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Global ’68 : Conversation entre Vijay Prashad et Françoise Verges

[Paris • France]

 

9h30 – 10h30

Conversation entre Vijay Prashad et Françoise VergesMarcus Rediker, University of Pittsburgh

Modéré par Françoise Vergès, Collège d’études mondiales

 

 

1968 fut une année de luttes, d’insurrections, d’offensives et de manifestations contre le capitalisme et l’impérialisme dont la guerre du Viêt Nam fut l’épicentre. La démocratie, l’égalité et l’émancipation y gagnèrent mais ces luttes rencontrèrent aussi une répression brutale et meurtrière. Des récits révisionnistes ont cherché à effacer la violence policière et la mort de combattants, à estomper le rôle des ouvriers, des femmes, des étudiants et des peuples autochtones, et à éliminer l’importance de l’anti-Américanisme comme de l’anti-impérialisme et de l’anticapitalisme, ainsi que les profondes influences qu’eurent ces mouvements sur les guerres de libération en Algérie, en Amérique Latine et au Viêt Nam.

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d’études mondiales (FMSH), de l’Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

 

Au cours de ces conférences seront analysés les mouvements et les transformations profondes dans les domaines politique et culturel qui ont fait de 1968 une année extraordinaire au niveau mondial. Trois notions seront au centre des discussions : solidarité, histoire globale et histoire d’en bas.

 

 

Global ’68 : Lewis Gordon, Thinking Politically against Moralism

[Paris • France]

 

18h30-19h30, Keynote II

Lewis R. Gordon, Connecticut

Thinking Politically against Moralism: Demystifying the Right and the Left in Light of 1968, 2018, and Beyond

Modéré par Oscar Guardiola-Rivera

 

 

1968 fut une année de luttes, d’insurrections, d’offensives et de manifestations contre le capitalisme et l’impérialisme dont la guerre du Viêt Nam fut l’épicentre. La démocratie, l’égalité et l’émancipation y gagnèrent mais ces luttes rencontrèrent aussi une répression brutale et meurtrière. Des récits révisionnistes ont cherché à effacer la violence policière et la mort de combattants, à estomper le rôle des ouvriers, des femmes, des étudiants et des peuples autochtones, et à éliminer l’importance de l’anti-Américanisme comme de l’anti-impérialisme et de l’anticapitalisme, ainsi que les profondes influences qu’eurent ces mouvements sur les guerres de libération en Algérie, en Amérique Latine et au Viêt Nam.

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d’études mondiales (FMSH), de l’Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

 

Au cours de ces conférences seront analysés les mouvements et les transformations profondes dans les domaines politique et culturel qui ont fait de 1968 une année extraordinaire au niveau mondial. Trois notions seront au centre des discussions : solidarité, histoire globale et histoire d’en bas.

Global ’68 : Les luttes au Viêt Nam, en Afrique du nord et en Amérique

[Paris • France]

 

17h-18h30

Global 68 : les luttes au Viêt Nam, en Afrique du nord et en Amérique

 

Philippe Peycam, Leiden, et Rachel Harrison, SOAS

Ephemeral: Empathy, Identification and Consciousness – Vietnam, the War, and the Protest Movements in 1968

Ronald Judy, Pittsburgh

Fanon and the significance of Radical Black Internationalism to 1968: From Tunis to Oakland to Algiers

Robyn C. Spencer, City University of New York

The Black Panther Party and Black Power Internationalism

Oscar Guardiola-Rivera, Birkbeck

On Revolution and Global ‘68

 

 

1968 fut une année de luttes, d’insurrections, d’offensives et de manifestations contre le capitalisme et l’impérialisme dont la guerre du Viêt Nam fut l’épicentre. La démocratie, l’égalité et l’émancipation y gagnèrent mais ces luttes rencontrèrent aussi une répression brutale et meurtrière. Des récits révisionnistes ont cherché à effacer la violence policière et la mort de combattants, à estomper le rôle des ouvriers, des femmes, des étudiants et des peuples autochtones, et à éliminer l’importance de l’anti-Américanisme comme de l’anti-impérialisme et de l’anticapitalisme, ainsi que les profondes influences qu’eurent ces mouvements sur les guerres de libération en Algérie, en Amérique Latine et au Viêt Nam.

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d’études mondiales (FMSH), de l’Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

 

Au cours de ces conférences seront analysés les mouvements et les transformations profondes dans les domaines politique et culturel qui ont fait de 1968 une année extraordinaire au niveau mondial. Trois notions seront au centre des discussions : solidarité, histoire globale et histoire d’en bas.

 

 

Global’68 : Peter Linebaugh, An Historical Perspective

[Paris • France]

 

1968 fut une année de luttes, d’insurrections, d’offensives et de manifestations contre le capitalisme et l’impérialisme dont la guerre du Viêt Nam fut l’épicentre. La démocratie, l’égalité et l’émancipation y gagnèrent mais ces luttes rencontrèrent aussi une répression brutale et meurtrière. Des récits révisionnistes ont cherché à effacer la violence policière et la mort de combattants, à estomper le rôle des ouvriers, des femmes, des étudiants et des peuples autochtones, et à éliminer l’importance de l’anti-Américanisme comme de l’anti-impérialisme et de l’anticapitalisme, ainsi que les profondes influences qu’eurent ces mouvements sur les guerres de libération en Algérie, en Amérique Latine et au Viêt Nam.

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d’études mondiales (FMSH), de l’Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

 

Au cours de ces conférences seront analysés les mouvements et les transformations profondes dans les domaines politique et culturel qui ont fait de 1968 une année extraordinaire au niveau mondial. Trois notions seront au centre des discussions : solidarité, histoire globale et histoire d’en bas.

 

15h30-16h30, Keynote I

Peter Linebaugh, Toledo
Global ’68: An Historical Perspective
Modéré par Marcus Rediker

[Paris • France]

 

15h-15h30

Ouverture

Marcus Rediker, University of Pittsburgh

Françoise Vergès, Collège d’études mondiales

 

 

1968 fut une année de luttes, d’insurrections, d’offensives et de manifestations contre le capitalisme et l’impérialisme dont la guerre du Viêt Nam fut l’épicentre. La démocratie, l’égalité et l’émancipation y gagnèrent mais ces luttes rencontrèrent aussi une répression brutale et meurtrière. Des récits révisionnistes ont cherché à effacer la violence policière et la mort de combattants, à estomper le rôle des ouvriers, des femmes, des étudiants et des peuples autochtones, et à éliminer l’importance de l’anti-Américanisme comme de l’anti-impérialisme et de l’anticapitalisme, ainsi que les profondes influences qu’eurent ces mouvements sur les guerres de libération en Algérie, en Amérique Latine et au Viêt Nam.

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d’études mondiales (FMSH), de l’Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

 

Au cours de ces conférences seront analysés les mouvements et les transformations profondes dans les domaines politique et culturel qui ont fait de 1968 une année extraordinaire au niveau mondial. Trois notions seront au centre des discussions : solidarité, histoire globale et histoire d’en bas.

 

 

[Paris 10e • France]

 

Fabulations océaniques

 

Extrait d’ « Ouvertures », film en cours de Louis Henderson

Un secret ne se transmet qu’en se transformant et en se transmutant.

En pensant l’opacité et l’obscurité comme des stratégies esthétiques de création artistique, cette présentation se penchera sur les politiques de translation et de transmission des héritages ancestraux dans les sociétés coloniales et les anciennes sociétés esclavagistes. Elle s’appuiera sur deux extraits de films récents, comme des exemples d’une double fonction des gestes artistiques qui à la fois révèlent et dissimulent des secrets dans des processus de transmutation.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Fabulations océaniques

 

De 1993 à 2002, Drexciya, un duo de musiques électroniques basé à Détroit, a publié une influente série d’enregistrements imaginant un système mondial fictionnel appelé Drexciya peuplé des descendants subaquatiques des africains noyés par les négriers pendant la Traversée de l’Atlantique. La fable de Drexciya a donné le point de départ d’Hydra Decapita, un travail du Otolith Group qui fait comparaître une série de spectres du capital afin de convoquer une séance qui plonge le public dans une évocation affective de l’abstraction économique contemporaine.

 

La projection s’est suivit d’une discussion avec Erika Balsom à réécouter ici. 

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Fabulations océaniques

 

Cette conférence s’intègre à “Un sentiment océanique” (An oceanic Feeling), un projet curatorial mené par Erika Balsom qui examine les histoires, les politiques et les esthétiques de l’océan à travers le cinéma. La présentation se penchera sur le problème posé par la représentation de la traversée de l’Atlantique, et mettra en dialogue des films comme Le dernier négrier (Slave Ship, 1937) et Âmes à la mer (Souls at Sea, 1937) avec le travail d’artistes plus récents, comme Hydra decapita de The Otolith Group.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | Black Atlantis : Retrograde Futurism (Discussion)

[Paris 10e • France]

 

Fabulations océaniques

 

Discussion autour de Black Atlantis.

Cette conférence-performance rassemble les notes d’un film et d’un essai à venir. Le 29 avril 2006, un bateau de sept mètres a été repéré au sud-est de l’île de la Barbade. Les gardes-côte ont retrouvé à bord les corps de onze personnes, que le soleil et l’eau salée avaient préservés et asséchés. Ce navire fantôme a dérivé pendant quatre mois dans l’Océan Atlantique. Il avait pris la mer le jour de noël, en quittant la ville de Praia au Cap-Vert, plein à craquer de personnes migrant du Sénégal, de la Guinée-Bissau, et de Gambie en direction des îles Canarie. Chacune de ses personnes avaient payé 890£ pour avoir une place dans ce bateau. Quatre mois plus tard, le bateau a été retrouvé au large des côtes de l’île de Barbade.

 

Elle propose un récit inadéquat de cette histoire qui puise dans des matériaux et des outils définis pour donner du sens à la complicité du temps, des courants océaniques et de la violence d’États dans la trajectoire de ce bateau. Le balancement entre la forme-film et la forme-essai traduit un questionnement autour de la pertinence à jauger les histoires et les affects liés à la traversée, les langages qui rendent évidente la matérialité de la mer, et le caractère à la fois commensurable et incommensurable de l’horreur charriée par la figure du navire fantôme.

 

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Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | Black Atlantis : Retrograde Futurism (Performance)

[Paris 10e • France]

 

Fabulations océaniques

 

Cette conférence-performance rassemble les notes d’un film et d’un essai à venir. Le 29 avril 2006, un bateau de sept mètres a été repéré au sud-est de l’île de la Barbade. Les gardes-côte ont retrouvé à bord les corps de onze personnes, que le soleil et l’eau salée avaient préservés et asséchés. Ce navire fantôme a dérivé pendant quatre mois dans l’Océan Atlantique. Il avait pris la mer le jour de noël, en quittant la ville de Praia au Cap-Vert, plein à craquer de personnes migrant du Sénégal, de la Guinée-Bissau, et de Gambie en direction des îles Canarie. Chacune de ses personnes avaient payé 890£ pour avoir une place dans ce bateau. Quatre mois plus tard, le bateau a été retrouvé au large des côtes de l’île de Barbade.

 

Elle propose un récit inadéquat de cette histoire qui puise dans des matériaux et des outils définis pour donner du sens à la complicité du temps, des courants océaniques et de la violence d’États dans la trajectoire de ce bateau. Le balancement entre la forme-film et la forme-essai traduit un questionnement autour de la pertinence à jauger les histoires et les affects liés à la traversée, les langages qui rendent évidente la matérialité de la mer, et le caractère à la fois commensurable et incommensurable de l’horreur charriée par la figure du navire fantôme.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
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Voix-vives | Entretien avec Alexandra Dols, réalisatrice du film «Derrière les fronts»

[Paris XI • France]

 

Entretien avec Alexandra Dols, réalisatrice du film Derrière les fronts : résistances et résilience en Palestine par Béatrice Rettig lors de la journée Voix-vives

 

« Derrière les fronts : résistances et résiliences en Palestine » est un film documentaire sur les conséquences invisibles de la colonisation : l’occupation intime, celle de l’espace mental. Espace où l’équilibre, l’estime de soi, le moral et l’âme deviennent des lieux de lutte, de résilience et de résistance.

 

Voix vives, ou l’histoire orale du présent est une journée de workshop et plateau radiophonique public autour de l’histoire des mouvements, au croisement du collectif et des itinéraires personnels, les pratiques historiennes à la marge, les arts narratifs qui laissent de la place à la subjectivité, ces histoires au pluriel non historicisées qui ne suivent pas les logiques de l’histoire avec un grand H.

 

Enregistré le 6 juin 2018
Organisation / Programmation : Inter-zones
Production et réalisation radiophonique : R22 Radio Tout Monde
Production du livestream : Serveur Noserver/Coopérative de Livestram P-node

[Nanterre • France]
 
Angela Davis & Tariq Ali en conversation avec Françoise Vergès et Marcus Rediker

 

Deux immenses personnalités du militantisme et de l’activisme ont été réunies pour une soirée: Angela Davis, mondialement connue pour sa lutte contre le racisme, le sexisme et le système carcéral américain, et Tariq Ali, farouche opposant à la dictature militaire du Pakistan, devenu figure de la gauche internationale et écrivain. Tous deux on conversé avec la chercheuse et militante Françoise Vergès, l’historien Marcus Rediker et le public du Théâtre Nanterre-Amandiers.

 

Tous deux ont parlé du néolibéralisme, de la destruction systématique de pays du Sud global par les guerres des USA, de la Palestine, du nécessaire soutien à BDS, du féminisme abolitionniste, de la musique… Une discussion à écouter en anglais et en français. 

 

Global 68 est une série de conférences organisées par Françoise Vergès, Marcus Rediker, Oscar Guardiola-Rivera et Sylvie Robic, grâce au soutien du Collège d'études mondiales (FMSH), de l'Université de Pittsburgh, du Birkbeck College (Université de Londres) et de l’Université de Paris-Nanterre.

La traduction de cette conférence a été assuré par Nacira Guénif-Souilamas et Geoffrey Pleyers.

Enregistré au théâtre Nanterre-Amandiers le 3 mai 2018.

[Paris 10e • France]

 

En perçant la surface et le fond des océans : nouvelles cartographies et terrains de lutte

 

What is Deep Sea Mining? est une web-série de cinq épisodes autour de la question de l’exploitation minière des grands fonds marins, une nouvelle frontière à l’extraction de ressources au fond de l’océan annoncée pour les prochaines années. Les perspectives ouvertes par cette forme d’exploitation minière nouvelle et expérimentale réactualisent la mentalité coloniale et la mentalité du pionnier et redéfinissent les économies extractivistes pour le siècle à venir. Cette web-série aborde différents problèmes liés à ce procédé, de la question des ressources politiques à celle d’une gouvernance de l’océan par des organismes internationaux, invitant au passage à une «économie bleu» tout en s’efforçant à défendre une connaissance viable des eaux profondes, de leurs espèces et de leurs ressources en grande partie non-cartographiées et non-étudiées.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
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Black Lens | « Prologue » (work in progress) de Rachel O’Reilly

[Paris 10e • France]

 

En perçant la surface et le fond des océans : nouvelles cartographies et terrains de lutte

 

Poète, artiste et critique d’origine australienne, Rachel O’Reilly produit avec Pa.LaC.E (Valle Medina and Benjamin Reynolds) son premier travail d’image en mouvement de son projet de recherche artistique en cours à The Gas Imaginary. Depuis 2013, à travers la poésie, le dessin collaboratif, ainsi qu’un ensemble de conférences publiques et de projections de l’histoire du cinéma, The Gas Imaginary a schématisé le drame de l’installation et de la mise en désordre politique produit par l’extraction de gaz non conventionnelle (fracking), alors qu’elle se déployait au coeur de la Nouvelle Économie – en Australie, entre le port de Gladstone la ville natale de l’artiste dans le Queensland (qui fut quatre mois durant en 1847 la capitale d’une colonie de l’Australie du nord) et les zones agraires dans l’arrière pays de la côte est de l’Australie. L’industrie menace aujourd’hui les communautés Aborigène isolées du centre du pays où, dix ans auparavant, l’intervention du Territoire du Nord conduisait à une expropriation des terres à grande échelle.

 

Considérant la différence entre les techniques d’extraction modernes (verticales) et les techniques non conventionnelles (en rhizome) qui posent des défis aux citoyennetés colonialistes, le projet d’O’Reilly relie la mine au développement portuaire, la terre à l’océan, et examine les contradictions des idéaux démocratiques et de justice des propriétaires matériels sous un colonialisme de peuplement.

 

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Enregistré le 30 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Le drone perpétue-t-il la séparabilité ou bien est-il un outil de mise en fuite? Nous nous poserons cette question avec les mots et les images qui illustrent chaque ensemble de possibilités. Il sera question de la visibilité, comme de l’imposition d’une séparabilité et sa relation avec le postulat essentialiste qui assujetti le monde et ses parties. En même temps, être détaché de la terre permet aux drones de voir au travers de nombreux axes d’espace-temps, qui pose la migration comme un mode d’être au monde et qui offre la mise en fuite comme un véritable encodage pour l’existence.

 

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Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
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Black Lens | De la visibilité dans l’œuvre d’Harun Farocki : une archéologie de l’image

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Un nombre considérable des films et installations de Farocki réunit des matériaux issus d’archives. Ils peuvent en ce sens être reconnus comme des «montages» ou des films de compilation. Toutefois, aucun de ces termes ne fonctionne pour résumer l’approche particulière de l’artiste-cinéaste. Dans son travail, ré-éditer est certainement un processus de pensée autour des images; et l’acte d’assembler des plans préexistants évoque sûrement l’idée d’une «collection de documents» («compilation»), constituant une figure explicite dans de nombreux films-essais de Farocki, et exposant des matériaux d’archives aux processus de répétition et de permutation autant qu’à une interaction complexe entre l’acoustique et le visuel.

 

Le medium, en assumant la fonction d’une « archive archivante » (Derrida) participe à la génération d’images futures. Nous pourrions qualifier la critique de l’image par Farocki d’ «archéologique», en ayant à l’esprit les prospections de Michel Foucault d’un système de pensée historiquement déterminé et son travail sur les sources ayant pour but de rendre compte de l’ordre de la pensée. Comme une extension à cette approche archéologique, nous pourrions souligner l’importance de la matérialité des techniques. Cette intervention vise à montrer comment, dans le travail de Farocki, le montage amène une pensée de la visibilité autant qu’il suggère ce qui demeure impensé dans l’archive et sa relation avec l’ensemble des points aveugles que laisse de côté le processus d’enregistrement.

 

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Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
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Black Lens | What is the Content of (Your) (Black) Technique? : Le geste comme technologie

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Onyeka présentera les vidéos et explicitera leurs objectifs — appréhender l’usage de la danse, du corps, du mouvement et du geste comme des technologies et des approches analytiques. Suite à la projection du film, Ciaran lira un texte au sujet des différents travaux qui développent certains de leurs thèmes de recherche en relation avec le travail récent de Rizvana Bradley et d’Andrew Benjamin sur les questions du geste, les thèses d’Adorno sur la technique et la technologie et en réponse à cette hypothèse provocatrice de Moten et de Harney qui veut que “l’esthétique noire ne concerne pas la technique, elle n’est pas une technique…”

 

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Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
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Black Lens | Vision et camouflage à l’heure du World Wide Web

[Paris 10e • France]

 

Mémoire humaine et œil de machine

 

Lors de cette conférence, l’artiste Zach Blas s’abîme dans les boules de cristal de la Silicon Valley et prévoit la transmutation du big data en une substance magique qui anticipe et régule notre futur. En se penchant sur l’appropriation par les start-ups de la Silicon Valley et par les agences de surveillance gouvernementales du mysticisme et de la magie, Blas suggère que la boule de cristal, un appareil transparent qui permet à chacun de lire son avenir, est devenu paradigmatique de la manière dont les “tech” entrepreneurs en viennent à imaginer le traitement algorithmique de l’information.

 

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Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
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Black Lens | La conférence de Berlin et la naissance des pellicules Kodak : matérialité guerrière des images

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

La conférence explore quelques technologies de la vision – images, surveillance, catégories, terreur, représentation – qui nous éclairent sur le contexte historico-géographique du travail effectué par le film documentaire du PAIGC. Elle se penche notamment sur la conférence de Berlin, les innovations de Kodak en termes de pellicules et de développement, les usages impérialistes du combat contre l’esclavagisme, et les impératifs scopiques du colonialisme et de l’apartheid. Qu’en sont les contradictions et comment l’héritage du PAIGC peut-il nous aiguiller dans la poursuite d’une pratique décoloniale qui anime la conscience en rejouant l’expérience?

 

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Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
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Black | Météorisations (Humble dérive d’Humus) — l’héritage matérialiste d’Amilcar Cabral

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

La lecture des écrits agronomiques d’Amilcar Cabral met en lumière les sous-sols d’une syntaxe émancipatrice, qui se performera par la suite dans une guérilla de lutte et de langage. En ces temps troublés, elle vient à point nommé nous entretenir d’un rassemblement des humbles qui réhabilitent le sol comme une rhizophère riche en être animés et en inscriptions de l’oppression. Un lieu à restituer afin de régénérer une multitude à venir qui a été morcelée par l’ingénierie violente de la Capitalocène. Cette interprétation, qui se déploie à partir des hypothèses de l’agronaute Amilcar Cabral, s’aventure à travers les cosmologies du sol, les mésologies, les météorisations, les zones de conflit entre la pierre et l’air, le composte en celluloïde, les consommations impériales? – la question du sucre. Et pose la question des questions qu’il importe de se poser.

 

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Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
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[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

Discussion avec Bonaventure Son Bejeng Ndikung autour des interventions de Jepthé Carmil, Nadia Yala Kisukidi, Nadir Khanfour et Olivier Marboeuf. 

 

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Transcriptions :
Français

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France] 

 

Partir d’un paradoxe : comment la peau, qui expose à toutes les interpellations policières, à toutes les désignations injurieuses, peut-elle devenir, aussi, le signe d’une hospitalité ? Comment produire théoriquement le nom « noir », pour indiquer, malgré toute une histoire de la violence, la possibilité d’un refuge?

 

C’est au cœur d’une scène imaginée entre les Amériques et l’Europe, saisie par les textes de Césaire, Baldwin et la voix de Jeanne Lee, qu’on tentera de spécifier l’ambivalence, les difficultés, tout comme les potentialités oniriques de l’idée d’ «hospitalité raciale».

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

Il s’agit ici de penser l’opacité des corps dans le champ politique. Les gestes de voilement et de dévoilement des femmes dans l’Algérie française ont montré les potentialités stratégiques du recouvrement des corps face à l’optique de l’occupant. Harun Farocki en a saisi l’intérêt et prolongé le geste en 1988 avec Images du monde et inscription de la guerre, prenant le film comme espace de sauvetage des histoires fasciste et coloniale de l’Europe moderne. Cette intervention s’intéresse aux gestuelles contemporaines qui tentent d’échapper à l’identification policière, à la reconnaissance faciale et à toute forme d’assignation par la lumière.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

Echapper, se cacher, lutter dans l’ombre : Opacité, transmission et toxicité

 

Nous traverserons des scènes marronnes à Saint-Domingue. Celles-ci sont vues comme des expériences de subjectivation, c’est-à-dire des moments où, le captif expérimente un usage libre de son corps et tente de créer un espace autre qui participe à la formation d’une nouvelle forme de commun.

 

Ces nouveaux espace-temps, très fugaces parfois instituent des lieux où le corps s’émancipe des cadres exclusivement producteurs implantés par le système plantationnaire. Ils offrent également un autre régime de visibilité et de perception des corps. Il s’agit d’une nouvelle topographie qui modifie le territoire des possibles au sein même de la plantation.

 

Cette lecture a pour enjeu de replacer ces scènes dans une histoire discontinue de la liberté des corps et de leur capacité expressive. J’accompagnerai mon propos d’un fragment de texte retraçant une scène de résistance qui a eu lieu sur un bateau négrier, ce dispositif technico-politique, lequel assure la traversée de l’Atlantique. Puis, à partir d’une archive numismatique, je présenterai la survivance du spectre du marronnage au cours de la seconde moitié du XXème siècle.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Black Lens | Fabriquer des lieux sûrs, se cacher dans la lumière

[Paris 10e • France]

 

Les lieux sûrs dont nous allons parler, peut-être pour les défaire et les reformer à plusieurs reprises, sont inscrits quelque part. Ils sont parlants à partir de quelque part, mais cette inscription ne dit rien de leur permanence, ils ne sont pas solides et pas toujours là avec la même intensité. Il faut les faire monter. Ce sont des présences à convoquer «sous certaines conditions ». Et ce sont peut-être ces conditions que nous avons cherché, cherchons et allons chercher tout au long de ces conversations, en navigant de la lumière à l’ombre, des mots à ce qui échappe aux mots, des images oubliées à notre manière de les faire revenir. À moins que ce ne soit elles qui reviennent et s’archivent dans nos corps. Le sujet est vaste et nous nous sommes proposés en particulier durant ce séminaire de nous intéresser à la question des différents régimes de visibilité et d’invisibilité possibles pour apprendre à «se cacher dans la lumière ». Pour le dire autrement, les lieux sûrs qui vont nous intéresser ne sont pas des utopies, ils ne sont pas hors du monde dans lequel nous vivons et partage même une part de sa toxicité, au sens où ils prennent leur part d’une histoire commune et parfois douloureuse.

 

Comme il fallait prendre un point de départ pour dessiner une lutte autant que des lieux à habiter, nous avons choisi quelques récits car il sera question tout au long de ces deux jours de manières de raconter et de faire apparaître, de donner forme ou peut-être contours à certaines situations, de faire des cinémas, et de ces cinémas des forces qui engagent. Comme nous ne voulions pas que ces récits soient racontés d’une seule voix, nous avons choisi de fuir la «figure » pour nous intéresser à la «scène » comme espace de la multitude, de la polyphonie, des corps indissociés qui savent et produisent des lieux possibles qui s’enfuient du jour.

 

Plus d’informations sur Black Lens

Enregistré le 29 mars 2018 à La Colonie.
Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

[Paris 10e • France]

 

A l’occasion de l’exposition conjointe des artistes Filipa César et Louis Henderson, «Op-Film: Une Archéologie de l’optique», à l’Espace Khiasma (du 29 mars au 28 avril aux Lilas), Khiasma a présenté Black Lens, séminaire expérimental de deux jours qui s’est déroulé à La Colonie (Paris 10è), les 29 et 30 Mars 2018. Il a mis en dialogue une série de projections, de performances audiovisuelles et de conversations d’artistes et de théoriciens basés en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Portugal.

 

Black Lens a été construit comme une longue conversation traversant 4 demi-journées, un espace de travail ouvert où ont été mis en partage des formes et des recherches qui interrogent les conditions d’invention de lieux sûrs (safe spaces) par le geste et le récit, le code et le corps. En suivant les lignes de fuite de l’exposition Op-Film: An Archaeology of Optics, Black Lens a tenté de tracer, au cœur des technologies du visible, le contour d’écologies minoritaires, de formes de vie et de transmission de savoir. De l’humus à l’océan, de l’algorithme au créole, de la surface à la profondeur, où se cristallisent et se dessinent les nouvelles zones de conflit, où s’écrivent et se tissent les voix dont nous avons besoin pour lutter ?

 

Avec : Erika Balsom, Zach Blas, Christa Blümlinger, Jephthé Carmil, The Otolith Group (Kodwo Eshun & Anjalika Sagar), Denise Ferreira da Silva, Ciarán Finlayson, Ayesha Hameed, Onyeka Igwe, Nadia Yala Kisukidi, Nadir Khanfour, Margarida Mendes, Olivier Marboeuf, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Arjuna Neuman, Rachel O’Reilly, Lorenzo Pezzani & Charles Heller, Ruth Wilson Gilmore.

 

 

Conception : Filipa César, Louis Henderson & Olivier Marboeuf
Production : Khiasma en collaboration avec Archive Kabinett (Berlin) & Spectre Productions
« Black Lens » est un programme associé du festival Cinéma du Réel au Centre Pompidou.
Avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l’art contemporain & l’architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de Fluxus Art Projects.

Elizabeth Povinelli : « The Rise of Extimate Aesthetics »

[Paris • France]

 

« L’essor des esthétiques de l’extimité » s’ouvre sur l’ouvrage de Frantz Fanon Les Damnés de la Terre — colonisés, défavorisés, noirs et métissés, ce sont les Indigènes et les autres qui cheminent à travers les écueils toxiques du risque vital, avançant du mieux qu’ils peuvent malgré un travail qui ne paie pas et des domiciles qui ne peuvent pas être habités, des marais qui ne peuvent pas être prolongés ni vidés — en vue de ré-examiner le concept du cultuel dans la théorie esthétique et la fonction de l’art dans les philosophies occidentales de la vérité. Faisant office de conclusion à la discussion autour des politiques et des arts à la lumière de la terre toxique, « L’essor des esthétiques de l’extimité » défend que ce dont nous avons besoin n’est pas d’une nouvelle valeur de l’art, de l’esthétique et des artistes, mais d’un compte-rendu examinant comment ces trois domaines contribueront à la maintenance et à l’extension d’une politique de souveraineté toxique captivante, et comment la nouvelle forme d’esthétique de l’extimité pourrait alors émerger en son sein tout en s’y opposant.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, matérialités, et socialités. Cette théorie potentielle s’est déroulée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord d’Australie et à travers cinq livres, de nombreux ouvrages et quatre films avec le Karrabing Film Collective. 

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 20 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

Elizabeth Povinelli : « The Collapse of Political Concepts »

[Paris • France]

 

« L’Effondrement des Concepts Politiques » débute avec quatre axes qui émergent lorsque la politique s’infiltre dans l’espace interstitiel entre la terre entière (whole earth), gaia et les mondes autonomes (worlds). Ces quatre axes sont les suivants : l’extimité de l’existence ; l’effondrement des distinctions et hiérarchies d’existence occidentales, et particulièrement celles entre la Vie et la Non-vie, et entre le biologique et le géologique ; la distribution des effets du pouvoir et le pouvoir d’impacter un terrain d’existence donné ; enfin la multiplicité et l’effondrement des formes de l’événement. Comment l’affaiblissement des quasi-espaces, des choses floues, ainsi que des efforts et des forces de remblayage de l’existence exige-il une reddition des concepts politiques occidentaux concernant leur refus d’assumer leur impact historique et actuel sur notre terre toxique ?

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

[Paris • France]

 

Construite autour de Condition de l’homme moderne d’Hannah Arendt et d’un groupe de sirènes dans un film récent du Karrabing Film Collective, “Le Retour du Monde” entame une discussion sur la terre toxique en distinguant, la terre dans sa globalité (whole earth), gaia (du grec : la vie, l’origine et la génitrice de la vie) et les mondes (worlds) autonomes. Comment la toxicité donne-t-elle tort à ces trois éléments? Le terme « retour » dans le titre de la conférence pourrait évoquer quelque chose faisant jadis partie de la théorie occidentale, qui avait été oublié ou perdu, mais qui est désormais revenu tel un fils prodigue. Mais qu’est-ce qui revient, qu’est-ce qui n’est jamais parti, et où ? Et si les sirènes n’avaient jamais disparu sous l’assaut des colons modernes, ou n’étaient jamais revenues avec le désenchantement face au rationnel? Et si les sirènes avaient continué à traverser le paysage, malgré des voyages altérés par les actes toxiques du colonialisme, de l’industrialisme et leur valorisation ? En d’autres termes, comment les imaginaires de la terre entière (earth), des mondes autonomes (worlds) et de gaia cachent autant qu’ils dévoilent de grandes parties de l’existence qui n’ont jamais été enchantées, plutôt désenchantées, comme le réalisateur afroaméricain Charles Burnett l’a évoqué dans son film Killer of Sheep, luttant en vue de se protéger et de survivre dans un contexte en perpétuel changement de racisme toxique et de colonialisme de peuplement.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 à Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 3/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 2/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf
et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la
participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa
Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam),
Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and
Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales,
FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia
Khurana (artiste).

Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 1/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf
et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la
participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa
Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam),
Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and
Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales,
FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia
Khurana (artiste).

[Les Lilas • France]

 

L’exposition Kinesis accueillera la première des Black Code Sessions, une série de rencontres qui vise à déplier les questions qu’ouvrent le film Black Code/Code Noir, de Louis Henderson, afin d’en assembler de nouvelles versions. Réalisé dans l’urgence en 2015, Black Code/Code Noir est un ciné-tract assemblé en réaction à la mort de deux jeunes afro-américains, Michael Brown et Kajieme Powell, tués par la police. Dans une démarche archéologique, le film concentre de nombreux fragments de récits issus des profondeurs d’Internet pour saisir les origines complexes de ces tragédies. Arguant que derrière ce présent se cache une histoire sédimentée de l’esclavage conservée par les lois françaises du Code Noir et celles américaines dites des Black Codes, écrites au XVIIème siècle, le film suppose que ces codes se sont transformés en algorithmes qui guident les analyses des banques de données de la police et président aujourd’hui au contrôle nécropolitique des afro-américains. Dans un détournement historique vers un passé-futur, ce projet s’intéresse aux origines animistes de la révolution haïtienne comme symbole d’un futur possible. Si le Code Noir était la forme originelle de la gouvernance algorithmique alors la révolution haïtienne fut la première occurrence de son hacking. Aujourd’hui encore ne serait-elle pas un imaginaire capable de déconstruire ce code en le piratant ?

 

Rassemblés pour cette Black Code Session, les participants – chercheurs, artistes, cinéastes, activistes et étudiants – se réuniront à huis clos une journée durant pour mettre le film en débat et proposer de le modifier et l’étendre. Au lendemain de cette discussion, lors d’une grande soirée de restitution organisée à Khiasma, chacun des invités est amené à intervenir pour présenter l’aboutissement de ce processus collaboratif et le rouvrir au dialogue avec le public.   Au terme de cette première session participative et de l’exposition Kinesis, une nouvelle version étendue de Black Code/Code Noir sera réalisée et présentée au public lors du finissage de l’exposition, samedi 2 juillet. Elle sera la base des sessions suivantes, qui auront lieu ces prochains mois dans d’autres lieux en France comme à l’étranger.

Enregistré à l'espace Khiasma le Jeudi 16 juin 2016.

Mixage : Esther Porylès

Avec Erik Bullot (cinéaste et enseignant), Jephthé Carmil (Doctorant à l’université Paris-Diderot, travaille sur les liens
entre iconographie postcoloniale et art contemporain), Pascale Obolo (cinéaste, performeuse et rédactrice en chef de
la revue Afrikadaa), Karine Lebrun (Artiste et professeure « internet, numérique et documents » à l’École Européenne
Supérieure d’Art de Bretagne), Olivier Hadouchi (historien du cinéma et programmateur de films, auteur d’une thèse
en 2012 intitulée « Le cinéma dans les luttes de libération : genèses, initiatives pratiques et inventions formelles autour
de la Tricontinentale (1966-1975) »), Graeme Thomson & Silvia Maglioni (cinéastes), Sophie Wahnich (Historienne,
spécialiste de la Révolution française, membre du comité de rédaction de la revue Vacarme), Louis Henderson (cinéaste)
et Olivier Marboeuf (auteur, curateur, performeur et directeur de l’Espace Khiasma).
Les Black Code Sessions sont organisées avec le soutien du Dicréam

«La Peau Vive» : Entretien avec Frédéric Nauczyciel

[Saint-Denis • France]

 

Dans l’espace de l’exposition La Peau vive de Frédéric Nauczyciel, présentée dans la chapelle du Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis dans le cadre du programme Chapelle Vidéo, Olivier Marboeuf s’entretient longuement avec l’artiste sur ce projet, aboutissement de plusieurs années de travail à Baltimore et en Seine-Saint-Denis et de collaborations avec les communautés noire et transgenre de ces deux territoires et des artistes engagés dans les pratiques performatives. Un projet qui redéploie les thèmes et formes du travail de Frédéric Nauczyciel, alors qu’il propose à ses complices de filmer eux-mêmes leurs tatouages, leurs scarifications, leur peau, et ce faisant, d’échantillonner une partie de leur histoire.

 

 

FRÉDÉRIC NAUCZYCIEL // LA PEAU VIVE // DU 23.03.2017 AU 29.05.2017

 

La peau est ce qui nous sépare et nous protège de la ville. Sa plasticité – sa fermeté et sa souplesse – évoque une manière d’être dans la ville, un état toujours changeant, fluide, jamais figé. En réponse à l’invitation de Chapelle Vidéo, programme d’art vidéo du Département de Seine-Saint-Denis, Frédéric Nauczyciel investit la chapelle du musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis et présente La Peau vive, une installation qui invite des performers et le public à s’emparer de l’espace muséal, qui mixe chorégraphies, récits de vie, mises en abime de l’image de soi. Disséminés dans la chapelle de l’ancien carmel, huit et un écrans -le neuvième, central, de 6 m de large – composent un rythme propre, construisant un musée intime éphémère où l’histoire de corps affleure à même la peau comme les êtres affleurent à la surface de la ville.

 

Frédéric Nauczyciel est un artiste visuel français qui travaille entre la France et les Etats-Unis. Nourri par la danse et le cinéma, il réalise des photographies, des films et des installations. Il fait appel à l’expérience de la performance pour produire des « images vivantes ». Son œuvre aborde l’expérience physique de la ville, la traversée du centre à la périphérie, les variations entre le masculin et le féminin, ou encore l’image de soi et de l’autre. Il transpose dans le lieu de l’art des langues performatives, telles que portées par le Voguing* les Marching Band ou la langue des signes. Ce faisant, il réinvestit les clivages entre culture savante et culture populaire, il souligne la sophistication des expressions urbaines, révèle leur portée politique. Ses productions sont présentées en France (Mac/Val Vitry, Musée de la Chasse à Paris, Rencontres Internationales de Photographie d’Arles, aux Rencontres Internationales Paris / Berlin, Centre Pompidou Paris) et aux Etats-Unis (FotoFest Intenational Houston, Julie Menerret Contemporary New York). Il figure dans la collection du Fonds National d’Art Contemporain (Public # Ceux qui nous regardent, Le temps devant et The Fire Flies, Baltimore) et dans la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis (A Baroque Ball). En 2017, il est accompagné par l’Espace Khiasma et est artiste associé à la Cité Internationale des Arts à Paris.

Que reste-t-il lorsque l’on n’a que soi-même à offrir, son corps dans la ville, alors que c’est cette ville qui l’a façonné ? La peau devient ce qui nous en sépare et nous en protège, tout autant qu’elle nous y abandonne. Sa plasticité – sa fermeté comme sa souplesse – fait écho à une fluidité urbaine. Elle évoque un état toujours changeant, jamais figé, nécessaire pour habiter la ville. La Peau vive présente un ensemble de films réalisés par Frédéric Nauczyciel entre 2012 et 2016, lors de plusieurs voyages à Baltimore, dans l’état du Maryland aux Etats-Unis, et d’une résidence de deux années en Seine-Saint-Denis. L’installation relie ainsi les ghettos noirs d’une des villes nord-américaines les plus ségrégées à la périphérie parisienne à travers les membres des communautés transgenres noires des deux territoires -avec lesquels il collabore depuis plusieurs années- ainsi que des artistes, tels le slameur D’ de Kabal, ou encore le performeur Jean-Luc Verna. En les amenant à filmer eux-mêmes leurs tatouages, leurs scarifications, leur peau, face à la caméra, Frédéric Nauczyciel, tel un répétiteur, les invite à sampler une partie de leur histoire. A travers leur gestuelle, le choix du parcours de leur corps devant la caméra, du cadre ou de la mise au point, ils racontent leur manière d’être à la ville, d’(y) apparaître – c’est à dire leur manière de réinventer sa géographie, de faire de la périphérie le centre. Ces corps en mouvement donnent à voir les variations possibles du masculin au féminin. Ils traduisent une forme d’urbanité où ce qui est populaire contient une élégance et où le ghetto offre un horizon et une flamboyance.

Disséminés dans la chapelle, huit et un neuvième écran – central, de 6 m de large, opérant un ré-échantillonnage de l’ensemble – donnent corps aux corps, aux peaux vives, aux tatouages. Par un traitement ralenti, l’image se meut et déjoue les perceptions, le film devient trompe l’œil baroque – et évoque le perpétuel inachèvement de nos perceptions, de nous-mêmes ou des autres. Chacun des films porte en lui la promesse d’un solo, qui peut être dansé par un autre. Durant l’exposition, des performeurs viendront mettre en mouvement l’installation vidéo par leur présence vive, en ré-interprétant des bribes de film par la danse ou en réalisant en public des séances de filmage en direct. Ce faisant, l’installation propose de construire un espace au sein duquel les visiteurs font l’expérience du corps de l’autre ; un espace qui laisse les corps en transformation libres de toute assignation. L’installation s’ouvre sur Casper Ebony, à Baltimore, qui se filme. L’attention du performeur face à la caméra et à son image transcende tout narcissisme : du regard nait le mouvement. Ailleurs, Kory Blacksjuan Revlon, en filmant les tatouages qu’il a sous les yeux, tourne son regard vers nous. C’est aussi à cette expérience du regard que La Peau vive nous invite. 

 

Exposition organisée par le département de la Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Denis avec le soutien du Dicréam (CNC) et du Centquatre, Paris. La Peau Vive a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, qui lui a apporté son soutien.

 

Avec Baltimore Lisa Revlon, Legendary Father, David Revlon, Dale Blackheart, Kory Blacksjuan Revlon, Sin Toyer, Casper Ebony, Darryl Loudboi, Ismâïl Ibn Conner, James Conley III, Cameron Lavone Deshelids, Justin Mcclary Paris Honeysha Khan, Ari de B, Lionel Abenaqui, D’ de Kabal, Jean-Luc Verna, Benoit Oget, Musique et voix Abdu ali Phoebe Jean D’de Kabal House of HMU, performeurs Vinii Revlon, Diva Ivy Balenciaga, Dale Blackheart, Honeysha Khan, Ari de B, Julie Burton, assistante Équipe technique Eponine Momanceau et Daniela Mileykovsky, cheffes opérateur, Fanny Weinzaepflen, mixeuse son, Xavier Sirven, monteur, Jean Coudsi, étalonneur, Alan Purene, régisseur installation vidéo Programmation Nathalie Lafforgue, Marion Debillon, Julien Trésor Presse Valentine Umansky

Enregistrement réalisé dans l'exposition «La Peau Vive» au Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.
Prise de son et montage : Adrien Tripon.
L'entretien est traversé de quelques extraits sonores issus des vidéos qui composent l'installation de Frédéric Nauczyciel

Echange avec Françoise Vergès autour de son livre «Le Ventre des femmes»

[Les Lilas • France]

Ces échanges avec Françoise Vergès font suite à la lecture-rencontre organisée à l’Espace Khiasma en mars 2017, à l’occasion de la sortie de son livre Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017). Cliquez ici pour commencer avec la lecture d’Olivier Marboeuf et les interventions de Seloua Luste Boulbina et Françoise Vergès.

«Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ? Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient. Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes d’outre-mer, héritage douloureux d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.»

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Elle est notamment l’auteure d’Entretiens avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L’Homme prédateur (2011).

Enregistré à l'Espace Khiasma, le 22 mars 2017.
Mix : Esther Poryles et Adrien Tripon

Le Ventre des femmes, Lecture-Rencontre avec Françoise Vergès

[Les Lilas • France]

Rencontre avec Françoise Vergès à l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017). Une lecture d’un passage par Olivier Marboeuf, auteur et directeur de Khiasma. En conversation avec Seloua Luste Boulbina, chercheuse associée au Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP – Université Denis Diderot Paris). Elle est notamment l’auteure de L’Afrique et ses Fantômes (2015), Les Arabes peuvent-ils parler? (2011) et Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (2008).

« Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ? Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient. Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes d’outre-mer, héritage douloureux d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui. »

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Elle est notamment l’auteure d’Entretiens avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L’Homme prédateur (2011).

Le Ventre des femmes est disponible en vente à l’Espace Khiasma.

Enregistré à l'Espace Khiasma le mercredi 22 mars 2017
Mix : Esther Poryles