Né en 1977 à Bordeaux, Simon Quéheillard fait des études à L‘Ecole des Beaux-arts de Bordeaux où il suit un enseignement dans l’atelier d’écriture sous la direction du poète et écrivain Emmanuel Hocquard, qui influencera durablement son travail. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris. Il participe en 2005 à l’exposition « (...)Né en 1977 à Bordeaux, Simon Quéheillard fait des études à L‘Ecole des Beaux-arts de Bordeaux où il suit un enseignement dans l’atelier d’écriture sous la direction du poète et écrivain Emmanuel Hocquard, qui influencera durablement son travail. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris. Il participe en 2005 à l’exposition « L’œil du touriste » (commissariat Jeanne Truong) à la galerie Frédéric Giroux. En 2006, a lieu sa première exposition personnelle à la galerie Frédéric Giroux. Elle s’intitule « L’image dans le papier », et peut être comprise comme une annonce du livre du même nom, qu’il publiera deux ans plus tard, en juin 2008, aux éditions MIX, après sa rencontre avec le philosophe Fabien Vallos, qui en est le directeur. Depuis 2010, il collabore étroitement avec l’Espace Khiasma sous la direction d’Olivier Marboeuf, aux Lilas, dans un suivi de production et de monstration de ses films.
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« L’impénitent », entretien avec Olivier Marboeuf

[Les Lilas • France]
Décrire son outil de travail. Dans cet entretien, réalisé par Simon Quéheillard et Violaine Lochu au mois de juin 2015, Olivier Marboeuf revient sur l’histoire, les enjeux sociaux et politiques de L’Espace Khiasma, depuis sa création en 2004. Quelle réalité sociale recouvre le terme générique de « centre d’art » ? Comment entrer en révolution en se donnant pour outil le cadre institutionnel ? La posture de l’impénitent consiste à nommer le paradoxe d’un milieu social, comme vecteur d’une normalité, qui ne se reconnait pas lui-même. Elle exprime ici les possibilités comme les impasses de la production collective d’un savoir, que rejoue actuellement le retour de la notion « d’éducation populaire ». La mise en oeuvre d’une situation de pensée collective est ensuite abordée sous l’angle de la relation maître-élève, puis de la nécessité de la forme particulière que requiert la parole publique.

[Les Lilas • France]
Dialogue avec l’artiste Simon Quéheillard autour de son ouvrage en cours Une méthode de dispersion.
Distrait est celui qui voit tout. Mais ce tout est une dispersion. Cette dispersion a lieu dans les marges. L’expérience consiste à l’y maintenir en périphérie. Si, comme on le dit, une personne distraite se trouve « absorbée par autre chose », en nous détournant constamment, la distraction comme forme d’attention tend à recréer du vide. De cette manière le vide se construit et réapparaîtra toujours au centre de la perception. Si le vide est central, les marges sont mouvantes, aucun objet jamais ne se cristallise. Une vision à plusieurs contrepoints où toutes choses perçues simultanément coexistent. Se détourner pour maintenir la distance d’où les images ressurgiront.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 29 novembre 2014, dans le cadre de l’exposition sommeils de Ismaïl Bahri.

[Les Lilas • France] 
sommeils, pièce radiophonique qui emprunte son nom à l’exposition d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, tisse entre elles des prises de paroles semées à la croisée des vents — ce courant d’air, qui soulève en ce moment même et jusqu’au 13 décembre les cloisons du centre d’art, rejouant l’espace devenu chambre noire, camera obscura, « espace du dedans […] chambre d’écho d’un dehors », et se jouant des perceptions sensorielles des spectateurs.
Construite autour d’un dispositif de captation très simple dans son principe : un rectangle de papier placé devant l’objectif et servant d’obturateur (membrane sensible et oscillante, actionnée par le vent et conditionnant le régime d’apparition/disparition des images), cette installation vidéo se caractérise par son recours aux voix. Des voix tunisiennes, issue d’un même « dehors » que cette lumière de Tunisie qu’exfiltre sporadiquement l’entrebâillement du papier. Les voix des passants, croisés lors du tournage, qui voient le mécanisme à l’œuvre, et participent de cette œuvre à leur insu. Qui, par leurs commentaires, mettent en lumière le fonctionnement du dispositif et certains de ses enjeux, devenant ainsi, auprès des spectateurs de l’exposition, les intercesseurs d’un hors champ.
sommeils recueille ce qui se dit à la marge de l’œuvre et devient catalyseur de récits. Un geste continué lors de tous les rendez-vous publics d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, dans la pénombre d’une exposition « habitée en paroles ». Voix des commissaires d’expositions Olivier Marboeuf et Guillaume Désanges, de l’artiste Simon Quéheillard écrivant une lettre (Les images veillent sur moi), voix d’Ismaïl Bahri lui-même, traduisant la parole des autres comme on raconte sa propre histoire — voix que rassemble cette création sonore réalisée tout spécialement pour la r22 Tout-monde !

Pour ceux qui voudraient en apprendre plus, un extrait de la correspondance qu’Ismaïl bahri entretient avec Olivier Marboeuf et où il est question de Sommeil, est consultable en cliquant sur « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Réalisé par Ismaïl Bahri et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre de l'exposition sommeils programmée du 9 octobre au 13 décembre 2014

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site