Fabien Jobard est directeur de recherches au CNRS. Il travaille sur la sociologie de la police, de la justice pénale et des violence collectives. En 2009, avec René Lévy et John Lamberth, il a réalisé l’enquête sur les contrôles d’identité qui a ouvert un espace inédit de discussion autour du contrôle préventif d’identité et des (...)Fabien Jobard est directeur de recherches au CNRS. Il travaille sur la sociologie de la police, de la justice pénale et des violence collectives. En 2009, avec René Lévy et John Lamberth, il a réalisé l’enquête sur les contrôles d’identité qui a ouvert un espace inédit de discussion autour du contrôle préventif d’identité et des éventuels récépissés issus de ces contrôles. Il a récemment produit, dans la revue Critique, une recension critique, justement, des cours de Pierre Bourdieu, Sur l’État et participe au projet de P. Le Galès et Demond King, Restructuring European States (CNRS / U. Oxford).
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Session 4 : Les petits papiers de l’État — une conférence de Fabien Jobard

[Paris • France]
L’État, dit-on, est le monopole de la violence. L’État, ce serait d’abord l’armée, la police, la prison. Mais à bien y regarder, l’État est surtout un édifice de papiers. Il tire sa légitimité d’une Constitution écrite, non plus d’un droit coutumier ou divin. Ce document, et les Sceaux qui l’attestent, sont précisément gardés par le même ministère que celui qui gère les peines et les prisons. L’État et ses agents disposent d’une autorité, d’une puissance qui est avant tout de papier. À partir d’une recherche que nous avons menée à Paris sur les contrôles d’identité, cet acte si particulier qui voit des agents dépositaires de l’autorité publique relever l’identité des individus à partir de leurs papiers, nous vous proposons d’éclairer la formation de l’État saisie dans l’histoire et la consistance des papiers qui font le lien entre les individus et la puissance publique. Avoir des papiers. Avoir ses papiers. Perdre ses papiers. Les présenter. Est-ce bien ainsi que l’on fait État ?