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« Ghérasim Luca » – Intro

[Paris • France]
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom.
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Lundi de Phantom n°11 : Pierre Michelon – Performance documentaire d’un discours non-prononcé

[Les Lilas • France]
À partir de la performance que David Legrand proposa dans le cadre du « Lundi de Phantom » consacré au film en cours de montage de Pierre Michelon, Un petit morceau de bois, ce dernier a composé une pièce sonore revenant sur les thèmes qui traversent son projet. Ce discours non-prononcé par André Malraux à Cayenne sert en effet de point de départ à l’approche sensible de l’enquête historique qu’il mène de concert avec Jean Mariema, une figure importante du militantisme guyanais. Procéder au reenactment d’un texte documentant un événement qui n’a pas eu lieu lui permet ainsi d’appréhender un épisode marquant de l’histoire de la départementalisation en Guyane française : le référendum de septembre 1958 portant sur la Constitution de la Ve République. Par le montage des voix et des récits d’André Malraux et de Jean Mariema, Un petit morceau de bois réactualise les enjeux de ce « non événement ». « Approuvez-vous la Constitution qui vous a été proposée par le Gouvernement de la République ? » Question laissée sans réponse, ou constamment épuisée par les luttes guyanaises qui se poursuivent au présent de l’indicatif : enclavement économique, cohésion sociale, pillages officiels ou clandestins, Université de plein exercice…

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 31 mars 2014, dans le cadre des Lundis de Phantom, et à Bourges, avec David Legrand, le vendredi 27 juin 2014.
Montage : Pierre Michelon

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Paris • France]
Puisque les chansons de la Commune sont un patrimoine (du) commun, tous ensemble au Grand Métingue du Métropolitain !

Réalisé par Hélène Cœur au Musée Commun, dans le cadre du projet « Chantez vous », une collecte de chansons et réalisation de portraits chantés, dans le territoire de Saint-Blaise

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Nous sommes tous des schizophrènes dangereux

[Reims • France]
Un dimanche par mois, au 10 rue Voltaire, juste derrière la cathédrale de Reims :
Des patients et des soignants se retrouvent pour réfléchir à voix haute.
Certains sont toujours là, quelques-uns viennent souvent, d’autres ne font que passer.
Les Hauts Parleurs réinventent à chaque fois un espace commun d’hospitalité et d’imaginaires partagés pour bousculer les mots à la mode, les mots « commodes » que tout le monde emploie, mais que personne n’écoute… Dédogmatiser le « prêt-à-parler » et se réapproprier le pouvoir perdu de « nommer ».
Leurs trouvailles sont restituées sous différentes formes : une vidéo largement diffusée, des collaborations éditoriales, et plusieurs performances scéniques (dont l’ouverture du festival Les Évadés du Bocal).
Donnant aussi leur propre interprétation de la « Semaine de la santé mentale » promue par les instances officielles, les patients et les soignants du réseau thérapeutique Antonin Artaud proposent une « Semaine de la folie ordinaire », avec débats, expositions et prises de parole multiples, pour faire entendre un autre écho de la souffrance psychique que celui du risque, de la dangerosité, de la simple adaptabilité sociale ou de l’efficience individuelle. On y fait un sort aux étiquettes et aux clichés sur la folie que véhicule la rubrique des faits divers.
Pour inaugurer le feuilleton radiophonique diffusé sur R22 jusqu’à la prochaine « Semaine de la Folie Ordinaire » en mars 2015, Les Hauts Parleurs reviennent sur les slogans concoctés pour la première MAD PRIDE française. Organisée sur le modèle de celles qui ont vu le jour à Londres, Toronto, Bruxelles ou Salvador, « LA MARCHE DES FOUS » a eu lieu le samedi 14 juin 2014 entre l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne et l’Hôtel de Ville de Paris, pour lutter contre la stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques.

Réalisé par Matthieu Dibelius, dans le cadre de l’atelier d’écriture qu’il mène avec le réseau thérapeutique Antonin Artaud

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
L’hôte peut désigner la personne qui est reçue ou celle qui reçoit, un double sens que Jean-Paul Curnier a décidé de mettre à profit dans le cadre de sa résidence à l’espace Khiasma. Pour cette soirée, il a donc invité Jacques Durand, écrivain taurin de renommé, à venir s’entretenir avec lui sur l’éthique et l’esthétique de la tauromachie, dont ce dernier exprima toutes les facettes dans les chroniques qu’il livra jusqu’en 2012 au journal Libération. Aussi, ce qui pourrait ressembler à première vue à une cambiada – passe destinée à détourner la charge du taureau – dans la réflexion de Jean-Paul Curnier se révèle comme le développement d’une intuition première. Sous les traits du torero défiant la mort avec panache, et sacrifiant parfois sa vie à son goût pour le risque et les actions d’éclat, Jean-Paul Curnier discerne en effet la figure voisine du pirate dont l’existence brève, joyeuse et violente, toute en dépenses et en excès, fut le creuset de formes d’organisations politiques basées sur l’autogestion, l’égalité, et le souci du bien commun. C’est donc par un biais inattendu que son exploration des liens entre démocratie et prédation se poursuit, empruntant l’épée du matador ou le sabre d’abordage comme autant de façon possible de philosopher à l’arc !

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Chanter en chœur ? Une question de foi. Et de foule qui entre en échos avec une « soif d’idéal » qui « nourrit de l’intérieur »…

Réalisé par Hélène Cœur au Musée Commun, dans le cadre du projet « Chantez vous », une collecte de chansons et réalisation de portraits chantés, dans le territoire de Saint-Blaise

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La Fin du monde – Prendre corps / Ghérasim Luca

[Paris • France] 
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Apatride, il s’installe à Paris en 1952 et choisit le français comme langue d’écriture. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une clé, et de plus en plus troublé par la montée des courants racistes et antisémites, il se jettera dans la Seine une nuit de janvier 1994. C’est sur son œuvre poétique qu’ont travaillé durant cinq ans, avec la complicité de Patrick Fontana, des personnes en apprentissage du « Français Langue Etrangère » à l’Atelier Formation de Base de l’association Emmaüs à Paris. Lecture(s) de bouche(s) était le nom de cet atelier de poésie à voix haute, enregistrée, où la langue française était travaillée d’arrache-pied en vue de « s’en sortir sans sortir » (selon la formule de Ghérasim Luca). L’expérience prenait la forme d’une aventure de la langue qui passe par l’écoute de sa propre musique dans une nouvelle langue. Pour y concevoir une autre « possibilité de soi-même » dans une période où, contrainte et réduite, la langue est placée au cœur des lois sur l’immigration et devient l’outil d’une chasse aux précaires qui ne dit pas son nom. 
Résultat de cet atelier, le CD Luca Babel – Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) a été récompensé par le prix « Coup de cœur 2014 » de la commission « parole enregistrée et documents sonores » de l’académie Charles Cros.

Bamby Bassoum, Maria Antonietta Benedetti, Frédéric Dautais, Guillaume Mahé, Tayyebeh Tafrechy, Nidia Alba Ramirez, Léa Nguyen, Taha Baharam Brahim, Chen Zhijie, Delphine Verron, Li Thi Cam Van, Firouzeh Esmaeili Kosej, Thi Nga Galmiche

Atelier Lecture(s) de bouche(s) animé par Patrick Fontana, 1 CD, Coproduction Espace Khiasma / Patrick Fontana / Association Emmaüs Solidarité

Réalisée par Patrick Fontana, direction : Rose-Marie Ryan. Avec le soutien de la Drac Ile-de France et de l’association L’œil à l’écoute.
Les textes utilisés sont extraits du livre Paralipomènes (1976, éditions José Corti) de Ghérasim Luca, aves l’aimable autorisation des éditions José Corti

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Pantin • France]
Au rythme de… Les Mercuriales est la tentative de faire perdurer un moment. Celui où la répétition de quelques néons allumés, probablement par les agents de services de l’entreprise, rythmait les deux façades obscures des Mercuriales, conférant un aspect singulier à ces deux tours imposantes, marquant le paysage du 20e arrondissement de Paris. Ce moment a donné lieu à la réécriture graphique des néons, afin d’être translittéré ensuite en musique. L’interprétation proposée ici est celle du groupe MMMRL BBQ. Partition de Frédéric Mathevet, interprétation de MMMRL BBQ (Denis Bernardi, guitare basse, Frédéric Mathevet, synthétiseur, Célio Paillard, percussions).

Démonstration par le groupe MMMRL BBQ d’une partition graphique issue du Fernsbook, présentée le 13 septembre 2013 à l’espace Khiasma (Les Lilas). Captation audio et vidéo Delphine Verron

[Paris • France]
Parler du rôle de l’école publique rue Léon Frapié, ou : du bon usage (politique) de la toponymie !

Réalisé par Hélène Cœur à La Maison des Fougères, dans le cadre du projet La Fougère à l’écoute du temps, production Espace Khiasma

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
« Il s’agit de décrire un lieu à l’oral. Il y en a cinq : cinq lieux dans le Monde, en bord de mer. Cinq lieux où suffisamment de choses se tissaient pour que je puisse les déconstruire en une performance. Cinq performances. Parfois des amis me demandent, en me voyant m’intéresser aux animaux qui m’entourent, d’où me vient cet intérêt. C’est en partie pour répondre à cette question que je me lance dans Oralieu : c’est une enquête. Pour décrire les lieux, je ne me sers pas de mon imagination, mais de choses que je savais déjà, de l’observation d’un animal, d’informations que j’ai collectées après coup. L’ensemble forme un savoir, mais un savoir qui n’est ni froid ni objectif. Dans Oralieu, le savoir est poétique. Oralieu traite d’un humain heureux de tout ce qui le rattache à ce qui l’entoure. Un humain curieux de ses attachements. C’est une écologie joyeuse, curieuse, et non pas alarmiste et dépressive. »

Découvrez l’intégralité du projet d’Alexis Fichet sur le blog d’Oralieu : http://oralieu.blogspot.fr/

Programme :
Oralieu 

Enregistré à l’Espace Khiasma le dimanche 29 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

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Session 3 : Désir d’État — un séminaire de Nataša Petrešin-Bachelez & Elena Sorokina – part. 1

[Paris • France] 
En droit international, les raisons pour lesquelles des entités non-autonomes aspirent à l’indépendance sont énumérées comme suit : la notion de souveraineté et le désir d’indépendance et d’auto-détermination sont les aspirations qui viennent en premier ; l’opportunité de rejoindre des organisations internationales ouvertes uniquement aux États indépendants, la perspective d’être impliqué dans les Affaires étrangères et le droit d’utiliser la force en cas de légitime défense sont tout aussi importants. Mais qu’est-ce qui alimente ces désirs, quels affects sont en jeu, comment sont-ils suscités et exprimés ? Produite collectivement, la lutte pour la reconnaissance et la souveraineté est un type particulier d’affect, qui heurte généralement les strictes lois et règlements internationaux. Les intervenants invités présenteront leurs réflexions et perspectives sur un ensemble de sujets, allant de l’expression visuelle à la (re-)construction fictionnelle, en passant par des études de cas de différents endroits du monde. À la fin du séminaire, le clip de Björk Declare Independance sera projeté et analysé.

Enregistré à Bétonsalon le 1er février 2014 dans le cadre de l’exposition d’Éric Baudelaire, <i>The Secession Sessions<i/>

Une transcription traduite en français et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Session 3 : Désir d’État — un séminaire de Nataša Petrešin-Bachelez & Elena Sorokina – part. 2

[Paris • France]
En droit international, les raisons pour lesquelles des entités non-autonomes aspirent à l’indépendance sont énumérées comme suit : la notion de souveraineté et le désir d’indépendance et d’auto-détermination sont les aspirations qui viennent en premier ; l’opportunité de rejoindre des organisations internationales ouvertes uniquement aux États indépendants, la perspective d’être impliqué dans les Affaires étrangères et le droit d’utiliser la force en cas de légitime défense sont tout aussi importants. Mais qu’est-ce qui alimente ces désirs, quels affects sont en jeu, comment sont-ils suscités et exprimés ? Produite collectivement, la lutte pour la reconnaissance et la souveraineté est un type particulier d’affect, qui heurte généralement les strictes lois et règlements internationaux. Les intervenants invités présenteront leurs réflexions et perspectives sur un ensemble de sujets, allant de l’expression visuelle à la (re-)construction fictionnelle, en passant par des études de cas de différents endroits du monde. À la fin du séminaire, le clip de Björk Declare Independance sera projeté et analysé.

Enregistré à Bétonsalon le 1er février 2014 dans le cadre de l’exposition d’Éric Baudelaire, <i>The Secession Sessions<i/>

Une transcription traduite en français et en arabe sera très prochainement disponible sur le site