Céline Ahond mène un travail de performeuse depuis 2003. Ses prises de parole ont pour fil directeur des montages d’images, et s’organisent sous forme de diaporamas projetés. Elle explore d’autres médiums : repères visuels imprimés et disposés dans l’espace, création de performances sous la forme de parcours et de vidéos.Céline Ahond mène un travail de performeuse depuis 2003. Ses prises de parole ont pour fil directeur des montages d’images, et s’organisent sous forme de diaporamas projetés. Elle explore d’autres médiums : repères visuels imprimés et disposés dans l’espace, création de performances sous la forme de parcours et de vidéos.
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[Les Lilas • France]
Interrogé par Amandine André à l’occasion de sa programmation dans le cadre du festival RELECTURES 15 ‘d’après documents’ (pour lequel elle créa la performance Cela ne va pas être possible : c’est administratif) Céline Ahond retraverse quelques étapes de son parcours de performeuse. Un itinéraire qui se présente comme l’exploration des déclinaisons possible de cette question fondamentale guidant le travail qu’elle mène en résidence à l’Espace Khiasma : « est-ce que parler est une écriture ? ».

Entretien réalisé par Amandine André à l'Espace Khiasma, dans les marges du festival Relectures 15

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Cela ne va pas être possible : c’est administratif

[Les Lilas • France]
Cela ne va pas être possible : c’est administratif
devait être le récit-performance documenté d’un parcours dans les méandres des administrations françaises, accompagnant une personne « sans papier » dans ses démarches de régularisation. Une histoire racontée « d’après documents » : documents-cadres (textes de loi, jurisprudences, circulaires, directives, règlements européens…), documents à produire (extrait d’acte de naissance, attestation de domicile, formulaires CERFA n° 13653*03 et n° 13662*05, passeport, visa, certificat de nationalité, acte de mariage, promesse d’embauche, certificat de scolarité, relevés de notes, rapport médical, documents justifiant sa présence ininterrompue en France : ordonnances médicales, factures, fiches de paie… ) afin d’obtenir les documents qui attestent, légitiment des statuts et instituent des identités (titres de séjour, carte nationale d’identité…), pour montrer à quel point les documents peuvent être au centre des existences « en situation irrégulière ». Seulement, les histoires n’appartiennent pas qu’à ceux qui les racontent, et Céline Ahond nous conte son expérience pour témoigner de cette rencontre.
Cette dernière, pour qui prendre la parole, c’est tracer le chemin d’une pensée en construction, a donc dû penser à tracer des chemins de traverses et de contournement, afin d’évoquer en creux cette histoire dont elle devait respecter l’intimité. Il fallait alors se détacher du « contexte » pour se concentrer sur le « cadre » — celui de l’art. C’est à dire, celui où — et d’où — l’artiste parle : ce qui revient à réfléchir sur la place de ce dernier. Ne pas raconter pour mieux dire autre chose, et traduire tout cela dans son vocabulaire et sa grammaire formelle. Céline Ahond dessina donc une « ligne orange » pour sauter la barrière sans pour autant franchir la ligne rouge, transforma un document vierge en passeport pour partout, et a peint des portes en vert d’incrustation vidéo, créant ainsi des ouvertures vers encore ailleurs…