Olivier Marboeuf est auteur, critique et commissaire indépendant. Il est directeur de l'Espace Khiasma depuis 2004.Olivier Marboeuf est auteur, critique et commissaire indépendant. Il est directeur de l'Espace Khiasma depuis 2004.
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[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

[Les Lilas • France]

 

L’exposition Kinesis accueillera la première des Black Code Sessions, une série de rencontres qui vise à déplier les questions qu’ouvrent le film Black Code/Code Noir, de Louis Henderson, afin d’en assembler de nouvelles versions. Réalisé dans l’urgence en 2015, Black Code/Code Noir est un ciné-tract assemblé en réaction à la mort de deux jeunes afro-américains, Michael Brown et Kajieme Powell, tués par la police. Dans une démarche archéologique, le film concentre de nombreux fragments de récits issus des profondeurs d’Internet pour saisir les origines complexes de ces tragédies. Arguant que derrière ce présent se cache une histoire sédimentée de l’esclavage conservée par les lois françaises du Code Noir et celles américaines dites des Black Codes, écrites au XVIIème siècle, le film suppose que ces codes se sont transformés en algorithmes qui guident les analyses des banques de données de la police et président aujourd’hui au contrôle nécropolitique des afro-américains. Dans un détournement historique vers un passé-futur, ce projet s’intéresse aux origines animistes de la révolution haïtienne comme symbole d’un futur possible. Si le Code Noir était la forme originelle de la gouvernance algorithmique alors la révolution haïtienne fut la première occurrence de son hacking. Aujourd’hui encore ne serait-elle pas un imaginaire capable de déconstruire ce code en le piratant ?

 

Rassemblés pour cette Black Code Session, les participants – chercheurs, artistes, cinéastes, activistes et étudiants – se réuniront à huis clos une journée durant pour mettre le film en débat et proposer de le modifier et l’étendre. Au lendemain de cette discussion, lors d’une grande soirée de restitution organisée à Khiasma, chacun des invités est amené à intervenir pour présenter l’aboutissement de ce processus collaboratif et le rouvrir au dialogue avec le public.   Au terme de cette première session participative et de l’exposition Kinesis, une nouvelle version étendue de Black Code/Code Noir sera réalisée et présentée au public lors du finissage de l’exposition, samedi 2 juillet. Elle sera la base des sessions suivantes, qui auront lieu ces prochains mois dans d’autres lieux en France comme à l’étranger.

Enregistré à l'espace Khiasma le Jeudi 16 juin 2016.

Mixage : Esther Porylès

Avec Erik Bullot (cinéaste et enseignant), Jephthé Carmil (Doctorant à l’université Paris-Diderot, travaille sur les liens
entre iconographie postcoloniale et art contemporain), Pascale Obolo (cinéaste, performeuse et rédactrice en chef de
la revue Afrikadaa), Karine Lebrun (Artiste et professeure « internet, numérique et documents » à l’École Européenne
Supérieure d’Art de Bretagne), Olivier Hadouchi (historien du cinéma et programmateur de films, auteur d’une thèse
en 2012 intitulée « Le cinéma dans les luttes de libération : genèses, initiatives pratiques et inventions formelles autour
de la Tricontinentale (1966-1975) »), Graeme Thomson & Silvia Maglioni (cinéastes), Sophie Wahnich (Historienne,
spécialiste de la Révolution française, membre du comité de rédaction de la revue Vacarme), Louis Henderson (cinéaste)
et Olivier Marboeuf (auteur, curateur, performeur et directeur de l’Espace Khiasma).
Les Black Code Sessions sont organisées avec le soutien du Dicréam

«La Peau Vive» : Entretien avec Frédéric Nauczyciel

[Saint-Denis • France]

 

Dans l’espace de l’exposition La Peau vive de Frédéric Nauczyciel, présentée dans la chapelle du Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis dans le cadre du programme Chapelle Vidéo, Olivier Marboeuf s’entretient longuement avec l’artiste sur ce projet, aboutissement de plusieurs années de travail à Baltimore et en Seine-Saint-Denis et de collaborations avec les communautés noire et transgenre de ces deux territoires et des artistes engagés dans les pratiques performatives. Un projet qui redéploie les thèmes et formes du travail de Frédéric Nauczyciel, alors qu’il propose à ses complices de filmer eux-mêmes leurs tatouages, leurs scarifications, leur peau, et ce faisant, d’échantillonner une partie de leur histoire.

 

 

FRÉDÉRIC NAUCZYCIEL // LA PEAU VIVE // DU 23.03.2017 AU 29.05.2017

 

La peau est ce qui nous sépare et nous protège de la ville. Sa plasticité – sa fermeté et sa souplesse – évoque une manière d’être dans la ville, un état toujours changeant, fluide, jamais figé. En réponse à l’invitation de Chapelle Vidéo, programme d’art vidéo du Département de Seine-Saint-Denis, Frédéric Nauczyciel investit la chapelle du musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis et présente La Peau vive, une installation qui invite des performers et le public à s’emparer de l’espace muséal, qui mixe chorégraphies, récits de vie, mises en abime de l’image de soi. Disséminés dans la chapelle de l’ancien carmel, huit et un écrans -le neuvième, central, de 6 m de large – composent un rythme propre, construisant un musée intime éphémère où l’histoire de corps affleure à même la peau comme les êtres affleurent à la surface de la ville.

 

Frédéric Nauczyciel est un artiste visuel français qui travaille entre la France et les Etats-Unis. Nourri par la danse et le cinéma, il réalise des photographies, des films et des installations. Il fait appel à l’expérience de la performance pour produire des « images vivantes ». Son œuvre aborde l’expérience physique de la ville, la traversée du centre à la périphérie, les variations entre le masculin et le féminin, ou encore l’image de soi et de l’autre. Il transpose dans le lieu de l’art des langues performatives, telles que portées par le Voguing* les Marching Band ou la langue des signes. Ce faisant, il réinvestit les clivages entre culture savante et culture populaire, il souligne la sophistication des expressions urbaines, révèle leur portée politique. Ses productions sont présentées en France (Mac/Val Vitry, Musée de la Chasse à Paris, Rencontres Internationales de Photographie d’Arles, aux Rencontres Internationales Paris / Berlin, Centre Pompidou Paris) et aux Etats-Unis (FotoFest Intenational Houston, Julie Menerret Contemporary New York). Il figure dans la collection du Fonds National d’Art Contemporain (Public # Ceux qui nous regardent, Le temps devant et The Fire Flies, Baltimore) et dans la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis (A Baroque Ball). En 2017, il est accompagné par l’Espace Khiasma et est artiste associé à la Cité Internationale des Arts à Paris.

Que reste-t-il lorsque l’on n’a que soi-même à offrir, son corps dans la ville, alors que c’est cette ville qui l’a façonné ? La peau devient ce qui nous en sépare et nous en protège, tout autant qu’elle nous y abandonne. Sa plasticité – sa fermeté comme sa souplesse – fait écho à une fluidité urbaine. Elle évoque un état toujours changeant, jamais figé, nécessaire pour habiter la ville. La Peau vive présente un ensemble de films réalisés par Frédéric Nauczyciel entre 2012 et 2016, lors de plusieurs voyages à Baltimore, dans l’état du Maryland aux Etats-Unis, et d’une résidence de deux années en Seine-Saint-Denis. L’installation relie ainsi les ghettos noirs d’une des villes nord-américaines les plus ségrégées à la périphérie parisienne à travers les membres des communautés transgenres noires des deux territoires -avec lesquels il collabore depuis plusieurs années- ainsi que des artistes, tels le slameur D’ de Kabal, ou encore le performeur Jean-Luc Verna. En les amenant à filmer eux-mêmes leurs tatouages, leurs scarifications, leur peau, face à la caméra, Frédéric Nauczyciel, tel un répétiteur, les invite à sampler une partie de leur histoire. A travers leur gestuelle, le choix du parcours de leur corps devant la caméra, du cadre ou de la mise au point, ils racontent leur manière d’être à la ville, d’(y) apparaître – c’est à dire leur manière de réinventer sa géographie, de faire de la périphérie le centre. Ces corps en mouvement donnent à voir les variations possibles du masculin au féminin. Ils traduisent une forme d’urbanité où ce qui est populaire contient une élégance et où le ghetto offre un horizon et une flamboyance.

Disséminés dans la chapelle, huit et un neuvième écran – central, de 6 m de large, opérant un ré-échantillonnage de l’ensemble – donnent corps aux corps, aux peaux vives, aux tatouages. Par un traitement ralenti, l’image se meut et déjoue les perceptions, le film devient trompe l’œil baroque – et évoque le perpétuel inachèvement de nos perceptions, de nous-mêmes ou des autres. Chacun des films porte en lui la promesse d’un solo, qui peut être dansé par un autre. Durant l’exposition, des performeurs viendront mettre en mouvement l’installation vidéo par leur présence vive, en ré-interprétant des bribes de film par la danse ou en réalisant en public des séances de filmage en direct. Ce faisant, l’installation propose de construire un espace au sein duquel les visiteurs font l’expérience du corps de l’autre ; un espace qui laisse les corps en transformation libres de toute assignation. L’installation s’ouvre sur Casper Ebony, à Baltimore, qui se filme. L’attention du performeur face à la caméra et à son image transcende tout narcissisme : du regard nait le mouvement. Ailleurs, Kory Blacksjuan Revlon, en filmant les tatouages qu’il a sous les yeux, tourne son regard vers nous. C’est aussi à cette expérience du regard que La Peau vive nous invite. 

 

Exposition organisée par le département de la Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Denis avec le soutien du Dicréam (CNC) et du Centquatre, Paris. La Peau Vive a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, qui lui a apporté son soutien.

 

Avec Baltimore Lisa Revlon, Legendary Father, David Revlon, Dale Blackheart, Kory Blacksjuan Revlon, Sin Toyer, Casper Ebony, Darryl Loudboi, Ismâïl Ibn Conner, James Conley III, Cameron Lavone Deshelids, Justin Mcclary Paris Honeysha Khan, Ari de B, Lionel Abenaqui, D’ de Kabal, Jean-Luc Verna, Benoit Oget, Musique et voix Abdu ali Phoebe Jean D’de Kabal House of HMU, performeurs Vinii Revlon, Diva Ivy Balenciaga, Dale Blackheart, Honeysha Khan, Ari de B, Julie Burton, assistante Équipe technique Eponine Momanceau et Daniela Mileykovsky, cheffes opérateur, Fanny Weinzaepflen, mixeuse son, Xavier Sirven, monteur, Jean Coudsi, étalonneur, Alan Purene, régisseur installation vidéo Programmation Nathalie Lafforgue, Marion Debillon, Julien Trésor Presse Valentine Umansky

Enregistrement réalisé dans l'exposition «La Peau Vive» au Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.
Prise de son et montage : Adrien Tripon.
L'entretien est traversé de quelques extraits sonores issus des vidéos qui composent l'installation de Frédéric Nauczyciel

Le Ventre des femmes, Lecture-Rencontre avec Françoise Vergès

[Les Lilas • France]

Rencontre avec Françoise Vergès à l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017). Une lecture d’un passage par Olivier Marboeuf, auteur et directeur de Khiasma. En conversation avec Seloua Luste Boulbina, chercheuse associée au Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP – Université Denis Diderot Paris). Elle est notamment l’auteure de L’Afrique et ses Fantômes (2015), Les Arabes peuvent-ils parler? (2011) et Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (2008).

« Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ? Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient. Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes d’outre-mer, héritage douloureux d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui. »

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Elle est notamment l’auteure d’Entretiens avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L’Homme prédateur (2011).

Le Ventre des femmes est disponible en vente à l’Espace Khiasma.

Enregistré à l'Espace Khiasma le mercredi 22 mars 2017
Mix : Esther Poryles

[Brest • France]

 

À l’occasion du 14è Festival de la radio et de l’écoute – Longueur d’Ondes, la R22 Tout-Monde était invitée le samedi 04/02/2017 à donner à entendre la pluralité des voix qui l’animent ! Une séance d’écoute qui s’est tenue à Passerelle – Centre d’Art Contemporain, à Brest ; une traversée des sons, des personnalités et des antennes qui nourrissent et font vibrer les ondes et les esprits de la communauté R22, radio des arts et du commun.

 

Liste de lecture

•  Sommeils, Ismaïl Bahri, Antenne Khiasma, 8’35’’ Há Terra, Ana   Vaz, Khiasma, 8’20’’ La très bouleversante confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté, Emmanuel Adely, David Haddad, Khiasma, 8’   Hymnes, Patrick Fontana, Khiasma, 6’Annonce publique, Sabrina Chou, Antenne Гcole du Magasin, 1’50’’    Le Malaise persiste-t-il ?, Anne-Laure Pigache, École du Magasin, 5’20’’ Tu aimes jouer ?, Antoine Boute, École du Magasin, 2’20’’  Flash info : l’univers, Sabrina Chou, École du Magasin, 1’    La Fin du monde – son corps léger, Patrick Fontana, Khiasma, 3’20’’ La Controverse Marboeuf, Olivier Marboeuf, Khiasma, 11’30’’ L’Éléphant, Mathilde, Tarira et Gabriel avec Sarah Haderbache, Antenne La Maison des Fougères, 1’50’’    Camps de base  cacahuètes,  Jean-Paul  Curnier, La Maison des Fougères, 5’ Scène primitive, Jean-Paul Curnier, Fantazio et Yves Robert, Khiasma, 1’40’’    Le sang, la fortune et la gloire, Jean-Paul Curnier, Khiasma, 6’30’’La Galerie / carte de visite sonore, Violaine Lochu, Antenne La Galerie de Noisy-le-Sec, 6’   Opéra-Archipel, Maxime Cervulle, La Galerie de Noisy-le-Sec, 8’10’’  •  Mantike #1, Violaine Lochu, Le Générateur, 3’20’’    D’autres gestes,  Françoise  Vergès,  Antenne Bétonsalon,  3’30’’  Chantez-vous – MO, Hélène Coeur, Antenne Le Musée Commun, 4’ Alien(s)kin, Jamika Ajalon,  Khiasma, 7’30’’ • Ma Science-fiction, Isabelle Stengers, Khiasma, 12min30   Lo Becat, Lise Barkas et Lisa Käuffert, Antenne Vie, 4’   •

Réalisation : Mathis Berchery et Esther Poryles

Que sont mes amis devenus ?

[Les Lilas • France]

« Que sont mes amis devenus » est une nouvelle série d’épisodes de l’épopée « L’an 2005 » écrite par Olivier Marboeuf. Une histoire alternative de la banlieue et de ses spectres tirée de sa résidence à la Grande Borne à Grigny. Au fil des années qu’égraine cette performance en forme de séances d’hypnose, une brève histoire des cavernes de Lascaux à Nouméa, les exercices de divination dans des flaques d’essence, le spectre de Marius Trésor et les courses de zombies en mini-moto alternent avec les épisodes de la fin du vingtième siècle de l’année 1983 au seuil de la fameuse année 1995.

 

Dans le cadre, du festival Relectures 17, de la Nuit Blanche 2016 aux Lilas et de la résidence d’écrivain d’Olivier Marboeuf à la Médiathèque Victor Hugo (Grigny), un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France.

Manuel du voyageur impénitent

[Les Lilas • France]

 

De l’échangeur autoroutier à la rue de la Dhuys à Bagnolet, Olivier Marboeuf vous invite à une balade d’observation sur les traces d’histoires perdues et de héros oubliés.

Lecture de bitume et de récits rupestres, traduction de fissures, géologie des chantiers et des montagnes de zoo, divination dans des flaques d’essence… le XXème siècle comme si vous y étiez.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]

Patrick Fontana et Nicolas Richard répondent aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de l’atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

 

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier. L’auteur a prélevé et indexé sous différentes entrées thématiques les paroles des chants de chaque État pour recomposer un hymne hybride et chimérique. 

 

Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes, et Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. La création sonore et la lecture sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Plantes Résistantes – Atlas Sensible, Episode 1

[Les Lilas • France]

 

La Bande Est 20e déploie le premier épisode de ses ateliers d’exploration urbaine en compagnie d’Olivier Marboeuf et de l’artiste Younès Rahmoun.

 

Une déambulation active entre la Maison des Fougères et Khiasma en forme de porte d’entrée vers le travail impactant de Younès Rahmoun, et l’occasion de porter un regard neuf sur la ville, ses brèches et ses failles, à la recherche de tout ce qui germe, monte en graine, éclot, fleurit, pollinise et s’hybride. Au détour d’une rue, au détour d’une forêt, l’horizon s’ouvre à hauteur de chaussures. Ici, on surprend une montagne intégrée en zone urbaine. Là, des graines migrantes. Partout, des êtres qui s’adaptent et résistent. Une captation de promenade parlée comme un voyage immobile à travers la friche, le jardin, les blocs, le pavillon, la jachère et la culture.

 

L’installation de Younès Rahmoun, «Montagne-Terre-Pierre », est visible jusqu’au 19 décembre à l’Espace Khiasma dans le cadre de l’exposition Les propriétés du sol.

Réalisation : Benoit Baudinat

« L’impénitent », entretien avec Olivier Marboeuf

[Les Lilas • France]
Décrire son outil de travail. Dans cet entretien, réalisé par Simon Quéheillard et Violaine Lochu au mois de juin 2015, Olivier Marboeuf revient sur l’histoire, les enjeux sociaux et politiques de L’Espace Khiasma, depuis sa création en 2004. Quelle réalité sociale recouvre le terme générique de « centre d’art » ? Comment entrer en révolution en se donnant pour outil le cadre institutionnel ? La posture de l’impénitent consiste à nommer le paradoxe d’un milieu social, comme vecteur d’une normalité, qui ne se reconnait pas lui-même. Elle exprime ici les possibilités comme les impasses de la production collective d’un savoir, que rejoue actuellement le retour de la notion « d’éducation populaire ». La mise en oeuvre d’une situation de pensée collective est ensuite abordée sous l’angle de la relation maître-élève, puis de la nécessité de la forme particulière que requiert la parole publique.

[Les Lilas • France]
Olivier Marboeuf installe ici une nouvelle projection de « cinéma à l’intérieur des crânes », véritable séance d’hypnose en direct qui propose de prévoir l’avenir à partir de l’an 2005. Un cinéma sans image, uniquement basé sur l’art du conte. Comme toujours les faits historiques viennent se mêler à des histoires de magies, les figures surgissent de l’ombre au milieu du panthéon national, et bientôt apparaissent à l’intérieur du feu les visages et les fables de l’avenir. Avec cette nouvelle performance, Olivier Marboeuf ouvre la série « épopée » où, renouant avec le genre du récit picaresque, il propose de raconter une histoire épique de la banlieue, de ses grands drames et petites histoires.

 

Dans le cadre de la Nuit Blanche 2015 aux Lilas

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 3 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

[Les Lilas • France]
Dialogue avec l’artiste Simon Quéheillard autour de son ouvrage en cours Une méthode de dispersion.
Distrait est celui qui voit tout. Mais ce tout est une dispersion. Cette dispersion a lieu dans les marges. L’expérience consiste à l’y maintenir en périphérie. Si, comme on le dit, une personne distraite se trouve « absorbée par autre chose », en nous détournant constamment, la distraction comme forme d’attention tend à recréer du vide. De cette manière le vide se construit et réapparaîtra toujours au centre de la perception. Si le vide est central, les marges sont mouvantes, aucun objet jamais ne se cristallise. Une vision à plusieurs contrepoints où toutes choses perçues simultanément coexistent. Se détourner pour maintenir la distance d’où les images ressurgiront.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 29 novembre 2014, dans le cadre de l’exposition sommeils de Ismaïl Bahri.

[Les Lilas • France]
La conquête de l’Ouest américain ? « Une grande période de prédation contrariée, puisqu’elle aboutit à une démocratie », selon le philosophe Jean-Paul Curnier. Période, dont le western — « équivalant de ce que l’Iliade et l’Odyssée sont pour l’Antiquité » — porte la trace et forme le grand récit : celui de la naissance d’une nation (qui est par ailleurs le titre du premier long métrage de l’histoire du cinéma…).
En organisant donc, dans le cadre de sa résidence d’écriture, une projection de Pat Garett et Billy the kid à l’Espace Khiasma, Jean-Paul Curnier plaçait ce quatrième rendez-vous public sous le patronage de Bob Dylan, dont la musique habite le film de Sam Peckinpah, et de ces deux grandes figures au travers desquelles certaines contradictions historiques de la société américaine se sont incarnées.
Réalisé spécialement pour la r22 Tout-monde, ce programme radiophonique croise des échanges qui ont eu lieu avec la salle à l’issue de cette projection, avec les extraits d’une conversation entre Jean-Paul Curnier et Christophe Cognet — cinéaste également en résidence à Khiasma pour son projet Miserrimus. Il s’agissait d’explorer la charge mythique de ce duel à mort — entre Pat Garett, voyou devenu shérif, et Billy the kid, son ancien compagnon de route — où se joue les derniers soubresauts anarchisants d’une Amérique sans frontières, peu à peu gagnée par l’ordre et la propriété terrienne, et de montrer comment celle-ci traverse encore notre imaginaire politique…

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
sommeils, pièce radiophonique qui emprunte son nom à l’exposition d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, tisse entre elles des prises de paroles semées à la croisée des vents — ce courant d’air, qui soulève en ce moment même et jusqu’au 13 décembre les cloisons du centre d’art, rejouant l’espace devenu chambre noire, camera obscura, « espace du dedans […] chambre d’écho d’un dehors », et se jouant des perceptions sensorielles des spectateurs.
Construite autour d’un dispositif de captation très simple dans son principe : un rectangle de papier placé devant l’objectif et servant d’obturateur (membrane sensible et oscillante, actionnée par le vent et conditionnant le régime d’apparition/disparition des images), cette installation vidéo se caractérise par son recours aux voix. Des voix tunisiennes, issue d’un même « dehors » que cette lumière de Tunisie qu’exfiltre sporadiquement l’entrebâillement du papier. Les voix des passants, croisés lors du tournage, qui voient le mécanisme à l’œuvre, et participent de cette œuvre à leur insu. Qui, par leurs commentaires, mettent en lumière le fonctionnement du dispositif et certains de ses enjeux, devenant ainsi, auprès des spectateurs de l’exposition, les intercesseurs d’un hors champ.
sommeils recueille ce qui se dit à la marge de l’œuvre et devient catalyseur de récits. Un geste continué lors de tous les rendez-vous publics d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, dans la pénombre d’une exposition « habitée en paroles ». Voix des commissaires d’expositions Olivier Marboeuf et Guillaume Désanges, de l’artiste Simon Quéheillard écrivant une lettre (Les images veillent sur moi), voix d’Ismaïl Bahri lui-même, traduisant la parole des autres comme on raconte sa propre histoire — voix que rassemble cette création sonore réalisée tout spécialement pour la r22 Tout-monde !

Pour ceux qui voudraient en apprendre plus, un extrait de la correspondance qu’Ismaïl bahri entretient avec Olivier Marboeuf et où il est question de Sommeil, est consultable en cliquant sur « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Réalisé par Ismaïl Bahri et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre de l'exposition sommeils programmée du 9 octobre au 13 décembre 2014

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Paris • France]
La performance : un art éphémère qui ne subsiste que par les traces « documentaires » qu’il laisse (photographies, captations sonores ou vidéos, résultats d’actions, témoignages…) et par sa faculté à générer des récits. Le document : l’un des vecteurs matériels de la pensée humaine, ayant valeur explicative, descriptive ou bien de preuve, et nécessitant d’être interprété, mis en lien, réactivé. Cette tension réciproque – documenter la performance/performer le document –, sur laquelle s’exprimeront les commissaires d’exposition Guillaume Désange et Olivier Marboeuf, est au centre du nouveau projet du Musée Commun : La Réserve. Fonds documentaire et archive vivante, basée sur un principe de donation, elle  vise à rendre accessible des processus de travail et des expériences qui ne le sont aujourd’hui que par leur documentation ou leur récit.

[Les Lilas • France]
L’hôte peut désigner la personne qui est reçue ou celle qui reçoit, un double sens que Jean-Paul Curnier a décidé de mettre à profit dans le cadre de sa résidence à l’espace Khiasma. Pour cette soirée, il a donc invité Jacques Durand, écrivain taurin de renommé, à venir s’entretenir avec lui sur l’éthique et l’esthétique de la tauromachie, dont ce dernier exprima toutes les facettes dans les chroniques qu’il livra jusqu’en 2012 au journal Libération. Aussi, ce qui pourrait ressembler à première vue à une cambiada – passe destinée à détourner la charge du taureau – dans la réflexion de Jean-Paul Curnier se révèle comme le développement d’une intuition première. Sous les traits du torero défiant la mort avec panache, et sacrifiant parfois sa vie à son goût pour le risque et les actions d’éclat, Jean-Paul Curnier discerne en effet la figure voisine du pirate dont l’existence brève, joyeuse et violente, toute en dépenses et en excès, fut le creuset de formes d’organisations politiques basées sur l’autogestion, l’égalité, et le souci du bien commun. C’est donc par un biais inattendu que son exploration des liens entre démocratie et prédation se poursuit, empruntant l’épée du matador ou le sabre d’abordage comme autant de façon possible de philosopher à l’arc !

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Tout bien considéré fait suite à l’invitation du collectif PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines) pour deux soirées de réflexion consacrées aux questions soulevées par la destruction du bidonville de Ris-Orangis et par l’expulsion de ses occupants. Y étaient présents Sébastien Thiéry, fondateur et animateur du PEROU, des membres militants du PEROU, ainsi que des auteurs du livre collectif Considérant qu’il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir, paru en mars 2014 chez post-éditions.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La controverse Marboeuf

[Les Lilas • France] « Avec Jean-Yves Jouannais, en son absence », Olivier Marboeuf introduit le principe d’une polémique à distance autour de la figure du plus grand écrivain n’ayant jamais écrit, Félicien Marboeuf, grand-père commun des deux auteurs. Après Deuxième Vie, l’auteur revient sur l’origine de son nom de famille et sur la capture de son grand-père, revisitant sa biographie au travers de cartes mentales inspirées des pratiques de Barthes. Partant de son patronyme, il dérive progressivement vers de nouvelles filiations, réelles ou imaginées, qui révèlent son prénom secret et, avec lui, une nouvelle lecture de l’histoire coloniale : où l’on découvrira les étonnants Pikiki et leur mystérieux leader « Œ », où il y sera question d’héritage, de spoliation et de danse des morts. Une opération identitaire critique où la dimension politique est abordée de manière oblique, à la fois tragi-comique et fantastique.

Enregistré à l’Espace Khiasma le vendredi 27 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Ainsi, le premier de ces rendez-vous mensuels a été consacré à l’exploration intérieure de la prédation, et de ce qu’elle implique comme forme de relation à la proie (et donc aux animaux) dans l’expérience qui lui est personnelle de la chasse à l’arc. Pièce radiophonique conçue à partir de matériaux collectés lors de cette soirée, Archéologos transpose et restitue cette étape de recherche sous une forme différente de celle — traditionnelle — de l’essai philosophique.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site