Nataša Petrešin-Bachelez est curatrice et critique basée à Paris et Ljubljana. Elle co-dirige à l’EHESS de Paris un séminaire sur les pratiques artistiques contemporaines avec Patricia Falguières et Élisabeth Lebovici. Elle a été co-directrice des Laboratoires d’Aubervilliers de 2010 à 2012. Depuis 2011, elle est rédactrice en chef (...)Nataša Petrešin-Bachelez est curatrice et critique basée à Paris et Ljubljana. Elle co-dirige à l’EHESS de Paris un séminaire sur les pratiques artistiques contemporaines avec Patricia Falguières et Élisabeth Lebovici. Elle a été co-directrice des Laboratoires d’Aubervilliers de 2010 à 2012. Depuis 2011, elle est rédactrice en chef de Manifesta Journal. Around Curatorial Practices. En 2014, elle est commissaire invitée pour la programmation Satellite du Jeu de Paume, Paris.
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[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Session 3 : Désir d’État — un séminaire de Nataša Petrešin-Bachelez & Elena Sorokina – part. 1

[Paris • France] 
En droit international, les raisons pour lesquelles des entités non-autonomes aspirent à l’indépendance sont énumérées comme suit : la notion de souveraineté et le désir d’indépendance et d’auto-détermination sont les aspirations qui viennent en premier ; l’opportunité de rejoindre des organisations internationales ouvertes uniquement aux États indépendants, la perspective d’être impliqué dans les Affaires étrangères et le droit d’utiliser la force en cas de légitime défense sont tout aussi importants. Mais qu’est-ce qui alimente ces désirs, quels affects sont en jeu, comment sont-ils suscités et exprimés ? Produite collectivement, la lutte pour la reconnaissance et la souveraineté est un type particulier d’affect, qui heurte généralement les strictes lois et règlements internationaux. Les intervenants invités présenteront leurs réflexions et perspectives sur un ensemble de sujets, allant de l’expression visuelle à la (re-)construction fictionnelle, en passant par des études de cas de différents endroits du monde. À la fin du séminaire, le clip de Björk Declare Independance sera projeté et analysé.

Session 3 : Désir d’État — un séminaire de Nataša Petrešin-Bachelez & Elena Sorokina – part. 2

[Paris • France]
En droit international, les raisons pour lesquelles des entités non-autonomes aspirent à l’indépendance sont énumérées comme suit : la notion de souveraineté et le désir d’indépendance et d’auto-détermination sont les aspirations qui viennent en premier ; l’opportunité de rejoindre des organisations internationales ouvertes uniquement aux États indépendants, la perspective d’être impliqué dans les Affaires étrangères et le droit d’utiliser la force en cas de légitime défense sont tout aussi importants. Mais qu’est-ce qui alimente ces désirs, quels affects sont en jeu, comment sont-ils suscités et exprimés ? Produite collectivement, la lutte pour la reconnaissance et la souveraineté est un type particulier d’affect, qui heurte généralement les strictes lois et règlements internationaux. Les intervenants invités présenteront leurs réflexions et perspectives sur un ensemble de sujets, allant de l’expression visuelle à la (re-)construction fictionnelle, en passant par des études de cas de différents endroits du monde. À la fin du séminaire, le clip de Björk Declare Independance sera projeté et analysé.