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Si Di Kubi Public Recording Sessions #1

[Beirut • Liban]

 

Hicham Khalidi écrit, à propos de l’exposition qu’il a réalisé pour la biennale de Sharjah au Beirut Art Center, « l’artiste franco algérien Mohamed Bourouissa a initié une plateforme avec des artistes de Paris et de Beirut, dont DJ SINA, le musicien Sharif Sehnaoui, la photographe Dorine Potel, les artistes Tony Chakar et Ghida Bahsoun. Ensemble ils ont conçu des compilations musicales qui interrogent directement les mécaniques néolibérales qui sous-tendent la production musicale, proposant une approche plus collaborative et open-source de la notion de droits d’auteur.

 

Chacun des albums ainsi produits détermine une thématique liée au langage, à la gentrification, à l’économie, et sera redistribuée dans les circuits informels de la distribution et de l’échange. »

 

Les enregistrements mensuels ont eu lieu dans l’installation dont Mohamed Bourouissa a été l’instigateur, et ont ainsi intégré une forme de collection permanente, amplifiant ainsi le répertoire musical mis à disposition du public pour qu’il se l’approprie et qu’il entre en relation avec ses contenus.

Enregistré par Mohammed Bourouissa

[Les Lilas • France]

 

Après son Lundi de Phantom en novembre 2017 où il présentait Aurora, son prochain film en cours d’écriture, nous avons eu le plaisir d’accueillir de nouveau de João Vieira Torres pour une carte blanche où il traversait ses productions photographiques et cinématographiques de ces dernières années dans le cadre de la clôture de son post-diplôme à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image. Ce programme où l’artiste questionnait et se jouait des crises de l’identité contemporaine se composait de deux films présentés le jeudi 18 janvier au MK2 Beaubourg dans le cadre des Séances Phantom, d’une exposition photographique, de projections et d’une performance à l’Espace Khiasma le vendredi 19 janvier.

Enregistré à l'espace Khiasma le 19 janvier 2018. Mixé par Esther Porylès.

O verbo feito carne / Le verbe fait chair (Poème)

[Les Lilas • France]

 

Après son Lundi de Phantom en novembre 2017 où il présentait Aurora, son prochain film en cours d’écriture, nous avons eu le plaisir d’accueillir de nouveau de João Vieira Torres pour une carte blanche où il traversait ses productions photographiques et cinématographiques de ces dernières années dans le cadre de la clôture de son post-diplôme à l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image. Ce programme où l’artiste questionnait et se jouait des crises de l’identité contemporaine se composait de deux films présentés le jeudi 18 janvier au MK2 Beaubourg dans le cadre des Séances Phantom, d’une exposition photographique, de projections et d’une performance à l’Espace Khiasma le vendredi 19 janvier.

 

Pour clôturer sa présentation, João s’est connecté sur un site de rencontre aléatoire afin de trouver un interlocuteur à qui lire son poème autour de l’amour et de la gale. 

Enregistré à l'espace Khiasma le 19 janvier 2018. Mixé par Esther Porylès.

Elizabeth Povinelli : « The Rise of Extimate Aesthetics »

[Paris • France]

 

« L’essor des esthétiques de l’extimité » s’ouvre sur l’ouvrage de Frantz Fanon Les Damnés de la Terre — colonisés, défavorisés, noirs et métissés, ce sont les Indigènes et les autres qui cheminent à travers les écueils toxiques du risque vital, avançant du mieux qu’ils peuvent malgré un travail qui ne paie pas et des domiciles qui ne peuvent pas être habités, des marais qui ne peuvent pas être prolongés ni vidés — en vue de ré-examiner le concept du cultuel dans la théorie esthétique et la fonction de l’art dans les philosophies occidentales de la vérité. Faisant office de conclusion à la discussion autour des politiques et des arts à la lumière de la terre toxique, « L’essor des esthétiques de l’extimité » défend que ce dont nous avons besoin n’est pas d’une nouvelle valeur de l’art, de l’esthétique et des artistes, mais d’un compte-rendu examinant comment ces trois domaines contribueront à la maintenance et à l’extension d’une politique de souveraineté toxique captivante, et comment la nouvelle forme d’esthétique de l’extimité pourrait alors émerger en son sein tout en s’y opposant.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, matérialités, et socialités. Cette théorie potentielle s’est déroulée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord d’Australie et à travers cinq livres, de nombreux ouvrages et quatre films avec le Karrabing Film Collective. 

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 20 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

Chez Bachelor, roi de la sape

[Paris 18e – France ]

 

La sapologie est la réappropriation des codes vestimentaires des dandys occidentaux par les Congolais.e.s. 

 

Jusqu’à présent, les sapeurs s’approvisionnaient auprès des grandes marques vestimentaires occidentales. Bachelor a créé la première marque congolaise de Sape, Connivences, et tient sa boutique Sape & Co à Paris, 18e. 

 

Émilien, membre du collectif Jef Klak, se fait initier à la science-sorcellerie vestimentaire du Bachelor ; entre cabine d’essayage et rayonnage de costumes trois-pièces…

 

Voir aussi l’article « Je cocotte, mais c’est la classe » dans le numéro Bout d’ficelle de Jef Klak

Documentaire de création de Céline Laurens
pour le deuxième numéro de la revue Jef Klak – Bout d'ficelle (toujours disponible en librairie)

[Les Lilas • France] 

 

Pour son premier Lundi de Phantom à l’Espace Khiasma, l’artiste et cinéaste Alex Reynolds a parcouru, en conversation avec la curatrice Anna Manubens, le chemin que tracent ses œuvres filmiques récentes – Ver Nieve, Esta puerta, esta ventana… – vers l’écriture de son premier long-métrage à venir, Eiqui Chegan Os Meus Amores. Où il est question du cinéma comme espace à habiter, de la fiction comme stratégie de pouvoir, du récit comme enjeu de survie et des multiples négociations de la mémoire et des affects dans le partage d’un territoire. En somme, une maison qui serait une histoire parlée à plusieurs corps.

Enregistré à l'espace Khiasma le 26 février 2018. Mixé par Esther Porylès.

cl4ss1f13d [carte blanche à bela part.2]

 

cl4ss1f13d (diesel refueler, 2351, 160118)

 

Le service militaire en Corée du sud

est à ce jour encore obligatoire pour

les jeunes hommes. 91% d’entre eux

se voient appelés et doivent effectuer

deux années de service sous peine

d’emprisonnement, ou de devoir

renoncer à leur nationalité.

Deux longues années dans l’une des

trois branches de l’armée (air, marine,

terre) souvent vécues comme une

grand violence, aussi bien

psychologique que physique

(L’ONG Asian human right évoque

une « violence institutionnalisée »

menaçant chaque conscrit).

C’est dans ce contexte particulier

que bela, artiste auquel est consacrée

la première carte blanche sur l’antenne

Sept de la r22 tout monde,

et actuellement en train de servire sur une

base de la ROK Air Force (대한민국 공군),

a réalisé

«cl4ss1f13d (diesel refueler, 2351, 160118)».

Un objet sonore hybride, au croisement

entre le mix, le field recording,

la documentation d’un acte performatif,

et la pièce sonore; enregistré à l’aide

d’un téléphone portable (objet interdit

sur la base), cette diffusion de

morceaux de musique sur l’autoradio

d’un camion de ravitaillement diesel,

nous projette dans le quotidien de

l’artiste appelé.

La musique qui nous parvient à travers

les filtrages successifs (système de

diffusion, bruits « parasites » du

camion et des avions présents sur

la base, système d’enregistrement, etc.)

est alors envisagée comme un élément

intime, constitutif d’une identité propre,

à l’endroit même ou l’individu et

l’individuel tendent à être mis à l’écart

au profit du groupe.

 

enregistré et mixé par bela

[Beirut • Liban]

 

Cet échange s’est déroulé au Beirut Art Center comme une séance de travail entre quatre acteurs de l’art engagés, à différents titres, dans des projets institutionnels construits à partir de rien. Elle offre simultanément une introduction et une préparation à un cycle sur la réinvention de l’institution artistique, en principe issue d’un état et d’une collectivité, dès lors qu’il s’agit de contextes dépendants du seul financement privé. Ce sont souvent les artistes qui donnent l’impulsion de plateformes et projets « publiques » dans une scène artistique locale donnée, à la condition cependant de passer le relai à des professionnels et d’ouvrir la conversation à différents outsiders et générations.

 

Contributeurs : Marie Muracciole, directrice du Beirut Art Center, Pooja Soud, directrice de Khoj, New Dehli, India; Mats Stjernstedt, ancient directeur de Kunstnernes Hus à Oslo, Norway, directeur de Malmo Kunsthalle, Lamia Joreige, artiste et co-fondatrice du Beirut Art Center.

Enregistré par le Beirut Art Center.

Elizabeth Povinelli : « The Collapse of Political Concepts »

[Paris • France]

 

« L’Effondrement des Concepts Politiques » débute avec quatre axes qui émergent lorsque la politique s’infiltre dans l’espace interstitiel entre la terre entière (whole earth), gaia et les mondes autonomes (worlds). Ces quatre axes sont les suivants : l’extimité de l’existence ; l’effondrement des distinctions et hiérarchies d’existence occidentales, et particulièrement celles entre la Vie et la Non-vie, et entre le biologique et le géologique ; la distribution des effets du pouvoir et le pouvoir d’impacter un terrain d’existence donné ; enfin la multiplicité et l’effondrement des formes de l’événement. Comment l’affaiblissement des quasi-espaces, des choses floues, ainsi que des efforts et des forces de remblayage de l’existence exige-il une reddition des concepts politiques occidentaux concernant leur refus d’assumer leur impact historique et actuel sur notre terre toxique ?

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 au Reid Hall – Columbia Center à Paris.

Steffani Jemison : Listening Notes – Playlist

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.
.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.
.

1) Dirty Projectors and Sidetrack Boyz « Too Much Pressure », 2007
0 :07 – 3 :31
2) Steffani Jemison « Lonique, Vaugn, & Wyane Sing Larry Neal’s ‘Black Fire’ » (excerpt), 2009 
3 :31 – 6 :16
3) Steffani Jemison « Same Time » (excerpt), 2013
6 :16 – 9 :39
4) Szu-Han Ho and Steffani Jemison « I am singled out and separated », 2008
9 :39 – 15 :01
5) Courtney Bryan « Promise Machine : improvisations » (excerpt), 2015
15 :01 – 19 :58
6) Steffani Jemison « Promise Machine » (excerpt), 2015
19 :58 – 22 :41
7) Gil Scott-Heron « Black men and monster movies », 2009
22 :41 – 29 :18
8) Justin Hicks and Steffani Jemison « Mikrokosmos », 2017-2018
29 :18 – 31 :30
9) Smokey Robinson « Quiet Storm », 1975
31 :30 – 34 :31
10) Steffani Jemison « Recitatif (Never saying anything at all / Quiet Storm) », 2017
34 :31 – 39 :28
11) Steffani Jemison « Recitatif (Maybe we need new words) », 2017
39 :28 – 44 :30

Steffani Jemison : Discussion avec Mike Ladd – Sources and Background 1/3

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.

Steffani Jemison : Discussion avec Mike Ladd – Musical Structures 2/3

 

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.

Steffani Jemison : Discussion avec Mike Ladd – Collaborative Process 3/3

[Paris 18e • France]

Avec des sons provenant d’une large gamme de conventions musicales :
Boy bands des années 1990
Musique expérimentale, vocale et instrumentale
“Quiet Storm” R&B américain
Musique improvisée
Gospel noir-americain
Chansons pop écrites par des artistes conceptuels
.

Une conversation avec Steffani Jemison et Mike Ladd, artiste hip hop originaire de Boston.

L’artiste américaine Steffani Jemison articule des formes culturelles historiques et contemporaines –au travers le langage, l’image ou le mouvement. Principalement connue comme artiste vidéaste, elle travaille également dans l’univers du son et de la performance. Steffani Jemison travaille à l’intersection de la musique et du langage. Partitions, scripts et images reflètent des modes d’expression singuliers ou collectifs, des signes de parentés et de rutpures. Dans cette session acoustique, Jemison partagera des œuvres sonores rares et des enregistrements de ses performances, traversant une décennie, incluant “Promise Machine”, commissionné par le MoMA en 2015, “Mikrokosmos” commissionné par le festival “Steirischer herbst et la Neue Galerie Graz en 2016, et “Récitatif: Never saying anything at all” (2017), commissionné par Nottingham Contemporary en 2017.

[Tout-monde]
 
Une vibration, cyclique – comme une espèce de résonance venue des profondeurs. Sauf qu’elle se rapproche au fur et à mesure que je gravis les étages. Cage d’escalier amplifiée – vaste, l’espace est élargi par le son, rayonnant entre les murs. Mon ascension devient potentiellement sans fin – je ne suis plus vraiment sûre d’arriver chez moi, je me sens aimantée par cet immense espace stellaire, comme s’il y avait une ouverture dans le toit…

 

Je m’arrête pourtant devant mon palier. Je suis arrivée. Du dernier étage, juste au-dessus, émanent ces sonorités denses, qui s’échappent de chez mon voisin. Je m’apprête à tourner ma clé dans la serrure comme de coutume, puis je me ravise. Cette fois, je vais aller frapper chez lui, et lui proposer de mettre « ça » sur le CD de Marabout.

Programme :
Nuée Ardente 

Création sonore (synthèse granulaire) d’Adriano Perlini, mixé par Vincent Hänggi
pour le premier numéro de la revue Jef Klak – Marabout (toujours disponible en librairie)

[Paris • France]

 

Construite autour de Condition de l’homme moderne d’Hannah Arendt et d’un groupe de sirènes dans un film récent du Karrabing Film Collective, “Le Retour du Monde” entame une discussion sur la terre toxique en distinguant, la terre dans sa globalité (whole earth), gaia (du grec : la vie, l’origine et la génitrice de la vie) et les mondes (worlds) autonomes. Comment la toxicité donne-t-elle tort à ces trois éléments? Le terme « retour » dans le titre de la conférence pourrait évoquer quelque chose faisant jadis partie de la théorie occidentale, qui avait été oublié ou perdu, mais qui est désormais revenu tel un fils prodigue. Mais qu’est-ce qui revient, qu’est-ce qui n’est jamais parti, et où ? Et si les sirènes n’avaient jamais disparu sous l’assaut des colons modernes, ou n’étaient jamais revenues avec le désenchantement face au rationnel? Et si les sirènes avaient continué à traverser le paysage, malgré des voyages altérés par les actes toxiques du colonialisme, de l’industrialisme et leur valorisation ? En d’autres termes, comment les imaginaires de la terre entière (earth), des mondes autonomes (worlds) et de gaia cachent autant qu’ils dévoilent de grandes parties de l’existence qui n’ont jamais été enchantées, plutôt désenchantées, comme le réalisateur afroaméricain Charles Burnett l’a évoqué dans son film Killer of Sheep, luttant en vue de se protéger et de survivre dans un contexte en perpétuel changement de racisme toxique et de colonialisme de peuplement.

 

Elizabeth Povinelli est professeure d’anthropologie à l’université Columbia de New York. Ses écrits portent sur le développement d’une théorie critique du libéralisme tardif en faveur d’une anthropologie de l’autremode, principalement formée par les traditions du pragmatisme américain et de la théorie immanente continentale, et inscrite dans la circulation des valeurs, des matérialités, et des socialités. Cette théorie potentielle s’est déployée grâce à une relation durable et entretenue avec des collègues autochtones du nord de l’Australie et à travers cinq livres, de nombreux articles et quatre films avec le Karrabing Film Collective. Son ouvrage «Geontologies: A Requiem to Late Liberalism» lui a valu de remporter le Prix Lionel Trilling du Livre de 2017. Les films Karrabing ont reçu le Visible Award et le Prix du meilleur court-métrage de fiction de Cinéma Nova en 2015 au Festival international du Film de Melbourne, et ont été montrés à l’échelle internationale, notamment lors de la Berlinale Forum Etendu, la Biennale de Sydney, le MIFF, la Tate Modern, la manifestation documenta-14, et la Biennale Contour.

Conférence enregistré dans le cadre d'une série de rencontres avec Elizabeth Povinelli, organisé par Université Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne. Enregistré le 6 mars 2018 à Paris 1 – Ecole des arts de la Sorbonne

Points-Bascule. Carnet de recherche (plongée) : Introduction

Le projet Points-Bascule est une création expérimentale issue d’un travail de recherche à long terme mené par le duo d’artistes Julia Borderie et Éloïse Le Gallo. Le projet vise à repenser la cartographie du territoire français par rapport à l’eau – en tant que substance, matière, corps et information. Les artistes se concentrent sur le dialogue et les possibilités de coexistence entre les parties rompues de la carte de France, à savoir les territoires de Métropole et d’Outre-mer, et notamment l’île de La Réunion. L’idée de l’Outremer, point de départ du projet, est prétexte à entamer une réflexion plus globale sur le rapport entre la terre métropolitaine et les régions géographiquement discontinues. Celles-ci mènent leur existence séparément, tout en lui étant liées. Quel est le rapport entre le corps et ses éléments qui se développe en détachement, sans accès direct ?

 

Le projet interroge la méthode de la recherche artistique : de nombreuses rencontres y compris avec des professionnels – hydrogéologues, écrivains, musiciens – ont conduit à la constitution d’une archive substantielle de connaissances. Situé au croisement de la production intellectuelle et plastique, le projet examine l’eau-matière en tant que substance existante en rapport anthropologique avec les territoires qu’elle baigne.

 

Alliant les différents types de connaissance, du scientifique à l’ésotérique, Borderie et Le Gallo tissent le récit des divers témoignages sans pour autant tomber dans la documentation. Elles se servent du cadre du projet comme d’un dispositif, une table ronde qui réunit des invités avec des parcours variés, leurs histoires et experiences, leurs angoisses et fantaisies, leurs rêves et visions du futur. Avec beaucoup d’empathie, les artistes donnent à entendre les voix des autres, en attirant l’attention sur des questions cruciales de la société contemporaine vue de différents angles.

 
Cette premiere publication introduit le carnet de recherche / rencontres / voyage / coïncidences ayant lieu à La Reunion et en Hexagone ainsi qu’entre les deux. Un plongeon.

Artistes : Julia Borderie & Éloïse Le Gallo
Curatrice : Ekaterina Shcherbakova
Compositeur, musicien, designer sonore : Martin Balmand

Première publication avec les voix de :
Soleiman Badat
Laurent Bret
Daniel Guerin
Sebastien Langlade
Antoine Merveilleux Du Vignaux
Migline Paroumanou
Marcel Philippe
Yoni Séry

L'île de La Réunion – l’Hexagone
2016-2018

[Inde] 

 

quelque chose d’un temps d’avant les hommes, ou de mondes en parallèle sans les hommes, quelque chose d’un autre réel que la langue fait entendre : ce qui est chanté pendant qu’on cultive, en cao lan, dans les montagnes du Nord Vietnam 

quand, en Inde, à la question « qu’est-ce que la langue pour vous », Sumati Kalidindi répond en telugu, et Rozan, qui vient d’un des Etats fédérés du nord de l’Inde, me répond (en partie) en urdu

enfin, entendre un peu de sanskrit, la langue des dieux, parlée encore par quelques érudits. rejoindre ainsi un temps et un espace a-humain, qu’avec grand respect les hommes d’aujourd’hui étudient

 

ces fragments sont collectés depuis juillet 2017 dans le cadre du projet « glossolalie/unventer », inventaire-invention d’un chemin d’une langue à l’autre. tour du monde des langues mené par fréderic dumond au cours d’une traversée d’un mois en cargo, à partir du Havre vers Port Klang, en Malaisie, et de temps de présence à Jogyakarta et Jakarta (Indonésie), sur la côte du Coromandel, le long du golfe du Bengale, à Madras et Pondicherry (Inde), à Ha Noi et dans les montagnes du nord Vietnam à la frontière chinoise — dans le sud de l’Australie, à Melbourne — en Nouvelle-Calédonie sur la Grande Terre (à Nouméa) et à Port-Vila, sur l’île d’Efaté au Vanuatu — à Valparaiso et sur l’île de Pâques, à Querétaro (au Mexique), enfin sur l’île de Malte.

Enregistrements réalisés par Frédéric Dumond en 2017/2018.

[Inde] 

 

quelque chose d’un temps d’avant les hommes, ou de mondes en parallèle sans les hommes, quelque chose d’un autre réel que la langue fait entendre : ce qui est chanté pendant qu’on cultive, en cao lan, dans les montagnes du Nord Vietnam 

quand, en Inde, à la question « qu’est-ce que la langue pour vous », Sumati Kalidindi répond en telugu, et Rozan, qui vient d’un des Etats fédérés du nord de l’Inde, me répond (en partie) en urdu

enfin, entendre un peu de sanskrit, la langue des dieux, parlée encore par quelques érudits. rejoindre ainsi un temps et un espace a-humain, qu’avec grand respect les hommes d’aujourd’hui étudient

 

ces fragments sont collectés depuis juillet 2017 dans le cadre du projet « glossolalie/unventer », inventaire-invention d’un chemin d’une langue à l’autre. tour du monde des langues mené par fréderic dumond au cours d’une traversée d’un mois en cargo, à partir du Havre vers Port Klang, en Malaisie, et de temps de présence à Jogyakarta et Jakarta (Indonésie), sur la côte du Coromandel, le long du golfe du Bengale, à Madras et Pondicherry (Inde), à Ha Noi et dans les montagnes du nord Vietnam à la frontière chinoise — dans le sud de l’Australie, à Melbourne — en Nouvelle-Calédonie sur la Grande Terre (à Nouméa) et à Port-Vila, sur l’île d’Efaté au Vanuatu — à Valparaiso et sur l’île de Pâques, à Querétaro (au Mexique), enfin sur l’île de Malte.

Enregistrements réalisés par Frédéric Dumond en 2017/2018.

[Inde] 

 

quelque chose d’un temps d’avant les hommes, ou de mondes en parallèle sans les hommes, quelque chose d’un autre réel que la langue fait entendre : ce qui est chanté pendant qu’on cultive, en cao lan, dans les montagnes du Nord Vietnam 

quand, en Inde, à la question « qu’est-ce que la langue pour vous », Sumati Kalidindi répond en telugu, et Rozan, qui vient d’un des Etats fédérés du nord de l’Inde, me répond (en partie) en urdu

enfin, entendre un peu de sanskrit, la langue des dieux, parlée encore par quelques érudits. rejoindre ainsi un temps et un espace a-humain, qu’avec grand respect les hommes d’aujourd’hui étudient

 

ces fragments sont collectés depuis juillet 2017 dans le cadre du projet « glossolalie/unventer », inventaire-invention d’un chemin d’une langue à l’autre. tour du monde des langues mené par fréderic dumond au cours d’une traversée d’un mois en cargo, à partir du Havre vers Port Klang, en Malaisie, et de temps de présence à Jogyakarta et Jakarta (Indonésie), sur la côte du Coromandel, le long du golfe du Bengale, à Madras et Pondicherry (Inde), à Ha Noi et dans les montagnes du nord Vietnam à la frontière chinoise — dans le sud de l’Australie, à Melbourne — en Nouvelle-Calédonie sur la Grande Terre (à Nouméa) et à Port-Vila, sur l’île d’Efaté au Vanuatu — à Valparaiso et sur l’île de Pâques, à Querétaro (au Mexique), enfin sur l’île de Malte.

Enregistrements réalisés par Frédéric Dumond en 2017/2018.

[Vietnam] 

 

quelque chose d’un temps d’avant les hommes, ou de mondes en parallèle sans les hommes, quelque chose d’un autre réel que la langue fait entendre : ce qui est chanté pendant qu’on cultive, en cao lan, dans les montagnes du Nord Vietnam 

quand, en Inde, à la question « qu’est-ce que la langue pour vous », Sumati Kalidindi répond en telugu, et Rozan, qui vient d’un des Etats fédérés du nord de l’Inde, me répond (en partie) en urdu

enfin, entendre un peu de sanskrit, la langue des dieux, parlée encore par quelques érudits. rejoindre ainsi un temps et un espace a-humain, qu’avec grand respect les hommes d’aujourd’hui étudient

 

ces fragments sont collectés depuis juillet 2017 dans le cadre du projet « glossolalie/unventer », inventaire-invention d’un chemin d’une langue à l’autre. tour du monde des langues mené par fréderic dumond au cours d’une traversée d’un mois en cargo, à partir du Havre vers Port Klang, en Malaisie, et de temps de présence à Jogyakarta et Jakarta (Indonésie), sur la côte du Coromandel, le long du golfe du Bengale, à Madras et Pondicherry (Inde), à Ha Noi et dans les montagnes du nord Vietnam à la frontière chinoise — dans le sud de l’Australie, à Melbourne — en Nouvelle-Calédonie sur la Grande Terre (à Nouméa) et à Port-Vila, sur l’île d’Efaté au Vanuatu — à Valparaiso et sur l’île de Pâques, à Querétaro (au Mexique), enfin sur l’île de Malte.

Enregistrements réalisés par Frédéric Dumond en 2017/2018.

AKIMBO : SEX IS. Art queer et activisme culturel à San Francisco, 1989-1991

 

Le collectif Boy with Arms Akimbo / Girl with Arms Akimbo, formé à San Francisco en 1989 en réaction à l’annulation de l’exposition de Robert Mapplethorpe à la Corcoran Gallery et dans le contexte meurtrier de l’épidémie du SIDA, a couvert pendant deux ans le paysage urbain de posters photocopiés questionnant les passants sur leurs représentations des sexualités. Reconnu.e.s à l’époque comme activistes culturels et invités en tant qu’artistes par l’institution (San Francisco Arts Commission Gallery, Berkeley Art Museum, Drawing Center New York), l’engagement politique du groupe s’est formalisé par des inventions plastiques marquantes qui s’inscrivaient dans l’appropriationnisme et la critique institutionnelle. Leur propos résolument pro-sexe, leur refus de nommer un.e porte-parole ou de sortir de l’anonymat jusqu’à aujourd’hui, leur volonté de conserver leurs inventions visuelles en copyleft afin de permettre au plus grand nombre de s’en saisir, en font un cas d’étude passionnant pour la définition d’un art queer qui valorise le collectif et l’élaboration de représentations diversifiées des corps et des sexualités.

 

Née en 1979, Isabelle Alfonsi est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de University College à Londres. Depuis novembre 2009, elle co-dirige Marcelle Alix, galerie d’art contemporain située à Belleville. En 2014-2015, elle élabore un cycle de conférences sur le genre et l’art à l’invitation du Crédac-centre d’art contemporain d’Ivry-sur-Seine. Une bourse de recherches du Centre National des Arts Plastiques lui permet de compléter ses recherches sur le groupe activiste Akimbo à San Francisco en 2016, en vue de la publication d’un ouvrage sur l’art contemporain queer (titre provisoire : Pour une esthétique de l’émancipation) à paraître aux éditions B42 en 2017.

Enregistré le 5 décembre 2016 à l'École du Louvre.

[Clamart • France] 

 

« Hypnorama est un environnement immersif qui invite le spectateur à se plonger dans un état hypnagogique, ce moment ténu entre veille et endormissement, pendant une séance de 15 minutes. Dans cet espace confiné, plongé dans l’obscurité, dialoguent textures sonores et intensités lumineuses. La pièce sonore composée et interprétée par Violaine Lochu joue des oscillations, souffles, échos et superpositions de voix et dialogue avec le dispositif lumineux développé par Baptiste Joxe. Guillaume Constantin crée un environnement dans lequel le spectateur peut se lover et se laisser entraîner dans le trouble du rêve éveillé. » Madeleine Mathé

Programme :
Hypnorama 

installation sonore et lumineuses, 5 enceintes, 2 sources lumineuses, moquette et mobilier
avec Guillaume Constantin (display) and Baptiste Joxe (lumière)
pièce sonore, 15 min, 2018
production Centre d’Art Contemporain Chanot, Clamart

[Noisy-le-Sec • France]

 

Félicia Atkinson est en résidence à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec de septembre 2017 à avril 2018. Elle propose un programme de « séances d’écoute profonde » dans l’atelier-résidence de La Galerie. Elle y créé les conditions pour développer une attention particulière, un point de contact sensible avec d’autres compositrices. Lors de ces séances, elle diffuse sa propre musique, celle d’autres musiciennes invitées ainsi que celle de compositrices femmes, figures importantes de l’histoire de la musique.

 

Pour le r22 Tout-monde, Felicia Atkinson propose un prolongement de ces séances d’écoute à travers des mixs composé pour la plateforme. 

Tracklist:

1. suzanne ciani : 6th voice sound of a flower falling
2. kenneth goldsmith & joan la barbara 15th poem
3. marina rosenfeld: the conversation
4. midori hirano; rolling moon
5. midori takada & masahiko satoh; monody
6. felicia atkinson: hier le desert
7. suzanne ciani: tenth voice: sound of love
8. native instruments: deep frog
9. pauline oliveros: wolf loba
10. michel mercure: in the air
11. emmanuelle parrenin; l’harpe de soie
12. alice coltrane: rama katha
13. suzanne ciani: twelve voice: sound of love turning

La résidence de Félicia Atkinson à La Galerie reçoit le soutien du Département de la Seine-Saint-Denis.