cinématographiques qui les accompagnent. Le double dans la représentation pose aussi la question de la répétition et de la similitude comme lieux de mise en boucle et de familiarité.

Enregistrement réalisé le 3 février 2018 dans le cadre de l'exposition « La langue de ma bouche » au sein de la saison « Une maison de poussière, une maison de pierre, une maison de… » au centre d'art la Galerie de Noisy-le-Sec.

[Les Lilas • France]

 

Près de 5 ans se sont écoulés depuis la première conversation publique d’Ismaïl Bahri à Khiasma. Des moments de partage de ses expériences, de ses doutes et tâtonnements, les premières versions de certaines pièces importantes; d’autres qui ne verront finalement jamais le jour. Tous ces instants fragiles ont contribué à faire des Lundis de Phantom un programme particulier. Depuis, le travail d’Ismaïl s’est déployé et a donné lieu à des expositions de la Biennale de Sharjah au Jeu de Paume entre autres pendant que le film Foyer, né de l’exposition « sommeils » à Khiasma faisait le tour du monde et récoltait de nombreux prix. Ce fût donc un plaisir particulier d’accueillir de nouveau Ismaïl Bahri en ouverture de la nouvelle année des Lundis de Phantom. Une nouvelle histoire commença, un fil de conversations jamais interrompu se poursuivit en prenant comme point de départ les possibilités d’une tempête.

 

« J’imagine une main immobile dans la tempête. De la poussière, de la brume, de la bruine. Une main qui résiste dans le vent. Le geste dont tu parles, ça suppose une main quand même… On aimerait que les éléments et phénomènes météos dessinent le geste par eux-mêmes. La main pourrait être le motif, mais le geste appartiendrait au milieu. »

Extrait d’une réponse de Simon Quéheillard à Ismaïl Bahri à propos d’un préparatif d’expériences dont ce Lundi de Phantom donnera à entrevoir les premiers développements.

Lundi de Phantom n°31 : Ismaïl Bahri (discussion)

[Les Lilas • France]

 

Près de 5 ans se sont écoulés depuis la première conversation publique d’Ismaïl Bahri à Khiasma. Des moments de partage de ses expériences, de ses doutes et tâtonnements, les premières versions de certaines pièces importantes; d’autres qui ne verront finalement jamais le jour. Tous ces instants fragiles ont contribué à faire des Lundis de Phantom un programme particulier. Depuis, le travail d’Ismaïl s’est déployé et a donné lieu à des expositions de la Biennale de Sharjah au Jeu de Paume entre autres pendant que le film Foyer, né de l’exposition « sommeils » à Khiasma faisait le tour du monde et récoltait de nombreux prix. Ce fût donc un plaisir particulier d’accueillir de nouveau Ismaïl Bahri en ouverture de la nouvelle année des Lundis de Phantom. Une nouvelle histoire commença, un fil de conversations jamais interrompu se poursuivit en prenant comme point de départ les possibilités d’une tempête.

 

« J’imagine une main immobile dans la tempête. De la poussière, de la brume, de la bruine. Une main qui résiste dans le vent. Le geste dont tu parles, ça suppose une main quand même… On aimerait que les éléments et phénomènes météos dessinent le geste par eux-mêmes. La main pourrait être le motif, mais le geste appartiendrait au milieu. »

Extrait d’une réponse de Simon Quéheillard à Ismaïl Bahri à propos d’un préparatif d’expériences dont ce Lundi de Phantom donnera à entrevoir les premiers développements.

Politiques des représentations et des sensations sexuelles : épistémologie des porn studies

Un nouveau courant d’étude des représentations sexuelles – les porn studies – émerge dans les années 1980 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, sur les cendres encore chaudes des sex wars qui opposent mouvements anti-pornographie et mouvements anti-censure. Du nu artistique au spam porno, les porn studies prennent à bras-le-corps toutes les formes de représentation sexuelle, sans distinction moraliste ou élitiste. Sans se limiter à l’objet culturel « pornographie », elles renouvellent plus largement les approches féministes des dimensions sexuelles de la culture populaire, des technologies de communication et des industries culturelles et créatives. Nous reviendrons d’abord sur deux moments fondateurs des porn studies : la photographie de l’hystérie de Jean-Martin Charcot vue par Linda Williams et les photographies de nus noirs masculins de Robert Mapplethorpe vues par Kobena Mercer. La présentation de recherches contemporaines sur la pornographie en ligne nous permettra ensuite de comprendre comment les porn studies se déplacent aujourd’hui des enjeux de représentation vers les questions d’affect et de redistribution.

Directeur de l’ouvrage « Cultures pornographiques. Anthologie des porn studies » (Éditions Amsterdam, 2015), Florian Vörös enseigne la sociologie de la culture et de la communication et a réalisé une thèse sur les usages de la pornographie et les constructions de la masculinité à l’IRIS-EHESS.

Enregistré le 4 juin 2015 à l'École du Louvre.

[Paris • France]

 

A l’occasion du Black(s) to the Future – FESTIVAL #2, nous avons tenté d’explorer ce que peut bien vouloir dire, et sur quelle(s) base(s), aujourd’hui en France et à Paris, « faire communauté ». 

 

Génération née de l’utopie « BLACK BLANC BEUR », une figure et un espace se sont alors dessinés, celles du lascar et de la jungle. « Urbaine ou primaire, zone de rejet et fantastique canopée, la jungle est un espace à partir duquel le statut de l’homme et ses modes d’existences sont invariablement remis en cause : figure sauvage ou conquérante, migrant ou résident, avatar marginal… Le lascar serait lors de ceux qui ont traversé la mer pour n’échouer aujourd’hui qu’en un sens bruyamment péjoratif. Mais si nous lui redonnions la valeur de sa propre définition – soldat, mercenaire, matelot, tapageur… -, ne retrouverait-il pas la capacité d’évoluer et de façonner un domaine qui fut toujours et d’instinct, le sien ? »

avec : Nadia Yala Kisukidi, Olivier Marboeuf + Nadir Khanfour // blackstothefuture.com

[Les Lilas • France]

 

Pour le 30ème Lundi de Phantom, João Vieira Torres nous emmène sur les traces d’Aurora, sa grand-mère disparue, sage-femme et guérisseuse pendant plus de quarante ans dans le Sertão profond du Nordeste brésilien.

 

Hanté par des apparitions et des voix, son personnage, devenu lui-même un fantôme après son exil en Europe, décide de revenir dans cette région désertique où l’évangélisme gagne du terrain. Lors de ce parcours initiatique où il ne sait ce qu’il cherche, il fera de nombreuses rencontres et chacun souhaitera lui transmettre des histoires, souvent tragiques, de femmes disparues. Il devra transporter malgré lui ce terrible héritage jusqu’à une destination mystérieuse.

 

La figure d’Aurora planait déjà sur le précédent film de João Vieira Torres, Les enfants fantômes. Il poursuit avec Aurora une écriture qui glisse du documentaire à la fiction.

 

João Vieira Torres est né à Recife, Brésil, en 1981. Il vit et travaille depuis 2002 à Paris. Sa pratique inclut la photographie, le cinéma, l’art vidéo et la performance et s’intéresse à la difficulté à de trouver un ancrage, qu’il soit territorial, identitaire ou corporel.

Future Climates : Graduating to Numbers 3/3

[Paris • France ]

 

Graduating to Numbers

How can the use of financial tools lead to emancipation from public subsidies and private donations for small-scale organizations and network ? How can new forms of transparency and redistribution be obtained through the use of financial design ? 

 

Victoria Ivanova‘s presentation will focus on financial reorganization as a key battleground in fostering a more diverse and sustainable art ecology.

 

 

Enregistré à Kadist dans le cadre de l'exposition State (in) concepts par Victor Donati le 23 novembre 2017. Mixé par Victor Donati.

Future Climates : Graduating to Numbers 2/3

[Paris • France ]

 

Graduating to Numbers

How can the use of financial tools lead to emancipation from public subsidies and private donations for small-scale organizations and network ? How can new forms of transparency and redistribution be obtained through the use of financial design ? 

 

Vermeir & Heiremans work at the intersection of contemporary art and finance markets. The artists will present “Art House Index”,and discuss fragments of their film MASQUERADE, a narrative on trust and confidence. The film focuses on the financialisation of the artists’ house, which in their practice they have defined as an artwork. MASQUERADE is live-edited through the actual performance of the Art House Index, a financial tool that measures the value of the “art house.”

 

 

Enregistré à Kadist dans le cadre de l'exposition State (in) concepts par Victor Donati le 23 novembre 2017. Mixé par Victor Donati.

[Paris • France ]

 

Graduating to Numbers

How can the use of financial tools lead to emancipation from public subsidies and private donations for small-scale organizations and network ? How can new forms of transparency and redistribution be obtained through the use of financial design ? 

 

Part 1 

00 : 03 : 13 — Antonia Alampi and ILiana Fokianaki

Future Climates discusses its research program in Athens and introduces its next step towards constituting a core group for engineering a new small-scale nonprofit model to be adapted in places with weak infrastructures for arts and culture.

Presentation of short case studies 

00 : 31 : 21 — GIULIA PALOMBA will present the Cultural Cooperative Network deriving from Future Climate’s first chapter, an international circuit designed to facilitate social and economic relations between cultural actors and provide them with a common mutual aid fund, as well as with complementary payment and credit tools for self-management, self employment, and economic autonomy. 

 

00 : 44 : 49 — W.A.G.E presents WAGENCY, a forthcoming initiative that will introduce new tools for self regulation into both the non-profit end for-profit sectors, in an effort to organize artists and institutions along with buyers and sellers of art, around a shared politics of labor.

 

01 : 04 : 10 — Discussion

 

Enregistré à Kadist dans le cadre de l'exposition State (in) concepts par Victor Donati le 23 novembre 2017. Mixé par Victor Donati.

[Les Lilas • France]

 

Pour ce 29è Lundi de Phantom, le cinéaste Jérémy Gravayat présente son projet Atlas, enquête qu’il mène depuis cinq ans sur l’histoire et l’actualité des bidonvilles de Seine-Saint-Denis. Recueil de témoignages, recherches d’archives, publication d’un journal, activités militantes et tournage d’un film composent les diverses étapes de ce cheminement au long cours, en compagnie d’habitants.

 

Jérémy Gravayat réalise des films (documentaires, fictions) questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et de l’histoire des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte et Calais, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération lyonnaise, habitants des bidonvilles.

 

Travaillant conjointement l’archive et le document, le documentaire et la fiction, l’histoire orale et la topographie, les trois films projetés au cours de cette soirée sont proposés comme des chapitres fragmentaires d’un long-métrage en cours de montage, qui sera finalisé en 2018.

Bathing in Contagious Liquids — Discussion autour du film «Maldito sea tu nombre, liber­tad»

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

17h30 Élisabeth Lebovici et Clara López Menéndez échangeront autour du film de Vladimir Ceballos, des « liqui­des pré­cieux » ana­ly­sés par Lebovici dans son récent ouvrage Ce que le sida m’a fait : art et acti­visme à la fin du XXe siècle (Paris, Les pres­ses du réel, 2017), et de la poro­sité, la fra­gi­lité et la rela­tion­na­lité des corps.

 

La confron­ta­tion entre le bloc capi­ta­liste et le bloc com­mu­niste a pris fin en 1989. Alors que Cuba, hau­te­ment dépen­dante du sou­tien sovié­ti­que, en a été for­te­ment dés­ta­bi­li­sée, le gou­ver­ne­ment de Fidel Castro a raf­fermi son insis­tance sur les valeurs socia­lis­tes telles que défi­nies par le parti. Celles-ci contras­taient avec les goûts musi­caux et esthé­ti­ques de jeunes cubain.es pas­sioné.es de rock appelé.es roquer@s, consi­déré.es par les auto­ri­tés comme por­tant l’indi­vi­dua­lisme et la disi­den­cia, et sévè­re­ment réprimé.es en consé­quence.

 

En réponse au har­cè­le­ment poli­cier envers cette sub­culture, plu­sieurs de ses mem­bres ont décidé de s’ino­cu­ler volon­tai­re­ment le VIH pour échapper au ser­vice mili­taire, au tra­vail forcé ou à l’empri­son­ne­ment. Ils et elles ont vécu leurs cour­tes vies dans les sana­to­riums créés par le gou­ver­ne­ment cubain pour conte­nir l’épidémie. Maldito sea tu nombre, liber­tad est un pré­cieux docu­ment attes­tant de ce phé­no­mène comme d’une réponse à la répres­sion poli­ti­que. Tourné en secret avec peu de moyens le temps d’un week-end dans la pro­vince cubaine de Pinar del Río en 1994, ce film pré­sente une des quel­ques rares traces de cette tra­gé­die sociale com­plexe.

Bathing in Contagious Liquids — Intro du film «Maldito sea tu nombre, liber­tad»

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

16h30 Projection de Maldito sea tu nombre, liber­tad de Vladimir Ceballos, USA, 1994, espa­gnol sous-titré anglais, 61’

 

La confron­ta­tion entre le bloc capi­ta­liste et le bloc com­mu­niste a pris fin en 1989. Alors que Cuba, hau­te­ment dépen­dante du sou­tien sovié­ti­que, en a été for­te­ment dés­ta­bi­li­sée, le gou­ver­ne­ment de Fidel Castro a raf­fermi son insis­tance sur les valeurs socia­lis­tes telles que défi­nies par le parti. Celles-ci contras­taient avec les goûts musi­caux et esthé­ti­ques de jeunes cubain.es pas­sioné.es de rock appelé.es roquer@s, consi­déré.es par les auto­ri­tés comme por­tant l’indi­vi­dua­lisme et la disi­den­cia, et sévè­re­ment réprimé.es en consé­quence.

 

En réponse au har­cè­le­ment poli­cier envers cette sub­culture, plu­sieurs de ses mem­bres ont décidé de s’ino­cu­ler volon­tai­re­ment le VIH pour échapper au ser­vice mili­taire, au tra­vail forcé ou à l’empri­son­ne­ment. Ils et elles ont vécu leurs cour­tes vies dans les sana­to­riums créés par le gou­ver­ne­ment cubain pour conte­nir l’épidémie. Maldito sea tu nombre, liber­tad est un pré­cieux docu­ment attes­tant de ce phé­no­mène comme d’une réponse à la répres­sion poli­ti­que. Tourné en secret avec peu de moyens le temps d’un week-end dans la pro­vince cubaine de Pinar del Río en 1994, ce film pré­sente une des quel­ques rares traces de cette tra­gé­die sociale com­plexe.

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

15h30 Introduction et mot de bien­ve­nue par Lotte Arndt et Lucas Morin (com­mis­sai­res de l’expo­si­tion)

 

Dans l’expo­si­tion de Candice Lin, des liqui­des en cir­cu­la­tion lient corps animés et ina­ni­més, fai­sant réson­ner des récits dis­tants en appa­rence. L’océan Atlantique, pré­sent à tra­vers les his­toi­res déve­lop­pées dans l’expo­si­tion, contient la mémoire des afri­cain.e.s escla­va­gisé.e.s jeté.e.s par dessus bord par les négriers, vou­lant ainsi tou­cher des primes d’assu­rance. C’est ce même océan que l’écrivain James Baldwin a tra­versé pour s’éloigner pen­dant des années du racisme sys­té­mi­que pré­va­lant aux Etats-Unis et le dénon­cer en se concen­trant sur l’écriture.

Les liqui­des cons­ti­tuent les corps et en brouillent les limi­tes. Dans l’espace d’expo­si­tion, un mélange de pisse dis­til­lée, d’eau de la Seine et de plan­tes infu­sées est pompé vers un sys­tème de bru­mi­sa­tion qui main­tient une cham­bre en por­ce­laine non-cuite dans un état d’humi­dité. L’air moite et odo­rant pro­duit par ce sys­tème emplit la pièce et met en jeu tous les corps pré­sents, indif­fé­rem­ment de leur statut d’ani­méité.

 

Les tra­vaux des inter­ve­nan­tes invi­tées por­tent sur les liqui­des et leurs usages artis­ti­ques, en par­ti­cu­lier l’impact de l’épidémie de sida, ainsi que les pra­ti­ques queer et fémi­nis­tes dans le champ de l’art et au-delà.

Precarious Homes — Discussion autour du film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) »

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

17h30 Discussion autour du film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) » d’Aykan Safoğlu, TUR/GER 2013, turc sous-titré anglais, 24 min

 

Dans cet essai fil­mo­gra­phi­que dense, Aykan Safoğlu entre­mêle des éléments du récit datant de l’époque où James Baldwin résida en Turquie avec des éléments auto­bio­gra­phi­ques. Entre 1961 et 1971, l’écrivain Noir amé­ri­cain a passé une partie impor­tante de son temps en Turquie, lui offrant l’espace néces­saire pour se consa­crer à l’écriture. Bien qu’il fut cha­leu­reu­se­ment accueilli par ses amis turcs, par la com­mu­nauté d’artis­tes et d’écrivain.e.s, il fit également l’expé­rience du racisme et fut sévè­re­ment battu durant son séjour. Comme le sug­gère Magdalena J. Zaborowska dans son étude des liens tissés par Baldwin en Turquie, ses séjours lui ont permis de « se réin­ven­ter en tant qu’écrivain Noir et queer et de reconsi­dé­rer sa concep­tion de l’iden­tité amé­ri­cain et des rela­tions racia­les états-unien­nes alors que les années 60 tou­chaient à leur fin. » Safoğlu lui même gran­dit à Istanbul dans les années 1980 et 1990. À l’âge adulte, il quitta la Turquie pour Berlin, ville qui lui pro­cura davan­tage de pos­si­bi­li­tés pour com­bler ses aspi­ra­tions d’artiste queer, mais fut exposé à la pré­ca­rité des permis de rési­dence de courte durée et au racisme en Allemagne.

 

À partir d’archi­ves, le réa­li­sa­teur entre­lace les évolutions artis­ti­ques de Baldwin, des repré­sen­ta­tions de l’écrivain par des artis­tes (parmi les­quel­les l’un des célè­bres tableaux de Beauford Delaney, et une pho­to­gra­phie de Sedat Pakay), et des traces de son enfance et de son ado­les­cence. Des stra­té­gies de résis­tance face au racisme et à l’homo­pho­bie sont pré­sen­tes dans ce récit. Alors que Safoğlu pointe l’attrait pour la blan­cheur et la blon­deur pré­sent dans la culture popu­laire turque et amé­ri­caine des années 1990 ; il prend cons­cience du conflit qui existe entre ses pro­pres désirs sexuels et les repré­sen­ta­tions hété­ro­nor­ma­ti­ves. Sur son statif de repro­duc­tion, Safoğlu initie un dia­lo­gue trans­his­to­ri­que avec Baldwin per­met­tant de faire réson­ner les choix et les expé­rien­ces de l’écrivain avec les siens.

 

Récompensé au Festival International du Court-Métrage de Oberhausen en 2013. Le film pro­jeté a été sélec­tionné par Clara López Menéndez.

Precarious Homes — Introduction du film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) »

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

17h00 Projection de « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) » d’Aykan Safoğlu, TUR/GER 2013, turc sous-titré anglais, 24 min

 

Dans cet essai fil­mo­gra­phi­que dense, Aykan Safoğlu entre­mêle des éléments du récit datant de l’époque où James Baldwin résida en Turquie avec des éléments auto­bio­gra­phi­ques. Entre 1961 et 1971, l’écrivain Noir amé­ri­cain a passé une partie impor­tante de son temps en Turquie, lui offrant l’espace néces­saire pour se consa­crer à l’écriture. Bien qu’il fut cha­leu­reu­se­ment accueilli par ses amis turcs, par la com­mu­nauté d’artis­tes et d’écrivain.e.s, il fit également l’expé­rience du racisme et fut sévè­re­ment battu durant son séjour. Comme le sug­gère Magdalena J. Zaborowska dans son étude des liens tissés par Baldwin en Turquie, ses séjours lui ont permis de « se réin­ven­ter en tant qu’écrivain Noir et queer et de reconsi­dé­rer sa concep­tion de l’iden­tité amé­ri­cain et des rela­tions racia­les états-unien­nes alors que les années 60 tou­chaient à leur fin. » Safoğlu lui même gran­dit à Istanbul dans les années 1980 et 1990. À l’âge adulte, il quitta la Turquie pour Berlin, ville qui lui pro­cura davan­tage de pos­si­bi­li­tés pour com­bler ses aspi­ra­tions d’artiste queer, mais fut exposé à la pré­ca­rité des permis de rési­dence de courte durée et au racisme en Allemagne.

 

À partir d’archi­ves, le réa­li­sa­teur entre­lace les évolutions artis­ti­ques de Baldwin, des repré­sen­ta­tions de l’écrivain par des artis­tes (parmi les­quel­les l’un des célè­bres tableaux de Beauford Delaney, et une pho­to­gra­phie de Sedat Pakay), et des traces de son enfance et de son ado­les­cence. Des stra­té­gies de résis­tance face au racisme et à l’homo­pho­bie sont pré­sen­tes dans ce récit. Alors que Safoğlu pointe l’attrait pour la blan­cheur et la blon­deur pré­sent dans la culture popu­laire turque et amé­ri­caine des années 1990 ; il prend cons­cience du conflit qui existe entre ses pro­pres désirs sexuels et les repré­sen­ta­tions hété­ro­nor­ma­ti­ves. Sur son statif de repro­duc­tion, Safoğlu initie un dia­lo­gue trans­his­to­ri­que avec Baldwin per­met­tant de faire réson­ner les choix et les expé­rien­ces de l’écrivain avec les siens.

 

Récompensé au Festival International du Court-Métrage de Oberhausen en 2013. Le film pro­jeté a été sélec­tionné par Clara López Menéndez.

Precarious Homes — Squatting Giovanni’s Room — Discussion

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

16h30 Discussion autour de la conférence performative « Squatting Giovanni’s Room (Squatter la Chambre de Giovanni) » par Jamika Ajalon

 

Cette confé­rence per­for­ma­tive se concen­tre sur les com­plexi­tés de l’alté­rité telle que décrite dans les textes de Baldwin. Elle se basera sur ses œuvres Notes of a Native Son, Another Country, et Giovanni’s Room (La Chambre de Giovanni). Les frag­ments issus de ces textes s’entre­mê­le­ront à une auto­bio-mytho­gra­phie : Baldwin ne m’a pas sim­ple­ment ras­su­rée à une période où je me sen­tais alié­née ; il m’a également poussé à regar­der les choses avec un œil « futu­riste », par-delà les concep­tions essen­tia­li­sées de l’iden­tité.

 

Alors que le dis­cours hégé­mo­ni­que blanc pro­po­sait une pola­ri­sa­tion sim­pli­fiée du « blanc vs noir » et que les codes en usage dans une large partie de la rhé­to­ri­que afro­cen­trée excluait les expé­rien­ces queer et alter­na­ti­ves des per­son­nes raci­sées, les récits de Baldwin aux mul­ti­ples facet­tes arti­cu­laient géné­reu­se­ment les com­plexi­tés des iden­ti­tés inter­sub­jec­ti­ves. Elles ont fourni un refuge pré­caire pour l’expé­rience dia­spo­ri­que qui était la mienne, celle d’une fémi­niste Noire amé­ri­caine qui a vécu et tra­vaillé en Europe depuis pres­que 20 années.

 

Cette anti-confé­rence audio-visuelle rési­de dans un espace inter­mé­diaire tou­jours en mou­ve­ment, ali­menté de sons, d’apar­tés phi­lo­so­phi­ques, de vidéos, de prose et de poésie, le tout abordé à tra­vers un prisme afro-futu­riste.

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

16h00 Squatting Giovanni’s Room (Squatter la Chambre de Giovanni) par Jamika Ajalon, une anti-confé­rence audio-visuelle

 

Cette confé­rence per­for­ma­tive se concen­trera sur les com­plexi­tés de l’alté­rité telle que décrite dans les textes de Baldwin. Elle se basera sur ses œuvres Notes of a Native Son, Another Country, et Giovanni’s Room (La Chambre de Giovanni). Les frag­ments issus de ces textes s’entre­mê­le­ront à une auto­bio-mytho­gra­phie : Baldwin ne m’a pas sim­ple­ment ras­su­rée à une période où je me sen­tais alié­née ; il m’a également poussé à regar­der les choses avec un œil « futu­riste », par-delà les concep­tions essen­tia­li­sées de l’iden­tité.

 

Alors que le dis­cours hégé­mo­ni­que blanc pro­po­sait une pola­ri­sa­tion sim­pli­fiée du « blanc vs noir » et que les codes en usage dans une large partie de la rhé­to­ri­que afro­cen­trée excluait les expé­rien­ces queer et alter­na­ti­ves des per­son­nes raci­sées, les récits de Baldwin aux mul­ti­ples facet­tes arti­cu­laient géné­reu­se­ment les com­plexi­tés des iden­ti­tés inter­sub­jec­ti­ves. Elles ont fourni un refuge pré­caire pour l’expé­rience dia­spo­ri­que qui était la mienne, celle d’une fémi­niste Noire amé­ri­caine qui a vécu et tra­vaillé en Europe depuis pres­que 20 années.

 

Cette anti-confé­rence audio-visuelle rési­dera dans un espace inter­mé­diaire tou­jours en mou­ve­ment, ali­menté de sons, d’apar­tés phi­lo­so­phi­ques, de vidéos, de prose et de poésie, le tout abordé à tra­vers un prisme afro-futu­riste.

Precarious Homes — A Reading from James Baldwin’s Giovanni’s Room

[Paris • France]

 

[Son en anglais]

 

La décla­ra­tion de James Baldwin selon laquelle il ne se sen­tait chez lui que là où il était étranger atteste de son expé­rience pro­lon­gée de non-appar­te­nance. Ses dépla­ce­ments fré­quents en dehors des Etats-Unis, ses exils et ses voya­ges appa­rais­sent comme des stra­té­gies pré­cai­res pour échapper au racisme et à l’homo­pho­bie, sans jamais y par­ve­nir. Son désir de sta­bi­lité domes­ti­que, jamais plei­ne­ment assouvi, était inti­me­ment lié aux dis­cri­mi­na­tions racis­tes sys­té­mi­ques comme indi­vi­duel­les, et aux efforts inces­sants qu’il déploya pour lutter contre celles-ci.

Au-delà des États-Unis, les séjours étendus de l’écrivain à Paris, à Istanbul et à Saint-Paul-de-Vence for­mè­rent des étapes plus ou moins hos­pi­ta­liè­res, au cours des­quel­les des ami­tiés fortes se cons­ti­tuaient, le sou­la­geant momen­ta­né­ment de ses souf­fran­ces émotionnelles et socia­les, des contrain­tes col­lec­ti­ves et indi­vi­duel­les.

 

Dans les écrits de Baldwin, le foyer est décrit comme le résul­tat pré­cieux et pré­caire d’un enga­ge­ment émotionnel auda­cieux, défiant les normes, et moquant les caté­go­ries et les tabous raciaux et sexuels. Un don de soi qu’il décrit dans La Chambre de Giovanni comme « la puan­teur de l’amour ». Les ras­sem­ble­ments noc­tur­nes débor­dants qui avaient lieu sur la ter­rasse de sa maison en Provence ont ins­pi­rés The Welcome Table, l’un de ses der­niers textes, laissé ina­chevé. Aujourd’hui menacé par la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe, l’endroit abri­tait une com­mu­nauté cons­ti­tuée par des pro­ches et des inconnu.e.s deve­nant ami.e.s, pas­sant leurs nuits à dis­cu­ter, à se confron­ter, à se réconci­lier en pre­nant soin les un.e.s des autres.

 

Les artis­tes par­ti­ci­pant à cet événement public ont choisi de se rap­por­ter à Baldwin à partir d’affi­ni­tés électives, de faire réson­ner leurs tra­jec­toi­res dia­spo­ri­ques avec les erran­ces qui jalon­nè­rent la vie de l’écrivain, et de négo­cier les fron­tiè­res per­pé­tuel­le­ment chan­gean­tes des attri­bu­tions racia­les et des désirs sexuels.

[Paris • France]

 

[Son en anglais]


15h45 Accueil et intro­duc­tion avec Lotte Arndt, Lucas Morin (com­mis­sai­res de l’expo­si­tion) et Regina Barunke (Temporary Gallery, Cologne)

 

La décla­ra­tion de James Baldwin selon laquelle il ne se sen­tait chez lui que là où il était étranger atteste de son expé­rience pro­lon­gée de non-appar­te­nance. Ses dépla­ce­ments fré­quents en dehors des Etats-Unis, ses exils et ses voya­ges appa­rais­sent comme des stra­té­gies pré­cai­res pour échapper au racisme et à l’homo­pho­bie, sans jamais y par­ve­nir. Son désir de sta­bi­lité domes­ti­que, jamais plei­ne­ment assouvi, était inti­me­ment lié aux dis­cri­mi­na­tions racis­tes sys­té­mi­ques comme indi­vi­duel­les, et aux efforts inces­sants qu’il déploya pour lutter contre celles-ci.

Au-delà des États-Unis, les séjours étendus de l’écrivain à Paris, à Istanbul et à Saint-Paul-de-Vence for­mè­rent des étapes plus ou moins hos­pi­ta­liè­res, au cours des­quel­les des ami­tiés fortes se cons­ti­tuaient, le sou­la­geant momen­ta­né­ment de ses souf­fran­ces émotionnelles et socia­les, des contrain­tes col­lec­ti­ves et indi­vi­duel­les.

 

Dans les écrits de Baldwin, le foyer est décrit comme le résul­tat pré­cieux et pré­caire d’un enga­ge­ment émotionnel auda­cieux, défiant les normes, et moquant les caté­go­ries et les tabous raciaux et sexuels. Un don de soi qu’il décrit dans La Chambre de Giovanni comme « la puan­teur de l’amour ». Les ras­sem­ble­ments noc­tur­nes débor­dants qui avaient lieu sur la ter­rasse de sa maison en Provence ont ins­pi­rés The Welcome Table, l’un de ses der­niers textes, laissé ina­chevé. Aujourd’hui menacé par la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe, l’endroit abri­tait une com­mu­nauté cons­ti­tuée par des pro­ches et des inconnu.e.s deve­nant ami.e.s, pas­sant leurs nuits à dis­cu­ter, à se confron­ter, à se réconci­lier en pre­nant soin les un.e.s des autres.

 

Les artis­tes par­ti­ci­pant à cet événement public ont choisi de se rap­por­ter à Baldwin à partir d’affi­ni­tés électives, de faire réson­ner leurs tra­jec­toi­res dia­spo­ri­ques avec les erran­ces qui jalon­nè­rent la vie de l’écrivain, et de négo­cier les fron­tiè­res per­pé­tuel­le­ment chan­gean­tes des attri­bu­tions racia­les et des désirs sexuels.

La pédagogie institutionnelle dans le contexte artistique 2/2

[Noisy-le-sec • France]

 

Quels sont les usages sociaux de l’art ? En quoi la pédagogie institutionnelle peut-elle trouver des échos dans le champ artistique et dans la médiation au sens large ? Quels rôles pour les centres d’art dans les champs politique et social ? L’exposition est-elle un médium pertinent pour travailler avec les publics à l’échelle locale ? Comment rendre compte d’une expérience sans la trahir à travers sa restitution ? Avec qui et comment partager ces expériences au long cours ? Comment les centres d’art travaillent-ils avec des communautés spécifiques sur leurs territoires ?

 

Une discussion avec Avec l’artiste Achim Lengerer, Janine Halka et Suza Husse (District, Berlin), Anna Manubens (CAPC, Bordeaux), la curatrice Vanessa Desclaux, Olivier Marboeuf (Khiasma, Les Lilas), l’artiste Hélène Deléan, Emilie Renard (directrice de La Galerie), Florence Marqueyrol (responsable du service des publics de la Galerie), Clio Raterron (chargée du jeune public et de la médiation à la Galerie), Catalina Rugeles (étudiante à l’Université Paris 8 Saint-Denis et stagiaire à la Galerie)


Timeline 

00 : 00 : 00 — Vanessa Desclaux, Introduction
00 : 03 : 42 — Anna Manubens (CAPC, Bordeaux)
00 : 39 : 02  — Olivier Marboeuf (Khiasma, Les Lilas)
01 : 17 : 20 — Discussion

 

Enregistré le 29 septembre par Simon Marini à la Galerie. Mixé par Victor Donati.

[Noisy-le-sec • France]

 

Quels sont les usages sociaux de l’art ? En quoi la pédagogie institutionnelle peut-elle trouver des échos dans le champ artistique et dans la médiation au sens large ? Quels rôles pour les centres d’art dans les champs politique et social ? L’exposition est-elle un médium pertinent pour travailler avec les publics à l’échelle locale ? Comment rendre compte d’une expérience sans la trahir à travers sa restitution ? Avec qui et comment partager ces expériences au long cours ? Comment les centres d’art travaillent-ils avec des communautés spécifiques sur leurs territoires ?

 

Une discussion avec Avec l’artiste Achim Lengerer, Janine Halka (District, Berlin), Anna Manubens (CAPC, Bordeaux), la curatrice Vanessa Desclaux, Olivier Marboeuf (Khiasma, Les Lilas), l’artiste Hélène Deléan, Emilie Renard (directrice de La Galerie), Florence Marqueyrol (responsable du service des publics de la Galerie), Clio Raterron (chargée du jeune public et de la médiation à la Galerie), Catalina Rugeles (étudiante à l’Université Paris 8 Saint-Denis et stagiaire à la Galerie)


Timeline

Introduction et présentation du projet
00 : 00 : 00 — Emilie Renard 

Groupe de recherche « La Presse »
00 : 07 : 39 — Vanessa Desclaux 
00 : 15 : 58 — Florence Marqueyrol
00 : 22 : 02 — Vanessa Desclaux
00 : 24 : 51 — Clio Raterron
00 : 29 :25 — Catalina Rugeles
00 : 36 : 07 — Achim Lengerer

District, lieu d’art à Berlin (Anglais) 
00 : 47 : 45 — Janine Halka

 

 

Enregistré le 29 septembre par Simon Marini à la Galerie. Mixé par Victor Donati.

[Les Lilas • France]

 

Le projet Répertoires animés mené en collaboration avec le Mundaneum de Mons se confronte en particulier à l’archive et au document comme matières premières d’une recherche autour du réagencement performatif de l’image et de la mémoire. Cela fait un certain temps que le projet visionnaire du Mundaneum de Paul Otlet – bibliographe et collectionneur visionnaire du 20e siècle – a été réinscrit dans l’histoire comme antécédent d’internet, réinvesti du titre de « google ante-litteram ». Cependant, la vision d’un centre de documentation universel éducatif et social, accessible à tous sans élitisme intellectuel, technologique ou social, capable de tisser des liens évolutifs, toujours en voie de construction, entre des ressources hétérogènes, constituant ainsi « un véritable cerveau mécanique et collectif », nous semble préconiser et ouvrir des possibles bien plus larges et prometteurs que la simple préfiguration d’un moteur de recherche et de son quasi-monopole de l’internet aujourd’hui.

 

Du 6 au 10 novembre, l’ARG a été en résidence à Khiasma et a travaillé une proposition d’installation dans l’espace de ses recherches, sous la forme d’une « constellation mouvante » de différents éléments, dont l’agencement et la dramaturgie ont évolué jour après jour : performances et projections de films de certains des membres et d’auteurs invités ; exposition de traces du projet Répertoires animés et création sur place de nouveaux processus de travail ; conversations avec des intervenants extérieurs ; etc. Cette est la restitution de cette résidence.

L'enregistrement a été réalisé le 10 novembre à l'espace Khiasma part Esther Porylès. Le mixage a était réalisé par Victor Donati.

La représentation du corps en environnement virtuel

[Antibes • France]

 

Avertissement : Les aléas de la situation ont contraint l’enregistrement à une qualité en dessous de nos exigences. Cela étant dit, La R22 Tout-monde et l’antenne « Les lendemains hybrides» ont souhaité conserver sa diffusion afin de permettre l’accès à ce document en tant que ressource pour la pensée. 

 

Philippe Fuchs ( Réalité virtuelle, école des Mines) aborde le bouleversement progressif qui est en train de se produire avec les systèmes immersifs et interactifs émergents, provenant des techniques de réalité virtuelle. Celle-ci est un nouvel outil performant dans le domaine de la Santé, proposant depuis au moins dix ans des thérapies virtuelles en psychiatrie ou en rééducation fonctionnelle ou sensorimotrice. Inversement, elle va être progressivement exploitée par tout public pour des applications ludiques ou artistiques, en ayant un impact sur la représentation du corps, différente de celle en environnement réel. En particulier, ce domaine donne une importance à la proprioception et génère des incohérences sensorimotrices, certaines perturbantes. Des éventuels impacts sanitaires doivent être connus par tout praticien.

 

Philippe Fuchs est professeur de Réalité Virtuelle à Mines ParisTech. Il est un des acteurs majeurs du domaine de la réalité virtuelle en France. En particulier, il est l’auteur principal et le directeur de l’ouvrage collectif « Traité de la réalité virtuelle » avec 101 auteurs. Il vient de publier (mai 2016) un livre sur « Les casques de réalité virtuelle et de jeux vidéo » (www.pressesdesmines.com). Il fut président de l’Association Française de la Réalité Virtuelle (www.af-rv.fr).

En plus de son travail de recherche depuis plus de 25 ans dans le domaine, P. Fuchs nous sensibilise aussi à la dimension phénoménologique de l’expérience vécue. Et la question de notre corporéité, il ne l’expérimente pas seulement sous l’angle de la réalité virtuelle. Ultramarathonien ayant notamment parcouru Paris-Athènes (lors des J.O.) puis Paris-Pekin 4 ans plus tard, il a cultivé au fil de ses expériences une réflexion qui fait écho à « l’être au monde » de Merleau-Ponty.

 

Enregistrement lors des journées annuelles de psychomotricité, qui se sont déroulées à Antibes en octobre 2017.

 

Voir aussi le webdoc animé de Laurent Bonnotte, Grandir à l’ère du virtuel (ép. 7 des lendemains hybrides). Lien : https://vimeo.com/233097109

Enregistré lors des journées annuelles de psychomotricité, qui se sont déroulées à Antibes en octobre 2017

RêvA – De notre corps en Rêverie Augmentée

[Antibes • France]

 

Avertissement : Les aléas de la situation ont contraint l’enregistrement à une qualité en dessous de nos exigences. Cela étant dit, La R22 Tout-monde et l’antenne « Les lendemains hybrides» ont souhaité conserver sa diffusion afin de permettre l’accès à ce document en tant que ressource pour la pensée. 

 

A partir d’un exposé sur l’œuvre et son protocole d’expérimentation, Nathalie Delprat nous offre une exploration des liens entre matérialité virtuelle, conscience corporelle et imaginaire à travers ce dispositif interactif, qui permet d’expérimenter la transformation virtuelle du corps sous forme d’un nuage. L’impact cognitif et émotionnel d’une telle transformation est directement lié aux propriétés de la matière simulée et résulte d’illusions perceptives mais aussi de l’adhésion imaginative à l’image d’un corps nuageux. En tant que support de (re)médiation, l’immersion interactive RêvA peut aussi bien être vécue sous l’angle esthétique que sous celui des sciences médicales et humaines. Ce projet en évolution entrouvre les portes sur une clinique complexe qui interroge notre corporéité. La rêverie selon Gaston Bachelard s’est glissée dans la brume algorithmique.

 

Nathalie Delprat effectue ses recherches au LIMSI-CNRS à Orsay où elle est responsable de la thématique transverse VIDA (Virtualité Interaction, Design et Art). Particulièrement intéressée par l’approche recherche et création, son travail scientifique et artistique explore l’impact cognitif et la dimension poétique d’un changement virtuel de densité corporelle en celle d’un nuage grâce à l’installation interactive RêvA.

 

00:00:15 – Présentation du projet RêvA

00:05:05 – Présentation des protocoles d’expérimentation et aperçus de certains résultats

00:15:00 – La question du vécu émotionnel et de la conscience de soi

00:18:30 – La question de la rêverie

 

 

Enregistré lors des journées annuelles de psychomotricité, qui se sont déroulées à Antibes en octobre 2017

[Saint-Denis • France]

 

Politiques de la jeunesse

 

Modération : Daria Saburova

Abel Bedecarrax : le caractère politique et les enjeux stratégiques du mouvement étudiant et lycéen

Louise Poulain : écoles en lutte à são Paulo (Brésil, 2014-2016) : résistances et politisation de la jeunesse

 

[Saint-Denis • France]

 

Médias, la nouvelles trahison des clercs 

 

Modération : Ernest Moret

Aude Lancin : Journaliste (00:01:04)

Edwy Plenel : Co-fondateur de Mediapart (00:32:17)

Daniel Schneidermann : Fondateur d’Arrêt sur images (00:59:10)

 

 

Questions à partir de 01:23:06

[Saint-Denis • France]

 

Modération : Grégory Bekhtari

Timothée Nay : Un universel disputé comme espace d’une alliance anti-raciste ? Une expérience de lecture de C. L. R. James

Zacharias Zoubir : Les Damnés de l’angleterre ? L’actualité de la controverse entre robert miles et les premières cultural studies

Jules Crétois : Le concept d’idéologie implicite appliqué aux luttes migratoires françaises

[Saint-Denis • France]

 

Révolution : De Juin 1848 à Alep

 

Modération : Jean Batou

Francis Sitel : Que veut dire ce nom de révolution ? (00:02:05)

Michèle Riot-Sarcey : L’oubli des révolutions, l’oubli des peuples (00:15:23)

Ziad Majed : Révolution arabe et question syrienne (00:30:50)

 

Questions à partir de 00:54:00

[Saint-Denis • France]

 

« Santé mentale » : de l’institution à la cure

 

Modération : Matthieu Renault

Valentin Schaepelynck : Folie, aliénation et analyse institutionnelle (00:01:10)

Matthieu Bellahsen : Émancipation falsifiée et pratiques alteratives dans le champ de la folie (00:25:50)

Dario Firenze : Les damnés de la thérapie. Frantz Fanon, l’ethnopsychiatrie et les perspectives

décoloniales et émancipatrices du soin psychologique (00:50:00)

 

Questions à partir de 01:09:55

[Les Lilas • France]

 

« Perdus qui aiment se perdre / belle épine / vaste foin ». En 2013 naît le collectif Jef Klak. Une envie forte et commune de se déplacer, d’aller chercher du politique là où on ne pensait pas en trouver. Visiter les anti-zones, explorer les mirages, les interstices et les zones grises. 

 

« Devenir commun / Faire fou / Hors des sentiers où l’on marche ». Jef Klak taille dans la matière du réel pour trouver prise, mêle poétique et politique, enquête et fiction. Jef Klak, c’est « Monsieur et Madame tout le monde » en flamand, c’est aussi un collectif, un site internet, une revue et un disque de créations sonores. Les textes, images et sons s’y frottent et s’y rencontrent au rythme de la comptine « Trois p’tits chats ».

 

Pour Relectures, le groupe sonore de Jef Klak propose de refaire le chemin en compagnie du public : Marabout , Bout d’ficelle, Selle de Ch’val et Ch’val de course. Une traversée des numéros de Jef Klak par le son, c’est l’occasion de revivre les questions posées, les fonctionnements tâtonnés, en faisant part des expérimentations, écueils et réflexions dans la fabrique du commun et la création en collectif.

L'enregistrement et la diffusion (hertzienne et web) en direct furent réalisés par le collectif Radio BAL et la r22 Tout-monde. Captation réalisée à l'espace Khiasma le 8 octobre 2017. Enregistrement et mixé par Esther Poryles.

[Les Lilas • France]

 

« C’est une proposition que l’on fait pour la rencontre d’aujourd’hui, à Khiasma, ce 7 octobre, en écho à la démarche amorcée ici-même en avril, lors du workshop EVOL qui était un atelier d’une semaine, ici, avec différents collectifs dont la plupart sont à nouveau présents aujourd’hui.

La radio un très bon moyen de donner un support réflexif à la construction des situations relationnelles, de façon plus sensible que d’habitude, puisque son dispositif donne une matérialité à la construction des situations relationnelles et permet justement de défaire les genres de l’intervention et de passer à des registres de parole très différents les uns des autres : la conférence, l’entretien, le récit, etc. Et de là, comment on peut faire varier tous ces genres et modifier les situations relationnelles pour arriver à quelque chose qui prend d’autres sens politiques que ceux auxquels on a affaire tout le temps. »

 

Avec Sophia Djitli, performeuse et poétesse, Yasmina Kebbab, doctorante d’anthropologie et militante, Olivier Marboeuf, performer, curateur, producteur, et Béatrice Rettig, artiste et militante.

 

Au cœur du festival RELECURES, la Nuit Blanche a pris la forme d’une occupation de 24 heures de l’Espace Khiasma du samedi 7 ou dimanche 8 octobre, de midi à midi, en compagnie du collectif π-node et de nombreux invités qui ont peuplé de performances, lectures, conversations et lives, un voyage sur les ondes radio hertziennes du proche au lointain.
 

Ce temps fort a accordé différentes propositions à l’Espace Khiasma, mais aussi dans ses alentours à partir de radio mobiles hertziennes conçues par π-node : des dérives psycho-géographiques locales, des conversations et des performances associant des questions post-coloniales, de genre, de formes de vie minoritaires et des propositions live attachées à la parole, la radio et la matérialité du son.

L'enregistrement et la diffusion (hertzienne et web) en direct furent réalisés par le collectif π-node, Radio BAL et la r22 Tout-monde. Captation réalisée à l'espace Khiasma durant la nuit du 7 au 8 octobre 2017. Enregistrement mixé par Esther Poryles.

[Les Lilas • France]

 

La Permanence.

 

« Nous faisons partie d’un groupe de discussion qui s’appelle la Permanence. À la suite des déclarations racistes de Marie-Thérèse Allier, la directrice de la Ménagerie de verre en avril dernier, nous avons voulu nous réunir en un groupe de personnes désireuses de se questionner sur les discriminations et les préjugés racistes dans le milieu de la danse. » 

 

Au cœur du festival RELECURES, la Nuit Blanche a pris la forme d’une occupation de 24 heures de l’Espace Khiasma du samedi 7 ou dimanche 8 octobre, de midi à midi, en compagnie du collectif π-node et de nombreux invités qui ont peuplé de performances, lectures, conversations et lives, un voyage sur les ondes radio hertziennes du proche au lointain.

 

Ce temps fort a accordé différentes propositions à l’Espace Khiasma, mais aussi dans ses alentours à partir de radio mobiles hertziennes conçues par π-node : des dérives psycho-géographiques locales, des conversations et des performances associant des questions post-coloniales, de genre, de formes de vie minoritaires et des propositions live attachées à la parole, la radio et la matérialité du son.

 

 

Enregistré par le collectif π-node, avec les concours de Radio BAL et de la r22 Tout-monde, à l'espace Khiasma le 7 octobre 2017. Mixé par Esther Poryles.

[Les Lilas • France]

 

Les « Pratiques du hacking » réunissent un groupe* de recherche autour du hacking comme forme emblématique de notre époque. Émanant de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne, elles questionnent depuis 2016 les pratiques artistiques irriguées par l’esprit hacker qui frappe toutes les strates de notre société.

 

Sous la forme d’une conversation ouverte et à l’appui de documents, une partie des membres du groupe  traverse les recherches passées et en cours, présente quelques pistes de travail et partage publiquement ses interrogations sur ce que Pascal Nicolas-le Strat a appelé la « recherche de plein vent »**.

 

Cette soirée est appréhendée comme une étape particulière de travail où la recherche s’envisage hors du terrain habituel du chercheur, à découvert et hors sol. Entre autres questions qui apparaitront au gré des échanges : la situation paradoxale que les Pratiques du hacking soulèvent dans le cadre institutionnel de l’école, l’écart entre les attentes de la recherche et ce que les membres du groupe cherchent déjà en tant qu’artistes et praticiens de la théorie, et les horizons incertains où toute recherche de plein vent nous mène nécessairement.

 

Pour cette soirée, le groupe de recherche invite David-Olivier Lartigaud, professeur spécialisé en théorie et pratiques numériques à l’ESAD Saint-Étienne et à l’ENSBA Lyon. En 2015, il a été co-commissaire avec Samuel Vermeil de l’exposition « A-T-T-E-N-T-I-O-N » à la Biennale Internationale Design Saint-Étienne et co-commissaire en 2013 avec François Brument de l’exposition « Singularité » pour cette même biennale. Il a dirigé l’ouvrage ART++ paru aux éditions HYX (Orléans) en 2011 et Objectiver (éditions Cité du Design-ESADSE) en 2017. Il est docteur en Art et Sciences de l’Art (Esthétique) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

*Le groupe «Pratiques du hacking» regroupe Pierre Akrich, Fabrice Gallis, Tamara Lang, Karine Lebrun, John Lejeune, Jan Middelbos, Julie Morel et Stephen Wright. Seront présents à Khiasma : Karine Lebrun (artiste, enseignante EESAB site de Quimper et coordinatrice des « Pratiques du hacking »), Tamara Lang (étudiante EESAB site de Quimper), Pierre Akrich (artiste), Jan Middelbos (artiste, ouvrier-technicien de plateau et doctorant en esthétique).

Enregistré à l'espace Khiasma le 12 octobre 2017. Mixé par Esther Poryles.

[Les Lilas • France]

 

Pour le deuxième Lundi de Phantom consacré à l’univers de Katia Kameli, l’artiste et vidéaste nous propose de plonger dans la fabrication de son film à épisodes Le Roman Algérien. Une réflexion sur la création d’une archive vivante de l’Algérie contemporaine qui interroge le rapport aux images, aux signes et à la mémoire.

 

Pour le deuxième épisode qu’elle vient d’achever, elle convoque la lecture de Marie-José Mondzain. Née à Alger, la célèbre philosophe des images regarde et commente la mise en récit de l’histoire de ce pays par des femmes militantes à partir de quelques photographies et moments clefs des premières heures de l’Indépendance.

 

Katia Kameli et Marie-José Mondzain prolongent la conversation du film en public et dialoguent autour des enjeux du regard et du geste de l’archiviste.

[Saint-Denis • France]

 

Pour un matérialisme queer

 

Modération : Ernest Moret

Gianfranco Rebucini : Vers un communisme queer. Conscience autonome, désidentification et révolution sexuelle.

Maxime Cervulle et Isabelle Clair : Retour critique sur une controverse : Le féminisme matérialiste (français) face au poststructuralisme

Suzanne Dufour et Barbara de Vivo : Pour une articulation organique entre pensée queer et pensée matérialiste. Analyses situées à partir d’expériences politiques de lutte/vie/travail entre Rome et Paris

[Saint-Denis • France]

 

De l’anti-colonialisme à la critique post-coloniale

 

Modération : Matthieu Renault

Jean-Jacques Cadet : Sur le communisme haïtien

Adler Camilus : Haïti et les sociétés postcoloniales : colonisation de la vie et pathologies sociales postcoloniales

Stéphane Dufoix : Décoloniser les sciences sociales des pays indépendants. Internationalisation des sciences sociales et trajectoires de chercheurs des années 1950 aux années 1970

[Saint-Denis • France]

 

Israël : résister à la colonisation

 

Modération : Selim Nadi

Michèle Sibony : Union Juive française pour la paix (UJFP)

Jean Stern : mirage gay à tel-aviv : le pinkwashing

Imen Habib : Boycott Désinvestissement sanctions (BDS) – La réponse citoyenne et non-violente à

l’impunité d’israël

À la pointe (coupante) des algorithmes

[Les Lilas • France]

 

Dans le cadre d’une journée d’étude organisée par le post-diplôme Documents et art contemporain de l’Ecole européenne supérieure de l’image, et de la publication dédiée à sa recherche, Louis Henderson convie deux théoriciens à proposer des lectures de son travail : Kodwo Eshun et Stephen Wright.

 

Kinesis : du grec ancien κίνησις. 1. Mouvement, particul. mouvement de la danse 2. fig. agitation, trouble, soulèvement.

Cette première exposition monographique en France du cinéaste anglais Louis Henderson s’organise autour de la mise en relation de deux de ses films récents : Black Code Code Noir (2015) et The Sea is History (2016), présenté dans une version de travail. Alors que le premier explore l’archéologie d’Internet pour mettre en lumière le rôle des algorithmes dans le contrôle social et nécropolitique de la communauté afro-américaine aujourd’hui, le second revient en République Dominicaine et à Haïti, à l’endroit même où Christophe Colomb posa le pied en 1492, geste inaugural de la Modernité coloniale.

Les nombreux événements accueillis dans l’espace de Kinesis sont autant d’efforts pour fabriquer collectivement de nouveaux régimes critiques de récit, faire émerger des figures spéculatives, actualiser les héritages des cultural studies tout autant que repenser les pratiques du hacking et notre relation aux nouvelles technologies de l’information. L’exposition Kinesis imagine des chemins et des vocabulaires pour reconstruire une histoire des possibles, rendre visible les persistances du pouvoir et fabuler le désenvoûtement de ses codes par le truchement d’une nouvelle révolution animiste au cœur de la Caraïbe.

00 : 00 : 00 — Olivier Marboeuf

00 : 02 : 34 — Erik Bullot

00 : 12 : 40 — Louis Henderson

00 : 26 : 46 — Kodwo Eshun

01 : 58 : 51 — Stephen Wright 

02 : 40 : 07 — Questions

 

 

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 3/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 2/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf
et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la
participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa
Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam),
Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and
Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales,
FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia
Khurana (artiste).

Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 1/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf
et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la
participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa
Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam),
Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and
Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales,
FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia
Khurana (artiste).

[Les Lilas • France]

 

L’exposition Kinesis accueillera la première des Black Code Sessions, une série de rencontres qui vise à déplier les questions qu’ouvrent le film Black Code/Code Noir, de Louis Henderson, afin d’en assembler de nouvelles versions. Réalisé dans l’urgence en 2015, Black Code/Code Noir est un ciné-tract assemblé en réaction à la mort de deux jeunes afro-américains, Michael Brown et Kajieme Powell, tués par la police. Dans une démarche archéologique, le film concentre de nombreux fragments de récits issus des profondeurs d’Internet pour saisir les origines complexes de ces tragédies. Arguant que derrière ce présent se cache une histoire sédimentée de l’esclavage conservée par les lois françaises du Code Noir et celles américaines dites des Black Codes, écrites au XVIIème siècle, le film suppose que ces codes se sont transformés en algorithmes qui guident les analyses des banques de données de la police et président aujourd’hui au contrôle nécropolitique des afro-américains. Dans un détournement historique vers un passé-futur, ce projet s’intéresse aux origines animistes de la révolution haïtienne comme symbole d’un futur possible. Si le Code Noir était la forme originelle de la gouvernance algorithmique alors la révolution haïtienne fut la première occurrence de son hacking. Aujourd’hui encore ne serait-elle pas un imaginaire capable de déconstruire ce code en le piratant ?

 

Rassemblés pour cette Black Code Session, les participants – chercheurs, artistes, cinéastes, activistes et étudiants – se réuniront à huis clos une journée durant pour mettre le film en débat et proposer de le modifier et l’étendre. Au lendemain de cette discussion, lors d’une grande soirée de restitution organisée à Khiasma, chacun des invités est amené à intervenir pour présenter l’aboutissement de ce processus collaboratif et le rouvrir au dialogue avec le public.   Au terme de cette première session participative et de l’exposition Kinesis, une nouvelle version étendue de Black Code/Code Noir sera réalisée et présentée au public lors du finissage de l’exposition, samedi 2 juillet. Elle sera la base des sessions suivantes, qui auront lieu ces prochains mois dans d’autres lieux en France comme à l’étranger.

Enregistré à l'espace Khiasma le Jeudi 16 juin 2016.

Mixage : Esther Porylès

Avec Erik Bullot (cinéaste et enseignant), Jephthé Carmil (Doctorant à l’université Paris-Diderot, travaille sur les liens
entre iconographie postcoloniale et art contemporain), Pascale Obolo (cinéaste, performeuse et rédactrice en chef de
la revue Afrikadaa), Karine Lebrun (Artiste et professeure « internet, numérique et documents » à l’École Européenne
Supérieure d’Art de Bretagne), Olivier Hadouchi (historien du cinéma et programmateur de films, auteur d’une thèse
en 2012 intitulée « Le cinéma dans les luttes de libération : genèses, initiatives pratiques et inventions formelles autour
de la Tricontinentale (1966-1975) »), Graeme Thomson & Silvia Maglioni (cinéastes), Sophie Wahnich (Historienne,
spécialiste de la Révolution française, membre du comité de rédaction de la revue Vacarme), Louis Henderson (cinéaste)
et Olivier Marboeuf (auteur, curateur, performeur et directeur de l’Espace Khiasma).
Les Black Code Sessions sont organisées avec le soutien du Dicréam

Statistiques et algorithmes : que fait le chiffre à la police ?

[Les Lilas • France]

 

Comment penser un service public de la police en dehors de la spirale des données statistiques et de la logique comptable qui pousse inexorablement à toujours plus de police et à l’économie de la violence ?

 

Cette première exposition monographique en France du cinéaste anglais Louis Henderson s’organise autour de la mise en relation de deux de ses films récents : Black Code Code Noir (2015) et The Sea is History (2016), présenté dans une version de travail. Alors que le premier explore l’archéologie d’Internet pour mettre en lumière le rôle des algorithmes dans le contrôle social et nécropolitique de la communauté afro-américaine aujourd’hui, le second revient en République Dominicaine et à Haïti, à l’endroit même où Christophe Colomb posa le pied en 1492, geste inaugural de la Modernité coloniale. Tendue entre ces deux moments, l’exposition se développe comme un espace de recherche. Pendant un mois, Kinesis accueillera de nombreux événements parmi lesquels la première des Black Code Sessions, rencontre rassemblant chercheurs, cinéastes, artistes et activistes qui dépliera les questions qu’ouvre le film Black Code Code Noir afin d’en assembler de nouvelles versions. Au cœur de cette exposition-projet se déploie ainsi un véritable espace de recherche autour du film et des questions qu’il aborde, mettant en partage son matériau et des sources d’inspiration de l’artiste – musique, textes, documents –, invitant chaque visiteur à contribuer activement à la réflexion à laquelle nous enjoint le travail de Louis Henderson. Les nombreux autres événements accueillis dans l’espace de Kinesis seront autant d’efforts pour fabriquer collectivement de nouveaux régimes critiques de récit, faire émerger des figures spéculatives, actualiser les héritages des cultural studies tout autant que repenser les pratiques du hacking et notre relation aux nouvelles technologies de l’information. L’exposition Kinesis imagine des chemins et des vocabulaires pour reconstruire une histoire des possibles, rendre visible les persistances du pouvoir et fabuler le désenvoûtement de ses codes par le truchement d’une nouvelle révolution animiste au cœur de la Caraïbe.

[Les Lilas • France]

 

Frédéric Nauczyciel est en résidence pour deux années sur une invitation du Département de la Seine-Saint-Denis. Il présente lors de cette séance Phantom des vidéos récentes et des travaux en cours réalisés en région parisienne et à Baltimore autour de l’univers et du vocabulaire du Voguing, art de la performance qui déjoue et déplace le genre.

 

« Cette résidence poursuit ma traversée des ghettos noirs de Baltimore. C’est la seconde saison, parisienne, de la série The Fire Flies. Après avoir documenté le voguing contemporain et ma rencontre avec les voguers de Baltimore, puis de Paris, cette seconde saison se déploie en Seine-Saint-Denis. Elle présentera les personnages américains et français, dans une périphérie réinventée ; y apparaîtront de nouveaux protagonistes, artistes et performeurs, confrontés à une géographie « trans-genre ». Elle évoquera les lignes de partage, la présence du féminin dans la ville. Une présence vive, vibrante, décentrée puis recentrée, non émerveillante, baroque. Les images fixes, animées ou vivantes, dans leur esthétique et leur éthique, c’est à dire leur forme et leur fond, font écho à ces quelques lignes de Georges Didi-Huberman, qui me parcourent depuis plus de trois ans : « Le cours de l’expérience a chuté, mais il ne tient qu’à nous, dans chaque situation particulière, d’élever cette chute à la dignité, à la « beauté nouvelle » d’une chorégraphie, d’une invention de formes. »

[Les Lilas • France]

 

À l’invitation d’Ana Vaz, Raquel Schefer, chercheuse et cinéaste, présente sa recherche autour du panoramique circulaire comme forme filmique. Elle s’appuie sur l’œuvre d’Ana Vaz en retraçant sa généalogie cosmique dans le Nouveau Cinéma Sud Américain. Il est question du regard, du mouvement et des perspectives : Qui regarde qui ? Qui mange qui ? Le panoramique circulaire serait ainsi un geste de mise en mouvement du politique, pour imaginer une extension du corps, reformuler le réel et dé-coloniser la pensée. Au cours d’une conversation avec et sur les films présentés, Raquel Schefer sera en dialogue avec Ana Vaz et Olivier Marboeuf afin de lancer une série des conversations spéculatives pour songer un cinéma multi perspectiviste – notes pour un cinéma à.venir.

 

Avec des extraits des films de Glauber Rocha, Grupo Ukamau, Jorge Sanjinés, Tomás Gutierrez, Ruy Guerra, Ana Vaz, parmi d’autres.

Les projets artistiques collaboratifs

[Les Lilas • France]

 

Le 14 juin 2017, Khiasma invitait Marie Preston, Hélène Cœur et Carine Dejean-Drejou pour une conversation autour des projets artistiques collaboratifs et leur accueil dans des lieux socio-culturels et des établissements scolaires.

 

Quels sont les apports, les enjeux et les limites de ces partenariats ? A partir de quand peut-on considérer que l’on a collaboré ? C’est autour de ces deux questions que s’est structurée une discussion riche en échanges de points de vue entre artistes, intervenant.e.s, professionnel.le.s de la culture et enseignant.e.s.

 

Avec Marie Preston, artiste et maîtresse de conférence à l’Université Paris 8 sur les pratiques artistiques collaboratives, Hélène Cœur, artiste intervenant régulièrement dans des projets collaboratifs et Carine Dejean-Dreujou, professeure coordonnatrice ULIS TFCM au collège Pierre Mendès France (Paris 20e).

Soirée enregistrée à l'Espace Khiasma, le 14 juin 2017.
Mixage : Adrien Tripon.

«Aires de jeux» | Jef Klak invite Vincent Romagny

[Les Lilas • France]

 

Le 18 mai 2017 à Khiasma, la revue Jef Klak invitait Vincent Romagny, enseignant en théorie de l’art, à prolonger le dernier numéro de la revue, «Ch’val de course», qui s’intéresse au jeu, en présentant l’oeuvre The Model de Palle Nielsen, vaste aire de jeux pour enfants installée au Moderna Museet de Stockholm en 1968. Mais avant cela, et à l’occasion de l’ouverture de l’antenne Jef Klak sur la r22, la soirée s’ouvrait avec une séance d’écoute de la pièce sonore De jeux en places de Cabiria Chomel, issue du CD inclus avec le dernier numéro de Jef Klak, et un échange autour des pratiques sonores au sein du collectif.

 

« Le jeu est l’exposition. L’exposition est le travail des enfants eux-mêmes. Il n’y a pas d’exposition. Ce n’est une exposition que parce que les enfants jouent dans un musée d’art. Ce n’est une exposition que pour ceux qui ne jouent pas. » C’est en ces termes que l’artiste Palle Nielsen présentait son expérimentation au Moderna Museet de Stockholm qu’il avait transformé en aire de jeux géante durant quelques semaines de l’année 1968.

 

Accompagné d’une projection d’images d’archive, Vincent Romagny, enseignant en théorie de l’art en école d’art, commissaire d’exposition, doctorant en esthétique sur la question des rapports entre aires de jeux et oeuvre d’art (Université Paris 8), aborde les paradoxes non seulement soulevés par cette exposition dans le contexte de l’après mai 68, mais surtout à l’occasion des relectures auxquelles elle a donné lieu lors de récentes réactivations. L’occasion de mettre en évidence les différents sens des idées d’enfance et de jeu alors implicitement invoqués.

 

L’occasion également de discuter avec l’équipe de la revue Jef Klak, dont le dernier numéro « Ch’val de course », qui vient de paraître en librairie, s’amuse sérieusement avec les questions sociales du jeu, du pari et du risque. Le texte inclus dans ce numéro « Le gouvernement des playgrounds », par Ferdinand Cazalis, retrace notamment l’histoire sociale des terrains de jeu, aux États-Unis et en France des années 1880 à aujourd’hui. Loin de se limiter à des toboggans et tourniquets ultrasécurisés, les premiers playgrounds américains participaient en effet d’une éducation à la citoyenneté et au patriotisme, prolongeant les discriminations et les logiques de classe d’un pays en pleine expansion industrielle.

 

Où s’arrête l’aire du jeu et où commencent celles de l’art et du politique ? À moins qu’elles n’aient toujours été congruentes…

Soirée enregistrée à l'Espace Khiasma, le 18 mai 2017.
La soirée s'ouvre avec la pièce sonore de Cabiria Chomel, «De jeux en places» (12'27''), mixée par Corinne Dubien.
Mixage : Adrien Tripon.

[Les Lilas • France]

 

Jeux de paroles et d’images, questions de traduction et de relecture, l’œuvre de Katia Kameli est faite de circulation de récits, de courants d’histoires, passant d’un corps à un autre pour donner à entendre des fables anciennes autant que des voix contemporaines, des contes populaires et des films imaginaires qui tissent entre la Marrakech et Bollywood, Marseille et Alger une vaste géographie émotionnelle.

 

Projections et conversation traverseront un choix d’œuvres clefs du parcours de l’artiste, pour en dessiner quelques-uns des motifs les plus prégnants.

 

Katia Kameli est une artiste pluridisciplinaire. Elle vit à Paris. Elle est diplômée d’un DNSEP à l’École Nationale des Beaux-Arts de Bourges et d’un post-diplôme, le College-Invisible, dirigé par Paul Devautour à l’École Supérieure d’Arts de Marseille.

En 2007-2008, elle est lauréate du programme Cultures France, Paris-New York, et part en résidence à Location One (NY). Son travail a trouvé une visibilité et une reconnaissance sur la scène artistique et cinématographique nationale et internationale, et a été montré dans des expositions personnelles : What Language Do You Speak Stranger, The Mosaic Rooms, London (2016); Futur, Artconnexion, Lille (2016); Taymour Grahne Gallery, New York (2014); 7 Acts of Love in 7 days of Boredom, Transpalette, Bourges (2012) ; et des expositions collectives : Cher(e)s Ami(e)s, Centre Pompidou, Paris (2016); Made in Algeria, Mucem, Marseille (2016); Entry Prohibited to Foreigners, Havre Magasinet, Boden, Sweden (2015); Where we’re at, Bozar, Bruxelles (2014); Lubumbashi Biennale, Congo (2013); Pour un Monde Durable, Fondation Calouste Gulbenkian, Portugal (2013); Le Pont, MAC Marseille (2013); Dak’art, Biennale de Dakar (2012); Higher Atlas, Biennale de Marrakech (2012); et La Biennale de Bamako, Mali (2011).

Echange avec Françoise Vergès autour de son livre «Le Ventre des femmes»

[Les Lilas • France]

Ces échanges avec Françoise Vergès font suite à la lecture-rencontre organisée à l’Espace Khiasma en mars 2017, à l’occasion de la sortie de son livre Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017). Cliquez ici pour commencer avec la lecture d’Olivier Marboeuf et les interventions de Seloua Luste Boulbina et Françoise Vergès.

«Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ? Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient. Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes d’outre-mer, héritage douloureux d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.»

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Elle est notamment l’auteure d’Entretiens avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L’Homme prédateur (2011).

Enregistré à l'Espace Khiasma, le 22 mars 2017.
Mix : Esther Poryles et Adrien Tripon

[Les Lilas • France]

Projections et conversation avec l’artiste Liv Schulman, accompagnée d’Émilie Renard (directrice de La Galerie, Centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec) et Olivier Marboeuf.

Cette conversation ponctuée de projections traverse la résidence de l’artiste Liv Schulman, intitulée Que faire ?, à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec, qui se déroule du 2 septembre 2016 au 1er avril 2017. Que faire ? consiste à créer une mini-série télévisée de 3 épisodes. Cette série se développe autour de séances de thérapie collective pour des scénaristes souffrant du syndrome de la page blanche. Liv Schulman fait de Noisy-le-Sec le terrain de cette fiction et y intègre les habitants, l’activité et les lieux de la ville, autour des notions d’inspiration et de créativité au travail. À cette occasion l’artiste revisite également certaines de ses œuvres précédentes qui s’intéressent de manière caustique aux contraintes et aux conventions du langage issues de l’art, de l’économie et du champ social.

Liv Schulman (née en 1985) vit à Paris et Buenos Aires (Argentine). Elle est diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et du Post-Diplôme de l’Ecole nationale des beaux-arts de Lyon.

https://livschulman.com/

Le Ventre des femmes, Lecture-Rencontre avec Françoise Vergès

[Les Lilas • France]

Rencontre avec Françoise Vergès à l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017). Une lecture d’un passage par Olivier Marboeuf, auteur et directeur de Khiasma. En conversation avec Seloua Luste Boulbina, chercheuse associée au Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP – Université Denis Diderot Paris). Elle est notamment l’auteure de L’Afrique et ses Fantômes (2015), Les Arabes peuvent-ils parler? (2011) et Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (2008).

« Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ? Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient. Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes d’outre-mer, héritage douloureux d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui. »

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Elle est notamment l’auteure d’Entretiens avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L’Homme prédateur (2011).

Le Ventre des femmes est disponible en vente à l’Espace Khiasma.

Enregistré à l'Espace Khiasma le mercredi 22 mars 2017
Mix : Esther Poryles

Jérémy Damian – La sensation est politique !

[Maxéville • France]

 

En partant d’un postulat emprunté à l’ethnopsychiatrie selon lequel les théories que l’on se donne de la maladie informent jusqu’à l’expérience de celles-ci, la conférence cherchera à interroger comment le contact improvisation dépayse ce que l’on entend par « entrer en relation », « être en relation », « tenir à une relation », en supposant que les expertises sociologiques, psychologiques ou même philosophique, en documentant et en théorisant nos relations, ont participé à restreindre la gamme de nos formes relationnelles. Quand et par quels moyens nous autorisons-nous à étirer cette dernière ?
La conférence interrogera l’esthétique relationnelle et politique du contact improvisation. 

 

Jérémy Damian est anthropologue intermittent de la recherche. Ses recherches le conduisent à cartographier, dans les franges de notre naturalisme moderne, des pratiques collectives de mise en culture de sensorialités aberrantes. Avec l’association Pli sur Pli, il tente de construire des milieux hospitaliers au côtoiement des savoirs académiques, des pratiques somatiques et des écritures contemporaines. Compagnon du TJP (CDN-Alsace), il coordonne la revue Corps-Objet-Image. Il a soutenu une thèse en 2012 intitulée Intériorités / Sensations / Consciences – les expérimentations somatique du Contact Improvisation et du Body-Mind Centering.

 

Cette conférence s’est déroulée durant l’exposition collective Devenez propriétaire agencée par les étudiants de l’atelier No Name de la Haute École des Arts du Rhin à la chaufferie des brasserie de Maxéville. 

 

 

Transcriptions :
Français / English / العربية

Prise de son: Faustine Reibaud
Mixage: Augustin Soulard & Simon Marini

[Issy-les-Moulineaux • France]

 

Une science aux allures de science fiction.

La cybersanté (e-santé, m-santé) vise-t-elle essentiellement l’amélioration du soin des personnes malades ou dépendantes  ?

Dans le cadre du festival des Hauts de Seine « La science se livre », le centre d’art numérique Le Cube a reçu Laurent Bonnotte et ses deux invités, Pierre Foulon  et Guillaume Marchand, pour une soirée à la lisière des arts, des sciences médicales et humaines.

À partir d’une œuvre visuelle et sonore qui interroge une certaine manière de considérer le corps par le prisme des technologies de l’information et de la communication,  s’en est suivi une discussion sur le développement d’une e-santé pertinente qui se laisse le temps de la maturation. Ce fût l’occasion d’un échange avec le public sur ces questions fondamentales dans notre rapport aux nouvelles technologies et à la santé. Mais les chemins ne sont pas vraiment balisés. Il faudra avancer pas à pas, être curieux tout en restant sceptique vis à vis d’une cybersanté qui parfois, sous couvert d’améliorer la vie de tous, induit une manière de penser l’être humain comme défectueux et toujours perfectible, selon des critères quantitatifs et normatifs parfois discutables.

 

Laurent Bonnotte  :

La websérie  : Des lendemains Hybrides

http://www.sante-digitale.fr/tag/webserie/

https://vimeo.com/album/3746893

Pratiquant les arts visuels depuis plusieurs années (courts-métrages et installations transmédia avec Sacrebleu Productions et Khiasma), il est aussi psychomotricien en institut d’éducation motrice et chargé de cours au sein de l’Institut de Formation en Psychomotricité Pitié-Salpêtrière. C’est ainsi qu’il oriente l’ensemble de ses compétences dans ce projet de web-documentaires animés à l’orée des sciences de la vie et des arts.

 

Guillaume Marchand :

Psychiatre et expert en santé mobile et connectée.
Président de dmd Santé, start-up qui porte le label collaboratif «  mHealth Quality  » qui certifie la qualité des applications mobiles et objets connectés en santé. Il est aussi l’organisateur des Trophées de la Santé Mobile à Paris. Enfin, il est aussi le président et co-fondateur de l’association France eHealth Tech qui fédère plus de 130 start-ups de eSanté en France, dans un but synergique en France comme à l’international.

http://www.dmd-sante.com/ 

 

Pierre Foulon  :

Dirige les activités Numériques, Santé et R&D du groupe GENIOUS et le laboratoire de recherche e-santé BRAIN e-NOVATION au sein de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière (Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris et Montpellier)

http://www.brainenovation.com/

http://www.groupe-genius.com/

Enregistré à l'espace Le Cube, le mardi 31 janvier 2017
avec Laurent Bonnotte, Guillaume Marchand, Pierre Foulon

Lundi de Phantom n°24 : Kantuta Quirós & Aliocha Imhoff

[Les Lilas • France]

 

Pour ce 24è Lundi de Phantom, dernier rendez-vous de l’exposition Excusez-moi de vous avoir dérangés, Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós, fondateurs de la plateforme curatoriale le peuple qui manque, présenteront leur projet Les Impatients. Face à une crise de l’avenir qui est aussi, nécessairement, une crise du récit, Les Impatients sont ceux qui, en divers endroits du monde, oeuvrent à un mouvement de reconstruction face à une histoire qui semble arrêtée, pour « construire ce qui pourrait être, et déconstruire ce qui se présente comme étant ».

 

« On a pu décrire nos temps comme ceux des années d’hiver – une ère de glaciation des possibilités. Face à cette crise de l’avenir que traverse notre début de 21ème siècle, les Impatients sont ceux qui œuvrent à un mouvement de reconstruction de l’avenir, des avenirs. Ils sont ceux qui portent en eux cette impatience à l’égard d’une Histoire qui semble désormais immobile, arrêtée.

Depuis cette crise du futur, cette série surgit alors, pour nous, de l’urgence de retrouver des possibilités pour l’avenir. Nous partons en quête de traces, d’indices d’avenirs possibles que nous collectons et rassemblons. Ces salves d’avenir, dont de nombreux artistes et penseurs témoignent aujourd’hui, nous cherchons à les coudre ensemble. Nous pensons cette enquête en rhapsodes – le rhapsode, cet arpenteur qui va de ville de ville, pour dire les poèmes des autres, ce chercheur, cet agent de liaison qui, au sens premier du mot, a soucis de coudre, de lier les espaces les uns aux autres, continûment, jusqu’aux limites du monde habité.

Chaque épisode démarre ainsi depuis un chronotope, un espace-temps particulier, depuis lequel s’invente une pensée temporelle singulière. Les corps que nous filmons à Chicago, à Detroit, à Dakar, à Paris, à Leipzig et bientôt en Haïti, à Lagos, incarnent des cristaux de temps, loin de la fiction de ce temps homogène de la globalisation, de ce fantasme d’une simultanéité globale.

Nous filmons à Chicago, à Detroit où les ruines crépusculaires de la crise des subprimes et les blessures infligées aux vies noires sont contredites par les imaginations afrofuturistes et le mouvement des Black Live Matters. Nous filmons à Dakar, à Lagos (Nollywood), où se dessinent les frémissements d’un autre avenir pour l’Afrique. Nous filmons à Leipzig où a commencé historiquement le mouvement qui allait conduire à la chute du mur de Berlin. Nous filmons à Paris, pendant Nuit Debout où l’on a défait les calendriers et où a ressurgi, telle une épiphanie, cette joie commune de retrouver une possibilité du politique. »

— KQ & AI

Lundi de Phantom n°22 : Estefanía Peñafiel Loaiza

[Les Lilas • France]

 

« Le projet et ils vont dans l’espace qu’embrasse ton regard se déroule en plusieurs étapes et comporte différents éléments, parmi lesquels au moins deux films, dont une version est actuellement montrée au Jeu de Paume sous forme d’installation vidéo dans le cadre de l’exposition “Soulèvements”, organisée sous le commissariat de Georges Didi-Huberman.

Ces films auront notamment pour sujet l’évocation d’un lieu dont on n’a pas d’images ou presque : le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris. Il s’agit d’un espace à la fois fantomatique et hanté par l’histoire d’une révolte des sans papiers qui y étaient retenus en juin 2008, au cours de laquelle une section du bâtiment a été incendiée. Il n’y a eu presque aucune image de cet événement dans les médias. Quelques semaines plus tard, j’ai réalisé une installation autour de l’absence d’images de cette révolte, que j’ai nommée les villes invisibles 2. l’étincelle (Vincennes 2008). Depuis, d’autres Centres de Rétention dans différentes localités ont également été incendiés lors de révoltes similaires.

Le projet vise à explorer la résonance de ces révoltes, de ces feux qui continuent de se propager, qui communiquent tacitement entre eux tout en s’adressant à nous, comme autant de signaux de fumée que l’on refuse souvent de voir en se disant que « ça ne nous regarde pas », alors que la majorité des CRA se trouvent tout près de nous, à l’intérieur de nos villes… donc oui, « ça » nous regarde. »

— Estefanía Peñafiel Loaiza

Regarde ta jeunesse dans les yeux – Une histoire de la naissance du hip-hop français (1980-1990)

Vincent Piolet dessine la cartographie de la naissance du rap et de la culture hip hop en France durant les années 80. Portée par les témoignages d’acteurs de ce mouvement et accompagnée d’extraits sonores, images et anecdotes fascinantes, cette conférence foule un territoire bien moins connu et documenté que les décennies suivantes qui verront l’éclosion d’un mouvement artistique et économique phénoménal. En parcourant les chemins de son livre Regarde ta jeunesse dans les yeux (éditions Le mot et le reste, 2015), Piolet revient aux racines culturelles de la culture hip-hop française des premières heures, ses lieux, ses aspirations et ses modèles, entre insouciance et culture « zulu », identité et mimétisme, banlieues et Paris.

[Les Lilas • France]

 

Contre « l’encastrement » institutionnel dont sont victimes selon lui les enfants autistes, Fernand Deligny, éducateur et poète, les accueille à partir de 1968 dans les Cévennes, dans un lieu de vie et des espaces au sein desquels ils peuvent librement circuler. Ces enfants, selon lui, sont simplement « mutistes », dans la mesure où ils refusent notre langage. Afin d’entrer en communication avec eux, les éducateurs le suivent dans leurs pérégrinations et reportent consciencieusement sur le papier les « lignes d’erre », tentatives de captation de ce qui constitue leur manière d’être au monde. Ces cartes, aussi splendides que fragiles, nous offrent une autre conception de l’espace et de ce qui l’anime.

 

Julien Zerbone est historien de l’art et critique d’art, il collabore notamment aux revues 303, Critique d’art et 02. Intéressé aux relations entre art et histoire politique et sociale, aux problématiques de l’art et du monde du travail et de la culture populaire, il met en place des cycles de rencontres et de conférences dans différentes structures de la région nantaise (maison des arts de Saint-Herblain, FRAC Pays de la Loire, Site Saint-Sauveur de Rocheservière..). Il intervient par ailleurs dans le cadre de projet tuteurés au sein du Département Histoire de l’art de l’Université de Nantes.

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 8 octobre 2016, dans le cadre du festival "Relectures 17".
Mixage : Esther Poryles
Photo : Matthieu Gauchet

[Les Lilas • France]

En 1974, pour son inauguration, une fondation d’art à Vaduz demande un texte au poète Bernard Heidsieck. Embarrassé par cette commande (que dire d’une ville inconnue du Liechtenstein ?), c’est en tournant autour de son sujet que celui-ci finit par le trouver. Il prend une carte et trace une série de spirales concentriques. Tourner autour de Vaduz, vouloir parler de tout ce qu’il y a en dehors du plus petit du monde devenu son centre, recopier toutes les ethnies du globe, exposer dans un tourbillon de langues la richesse des peuples ; tel est le défi de Vaduz.

Dans cette conférence ponctuées d’extraits de performance, Hafida Jemni et Philippe Di Folco, tous deux proches du poète disparu en 2014, reviennent sur la genèse de cette œuvre emblématique et sur le parcours d’un poète qui dédia sa pratique à la performance et à l’expérimentation, sortant le texte du livre pour ouvrir la voie de la poésie sonore contemporaine.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivit à Khiasma : à 18h30,Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny puis, à 20h30,Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 8 octobre dans le cadre du festival "Relectures 17"
Mixage : Esther Poryles
Photo : Matthieu Gauchet

[Les Lilas • France]

Pays des Amazones, royaume du prêtre Jean, terre de Barbarie… racontées, fantasmées, recherchées à travers le globe en des temps plus ou moins reculés, les contrées rêvées des voyageurs ont longtemps hanté les songes et les récits des grands voyageurs. Ces terres nimbées d’une aura mystérieuse, entourées de légendes ou totalement mythiques, prennent aussi bien la forme de continents : le Gondwana, l’Atlantide ou Mû, d’îles comme celle de Cythère, de pays telle la Colchide où repose la Toison d’or, sans oublier les royaumes comme celui des Cimmériens que l’on dit ténébreux…

Cet Atlas invite à une exploration de ces contrées rêvées, dans le compagnonnage des grands explorateurs du 16e siècle, mais aussi des poètes, polygraphes et érudits, de tous les temps. À partir des cartes et des récits qu’il y a rassemblés, Dominique Lanni propose à notre jeune public une « conférence contée » sous forme de carnet de voyage imaginaire.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivi à Khiasma : à 17h, conférence d’Hafida Jemni et Philippe Di Folco, « Autour de Vaduz » ; à 18h30, Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny ; puis, à 20h30, Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

[Les Lilas • France]

 

“Je n’ai pas pris l’avion depuis quinze ans mais j’aime l’idée du voyage – j’aime particulièrement l’idée du voyage immobile, immatériel, fictif, face à un écran. J’aime être là où je ne suis pas, je m’accommode d’une présence virtuelle. Un voyage de ce genre est fait de peu. Il y a dans l’exercice quelque chose d’artificiel, de factice mais bizarrement cela me construit. J’aime être un voyageur de chambre comme il y a des toreros de salon – des types un peu ridicules, certes, mais toujours concernés et follement enthousiastes. Chaque sortie dans Street View est pour moi une véritable aventure.”

 

Chaque jour, sur Dreamlands Virtual Tour, son blog, il fait le compte-rendu d’un voyage virtuel débuté il y a déjà six ans.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le dimanche 2 octobre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photo : Matthieu Gauchet

[Les Lilas • France]

Patrick Fontana et Nicolas Richard répondent aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de l’atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

 

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier. L’auteur a prélevé et indexé sous différentes entrées thématiques les paroles des chants de chaque État pour recomposer un hymne hybride et chimérique. 

 

Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes, et Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. La création sonore et la lecture sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 30 septembre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photos : Matthieu Gauchet

[Noisy-le-Sec • France • 12 mars 2016]

 

“Comment sortir du paysage ? Comment dépasser ce que Monet appelle une “malheureuse spécialité” ? La solution va se trouver pour lui dans un motif prélevé dans le paysage mais qui en diffère parce qu’indéfiniment répété. À la fin de l’été 1889, peu après une visite à Giverny de Berthe Morisot et de Mallarmé, le peintre s’arrête devant une meule ; il a trouvé son objet.”

 

Marianne Alphant est écrivain et critique littéraire française.
Normalienne et agrégée de philosophie, Marianne Alphant a travaillé pour le journal Libération de 1983 à 1992. Elle a dirigé les  “Revues parlées” du Centre Pompidou de 1993 à 2010. Elle a écrit plusieurs livres sur Monnet, dont, Monet : une vie dans le paysage, Hazan, Paris, 1993  (2010)

“Délégation et protocoles photographiques de l’art conceptuel” par Guillaume Le Gall, maître de conférences en histoire de l’art à l’Université de Paris-Sorbonne

[Noisy-le-Sec • France • 12 mars 2016]

 

Douglas Huebler est un des premiers artistes à avoir utilisé la photographie au sein de systèmes définis comme conceptuels. Il est surtout celui qui dans ce mouvement en a fait un usage continu et protéiforme. D’un côté l’appareil photographique lui permet de décrire et de produire des fac-similés des objets du monde, de l’autre, il lui permet d’imaginer des dispositifs qui accompagnent ses énoncés. Ces dispositifs photographiques dépendent des protocoles décrits dans les énoncés conceptuels. Néanmoins, nous verrons que, malgré les apparences, ces protocoles laissent une large place à l’approximation.

 

Guillaume Le Gall est maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université de Paris-Sorbonne et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa médicis). Il a été commissaire d’expositions sur la photographie contemporaine (“Fabricca dell’immagine”, Villa Médicis en 2004, “Learning Photography”, FRAC Haute-Normandie en 2012), et co-commissaire des expositions sur Eugène Atget (“Eugène Atget, Une rétrospective”, Bibliothèque Nationale de France en 2007), la photographie surréaliste (“La Subversion des images”, Centre Pompidou en 2009). Il a récemment publié La Peinture mécanique aux éditions Mare et Martin et dirigé les deux derniers Carnets du BAL.

“L’émotion et la créativité des intelligences artificielles” par Angelica Lim, chercheuse en intelligence artificielle et en robotique

[Noisy-le-Sec • France • 27 février 2016]

 

“L’émotion et la créativité des intelligences artificielles”
Au Japon, les robots humanoïdes jouent dans des pièces de théâtre, suscitant l’empathie et parfois même, ils tirent quelques larmes aux spectateurs. Dans cette conférence, nous expliquerons comment les recherches en robotique trouvent l’inspiration dans des domaines tels que la musique, le théâtre, l’humour, et pourquoi les émotions et la créativité posent les problèmes les plus difficiles à résoudre dans les recherches sur les intelligences artificielles aujourd’hui. Quel est l’état actuel de l’intelligence artificielle, et comment les robots sont-ils touchés par son évolution ?  Dans quelle mesure, un robot peut il développer une intelligence émotionnelle ou être créatif ?

 

Angelica Lim est ingénieure en robotique et spécialiste de l’intelligence artificielle. Elle est diplômée d’une licence en sciences informatiques (spécialité intelligence artificielle) de l’université canadienne Simon Fraser ainsi que d’un master et d’un doctorat en informatique (mention iIntelligence artificielle et traitement du signal)  de l’Université de Kyoto. Elle est également journaliste pour le blog  IEEE Spectrum Robotics Blog Automaton.
Elle travaille actuellement pour Aldebaran, une entreprise développant des robots humanoïdes. http://www.angelicalim.com

“L’impact de l’agriculture industrielle sur les sols” par Marc Dufumier

[Noisy-le-Sec • France • 27février 2016]

 

Aux cours des prochaines décennies, il conviendra de répondre à une demande accrue de produits agricoles et alimentaires sur le marché mondial avec des surfaces agricoles en voie de réduction du fait de l’extension des villes sur les meilleures terres arables. Mais l’augmentation des rendements à l’hectare ne pourra intervenir que si l’on parvient à préserver la fertilité des sols. Les formes d’agriculture industrielle qui tendent à s’imposer de nos jours contribuent malheureusement à dégrader celle-ci du fait de phénomènes très divers : érosion, lessivage, salinisation, compactation, etc. La question est donc de savoir comment il nous sera possible d’accroître les rendements agricoles sans mettre en péril la fertilité de nos terroirs et à quelles conditions.

 

Marc Dufumier est un agronome et enseignant-chercheur français à la chaire d’agriculture comparée et de développement agricole à AgroParisTech qu’il a dirigée de 2002 à sa retraite en 2011, et où il fut le successeur de René Dumont et de Marcel Mazoyer. Il a été impliqué dans la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation de nombreux projets et programmes de développement agricole, en France comme à l’étranger, notamment dans les pays du Sud.

“La passivité : un concept révisé et augmenté” par Vanessa Desclaux

[Noisy-le-Sec • France • 13 février 2016]

 

Pourquoi s’intéresser au concept de passivité aujourd’hui, et plus particulièrement dans le contexte de l’art ? A quelles normes, à quelles limites, et à quelles institutions la passivité nous renvoie t-elle ?

 

Dans cette conférence, je souhaite introduire l’expérience hypnotique comme un moment inaugural d’une remise en question de la passivité dans le champ de la pensée et de l’action. J’affirmerai que la passivité ne peut pas s’inscrire en opposition à l’activité ; j’insisterai sur la nécessité de ne pas penser la passivité en dehors de la relation entre soi et l’autre. J’émettrai l’hypothèse que l’action dépend étroitement d’une pensée de la passivité. Je tenterai de proposer différentes approches du concept de passivité qui émergent au carrefour de la théorie et de la pratique dans des contextes distincts. Ainsi je montrerai que la passivité entretient des relations privilégiées avec les concepts de soin, d’expérience et de dépossession, soulignant qu’un concept augmenté de la passivité met en lumière une capacité de résistance et de transformation de nature politique.

 

Enfin, j’envisagerai les enjeux qui accompagnent ce questionnement du concept de passivité dans le contexte de la pratique curatoriale. Je proposerai de considérer la passivité comme un moteur essentiel du déplacement de la figure du commissaire d’exposition hors des frontières qui délimitent habituellement son champ d’action, mettant à mal nombre d’injonctions et modes d’assujettissement qui s’imposent à elle (ou lui). Je privilégierai les relations de la passivité à l’observation, à la remise en question de l’autorité et de la notion d’auteur, et au renoncement à la position d’expert, de détenteur du savoir, au profit de celle d’amateur. Chacune de ces positons s’incarnera dans des exemples spécifiques de pratique, ou d’exposition.

 

Vanessa Desclaux

 

Vanessa Desclaux est commissaire d’exposition indépendante, critique d’art et enseignante à l’école nationale supérieure d’art de Dijon. Sa thèse en art/curating soutenue au Goldsmiths College à Londres en 2016 interroge les conditions au sein desquelles la pratique curatoriale et la figure du commissaire d’exposition opèrent et se transforment.

 

Franck Leibovici – Après la pluie et les brûlots, et au ras des pratiques

[Strasbourg • France]

 

Un enjeu théorique et pratique pour l’art contemporain: représenter l’institution.
Une soirée autour des éditions Questions Théoriques.

 

Comment mettre en question l’institution-art, alors que l’on a pris acte de l’échec du projet critique global des avant-gardes, de celui de l’art de la critique institutionnelle (Daniel Buren), et que le champ de l’art ne cesse de s’ouvrir aux acteurs majeurs de l’économie néo-libérale (industrie du luxe par exemple) ? Quels outils mobiliser pour engager un travail de représentation de l’institution – de ses mécanismes, de ses limites mais aussi, peut-être, de ses potentialités ? 

 

 

Transcriptions :
العربية

Franck Leibovici, artiste et théoricien dont les ouvrages sont notamment publiés par les éditions Questions théoriques, exposeront leurs positions respectives sur ces questions cruciales.
www.questions-theoriques.com

Olivier Quintyn – Avant l’orage : valences ou vacance(s) de l’avant-garde ?

[Strasbourg • France]

 

Un enjeu théorique et pratique pour l’art contemporain: représenter l’institution.
Une soirée autour des éditions Questions Théoriques.

 

Comment mettre en question l’institution-art, alors que l’on a pris acte de l’échec du projet critique global des avant-gardes, de celui de l’art de la critique institutionnelle (Daniel Buren), et que le champ de l’art ne cesse de s’ouvrir aux acteurs majeurs de l’économie néo-libérale (industrie du luxe par exemple) ? Quels outils mobiliser pour engager un travail de représentation de l’institution – de ses mécanismes, de ses limites mais aussi, peut-être, de ses potentialités ? 

Transcriptions :
العربية

Olivier Quintyn, théoricien et cofondateur des éditions Questions Théoriques, auteur du récent Valences de l’avant-garde.

l’abécédaire vocal de Claire Gillie

Dans le cadre de son projet de résidence Abécédaire vocal, à la synagogue de Delme, Violaine Lochu a interviewé Claire Gillie. Comme son nom l’indique, cet entretien est découpé en vingt-six thèmes classés par ordre alphabétique où Claire Gillie aborde certains de ses concepts en liaison avec son travail psychanalytique et anthropologique autour de la voix.

 

Claire Gillie est Analyste Membre d’ Espace Analytique (A.M.E.a), Membre d’Insistance et affiliée à Convergencia, Membre du CIAP (Cercle International d’Anthropologie Psychanalytique), Membre de l’AFA (Association Française des Anthropologues),Chercheur associé au CRPMS (Centre de Recherche Psychanalyse Médecine Société) Paris 7. Elle est également Docteur en Anthropologie Psychanalytique, Professeur agrégé de l’enseignement supérieur, et ayant fait une traversée de Chercheur dans les champs de la musicologie, l’ethnomusicologie (CNRS / Musée de l’Homme), les sciences de l’éducation, la sociologie (DEA de sociologie) et l’anthropologie psychanalytique (CNRS/Paris 7). 

 

 

Violaine Lochu
Claire Gillie

SEMES / récit 6 : Dominique Le Brun

[Les Lilas • France]
A partir d’histoires de naufragés, nous observerons comment se jouent, se rejouent et/ou se délitent les fondements d’une société nouvelle.
Juriste, journaliste et écrivain voyageur, Dominique Le Brun est auteur de plusieurs anthologies autour de la littérature de voyage et des récits maritimes.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 22 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 5 : Thomas Lasbouygues

[Les Lilas • France]
Lors du dernier weekend de l’exposition, deux « récits » viendront clore celle-ci. Dans le premier, autour du film “Making of Elina” de Thomas Lasbouyges et de la plateforme archipels.org de Vincent Chevillon, les deux artistes dialogueront autour de la création de mondes possibles.
Thomas Lasbouygues est artiste et cinéaste.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 21 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 4 : Françoise Vergès

[Les Lilas • France]
Pour ce quatrième « récit », Françoise Vergès nous racontera comment, au travers d’un paysage, de son étude botanique, se lit l’histoire des hommes qui l’ont traversé.
Françoise Vergès occupe la Chaire Global South(s) du College d’études mondiales de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), Paris.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 12 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

SEMES / récit 3 : Fabrizio Terranova

[Les Lilas • France]
Troisième « récit » : Fabrizio Terranova reviendra sur la notion de l’appât qui fait de la narration spéculative une prise politique tout autre que la fiction. Rencontre suivie d’une performance sonore de François Bianco.
Fabrizio Terranova est cinéaste et enseignant. Il dirige le Master Narrations Spéculatives à l’Ecole de Recherche Graphique de Bruxelles.

 

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 14 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Mutando – soirée de clôture de la résidence d’Alice Rivières

[Les Lilas • France]

Un boa constrictor & des Xmen, des modes d’existence & du jeu vidéo, de la réalité virtuelle & de la divination, de la science-fiction & des entendeurs de voix, des souris huntingtonniennes & des romans policiers : une pensée en zigzag qui prend de multiples chemins pour aller quelque part, afin de croiser le plus de personnes possible sur sa route.
 
La résidence « MUTANDO » se présente comme le déploiement d’un projet d’écriture ambitieux et innovant à l’intérieur même de l’espace Khiasma, devenu chambre d’échos de la collectivité des voix habitant le « personnage conceptuel » d’Alice Rivières. Catalyseur spéculatif pour la narration d’autres possibles de ce « devenir hungtintonien », c’est à travers elle que le collectif Dingdingdong (Institut de coproduction de savoir sur la maladie de Huntington) fictionne d’autres rapports au monde, à la pensée et aux savoirs. Construisant, depuis l’expérience de la maladie et avec les usagers , artistes, médecins et chercheurs qui le composent, autant de « savoirs situés », il accompagne Alice Rivières dans « la longue marche de sa métamorphose neuroévolutionnaire » à mesure des multiples récits dont elle fait l’objet (Manifeste, notes de voyage, vidéo, spectacle, jeu-videos…), et nourrit l’écriture de Mutando : roman huntingtonien d’auto-science fiction, où Alice Rivières cherche à trouver une langue adéquate au corps mutant qui est le sien.
 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

SEMES / récit 2 : Jérémy Gravayat / EN CHANTIER

[Les Lilas • France]
Le second « récit » de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon est EN CHANTIER. Pour inaugurer ce second acte, Vincent Chevillon a invité Jérémy Gravayat à échanger sur les enjeux de la mise en récit de collectes de matériaux documentaires. Comment s’agencent les documents entre les nécessités de la transmission, de l’acte politique et celles du geste artistique ?
Cinéaste, Jérémy Gravayat réalise des films questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération Lyonnaise.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

 


Soirée dans le cadre du programme « Réfléchir la création” de l’association À bras le corps.
Le projet « Réfléchir la création » est soutenu par Arcadi.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 2 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Et les animaux se mirent à raconter le monde…

[Les Lilas • France]
Les animaux ont bien changé. Bien sûr on pourrait penser que ce sont nos façons de les voir qui changent. Ce qui voudrait dire qu’il n’y a que nous qui changeons : nous serions les seuls à avoir une histoire, les animaux n’y seraient que les figurants. Or, une autre version semble aujourd’hui pouvoir compliquer cette manière de raconter, une version qui suggère que les animaux changent comme nous et parfois avec nous. Selon les situations qu’on leur propose, voire les questions qu’on leur adresse, les animaux pourront ou non déployer certaines compétences. De même qu’ils pourront ou non obtenir que l’on prenne en compte ce qui importe pour eux. Ces situations dans lesquelles humains et animaux entrent en relation sont multiples. Elles vont des pratiques des éleveurs à celles des scientifiques, du vivre ensemble avec les animaux familiers aux difficultés de cohabitation avec les espèces protégées. Chacune d’elles décline des interrogations, des exigences et des difficultés particulières. Mais une question commune les traverse : avec qui voulons-nous vivre et comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 19 avril 2016, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Esther Poryles
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 4 avril 2016, dans le cadre du festival « Hors limites »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Des commentaires immiscés dans les interlignes, un journal de maladie débordant sur les marges, des réponses aux répliques d’Imogène McCarthery et du commissaire Maigret : voici ce que découvre l’écrivaine Geneviève Peigné entre les pages des romans policiers de la collection « Le Masque » ayant appartenu à sa mère Odette, emportée quelques mois plus tôt par la maladie d’Alzheimer.

 

De cette façon de prendre la fiction à partie, d’interpeller des personnages comme si ces derniers étaient autant d’ « interlocuteurs » à même de répondre à la solitude et au mal-être, Geneviève Peigné noue un dialogue posthume autour du livre et de l’écriture. Dans le cadre du festival Hors limites, elle s’entretiendra avec Alice Rivières sur leur recherche commune de formes littéraires susceptibles de traduire les états de corps et d’esprit que suscite l’expérience de la maladie.

L’une, à travers ce roman singulier, L’Interlocutrice, l’autre par le biais de l’enquête existentialo-scientifique qu’elle mène à l’Espace Khiasma dans le cadre de sa résidence d’écriture : explorant les devenirs possibles de sa condition de « mutante » à laquelle la désigne la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes.

 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Les Lilas • France]
Fabbula est une revue thématique spécialisée dans l’exploration de la réalité virtuelle « d’auteur », et des nouvelles façons de voir et percevoir que propose ce nouveau médium.

Pour ce septième lundi des revues, Fabbula lancera le thème de son numéro 3 : les « Mondes Possibles ». Ou : comment les utopies, fictions et spéculations se racontent dans les mondes virtuels et en quoi le réel en est stimulé ? Dans la continuité de la journée d’expérimentation de la veille portés par de talentueux développeurs de la scène parisienne indépendante, et forte de cette expérience partagée des mondes possibles, l’éditeur de Fabbula, assisté d’Alice Rivières et de Fabrizio Terranova, travaillera en direct avec le public de Khiasma à l’élaboration de ce numéro !

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

SEMES / récit 1 : Jocelyn Bonnerave / NOIR ATLANTIQUE

[Les Lilas • France]
NOIR ATLANTIQUE est le premier « récit » inaugurant l’acte 1 de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon. Ayant invité l’écrivain, performeur et anthropologue Jocelyn Bonnerave à explorer l’exposition comme un objet d’étude anthropologique, ce seront les principes fondamentaux d’une « sociologie animiste » en germe qui émaneront de cette fameuse « réserve ». Espace muséographique qui dérobe aux regards, lieu du penser/classer mais aussi du refoulement, de la cargaison, de l’appropriation inavouable, atelier pour l’artiste, laboratoire ou cale de bateau : c’est au cœur de cette écologie de l’ombre que s’agenceront les différentes combinaisons des futurs « actes » de l’exposition, mais où l’on peut imaginer également une « vie sociale » des objets. Où ces derniers prendraient la parole lorsque les hommes ne sont pas là. Une contre-forme de l’exposition, à la façon dont l’océan atlantique serait une contre-forme centrale des continents périphériques et qui, selon l’hypothèse de Paul Gilroy, formerait un continent résiduel d’où serait né, du fond des cales, le peuple de la Caraïbe.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le jeudi 10 mars 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Présentation de la collection Les Contemporains

[Les Lilas • France]
Les Contemporains, une nouvelle collection littéraire et plastique aux éditions Manucius, dirigée par Céline Flécheux et Magali Nachtergael

 

Mis en place en 2011 par des chercheurs de l’Université Paris Diderot et Paris 13, le séminaire Les Contemporains. Littérature, arts visuels, théorie. est ouvert à des artistes et des écrivains venant présenter leurs œuvres devant des étudiants et des chercheurs spécialistes d’art et de littérature. Le projet du séminaire a été désigné lauréat de l’appel « Initiatives innovantes » lancé par l’IDEX SPC (Initiative d’Excellence du PRES Sorbonne Paris Cité).

Sa finalité est la recherche, tout en explorant de nouveaux matériaux de réflexion pour l’enseignement. En confrontant des expériences artistiques, il entend montrer l’art dans ses complexes processus de production et recueillir les échos qui se forment entre des domaines de création différenciés.

Pour faire entrer les arts visuels dans le littéraire, nous avons choisi des personnalités qui traçaient des lignes de récit, mettaient à l’œuvre de nouvelles formes de fictions ou qui faisaient l’histoire d’une expérience visuelle si forte qu’elle en modifiait profondément l’écriture.

Nous tentons par là de rendre compte de la dimension visuelle que se donne la littérature depuis quelques années, ainsi que des préoccupations plastiques sensibles chez nombre d’écrivains contemporains. Réciproquement, de nombreux artistes se montrent préoccupés par des questions d’écriture, qu’il s’agisse de récits, fictions ou d’essais.

De nouvelles expérimentations littéraires et plastiques trouvent dans le texte un moment de pause avant de se relancer vers la performativité, le volume, les images et les écrans dans un flux qui laisse parfois le livre derrière elles. La série de séminaires espère donner à saisir le moment où se pose un texte dans un entre-deux, toujours avant ou après un épisode plastique qui le poussera et le reposera plus loin.

La collection que nous publions chez Manucius représente le fruit des séances publiques de séminaires. Nos invités, des personnalités du monde de l’écriture et de l’art, ont pu proposer un texte qui se trouve édité ici. Nous avons également souhaité publier des formes qui ne pouvaient être dites, car leur matière n’est pas toujours le langage, mais qui trouvent leur expression dans le livre. C’est ainsi que la collection accueille également des projets artistiques originaux.

Céline Flécheux (Université Paris Diderot) et Magali Nachtergael (Université Paris 13)

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

François Bensignor, auteur de « Fela Kuti, le génie de l’Afrobeat »

[Paris • France] 
À l’occasion de la soirée événement autour de Fela Kuti le 15 janvier 2016 au cinéma La Clef, Belleville en vues a rencontré François Bensignor, journaliste musical spécialiste des musiques du monde et auteur de la biographie sur Fela Kuti intitulée Fela Kuti, le génie de l’Afrobeat. Personnalité iconoclaste, provocateur plein de courage, fervent panafricaniste, pourfendeur des régimes militaires qui ont ruiné son pays, le Nigeria, FELA Anikulapo KUTI est avant tout le génial créateur de l’Afrobeat. Fela a exercé une influence majeure, musicale, culturelle, politique, en Afrique et dans ses diasporas. Mieux, il a fait de l’Afrobeat un phénomène mondial !

[Les Lilas • France]
Terrain vague est une revue borderline qui investit les interstices et explore les lisières du genre, du féminisme, de l’art contemporain et de la culture pop. Il y a là un terreau commun où poussent, entre deux carcasses de voiture, les herbes folles, les fleurs sauvages et les essences rares.

 

La revue est un espace de création ouvert qui cultive les rencontres, trop rares, entre la multitude des identités queer. Un terrain de jeux et d’expérimentations où se mêlent création graphique et littéraire, philosophie et sociologie, photos et illustrations, entretien et fiction, arts et performances.

 

Terrain vague est né de la volonté d’un groupe d’amis. L’objectif est de créer un lieu d’expression qui fédérerait des démarches artistiques identitaires, un catalyseur qui permettrait d’interroger ensemble les représentations et les relations de force sexuelles et sociales.

 

Terrain vague se propose d’attirer d’autres corps minoritaires et de leur donner une visibilité. De ces échanges et confrontations naîtront des aspérités riches de sens et d’idées, une terre fertilisée de tous bords pour y planter et y construire.

 

L’aspect de la revue est celui d’un journal, et plus particulièrement du tabloïd. Il s’agit autant de mettre en tension une certaine “pauvreté” de l’objet avec un contenu inédit et précieux, que de réinterroger un format qui est à l’origine d’une diffusion massive, populaire et globale de l’information. Enfin, en l’absence de brochage, chaque page peut devenir œuvre, affiche, manifeste, memento, ex-voto.

 

Terrain vague est proposé par
Pierre Andreotti, photographe plasticien,
Tiphaine Kazi-Tani, chercheur(e) en design,
Adam Love, designer,
Anne Pauly, journaliste, et
Antoine Pietrobelli, universitaire.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Brouhaha, les mondes du contemporain / Lionel Ruffel & Le peuple qui manque

[Les Lilas • France]
« C’est dans cette sensation de ne plus se sentir exactement moderne que cette sensation d’être contemporain pouvait trouver une réponse… »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Les usagers de la santé : pratiques d’auto-détermination

[Les Lilas • France]

Le Réseau sur l’entente de voix français (REV France) rassemble des personnes qui entendent des voix, ou qui se sentent concernées par ces phénomènes, et qui assument clairement le principe de prendre au sérieux ces expériences, en considérant que ces voix et ces présences sont réelles. Il organise notamment des groupes d’auto-support et des formations, à l’adresse des Entendeurs autant que de leurs proches et des soignants. Ce réseau, initié en France par Yann Derobert et Magali Molinié, vite rejoints par Vincent Demassiet, inspire beaucoup les réflexions et les travaux de Dingdingdong sur l’autodétermination des usagers, laquelle pose des problèmes spécifiques lorsqu’elle est abordée pour une maladie qualifiée de neurodégénérative telle que Huntington.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 15 décembre 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le lundi des Revues #1 – JEF KLAK

[Les Lilas • France]

Un lundi par mois, KHIASMA ouvrira son espace à ce qui s’écrit en collectif et se publie sous le nom de « revue ». Pour cette 1re édition, nous recevrons des membres de Jef Klak, qui est à la fois un collectif, une revue papier à pagination variable (+ un disque de création sonore), un site Internet et un journal mural. Son fil conducteur ? Les déclinaisons d’une comptine : Marabout, Bout d’ficelle, Selle de ch’val, Ch’val de course, etc. Chaque thème étant déplié selon les questions sociales et esthétiques qui s’y rapportent, le n°1, Marabout, a abordé la magie, les relations entre croire et pouvoir, tandis que le n°2, Bout d’ficelle, dont nous fêterons ensemble la sortie imminente (le 15 mai), explorera les tissus – urbain, organique, textile –, bref : différents nœuds sous toutes les coutures !

 

Avec Bruno Nassim Aboudrar (Comment le voile est devenu musulman, Flammarion, 2014), Rachel Viné-Krupa (Un Ruban autour d’une bombe. Une biographie textile de Frida Kahlo, NADA Edition, 2013), Frédéric Ciriez (Mélo, Verticales, 2013), et plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Jef Klak !

Avec Bruno Nassim Aboudrar, Rachel Viné-Krupa, Frédéric Ciriez, et plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Jef Klak !
Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 11 mai 2015.
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le lundi des Revues #2 – COYOTE

[Les Lilas • France]

Coyote est un assemblage,
un collectif,
une collaboration entre des êtres et des affects,
des zones d’affinités
– une alliance involutive.
Coyote est une zone d’expérimentation éditoriale sur papier, un espace de respiration critique, autonome, nourri par le cours du théâtre des négociations – la simulation d’une assemblée d’un genre nouveau et élargi où les états dialoguent avec les terriens non-humains.
Coyote 0 rassemble des documents, théoriques, visuels, poétiques. Pendant 6 jours, il s’est augmenté, tel une jungle, pour rendre compte d’un processus intensif de négociations politiques autour de la crise climatique, d’un élargissement des consciences, d’une forme de piraterie. Un zine qui est aussi pamphlet.
Coyote numéro zéro a été réalisé durant le théâtre des négociations fin mai 2015 à Nanterre-Amandiers

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 23 novembre 2015.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Ma Science-Fiction / Conférence d’Isabelle Stengers

[Les Lilas • France]

« La Science fiction comme exercice spéculatif : que sera notre monde dans quarante ans ? Voilà une question à ne pas poser aux spécialistes des sciences dites humaines, ce n’est pas de la science, diront-ils. Mais c’est une bonne question si elle porte sur les futurs dont le présent est porteur, ceux que le présent nous rend capables de fabuler aujourd’hui. Et si la littérature de science-fiction désignait (entre autres) ce que les sciences humaines s’interdisent, au nom du sérieux scientifique : envisager le présent à partir des possibles dont il est porteur ? Et si les écrivains de science-fiction faisaient exister, à chaque époque, les mondes auxquels nos imaginations peuvent donner consistance ? Ressusciter l’homme de Néandertal – un biotechnologue, George Church, a récemment soulevé cette hypothèse scandaleuse. Scandale ? Oui, sauf si l’opération prend sens dans un monde où la question “qui compose l’humanité ?” est devenue cruciale… »

La philosophe Isabelle Stengers se pose ici en lectrice passionnée de science-fiction, comme espace d’un autre monde radical, comme tentative de prise de nouvelles relations sociales.

Dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 3 novembre 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Des trucs apophatiques et À bruit secret

Prononcé par : Antoni Collot

Entendu par : l’auditoire assistant au Colloque sur le Bruit à l’École Nationale Supérieure Louis Lumière le cinq décembre deux mille quatorze.

Transcrit par : Clémentine Beaugrand

Transcriptions :
Français

Prononcé par : Antoni Collot
Entendu par : l’auditoire assistant au Colloque sur le Bruit à l’École Nationale Supérieure Louis Lumière le cinq décembre deux mille quatorze.
Transcrit par : Clémentine Beaugrand

 [Paris • France]

D’autres gestes  donne la parole à différent-e-s artistes, chercheur-se-s mais aussi collectifs et institutions qui interrogent les modalités de constitution, de conservation, de circulation et d’interprétation des archives et des patrimoines, notamment via la numérisation.  Le Jour d’après  et le travail de Maryam Jafri témoignent du rôle compliqué joué par la maitrise des outils de conservation et de diffusion du patrimoine (parfois celui des autres) dans la construction identitaire et idéologique des Etats après les indépendances. Alors que la légitimité de l’idée de Nation se trouve aujourd’hui mise à mal par la globalisation, les enjeux des archives et du patrimoine se déplacent. Quel rapport les «  communautés imaginaires  » décrites par Arjun Appadurai entretiennent-elles avec un patrimoine matériel et immatériel auxquels nous n’avons souvent accès qu’à travers des dispositifs médiatiques et numériques  ? Quelles sont les alternatives possibles à l’institution nationale de l’archive  ? Quels gestes, quels usages et quels réseaux sont-ils en jeu pour faire du patrimoine un outil d’émancipation et de connaissance  ? Avec  Lotte Arndt  (enseignante en théorie à l’École d’art et design de Valence),  Marian Nur Goni(historienne de la photographie),  Nana Oforiatta Ayim  (auteure, historienne),  Franck Ogou(archiviste, responsable de programme à l’Ecole du Patrimoine Africain),  Zineb Sedira  (artiste),Ashok Sukumaran  (artiste),  Françoise Vergès  (politologue) et  Emma Wolukau-Wanambwa(artiste).

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »

Cultiver son devenir : propositions pour une écologie du diagnostic

[Les Lilas • France]

Rencontre autour de la publication du livre de l’historienne des sciences et membre de Dingdingdong Katrin Solhdju L’épreuve du savoir – propositions pour une écologie du diagnostic qui part du récit d’Alice Rivières (Manifeste de Dingdingdong). Publication septembre 2015.
Une prise par la philosophie pragmatique de la situation princeps du test présymptomatique de Huntington, qui permet à des personnes « à risque » de savoir s’ils sont porteurs de la mutation MH – et le cas échéant voués à développer à coup sûr la maladie au milieu de leur vie. Comment construire différemment de telles pratiques de diagnostic afin de leur permettre d’être à la hauteur de cette « connaissance de l’avenir » que la génétique donne désormais aux médecins ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Les Lilas • France]
Enquête sur les modes d’existence – une anthropologie des modernes, paru en 2012 aux éditions de la Découverte est un ouvrage auquel est associée une série de rencontres visant à apprendre à composer le monde commun avec les acteurs qu’il concerne et implique.
Cette enquête a pour but de donner une définition plus précise aux expériences rassemblées sous l’expression vague de « modernisation ». Et surtout plus acceptable pour les autres civilisations qui sont soumises, elles aussi, à la même découverte : il n’y a pas de Terre pour s’y moderniser « à l’ancienne ». Il faut donc reprendre ce qu’on entend par ce terme en apprenant à hériter du projet de la modernisation en le composant tout autrement.
Parmi la quinzaine de modes d’existence auquel cet ouvrage fait référence, celui de la Métamorphose résonne tout particulièrement avec les questionnements romanesques et existentiels actuels d’Alice Rivières, en résidence à Khiasma cette année, qui s’efforce de trouver une manière d’accueillir dignement l’expérience de métamorphose auquel sa vie de Huntingtonienne la voue désormais. S’il y a bien métamorphose, alors qu’en est-il de l’être qui lui serait associé ? Est-il possible d’enquêter sur cet être, et si oui, comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Les Lilas • France] 
Peut-on appréhender un jeu vidéo en terme d’écriture et de récit spécifiques ?Le jeu est-il une fabrique narrative particulière ?Jouer est-il une nouvelle forme de lecture ?Dans cette conférence à deux voix, Fabien Siouffi (Dingdingdong) et Paul Sztulman posent deux regards différents sur le vocabulaire et les potentialités narratives d’une production culturelle omniprésente.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

 

[Grenoble • France]
Walk on til The End est l’enregistrement d’une conversation en randonnée entre Maxime Guitton et Jelena Martinovic portant sur les expéditions alpines et l’expérience de la mort imminente, avec une sélection de sons par Maxime Guitton qui ont pour thème la montagne et qui s’intercalent à la discussion. Les pas et les souffles des deux participants rythment cette conversation qui a pour point de départ le livre de Wade Davis sur les expéditions britanniques vers le mont Everest du début du 20e siècle, “Into The Silence”.

Tracklist: Alps Noel – Grim / Sitting on Top of the World – Doc Watson / Patagonian Domes – Amen Dunes / Tibet – Don Cherry / Zäuerli Et Ronde De I’écu – Streichmusik Adler / Mountains into Outer Space – Richard Youngs / Azure Dome – Supreme Dicks / Walking and Falling – Laurie Anderson / Ice Copy – Hiroshi Yoshimura / Interlude-Himalayan Bells – Kendra Smith / Inside Elevation – Pan*American / Climbing Aspirations – Bley-Peacock Synthesizer Show / Courant Ascentionnel – Guy Goyer & Guy Pedersen / Pays de Glace – John Livengood / Locklatar – Elin Lisslass / cho oyu basecamp: morning – Geir Jenssen / Rocky Mountain Ragga – Robbie Basho / Regato de Montanha – Lula Côrtes & Zé Ramalho.

Réalisé par Maxime Guitton, Jelena Martinovic et Asli Seven, avec la participation de Simon Rippoll Hurier, Martina Margini et Chloé Sitzia à Grenoble.

[Grenoble • France]
Walk on til The End est l’enregistrement d’une conversation en randonnée entre Maxime Guitton et Jelena Martinovic portant sur les expéditions alpines et l’expérience de la mort imminente, avec une sélection de sons par Maxime Guitton qui ont pour thème la montagne et qui s’intercalent à la discussion. Les pas et les souffles des deux participants rythment cette conversation qui a pour point de départ le livre de Wade Davis sur les expéditions britanniques vers le mont Everest du début du 20e siècle, “Into The Silence”.

Tracklist: Alps Noel – Grim / Sitting on Top of the World – Doc Watson / Patagonian Domes – Amen Dunes / Tibet – Don Cherry / Zäuerli Et Ronde De I’écu – Streichmusik Adler / Mountains into Outer Space – Richard Youngs / Azure Dome – Supreme Dicks / Walking and Falling – Laurie Anderson / Ice Copy – Hiroshi Yoshimura / Interlude-Himalayan Bells – Kendra Smith / Inside Elevation – Pan*American / Climbing Aspirations – Bley-Peacock Synthesizer Show / Courant Ascentionnel – Guy Goyer & Guy Pedersen / Pays de Glace – John Livengood / Locklatar – Elin Lisslass / cho oyu basecamp: morning – Geir Jenssen / Rocky Mountain Ragga – Robbie Basho / Regato de Montanha – Lula Côrtes & Zé Ramalho.

Réalisé par Maxime Guitton, Jelena Martinovic et Asli Seven, avec la participation de Simon Rippoll Hurier, Martina Margini et Chloé Sitzia à Grenoble.

[Grenoble • France]
Cette interview de Jerome Noetinger comprend des poèmes sonores, dans l’ordre :

 

Fusée Interplanétaire, Henri Chopin;

Lettre Rock, Maurice Lemaitre;

Canal Street 01, Bernard Heidsieck;

Millions are getting killed, Lili Greenham;

Law and Order Ink, Ake Hoddel;

Ceterum Autem, Ladislav Novak;

Facial Retroplof, Jaap Blonk;

 

Il s’agit avec Jérôme Noetinger, en sa qualité du fondateur du réseau de distribution Metamkine, de découvrir et de replacer dans un contexte historique les expérimentations de la poésie sonore des années 50. Et de ceux ou celles qui continuent cette pratique aujourd’hui à la limite du langage et de la musique.

Des espaces autres : L’usine Pali-Kao avec Christophe Cuzin

[Grenoble • France]

 

D’autres espaces d’expositions possibles est une série d’interviews menées en 2015.

Portant sur une interrogation autour de la validité du fonctionnement des institutions en 2015 et sur le modèle alternatif des artist-run space (tel que défini par AA Bronson dans deux textes : The Humiliation of the Bureaucrat en 1983 et The Transfiguration of the Bureaucrat en 2011)

Il s’agit d’interviewer des acteurs de ces espaces différents gérés en partie par les artistes eux-même.

Ici, on a Christophe Cuzin, fondateur de l’usine Pali-Kao à Belleville dans les années 80 . Un espace de diffusion de différentes formes d’art fonctionnant avec une histoire et des pratiques qu’ils va décrire…

[Grenoble • France]

 

Une interview de Nathalie Quintane portant autour de sa pratique de l’oralité dans ses lectures et en dehors.

Nous parlons de Bernard Heidsieck et de ses notes convergentes.

Nous parlons d’une lecture rétrospective des poètes du 19ème à partir de la poésie contemporaine, appuyée par les recherches de Jean-Marie Gleize sur ce sujet.

Politique des affects — Maxime Cervulle

[Noisy-le-Sec • France]
Cette conférence se propose de questionner les réactions affectives ou émotionnelles que peuvent provoquer la mise en lumière et en visibilité des groupes subalternes. Il s’agi d’interroger aussi bien les régimes de visibilité du racisme que la façon dont ils affectent les publics, à partir des travaux contemporains portant d’une part, sur la dimension politique des affects et d’autre part, sur la socio-histoire visuelle du racisme.

Enregistré à La Galerie – Centre d'art contemporain de Noisy-Le-Sec, le samedi 26 octobre 2013, dans le cadre de l’exposition « Bonjour tristesse, désir, ennui, appétit, plaisir »
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

Images en dépendances / Des corps en mouvements

[Paris • France]
A l’invitation de l’artiste Soufiane Ababri, Montassir Sakhi propose, en conversation avec Virginie Bobin, une réflexion autour de la présence et de la représentation des corps individuels et collectifs dans les images de l’histoire récente du Maroc : en partant d’une photographie des cérémonies de l’indépendance marocaine issue d’Independence Day 1934-1975 de Maryam Jafri, ils commentent les « chorégraphies sociales » en jeu dans les images, de l’indépendance du pays jusqu’au printemps arabe, et les « tentatives invérifiables de rentrer dans l’histoire » mises en œuvre par les différents corps représentés (officiels, social, en lutte…).

 

Images en dépendances est une après-midi d’études consacrée aux itinéraires des images et aux réseaux successifs de significations générés par les représentations et les récits historiques, depuis des perspectives postcoloniales et non-alignées. Organisée dans le cadre de l’exposition de Maryam Jafri Le jour d’après à Bétonsalon – Centre d’art et de recherche, Images en dépendances proposait à ses invités d’activer photographies, revues et autres matériaux présentés dans Le jour d’après pour questionner la manière dont l’histoire est cadrée par ses représentations et dont les images et leurs significations sont affectées par leur contexte de circulation. Avec Maryam Jafri (artiste), Sarah Frioux-Salgas (Responsable des archives et de la documentation des collections à la médiathèque du musée du quai Branly), Dominique Malaquais (Chargée de recherche au Centre d’études des Mondes Africains, CNRS), et Montassir Sakhi (militant et membre fondateur du mouvement 20 février et de l’Association Autre Maroc).

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »
Mixage : Sébastien Zaegel

Des espaces autres : Le 102 avec Loïc Verdillon

[Grenoble • France]

 

D’autres espaces d’expositions possibles est une série d’interviews menées en 2015.

Portant sur une interrogation autour de la validité du fonctionnement des institutions en 2015 et sur le modèle alternatif des artist-run space (tel que défini par AA Bronson dans deux textes : The Humiliation of the Bureaucrat en 1983 et The Transfiguration of the Bureaucrat en 2011)

Il s’agit d’interviewer des acteurs de ces espaces différents gérés en partie par les artistes eux-même.

Ici, on a Loïc Verdillon membre du 102 à Grenoble dans les années 10. Un espace de diffusion de différentes formes d’art fonctionnant avec une histoire et des pratiques qu’ils va décrire…

[Paris • France]
« Les Indépendances se sont faites aussi grâce à Présence Africaine », affirme la réalisatrice Sarah Maldoror en 2009, « et ça on le doit à Alioune Diop parce qu’il recevait tout le monde […] Cela a été un ressort, un tremplin, Présence Africaine est un socle, sur ce socle on a mis un tremplin et de là les gens ont sauté dans tous les pays du monde, voilà à quoi a servi Présence Africaine ». En contrepoint des images fondatrices de l’avènement des Indépendances rassemblées par Maryam Jafri, Sarah Frioux-Salgas propose de regarder l’envers du décor en abordant (pour l’Afrique noire exclusivement) la période des Indépendances à travers les activités et les publications des éditions Présence Africaine qui constituèrent la bibliothèque d’une histoire politique, littéraire et scientifique plurielle des intellectuels (francophones, anglophones et lusophones) d’Afrique et de la diaspora.

 

Images en dépendances est une après-midi d’études consacrée aux itinéraires des images et aux réseaux successifs de significations générés par les représentations et les récits historiques, depuis des perspectives postcoloniales et non-alignées. Organisée dans le cadre de l’exposition de Maryam Jafri Le jour d’après à Bétonsalon – Centre d’art et de recherche, Images en dépendances proposait à ses invités d’activer photographies, revues et autres matériaux présentés dans Le jour d’après pour questionner la manière dont l’histoire est cadrée par ses représentations et dont les images et leurs significations sont affectées par leur contexte de circulation. Avec Maryam Jafri (artiste), Sarah Frioux-Salgas. 

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Table ronde sur les méthodes d’apprentissage communes aux champs de l’art et de l’enseignement scolaire expérimental.
Le travail de médiation mené dans les centres d’art et l’enseignement développé par des écoles aux pédagogies expérimentales héritières de « l’Education nouvelle » ont en commun de partir de l’expérience des enfants pour construire un savoir fondé sur leur pratique et partagé collectivement.

La Galerie accueille environ deux classes par jours et y développe des ateliers menés par des artistes, fondés sur l’expérience sensible des œuvres. Une des particularités de la pédagogie menée dans les centres d’art est de proposer une expérience de l’œuvre à partir de laquelle l’enfant peut développer un discours sur l’art qui prenne appui sur ses propres sensations qu’il peut partager avec les autres. Il apprend ainsi à utiliser son regard, pour affiner son goût personnel et sa curiosité pour l’art. Les pédagogies scolaires expérimentales comme celle de Célestin Freinet qu’Yvette Servin a mis en place à Paris, dans les années 1950 ou comme celle de l’école publique Vitruve à Paris 20° depuis 50 ans développent des modes d’apprentissage basés sur l’observation de situations concrètes vécues par les enfants et prennent appui sur leur créativité. Dans les deux cas, il s’agit de construire les conditions d’une confiance en soi et en sa capacité d’observation et d’appropriation pour créer un désir d’apprendre et de partager son savoir avec les autres. La créativité, tant du côté des enseignants que du côté des enfants, est un facteur essentiel à la dimension expérimentale de cet enseignement. À partir de récits d’expériences d’apprentissage et de transmission, cette table ronde tente de voir comment les affects entrent en jeu dans l’apprentissage, qu’il s’agisse d’art ou de savoirs scolaires, et ce que ces différentes approches pédagogiques, à l’école ou dans un centre d’art, peuvent avoir en commun.

Avec :
Yvette Servin, enseignante de la pédagogie Freinet en établissements publics à Paris, de 1947 à 1978, deux enseignantes de l’école publique Vitruve, Paris, Pascale Gadon, fondatrice du projet le Pac’Bô, école d’art en milieu rural, et pour La Galerie, Thibault Brébant, artiste-intervenant avec Florence Marqueyrol, responsable du service des publics.
Modération, Emilie renard, directrice.

Enregistré à La Galerie – Centre d'art contemporain de Noisy-Le-Sec, le samedi 5 avril 2014, dans le cadre de l’exposition « Adieu tristesse, désir, ennui, appétit, plaisir »
Mixage : Sébastien Zaegel

[Les Lilas • France]
Dialogue avec l’artiste Simon Quéheillard autour de son ouvrage en cours Une méthode de dispersion.
Distrait est celui qui voit tout. Mais ce tout est une dispersion. Cette dispersion a lieu dans les marges. L’expérience consiste à l’y maintenir en périphérie. Si, comme on le dit, une personne distraite se trouve « absorbée par autre chose », en nous détournant constamment, la distraction comme forme d’attention tend à recréer du vide. De cette manière le vide se construit et réapparaîtra toujours au centre de la perception. Si le vide est central, les marges sont mouvantes, aucun objet jamais ne se cristallise. Une vision à plusieurs contrepoints où toutes choses perçues simultanément coexistent. Se détourner pour maintenir la distance d’où les images ressurgiront.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 29 novembre 2014, dans le cadre de l’exposition sommeils de Ismaïl Bahri.

[Pierrefitte-sur-Seine • France]
« On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), je proposerai quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ? » (Georges Didi-Huberman)

 

dans le cadre de la résidence de Frank Smith à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales, un dispositif initié par le département de la Seine-Saint-Denis

Enregistré aux Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) le mardi 2 juin 2015

[Les Lilas • France]
Il s’agira de déployer à Khiasma l’enquête existentialo-scientifique qu’Alice Rivières mène depuis cinq ans : comment faire d’une tragédie annoncée (la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes) autre chose qu’une malédiction ? Alice Rivières raconte la genèse de son chantier d’écriture actuel, Mutando (« en mutant » en latin), un roman qui explore sa condition de mutante et, à travers elle, ses devenirs possibles.

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le lundi 22 juin 2015, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Sevran • France] 
Debout/Payé, le premier roman de GAUZ est l’histoire d’Ossiri, étudiant ivoirien sans-papier devenu vigile à Paris. C’est aussi celle de toute sa famille et plus largement de la communauté africaine en France. Le roman porte un regard sur notre pays à travers l’évolution du métier de vigile de la Françafrique triomphante dans les années 60 à l’après 11 septembre. Ce récit est ponctué de vignettes de choses entendues par GAUZ lui-même lorsqu’il était vigile dans de grandes enseignes. Mélangez bien l’appareil et vous obtenez un portrait amusant et sans concession des sociétés française et africaine.

Enregistré à la bibliothèque Albert-Camus de Sevran le vendredi 3 avril 2015, dans le cadre du festival Hors limites
Mixage : Sébastien Zaegel

[Les Lilas • France]
En ouverture de la nouvelle saison des Lundis de Phantom à Khiasma, nous avons accueilli une première rencontre avec Louis Henderson, jeune cinéaste anglais dont les films interrogent les relations entre colonialisme, technologie, capitalisme et histoire.
Pour cette première soirée, il a projeté son film Logical Revolts, tourné au Caïre en 2012, à la recherche d’une histoire de la révolution égyptienne et traversera de large extraits d’un autre film récent Lettre de Voyant (2013). À partir d’une réflexion sur ces œuvres, il a abordé les questions que soulève sa recherche actuelle autour de Toussaint Louverture, figure de la révolution haïtienne.

[Bagnolet • France]
Au départ de À la lecture, cet objet littéraire inédit, il y a un projet vidéo. Véronique Aubouy la cinéaste de ce duo d’écrivains, filme depuis 20 ans tous ceux qui souhaitent lire Proust devant sa caméra, dans l’ordre des tomes et des textes : des femmes et des hommes aussi divers qu’un paysan des Cévennes, un fleuriste d’origine kabyle, un vigile de la banlieue parisienne, une cousine éloignée de Karl Marx, une cavalière qui lit sur un cheval en Mongolie ou un professeur de français. Mathieu Riboulet fut aussi l’un de ses lecteurs. Ce livre est sans doute le fruit de leurs échanges mais aussi et surtout un récit, ode à la lecture, célébration de la présence et permanence de ce livre dans les vies de lecteurs, vies quotidiennes, amoureuses, politiques… Et pourtant nul besoin d’avoir lu À la recherche pour suivre le cours de ces pages, même si vous y viendrez sans doute.

Enregistré à la Médiathèque de Bagnolet le mardi 31 2015, dans le cadre du festival Hors limites
Mixage : Sébastien Zaegel

[Aubervilliers • France] 
Un jour, le patron d’un petit salon de coiffure du 10 ème arrondissement de Paris est parti avec la caisse. Les employés, souvent sans-papiers, lancent un mouvement social inédit – sans personne en face – pour obtenir la reconnaissance de leur travail mais aussi de leur existence dans ce pays qu’elles et ils ont rejoint, pour travailler, voyager ou fuir des conditions de vie difficiles. Sylvain Pattieu, procède comme il l’a fait pour Avant de disparaître. Chronique de PSA-Aulnay (Plein Jour, 2013) il passe, s’installe, discute, tient la chronique de cette boutique effervescente où défilent beauté et fierté et qui contient les failles et les espoirs du monde contemporain. Son talent de romancier et ‘d’enquêteur’ mêlé à une part de son quotidien, donnent lieu à une comédie sociale endiablée où nostalgie, colère, énergie et vivacité se côtoient et se soutiennent.

 

Enregistré à la Médiathèque Henri-Michaux d'Aubervilliers le samedi 28 mars 2015, dans le cadre du festival Hors limites
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Rencontre avec Vincent Chevillon autour d’Archipels.org

[Lilas • France]

 

Archipels.org est un lieu de rencontre où se croisent des sources, des personnes, des images. Synthèse d’une réflexion autour des recherches menées notamment par Aby Warburg, Jean-Luc Godard, Augustin Berque ou encore Edouard Glissant sur des notions telles que la mémoire collective et individuelle, l’Histoire ou encore le territoire, la plateforme archipels.org présente, regroupe, organise et classe des documents de différentes natures sous forme d’Atlas.

 

Vincent Chevillon travaille depuis 2010 à partir d’imaginaires rapportés : récits, images photographiques, objets, vestiges, fragments biologiques, minéraux, culturels… À leurs croisements se construisent des formes et des histoires dont il propose des relectures, interprétations et mises en relation au travers d’atlas iconographiques hérités de la pratique de l’historien Aby Warburg.  Les époques et les lieux s’y télescopent, s’y accouplent, s’y nouent, s’y plissent. Une partie de sa recherche s’attèle à synthétiser ces croisements en des formes interprétables : objets et images à leur tour associés, combinés, scénographiés selon les espaces et les contextes qu’ils investissent.