L’œuvre d’Emmanuel Adely s’ancre dans le catalogue romanesque de plusieurs éditeurs, s’inscrit dans des revues, surgit dans les performances et mute. Elle est plastique, politique, sonore. Toute parole est matière à création (discours, article, récit d’enquête…) dès lors que les faits, les dates, les heures échappent à la (...)L’œuvre d’Emmanuel Adely s’ancre dans le catalogue romanesque de plusieurs éditeurs, s’inscrit dans des revues, surgit dans les performances et mute. Elle est plastique, politique, sonore. Toute parole est matière à création (discours, article, récit d’enquête…) dès lors que les faits, les dates, les heures échappent à la dépêche clinique, se précipitent (vitesse et chimie) et éclatent en fragments solides, en alliages nouveaux, en un langage (flux, rythme et sens) inédit. Ses textes explorent la dimension essentiellement fictionnelle du réel.
▼ Mois
▼ Auteur-s
 

Kinesis | Statistiques et algorithmes : que fait le chiffre à la police ?

[Les Lilas • France]

 

Comment penser un service public de la police en dehors de la spirale des données statistiques et de la logique comptable qui pousse inexorablement à toujours plus de police et à l’économie de la violence ?

 

Cette première exposition monographique en France du cinéaste anglais Louis Henderson s’organise autour de la mise en relation de deux de ses films récents : Black Code Code Noir (2015) et The Sea is History (2016), présenté dans une version de travail. Alors que le premier explore l’archéologie d’Internet pour mettre en lumière le rôle des algorithmes dans le contrôle social et nécropolitique de la communauté afro-américaine aujourd’hui, le second revient en République Dominicaine et à Haïti, à l’endroit même où Christophe Colomb posa le pied en 1492, geste inaugural de la Modernité coloniale. Tendue entre ces deux moments, l’exposition se développe comme un espace de recherche. Pendant un mois, Kinesis accueillera de nombreux événements parmi lesquels la première des Black Code Sessions, rencontre rassemblant chercheurs, cinéastes, artistes et activistes qui dépliera les questions qu’ouvre le film Black Code Code Noir afin d’en assembler de nouvelles versions. Au cœur de cette exposition-projet se déploie ainsi un véritable espace de recherche autour du film et des questions qu’il aborde, mettant en partage son matériau et des sources d’inspiration de l’artiste – musique, textes, documents –, invitant chaque visiteur à contribuer activement à la réflexion à laquelle nous enjoint le travail de Louis Henderson. Les nombreux autres événements accueillis dans l’espace de Kinesis seront autant d’efforts pour fabriquer collectivement de nouveaux régimes critiques de récit, faire émerger des figures spéculatives, actualiser les héritages des cultural studies tout autant que repenser les pratiques du hacking et notre relation aux nouvelles technologies de l’information. L’exposition Kinesis imagine des chemins et des vocabulaires pour reconstruire une histoire des possibles, rendre visible les persistances du pouvoir et fabuler le désenvoûtement de ses codes par le truchement d’une nouvelle révolution animiste au cœur de la Caraïbe.

[Brest • France]

 

À l’occasion du 14è Festival de la radio et de l’écoute – Longueur d’Ondes, la R22 Tout-Monde était invitée le samedi 04/02/2017 à donner à entendre la pluralité des voix qui l’animent ! Une séance d’écoute qui s’est tenue à Passerelle – Centre d’Art Contemporain, à Brest ; une traversée des sons, des personnalités et des antennes qui nourrissent et font vibrer les ondes et les esprits de la communauté R22, radio des arts et du commun.

 

Liste de lecture

•  Sommeils, Ismaïl Bahri, Antenne Khiasma, 8’35’’ Há Terra, Ana   Vaz, Khiasma, 8’20’’ La très bouleversante confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté, Emmanuel Adely, David Haddad, Khiasma, 8’   Hymnes, Patrick Fontana, Khiasma, 6’Annonce publique, Sabrina Chou, Antenne Гcole du Magasin, 1’50’’    Le Malaise persiste-t-il ?, Anne-Laure Pigache, École du Magasin, 5’20’’ Tu aimes jouer ?, Antoine Boute, École du Magasin, 2’20’’  Flash info : l’univers, Sabrina Chou, École du Magasin, 1’    La Fin du monde – son corps léger, Patrick Fontana, Khiasma, 3’20’’ La Controverse Marboeuf, Olivier Marboeuf, Khiasma, 11’30’’ L’Éléphant, Mathilde, Tarira et Gabriel avec Sarah Haderbache, Antenne La Maison des Fougères, 1’50’’    Camps de base  cacahuètes,  Jean-Paul  Curnier, La Maison des Fougères, 5’ Scène primitive, Jean-Paul Curnier, Fantazio et Yves Robert, Khiasma, 1’40’’    Le sang, la fortune et la gloire, Jean-Paul Curnier, Khiasma, 6’30’’La Galerie / carte de visite sonore, Violaine Lochu, Antenne La Galerie de Noisy-le-Sec, 6’   Opéra-Archipel, Maxime Cervulle, La Galerie de Noisy-le-Sec, 8’10’’  •  Mantike #1, Violaine Lochu, Le Générateur, 3’20’’    D’autres gestes,  Françoise  Vergès,  Antenne Bétonsalon,  3’30’’  Chantez-vous – MO, Hélène Coeur, Antenne Le Musée Commun, 4’ Alien(s)kin, Jamika Ajalon,  Khiasma, 7’30’’ • Ma Science-fiction, Isabelle Stengers, Khiasma, 12min30   Lo Becat, Lise Barkas et Lisa Käuffert, Antenne Vie, 4’   •

Réalisation : Mathis Berchery et Esther Poryles

Éléments pour les années 00

[Les Lilas • France]

 

 

Il n’y a plus d’Histoire, depuis vingt-cinq ans il n’y a plus d’Histoire avec un grand H, l’Histoire avec un grand H s’est achevée avec le triomphe de la démocratie et désormais il n’y a plus d’Histoire, juste des histoires. Petites. Des repères. Il ne se passe rien. Dit-on. Rien.
Et dans ce rien submergé d’immédiateté, l’occident vainqueur vit. Bien. Protégé. Kim Kardashian va bien. François Pinault va bien. Autour ça grouille un peu, ça soubresaute, mais à l’intérieur ça va. Bien. Il ne se passe rien de grave. Ou pas grand-chose. Des guerres ailleurs, des maladies, des attentats ici…
Consigner ce rien, ou ce pas grand-chose, devient dès lors un défi. Puisque nous vivons bien, que vivons-nous bien, ici ?
Pour ces Eléments pour les années 00, Emmanuel Adely qui vient d’achever sa résidence au Musée commun, propose vingt-cinq ans de ce rien pacifique au travers d’un quotidien économique qui est notre plus petit dénominateur commun, strié de textes issus des ateliers donnés pendant l’année et de nouvelles telles que le 11-Septembre, Fukushima, des attentats : un puzzle dont chaque jour est une pièce surprenante qui s’emboîte aux autres pour donner un tableau final aussi drôle que désespérant.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

[Les Lilas • France]
Droit de vote, une nouvelle de Emmanuel Adely, publié dans le numéro du 20 juillet 2015 du journal L’Humanité, et complétée à l’occasion du Festival RELECTURES 16 ‘des récits du futur’ !

Enregistré à la Maison des Fougères le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.

Mixage : Benoit Baudinat

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

[Les Lilas • France]
PlayLife tient une place à part dans la bibliographie d’Emmanuel Adely. Il fut rédigé à l’occasion du quarantième anniversaire de la première loi sur la formation continue, pour un commanditaire qui n’est autre que l’AFPA). Un univers, celui de la formation professionnel des adultes, dont l’auteur dû assimiler les codes — et a fortiori les sigles ! —, naviguant de longues heures sur les sites spécialisés pour en nourrir son écriture…
Exhaustive notice à l’usage de l’humain de 2050, Playlife détaille, recommande, glorifie avec un enthousiasme glaçant l’avènement d’une société effroyablement parfaite. Une société qui semble avoir digéré les cauchemars de Huxley, Bradbury, Orwell et Philip K. Dick jusqu’à les transformer en préceptes bienveillants et sécuritaires. L’humain pucé, labellisé, pressurisé jusqu’à l’abnégation au profit d’une efficacité maximale s’y meut à la manière d’un programme paramètrable, reconfigurable à l’envie, euthanisable en cas d’obsolescence ; système dans le système, toujours sous la vigie de la tentaculaire entreprise LIFE. Par la mise en situation des aboutissements possibles de nos recherches contemporaines sur la connectivité, la cybernétique, la génétique et leurs vertigineuses conséquences politiques, PlayLife s’inscrit dans la pure tradition du récit de science-fiction et propose — non sans humour — une plongée stupéfiante de pragmatisme dans les rouages du meilleur des mondes, le nôtre.

 

Enregistré à la Maison des Fougères le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

La très bouleversante confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la Terre ait porté

[Paris • France]
Se coulant dans le registre épique d’une chanson de geste en vers libres et rythmés, le flux de conscience logorrhéique de La très bouleversante confession… émane de vingt-trois cerveaux galvanisés par le stress et l’excitation : ceux des membres du commando de Navy Seals — les forces spéciales de la marine américaine — pendant le raid visant à abattre « le plus grand fils de pute que la terre ait jamais porté », « la star numéro Un du mal », a.k.a Oussama Ben Laden.
Steve, Joss, Ryan… : héros « dont les prénoms ont été modifiés », mais qui ne purent pourtant se résoudre à l’anonymat auquel les condamnait l’accord de non-divulgation d’informations qu’ils avaient signé. Pas moins de six versions différentes de la mort du chef d’Al Quaida furent ainsi livrées à la presse, et des informations monnayées à des scénaristes de films et des concepteurs de jeux vidéo.
Usant de ce matériau dans une démarche comparable à celle de Reznikoff, Emmanuel Adely forge avec humour une langue pour dire l’héroïsme gonflé au vide de cette guerre sans honneur et charriant avec elle, comme une variation contemporaine de l’épithète homérique, tous les clichés générés par son traitement médiatico-hollywoodien. Pour RELECTURES, a été faite une lecture intégrale de cette épopée, tandis que David Haddad en a improvisé les mondes sonores…