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[Les Lilas • France]
La conquête de l’Ouest américain ? « Une grande période de prédation contrariée, puisqu’elle aboutit à une démocratie », selon le philosophe Jean-Paul Curnier. Période, dont le western — « équivalant de ce que l’Iliade et l’Odyssée sont pour l’Antiquité » — porte la trace et forme le grand récit : celui de la naissance d’une nation (qui est par ailleurs le titre du premier long métrage de l’histoire du cinéma…).
En organisant donc, dans le cadre de sa résidence d’écriture, une projection de Pat Garett et Billy the kid à l’Espace Khiasma, Jean-Paul Curnier plaçait ce quatrième rendez-vous public sous le patronage de Bob Dylan, dont la musique habite le film de Sam Peckinpah, et de ces deux grandes figures au travers desquelles certaines contradictions historiques de la société américaine se sont incarnées.
Réalisé spécialement pour la r22 Tout-monde, ce programme radiophonique croise des échanges qui ont eu lieu avec la salle à l’issue de cette projection, avec les extraits d’une conversation entre Jean-Paul Curnier et Christophe Cognet — cinéaste également en résidence à Khiasma pour son projet Miserrimus. Il s’agissait d’explorer la charge mythique de ce duel à mort — entre Pat Garett, voyou devenu shérif, et Billy the kid, son ancien compagnon de route — où se joue les derniers soubresauts anarchisants d’une Amérique sans frontières, peu à peu gagnée par l’ordre et la propriété terrienne, et de montrer comment celle-ci traverse encore notre imaginaire politique…

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Paris • France]
Cécile et Minh Tam se sont rencontrées lors d’un vide grenier dans le quartier, alors que je recrutais des chanteurs pour ma collecte. Elles ont décidé de chanter ensemble, Minh Tam écoutait la variété française quand elle était enfant. Elles ont travaillé une version bilingue de « Viens m’embrasser » de Julio Iglesias, elles ont trouvé une version sur youtube, par une chanteuse vietnamienne au succès international, elles s’amusent des décors du clip qu’elles ont sous les yeux.

Réalisé par Hélène Cœur au Musée Commun, dans le cadre du projet « Chantez vous », une collecte de chansons et réalisation de portraits chantés, dans le territoire de Saint-Blaise

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Avignon • France] 
Atelier Refaire le Monde du 13 janvier 2015, CASA HAS, Avignon.

Texte-manifeste de l’Atelier Refaire le Monde :

 

« Le précurseur est celui dont on ne sait qu’après qu’il venait avant. » Georges Canguilhem, cité par Edgar Morin, La Complexité humaine, Flammarion, 1994

 

Entendu que nous allons droit dans le mur si nous ne changeons pas la conduite et si nous n’ôtons pas le mur,
entendu que le monde n’a pas vocation à rester tel qu’il est, ni a fortiori, à s’encriser davantage,
entendu que nous avons des comptes à rendre à l’intraitable beauté du monde,
entendu que nous devons avoir le courage d’être jusqu’au bout la poésie qui nous concerne,
entendu que beaucoup de choses ne s’entendent pas, a fortiori si on ne se les dit pas,
Nous, atelier « refaire le monde », avons décidé d’écrire la constitution de ce qui nous constitue,
nous, atelier « refaire le monde », avons décidé d’entrer dans la clandestinité de nos rêves et de nos utopies,
nous, atelier « refaire le monde », avons décidé de prêter serment à ce qui vient et ne peut manquer,
nous, atelier « refaire le monde », avons décidé de former un gouvernement provisoire en exil des idées reçues, des évidences, des expertises, des probabilités, des statistiques et des indices de croissance,
nous, atelier « refaire le monde », avons décidé de refaire le monde.
Nomades de la langue et des gestes, sans papiers ni feuilles de route, nous irons là où le vent nous mène, 
anonymes du tout-monde, travailleurs d’humanités, artisans de la communauté inavouable, nous réveillerons d’anciens soubassements et ferons hospitalité aux idées neuves,
réfugiés de la dictature économiques, nous réhabiliterons la dépense et le ruissellement électrique,
déçus de la déception, exclus de l’inclusion, nous dirons la relation plutôt que les liens,
clandestins de la politique, nous ferons res publica, table d’hôte, arbre à palabres, atelier d’écritures, forge d’expériences, antichambre d’horizons, et d’autres choses qu’on ne sait pas encore.

Mettre la promesse en acte. Commencer à continuer, et vice versa. Y croire, juste y croire. Pour que l’existence soit autre chose que la remise à plus tard de l’existence. Refaire le monde, un chantier d’utopie(s), un « work in progress ». L’art n’est rien si nous n’en faisons pas tout, et pas seulement. Coopérative. Hospitalité. Ecoute. Tchatche. Respiration. Ce n’est qu’un début, mais il y a longtemps que ça a commencé.

Jean-Marc Adolphe, pour l’atelier « Refaire le monde »,
Paris, 5 janvier 2015

 

Extrait enregistré lors de l'Atelier Refaire le Monde du 13 janvier à Avignon

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Once upon a time Fukushima, partition suspendue pour aérophone

[Pantin • France] 
Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venues habiter la sonorité fukushima. Pour nous occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. Elle est cette sonorité-réceptacle où se sont déposées les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire.Fukushima est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégées à une catastrophe et à un cataclysme faisant de fukushima le signe d’une apocalypse hypermoderne : Fukushima est un Big Crunch symbolique, une cosmogonie inversée. 

Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, se propose d’inverser la narratologie liée à fukushima. Elle restera fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agira ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnées. Il s’agira d’activer un moment symbolique qui rendra à fukushima ses forces positives et centrifuges, d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères qui proposera une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion. 

Informations complémentaires

Participation au projet sonore et collaboratif de Dominique Balaÿ, Meanwhile in Fukushima.

Interprétée par Jean-Philippe Velu (saxophone)