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Phone [carte blanche à bela part.3]

 

Troisième volet de la carte blanche à bela:

 

Phone [carte blanche à bela part 3]

 

La pratique de la musique comme outil

de résilience en milieu hostile;

 

Privé de son ordinateur personnel,

son principal outil de travail (interdit dans

l’enceinte de la base militaire),

bela recourt au système D afin de

continuer à faire de la musique,

pratiquant la contrainte.

Dans la publication précédente

(cl4ss1f13d [carte blanche à bela part 2] ),

c’est en utilisant l’autoradio d’un camion

de ravitaillement de carburant pour les

avions de chasse qu’ille avait enregistré

un mix; ici c’est à l’aide de son

smartphone clandestinement introduit

dans l’enceinte du complexe militaire et

d’application rudimentaires dédiées

à la création musicale qu’ont été

façonnés les morceaux qui composent

cette pièce sonore.

Tels des courts poèmes, ils révèlent une

pratique régulière voir quotidienne,

qui approfondit un peu plus la relation

intime entretenue avec la musique,

qui préserve, protège et soigne, dans

un environnement subi et violent.

 

[english]

 

Third opus of bela’s Carte blanche:

Phone [carte blanche à bela part 3]

Creating music as a tool of resilience

in hostile grounds.

Deprived of personal computer and

principal work tool (forbidden inside the

military base), bela are  compelled to create

with the very less, under constraint.

In the previous post

(cl4ss1f13d [carte blanche à bela part 2] )

they recorded a mixtape

using an aircraft supply truck’s radio.

Since a few months, bela crafted a series of

tracks, with a rudimentary music app on

their secretly kept cellphone.

The following sound piece is compilation of

these short poems, that reveal a very regular

or even daily practice.

It intensifies the intimate relationship

with music, developed in the previous parts

of this carte blanche, and its capacity to

preserve, protect and heal in an endured

and violent environment.

 

 

cl4ss1f13d [carte blanche à bela part.2]

 

cl4ss1f13d (diesel refueler, 2351, 160118)

 

Le service militaire en Corée du sud

est à ce jour encore obligatoire pour

les jeunes hommes. 91% d’entre eux

se voient appelés et doivent effectuer

deux années de service sous peine

d’emprisonnement, ou de devoir

renoncer à leur nationalité.

Deux longues années dans l’une des

trois branches de l’armée (air, marine,

terre) souvent vécues comme une

grand violence, aussi bien

psychologique que physique

(L’ONG Asian human right évoque

une « violence institutionnalisée »

menaçant chaque conscrit).

C’est dans ce contexte particulier

que bela, artiste auquel est consacrée

la première carte blanche sur l’antenne

Sept de la r22 tout monde,

et actuellement en train de servire sur une

base de la ROK Air Force (대한민국 공군),

a réalisé

«cl4ss1f13d (diesel refueler, 2351, 160118)».

Un objet sonore hybride, au croisement

entre le mix, le field recording,

la documentation d’un acte performatif,

et la pièce sonore; enregistré à l’aide

d’un téléphone portable (objet interdit

sur la base), cette diffusion de

morceaux de musique sur l’autoradio

d’un camion de ravitaillement diesel,

nous projette dans le quotidien de

l’artiste appelé.

La musique qui nous parvient à travers

les filtrages successifs (système de

diffusion, bruits « parasites » du

camion et des avions présents sur

la base, système d’enregistrement, etc.)

est alors envisagée comme un élément

intime, constitutif d’une identité propre,

à l’endroit même ou l’individu et

l’individuel tendent à être mis à l’écart

au profit du groupe.

 

44:44 PROJECT [carte blanche à bela part.1]

 

Cette première carte blanche sur l’antenne

Sept est l’occasion de donner la parole

à l’artiste bela (Paju, Corée du Sud).

Une exploration du passé, du présent

et du future, à travers la publications de

plusieurs pièces sonores et mixes.

Pour cette première partie, retour sur

le projet 44:44, co-réalisé avec l’artiste

MLCYBABY, et qui avait donné lieu à

une exposition en juillet 2017 dans la

galerie séoulite Archive Bomm. Sous

le pseudonyme de MDBRKN, bela

avait alors réalisé une pièce sonore

de 44 minutes et 44 secondes,

bande son de l’exposition.

 

44:44

 

tétraphobie: aversion ou peur du nombre quatre

 

Depuis l’hiver 2016, MDBRKN et MCLYBABY

ont imaginé dans un aller-retour d’idées la

synthèse et la traduction physique de

plusieurs états émotionnels (anxiété,

dépression, ennui, humiliation, etc.) en

un lieu. les stigmates prennent forme:

éclats de miroir, brindilles, eau de pluie, 

vagues, chantiers de constructions,

ruines…

Un son sans forme propre emplit l’espace

pendant 44 minutes et 44 secondes,

associé à des fragments d’images

répétés. Les sons et les images

combinées convoquent et disposent les

sentiments à nu sur le sol.

 

« Sick of the relentless ennui, she questions

if she is human at all. She quit cussing like

she used to when she‘s exhausted;

it’s empty nowAfter crawling through

a narrow and filthy alley, she finds her

4x4m size room just to fall asleep.

She lost sense of either she is having

a nightmare or standing on her legs in

reality with this intense headache.

Digital clock at the wall reads AM 4:44; 

she looks into the mirror – Is it a ghost or

a mirror? »

crédits sonores : bela/MDBRKN
crédits visuels : MLCYBABY
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