La géographie discontinue des Caraïbes, où Julien Creuzet a grandi, semble avoir profondément structuré son travail. Constitué d’ensembles à la fois composites et unis, des agrégats d’objets, de photographies, de vidéos émergent de plans — sol, bancs, tables, écrans — et se déploient sur un vaste territoire — l’atelier, la (...)La géographie discontinue des Caraïbes, où Julien Creuzet a grandi, semble avoir profondément structuré son travail. Constitué d’ensembles à la fois composites et unis, des agrégats d’objets, de photographies, de vidéos émergent de plans — sol, bancs, tables, écrans — et se déploient sur un vaste territoire — l’atelier, la rue, l’exposition — dont les limites restent floues et s’étendent jusqu’à l’artiste lui‐même, ultime synthèse vivante de cette multitude : opéra‐archipel, c’est lui et lui, c’est avec son téléphone, baguette magique, extension de son bras, équivalent actuel des grands coquillages qui servait «là‐bas» à communiquer à distance, d’une île à une autre, sauf que cette coquille‐là enregistre sans cesse des images à portée de main. (...) Il relie ainsi des bribes du passé avec ce qu’il observe de nouvelles «sensations d’exotisme», alors que la géographie ne recèle plus aucune surprise mais que des altérités résident dans des zones plus obscures. Il construit, à partir des images du monde connu, d’autres images de mondes moins connus faisant émerger des parties sous‐marines issues du quotidien.
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[Les Lilas • France]

 

Avec cette première édition du Journal Sonore mensuel, la R22 Tout-Monde invite à une traversée de l’actualité en février des antennes qui l’habitent, des nouveautés aux archives. Ainsi, retrouve-t-on Violaine Lochu, Magali Desbazeille, Jean-Paul Curnier, Julien Creuzet et Barbara Manzetti.

Aussi, nous avons eu le plaisir de solliciter les voix des étudiants du Master Création Littéraire de Paris VIII, dont on retrouvera bientôt les créations radiophoniques de l’atelier « Publier Tarnac » mené à Khiasma.

 


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Avec les voix de : Nicolas Attal, Leïla Dijoux, Millie Duyé et Valérian Guillaume
Conception : Mathis Berchery
Montage/Mixage : Esther Poryles

Entretien avec Julien Creuzet : Ricochets, les galets que nous sommes finiront par couler […]

Autour de la performance Ciel Ara – créée à Khiasma en octobre 2016 dans le cadre du festival Relectures 17 et re-présentée en version longue (Ricochets, les galets que nous sommes finiront par couler […]) – le 3 février 2017 au Centre Pompidou, Olivier Marboeuf et Julien Creuzet s’entretiennent sur la manière de ce dernier d’envisager la performance où s’entrecroisent, s’entremêlent ou encore se superposent voix et récit, musique et chant, images et écrans. Des mythes et imaginaires Creuzet écrit des histoires, convoquent d’autres écrivains, d’autres voix pour écrire ensemble les étapes d’une relecture mythologique caraïbéenne. 

Une démarche plastique qui s’articule par ailleurs autour d’une pratique de la musique. Ainsi se pose la question du devenir de la chanson, de sa capacité de transmission et de ses possibilités d’invention sonore lorsqu’elle s’affranchie pour ouvrir à la poésie contemporaine.

Enregistré à Khiasma le 1er février 2017
Entretien : Julien Creuzet et Olivier Marboeuf
Musique : Julien Creuzet
Mixage : Esther Poryles

[Les Lilas • France]

 

Non loin du Précheur, en Martinique, près de la rivière Sèche, il y a une grosse roche, immense bâtiment, que l’on voit depuis la route… Le tombeau des Caraïbes. Le bouche-à-oreille dit de la légende que les hommes recouverts de roucou, auraient sauté ensemble, dans le vide depuis le haut de la roche, pour fuir le futur des hommes garnis de dentelle. La chute, avant le suicide vaporeux. On a cherché sans retrouver d’ossements. C’est la voix sans visage d’un film et des bribes d’images qui apparaissent. Dans le ciel, c’est un début et une piste, depuis le drone qui survole cette roche, debout au milieu de la carrière de sable…

 

Né en 1986. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école des beaux arts de Caen, du post-diplôme des beaux arts de Lyon, du Studio national des arts contemporain – Le Fresnoy à Tourcoing. Il est représenté par la galerie Doyang Lee à Paris. Son travail a fait récemment l’objet d’une exposition personnelle au Frac Basse Normandie à Caen (2015), au centre d’art contemporain de Juvisy sur Orge, à la galerie Doyang Lee à Paris (2013), à la fondation Sandretto Re Rebaudengo à Turin (2012). Suite à sa résidence au centre d’art La Galerie à Noisy le Sec, il a participé à l’exposition collective intitulée Scroll infini, en 2015. Ses projets en 2016 incluent : résidence Orange Rouge (Seine Saint Denis), Contre-Formes exposition collective au Centre Dramatique National de Caen, exposition personnelle à la Galerie Doyang Lee, seconde biennale de Kampala (Ouganda)…

[Noisy-le-Sec • France]
L’ancienne mairie ? Un minichâteau ? Une maison historique ? La Galerie, tel le bateau des argonautes dont chacune des pièces fut remplacée au cours du voyage, entraine la fable dans son sillage. Sans doute parce qu’avant de devenir le centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec, elle fut successivement cabinet de notaire, musée de la préhistoire, bibliothèque, centre de loisirs, et qu’à travers ses multiples identités et attributions, elle a su garder cette fonction de véhicule. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les « corps se mêlent [à nos] chaussures », les robots nous saluent en passant, et les immeubles flottants de Noisy-le-Sec la mal nommée — puisqu’envahie par les eaux ! — dérivent pour un retour au pays natal, en passant par le pays imaginaire…

Réalisation : Violaine Lochu
Avec les voix de : Florence Marqueyrol (responsable des publics et de l'action culturelle), Émilie Renard (directrice), julien Creuzet (artiste), Anna Principaud (artiste responsable des ateliers éducatifs), et celles des Noiséens

Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus [part 1]

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel