Né en 1988, Raphaël Tiberghien explore les lisières entre le langage et les formes plastiques, en utilisant notamment la sculpture, l’édition et l’installation sonore. Il cherche à inscrire ses interventions dans une mobilité entre les disciplines afin de dégager de nouvelles cohérences.Né en 1988, Raphaël Tiberghien explore les lisières entre le langage et les formes plastiques, en utilisant notamment la sculpture, l’édition et l’installation sonore. Il cherche à inscrire ses interventions dans une mobilité entre les disciplines afin de dégager de nouvelles cohérences.
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Raphaël Tiberghien sur «Le nuage en pantalon» de Vladimir Maïakovski

Des voix d’auteurs…

 

3 mn pour parler d’une œuvre littéraire pour un artiste ou d’une œuvre artistique pour un écrivain. 3 mn pour dire la puissance de transformation des mots dans le champ artistique ou des images dans le champ littéraire ou poétique.

Un artiste parle d’un livre fondateur, qui a participé à l’élaboration de son œuvre ou d’une œuvre plastique, qui a provoqué modifications ou bifurcations dans le travail.
Un écrivain parle d’une œuvre artistique qui a eu des répercussions dans son œuvre, dans l’écriture d’un livre, qui traverse les mots.

 

3 mn pour dire ce que l’art fait à l’écriture et ce que l’écriture fait à l’art.

Soirée revue N/Z : «Le livre dense», par Raphaël Tiberghien

[Paris • France]

 

« Le langage nous est utile, à quoi ? J’aimerais profiter de l’occasion de ma participation à la revue N/Z pour établir une correspondance avec d’autres artistes de ma génération qui en font usage, afin de comprendre comment et pourquoi ils l’utilisent. Beaucoup de jeunes plasticiens manipulent les mots, qu’ils soient écrits, prononcés ou enregistrés, et l’on peut s’interroger sur cette pratique, sur ce qu’elle dit de notre époque. » — R. Tiberghien

 

Pour cette soirée de la revue N/Z, Raphaël Tiberghien invite Violaine Lochu, Sara Acremann et Timothée Dufresne à penser ensemble l’utilité du langage et l’usage qu’en font ces jeunes plasticiens à notre époque.

 

Éditée par le Bureau des activités littéraires, N/Z est une revue expérimentale à ciel ouvert qui s’intéresse à l’écriture comme processus de travail, en amont de sa formalisation définitive et sous toutes ses formes.

 

Déroulé de la soirée :

Violaine Lochu – Animal Mimesis, performance-conférence, 2015.

Sara Acremann – Présentation du travail Les Listes, et de ses différentes formes entre 2013 et 2016.

Raphaël Tiberghien – Danoisie – lecture sculptée.

Timothée Dufresne & Raphaël Tiberghien – Je suis la ligne, vidéo (non restituée dans cette captation)

Soirée enregistrée le 2 décembre 2016 à la Maison de la Poésie, Paris.
Mixage : Adrien Tripon

[Montrouge • France]
Tissu, carton et plâtre synthétique, installation sonore 30x26x21cm

 

« L’écriture est pour moi un fil d’Ariane, une pratique où les mots sont considérés comme des matériaux que l’on peut assembler et faire correspondre avec des objets ou des images. Si mes interventions empruntent diverses formes, elles sont traversées par des problématiques similaires.

 

Mes œuvres peuvent être de tailles variées, la plupart du temps en bois, métal ou céramique, et intègrent souvent des objets trouvés ou des enregistrements sonores, que j’utilise pour spatialiser le texte par l’intermédiaire de la voix. Partant d’une activité de poète qui prenait le livre pour seul support, j’ai progressivement ressenti le besoin de composer au-delà de la page, ce qui a déplacé ma pratique vers l’atelier et la production de volumes dialoguant entre eux dans l’espace.

 

En utilisant la sculpture, l’installation, et plus rarement l’image, je cherche à dépouiller le langage des conventions propres à nos usages coutumiers pour tenter de dégager un outil d’expression singulier. » Raphaël Tiberghien

Réalisation : Raphaël Tiberghien

La Poussière, poème déployé

[Montrouge • France]
La Poussière, poème déployé, 2013, gravure sur disque vinyle et installation sonore, 5’25

« La poussière suit méticuleusement son chemin, entre dans la maison, glisse sur les sols et les meubles avant d’investir le corps, les poumons, les yeux et la gorge enfin, là où le discours prend forme. Serait-ce donc elle qui grippe la belle mécanique du corps humain? Qui bloque l’élocution, qui vient couper, coller, fondre ou fendre les mots? Les bribes de mots ricochent et s’amalgament, des rimes se créent dans le choc des tronçons de paroles. Dans ce balbutiement apparent, le poème prend corps et les mots se chargent de matière, ils deviennent denses, physiques. Porteurs d’un sens autre que celui du langage, ils font presque douter de leur aptitude à communiquer quoi que ce soit. Pourtant ces paroles entrechoquées produisent un nouveaux flux, non conventionnel, qui n’annule pas la narration, ni la transmission. Les mots et les sons, devenus matériels, sont sculptés dans la couche du disque vinyle et permettent d’entrer à l’intérieur du langage, de creuser la surface des mots et du sens. » Agnès Werly

Réalisation : Raphaël Tiberghien