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«Aires de jeux» | Jef Klak invite Vincent Romagny

[Les Lilas • France]

 

Le 18 mai 2017 à Khiasma, la revue Jef Klak invitait Vincent Romagny, enseignant en théorie de l’art, à prolonger le dernier numéro de la revue, «Ch’val de course», qui s’intéresse au jeu, en présentant l’oeuvre The Model de Palle Nielsen, vaste aire de jeux pour enfants installée au Moderna Museet de Stockholm en 1968. Mais avant cela, et à l’occasion de l’ouverture de l’antenne Jef Klak sur la r22, la soirée s’ouvrait avec une séance d’écoute de la pièce sonore De jeux en places de Cabiria Chomel, issue du CD inclus avec le dernier numéro de Jef Klak, et un échange autour des pratiques sonores au sein du collectif.

 

« Le jeu est l’exposition. L’exposition est le travail des enfants eux-mêmes. Il n’y a pas d’exposition. Ce n’est une exposition que parce que les enfants jouent dans un musée d’art. Ce n’est une exposition que pour ceux qui ne jouent pas. » C’est en ces termes que l’artiste Palle Nielsen présentait son expérimentation au Moderna Museet de Stockholm qu’il avait transformé en aire de jeux géante durant quelques semaines de l’année 1968.

 

Accompagné d’une projection d’images d’archive, Vincent Romagny, enseignant en théorie de l’art en école d’art, commissaire d’exposition, doctorant en esthétique sur la question des rapports entre aires de jeux et oeuvre d’art (Université Paris 8), aborde les paradoxes non seulement soulevés par cette exposition dans le contexte de l’après mai 68, mais surtout à l’occasion des relectures auxquelles elle a donné lieu lors de récentes réactivations. L’occasion de mettre en évidence les différents sens des idées d’enfance et de jeu alors implicitement invoqués.

 

L’occasion également de discuter avec l’équipe de la revue Jef Klak, dont le dernier numéro « Ch’val de course », qui vient de paraître en librairie, s’amuse sérieusement avec les questions sociales du jeu, du pari et du risque. Le texte inclus dans ce numéro « Le gouvernement des playgrounds », par Ferdinand Cazalis, retrace notamment l’histoire sociale des terrains de jeu, aux États-Unis et en France des années 1880 à aujourd’hui. Loin de se limiter à des toboggans et tourniquets ultrasécurisés, les premiers playgrounds américains participaient en effet d’une éducation à la citoyenneté et au patriotisme, prolongeant les discriminations et les logiques de classe d’un pays en pleine expansion industrielle.

 

Où s’arrête l’aire du jeu et où commencent celles de l’art et du politique ? À moins qu’elles n’aient toujours été congruentes…

Soirée enregistrée à l'Espace Khiasma, le 18 mai 2017.
La soirée s'ouvre avec la pièce sonore de Cabiria Chomel, «De jeux en places» (12'27''), mixée par Corinne Dubien.
Mixage : Adrien Tripon.