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Le Journal Sonore #3, avril 2017

[Tout Monde]

 

Redécouvrez le meilleur du mois d’avril sur la r22 dans notre tour d’horizon mensuel.

 

Sur fond d’un live de Frédéric Mathevet et Jean-Philippe Velu à la Galerie Planète Rouge (antenne L’autre Musique), les brèves nous emmènent dans la Chaufferie des brasseries de Maxéville, où Jérémy Damian nous parlait de la pratique du contact improvisation (antenne Vie), à Khiasma où s’exprimait le féminisme décolonial de Françoise Vergès, à Lyon, où Barbara Manzetti réalisait la dernière séquence de «Rester. Étranger», et enfin au sous-sol du Théâtre Gérard Philippe, où les étudiants du Master de création littéraire de l’université Paris 8 passaient une nuit pour produire un texte collectif.

 

Dans un deuxième temps, on vous propose un extrait d’une discussion captée lors du workshop «EVOL» à Khiasma, début avril. Quelle place pour les pratiques sonores et musicales dans les écoles des Beaux-arts aujourd’hui ? Un échange diffusé alors en direct sur Radio BAL (« Beaux-arts Live »), et qui réunissait Vincent Rioux, responsable du pôle numérique des Beaux-Arts de Paris, Églantine Laval, qui porte avec d’autres le projet Radio BAL, Olivier Marboeuf, et des artistes étudiantes et étudiants de l’Ensba : Maëlle Poirier, Nina Galdino, Audrey Carmes, Sacha Rey et Gaspard Laurent.

 

Et pour refermer ce journal, un morceau de Sacha Rey alias Amanda Grey, Like a memory of present.

 

Rendez-vous fin mai pour notre prochain journal !

 

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Montage-mixage : Adrien Tripon et Esther Porylès
Voix (brèves) : Esther Porylès
Entretien : Vincent Rioux, Olivier Marboeuf, Églantine Laval, Maëlle Poirier, Audrey Carmes, Nina Galdino, Sacha Rey et Gaspard Laurent.

Once upon a time, Fukushima (Balade de l’invisible mix)

[Paris • France]

La partition de cette nouvelle version de «Once Upon A Time Fukushima» reprend la note d’intention du projet proposé à Dominique Balaÿ pour le projet collaboratif qu’il a développé : Meanwhile, In Fukushima

« Je suis de mon occident. Je n’ai rien vu de Fukushima. Sinon des images et des sons, des agencements médiatiques qui sont venus habiter la sonorité /fukushima/. Pour nous, Occidentaux, Fukushima n’est plus ni un lieu, ni un événement. C’est cette sonorité-réceptacle où se sont déposés les angoisses, les fantasmes, les prémonitions d’une société égarée sur les voies de la mondialisation énergétique et nucléaire. Fukushima est une allégorie moderne, la figure d’un mythe moderne, le précipité d’un inconscient collectif. Fusion et fission se sont agrégés à une catastrophe et à un cataclysme faisant de /fukushima/ le signe d’une apocalypse hypermoderne : Fukushima est un big crunch symbolique, une cosmogonie inversée. »

Once upon a time, Fukushima, partition suspendue pour un aérophone et un manipulant, vise à inverser la narratologie liée à /fukushima/. Elle reste fidèle au sens singulier indiqué par Otomo Yosihide, Michiro Endo et Ryoichi Wago dans leur manifeste : il ne s’agit ni d’une dénonciation militante, ni d’un simple reporting de faits, plutôt la démonstration d’un désir et une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnés. Il s’agit d’activer un moment symbolique pour rendre à fukushima ses forces positives et centrifuges ; d’un moment de lutte symbolique contre les forces mortifères pour proposer une nouvelle cosmogonie ouverte et en expansion.

La partition est constituée d’un plateau sur lequel un relevé transparent de l’ensemble des centrales nucléaires japonaises se déplace et offre à l’instrumentiste des notes et des motifs à jouer. L’ensemble des manipulations de la carte est capté en temps réel et manipulé, ainsi que les sons produits par l’instrumentiste.

Les déplacements du calque sur le plateau, comme les différents moments de la construction sonore sont déterminés par le lancer de deux dés : l’un qui indique un chiffre compris entre un et six et qui permet un déplacement latéral ou une rotation précise de la carte, l’autre qui propose une suite d’opérations comme changer de calques, déplacer latéralement, rotation vers la gauche, rotation vers la droite, retourner le calque ou ne rien faire…

Au sol, une projection d’un respirant qui « incorpore » la définition de Fukushima et sur lequel l’instrumentiste se calque, tout en colorant sa respiration des phonèmes de /fukushima/. Pendant ce temps le manipulant fait disparaître un dessin méticuleusement choisi parmi des images de Kamishibaï , puis décalquées.

Performance donnée pour la 2ème «Balade de l’Invisible (six ans après Fukushima)», organisée par la Galerie Planète Rouge, Paris.
Saxophone Baryton: Jean-Philippe Velu

[Saint-Denis • France]

 

Sous-sol, une pièce sonore conçue par les étudiants M1 du Master de création littéraire de l’université Paris 8.
Au mois de novembre 2016, les étudiants ont été invités à écrire avec et autour de l’exposition Habiter le campement qui se tenait dans les sous-sols du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.
Ils ont décidé de faire eux-mêmes l’expérience du campement en restant toute une nuit dans le théâtre. Durant cette longue nuit, ils ont fait des rondes successives afin de prendre soin les uns les autres, de dormir alternativement et d’écrire un texte collectif.
Ce texte a été enregistré dans le studio de Sébastien Trouvé qui lui a donné sa texture sonore et musicale.

Atelier animé par Olivia Rosenthal.
Merci aux intervenants, François Lorin, Fiona Meadows, Jean Bellorini, Claire Lecadet, Marion Canelas et Thierry Thieû Niang.
Merci à toute l’équipe du TGP qui a accueilli les étudiants dans ses murs jour et nuit.

Enregistrement et création sonore: Sébastien Trouvé
avec les voix de : Stéphanie Arc, Nicolas Attal, Perrine Baron, Camille Bonvalet, Caroline Boulord, Allan Deneuville, Leïla Dijoux, Millie Duyé, Mathilde Forget, Valérian Guillaume, Anna Mezey, Arthur Petin, Samuel Poisson-Quinton, Lucie Rico, Woosung Sohn, Anne-Lise Solanilla, Alexandra Sollogoub, Stéphanie Vivier, Guillaume Wavelet.

Deux soirées de concerts autour de Sophie Agnel

[Montreuil • France]

 

Sans présenter de manière exhaustive l’étendue de sa pratique, ces deux concerts se concentrent sur deux projets biens distincts de la pianiste montreuilloise.
L’un regroupe les deux anglais Steve Noble et John Edwards pour un moment de pure improvisation post free, pourrait-on dire et l’autre, développe un travail plus abstrait autour de l’espace sonore avec Bertrand Gauguet et Andrea Neumann. 

Sophie Agnel n’a pas son égal pour transcender le piano et utiliser toutes ses potentialités. Avec ses deux complices britanniques, John Edwards et Steve Noble, elle revient vers une forme traditionnelle du trio de jazz, terriblement groove et toujours virtuose. Quoique que le terme « classique » est un peu fort quand on connaît son approche moderne du piano, étendu ou préparé, c’est selon, mais toujours de façon étonnante, juste et inspirée. Ici, la combinaison piano-contrebasse-batterie n’obéit à aucune hiérarchie. Chaque instrument dirige, soutient, s’adapte, rééquilibre, s’ajuste au plus près…

http://www.efi.group.shef.ac.uk/musician/mnoble.html

http://www.efi.group.shef.ac.uk/musician/medwards.html

http://sophieagnel.free.fr/

 

Vespre est le projet solo de Romain Scrap, ex membre de Headwar et actuel de La Race et Piscine de Gravats. Pas de guitare saturée et encore moins de chant hurlé ici, Vespre prend la tangente du 100% acoustique. La musique se construit autour d’une série de métronomes désynchronisés, certains se heurtent, d’autres percutent des bols. L’instrumentarium comprend aussi une mini vielle et un harmonium avec lesquels Vespre crée une cadence organique et répétitive. Une musique décharnée et en totale autonomie.

http://vespre.bandcamp.com/

 

SEC_ est le nom d’artiste de Mimmo Napolitano (1985), jeune compositeur italien installé à Naples.

Sa recherche sonore se situe entre la musique concrète et le traitement numérique. Ses compositions s’élaborent à partir de sources sonores hétérogènes (synthétiseurs analogiques, échantillons, ondes radio..), sources traitées en direct par le biais de bandes et logiciels informatiques. 
Très actif, il est présent sur les nouvelles scènes de musiques expérimentales et a déjà collaboré avec entre autres, Jérôme Noetinger, Dave Phillips, Andy Guhl, Olivier Di Placido, Valerio Tricoli…
 

Enregistré aux Instants Chavirés les 17 et 18 février 2016.
Sophie Agnel, piano
Andrea Neumann, cadre de piano & électroniques
Bertrand Gauguet, saxophones alto et soprano
Steve Noble, batterie
John Edwards, contrebasse
Sec_
Vespre

[Les Lilas • France]

 

Avec cette première édition du Journal Sonore mensuel, la R22 Tout-Monde invite à une traversée de l’actualité en février des antennes qui l’habitent, des nouveautés aux archives.

Avec ce mois-ci, les voix des élèves de l’école Le Vau (atelier mené par l’artiste Hélène Coeur), des étudiants du Master Création littéraire Paris 8 et de Lionel Ruffel; de Violaine Lochu; de Garance Clavel, Barbara Manzetti, Djamel Kerkar, Sébastien Zaegel du festival Hors Limites, Victor Donati, …

 

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Mix : Esther Poryles
Voix (brèves) : Hélène Jenny, Esther Poryles, Kieran Jessel, Mathis Berchery
Entretiens : Olivier Marboeuf

[Paris IIIè • France]

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’actrice Garance Clavel nous a lu « Morceaux de vie » le parcours de vie d’une femme établi par Frank Smith dans le cadre de sa résidence d’écriture à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales (France) (Pierrefitte-sur-Seine) en 2014-2015.

« Dans l’écriture, il n’y va pas de la manifestation ou de l’exaltation du geste d’écrire ; il ne s’agit pas de l’épinglage d’un sujet dans un langage ; il est question de l’ouverture d’un espace où le sujet écrivant ne cesse de disparaître » , dit Michel Foucault, au cours d’une conférence consacrée à la notion d’auteur en 1970 à l’université de Buffalo, New York.
Je ne suis pas l’auteur des lignes que Garance Clavel va vous lire. A la limite, je ne les ai pas écrites, elles se sont écrites. Quelqu’un a parlé, et je dis qu’importe que quelqu’un ait parlé.

Lecture : Garance Clavel
Commentaire : Frank Smith
Mix : Mathis Berchery

Entretien avec Sébastien Zaegel : festival Hors limites 2017

[Seine-Saint-Denis • France]

 

Porté par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, le festival Hors limites est devenu un temps fort de la vie culturelle du département portant un même objectif : mettre en lumière durant quinze jours le travail de promotion de la littérature contemporaine effectué au quotidien par les bibliothèques et les médiathèques, mais aussi les cinémas, les librairies, les universités du territoire… dont bon nombre sont partenaires.

Entièrement gratuit et ouvert à tous les profils de lecteurs, Hors limites comprend plus d’une centaine d’auteurs et artistes invités, et pas moins de cent événements programmés. Présence renouvelée pour certains invités, inédite pour d’autres, ils sont nombreux à venir partager, sous des formes diverses un temps de rencontre, avec le public du département et au-delà.

 

www.facebook.com/festivalhorslimites

[Les Lilas • France]

 

Avec cette première édition du Journal Sonore mensuel, la R22 Tout-Monde invite à une traversée de l’actualité en février des antennes qui l’habitent, des nouveautés aux archives. Ainsi, retrouve-t-on Violaine Lochu, Magali Desbazeille, Jean-Paul Curnier, Julien Creuzet et Barbara Manzetti.

Aussi, nous avons eu le plaisir de solliciter les voix des étudiants du Master Création Littéraire de Paris VIII, dont on retrouvera bientôt les créations radiophoniques de l’atelier « Publier Tarnac » mené à Khiasma.

 


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Avec les voix de : Nicolas Attal, Leïla Dijoux, Millie Duyé et Valérian Guillaume
Conception : Mathis Berchery
Montage/Mixage : Esther Poryles

Entretien avec Barbara Manzetti : Rester. Étranger.

[Les Lilas • France]

 

En résidence à La Ménagerie de Verre en 2017, Barbara Manzetti développe un travail d’écriture en collectif avec Tanguy Nédelec et Barbara Coffy. Danseuse et chorégraphe de formation, Manzetti s’attache à figurer le mouvement d’un corps sans présence, que l’écriture soit un chemin, un parcours ou sa trace, un récit d’un trajet, d’une arrivée, d’une entrée dans la langue, le français, « on fait cours de français ». Une rencontre sans visage, des voix sans corps. Apprendre pour rester, réapprendre, « jardiner », toujours étranger.

 

« Quelque chose se passe en hiver je l’espère. Cet hiver-ci dans lequel nous entrons à force d’abstinence. La focale est ouverte et le lumière est entrée. L’obscurité aussi a eu sa place. Une alternance des deux est toujours souhaitable pour alimenter les contrastes. Aussi tu ne peux pas te rendre compte de la nature miraculeuse de ta présence. Ici même ta voix maintenant. Pour te dire comment la matière dépasse le sens qu’on voulait lui donner. Ce dépassement qui se produit lorsque tu rentres. J’appellerais cela danser. »

 

http://rester-etranger.fr/

Enregistré à Khiasma le 10 février 2017
Entretien entre Barbara Manzetti et Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

Lise & Lisa – Lo becat

[Strasbourg • France]

 

On oublie souvent que la musique dite traditionnelle, comme toutes les musiques, a dans son ADN un caractère expérimental. Si d’aucuns veulent à tout prix la figer dans un folklore passé, nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui continuent de faire bourlinguer leurs héritages. Lise Barkas et Lisa Käuffert sont de celles qui n’ont pas fini de tisser les fréquences, les régions et les époques. Plongée dans un répertoire qui continue de s’écrire.

Musique – Lise Barkas et Lisa Käuffert
Son – Victor Donati et Augustin Soulard

[Les Lilas • France]

 

Non loin du Précheur, en Martinique, près de la rivière Sèche, il y a une grosse roche, immense bâtiment, que l’on voit depuis la route… Le tombeau des Caraïbes. Le bouche-à-oreille dit de la légende que les hommes recouverts de roucou, auraient sauté ensemble, dans le vide depuis le haut de la roche, pour fuir le futur des hommes garnis de dentelle. La chute, avant le suicide vaporeux. On a cherché sans retrouver d’ossements. C’est la voix sans visage d’un film et des bribes d’images qui apparaissent. Dans le ciel, c’est un début et une piste, depuis le drone qui survole cette roche, debout au milieu de la carrière de sable…

 

Né en 1986. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école des beaux arts de Caen, du post-diplôme des beaux arts de Lyon, du Studio national des arts contemporain – Le Fresnoy à Tourcoing. Il est représenté par la galerie Doyang Lee à Paris. Son travail a fait récemment l’objet d’une exposition personnelle au Frac Basse Normandie à Caen (2015), au centre d’art contemporain de Juvisy sur Orge, à la galerie Doyang Lee à Paris (2013), à la fondation Sandretto Re Rebaudengo à Turin (2012). Suite à sa résidence au centre d’art La Galerie à Noisy le Sec, il a participé à l’exposition collective intitulée Scroll infini, en 2015. Ses projets en 2016 incluent : résidence Orange Rouge (Seine Saint Denis), Contre-Formes exposition collective au Centre Dramatique National de Caen, exposition personnelle à la Galerie Doyang Lee, seconde biennale de Kampala (Ouganda)…

Enregistré à Khiasma le mercredi 5 ocotobre 2016, dans le cadre du festival "Relectures 17"
Mixage : Esther Poryles

Entretien avec Ana Vaz : Há Terra !

[Les Lilas • France]

 

« Há terra ! est une rencontre, une chasse, un conte diachronique du regard et du devenir. Comme dans un jeu, comme dans une coursepoursuite, le film oscille entre personnage et terre, terre et personnage, prédateur et proie. » Ainsi Ana Vaz décrit-elle son poème cinématographique en 16 mm. Des mouvements de caméra filants semblent traquer une jeune fille métisse dans les hautes herbes. La voix off au présent s’agglomère au passé dans la myopie de la longue focale. La boucle sonore récurrente d’un homme criant « Terre ! Terre ! » convoque le lointain souvenir de la conquête coloniale. Mais la beauté du collage tient à l’impossibilité pour le spectateur de laisser « passer » ce passé : bientôt le témoignage actuel porte sur un maire qui s’est approprié par la menace les terres des indigènes. La jeune fille traquée en vient à personnifier un territoire. Nous sommes dans le sertão brésilien, où l’exclamation « há terra! » (littéralement : « il y a (de) la terre ») peut aussi s’entendre comme l’affirmation que les sans-terre, non-possédants organisés en Mouvement depuis une quarantaine d’années, n’ont pas lieu d’en être privés. Énigmatique et fiévreux, le film vibre aussi en images et en son du Manifeste anthropophage d’Oswald de Andrade (1928), autre inspiration d’Ana Vaz : « Anthropophagie. Absorption de l’ennemi sacré pour le transformer en totem. L’humaine aventure. La finalité terrienne ». (Charlotte Garson)

 

 

Née en 1986 à Brasilia, Ana Vaz est une artiste et cinéaste dont les films et le travail spéculent sur les relations entre le soi et l’autre, le mythe et l’histoire au travers d’une cosmologie de signes, références et perspectives. Des assemblages de matériau filmé et trouvé, ses films combinent ethnographie et spéculation dans l’exploration des frictions et fictions inscrites dans les environnements naturels comme bâtis. Diplômée du Royal Melbourne Institute of Technology et du Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains, Ana Vaz fut également membre de SPEAP (SciencesPo School of Political Arts), un projet conçu et mené par Bruno Latour. Son travail est régulièrement projeté partout dans le monde : New York Film Festival, TIFF Wavelengths, CPH:DOX, Videobrasil, Courtisane, Cinéma du Réel, Lux Salon. En 2015, elle reçoit le Kazuko Trust Award présenté par la Film Society du Lincoln Center en reconnaissance de l’excellence artistique et de l’innovation de son travail filmique.

Enregistré à l'Espace Khiasma.
Entretien : Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

Alien(s)kin : Queer other other lands of here

Alien(s)kin: Queer other Other Lands of Here est une performance poétique audiovisuelle qui traite du pouvoir d’action de la « POC » (‘Person of Colour’) queer, depuis les marges supposées, comme disruptions des récits et chrono-géographies dominants. Se jouant des limites et frontières, un oeil sur « l’espace » comme lieu de réalisation et de création de zones alternatives d’espace/temps — des zones où les récits alternatifs respirent et sèment des géographies transitoires.

 

Jamika Ajalon est une artiste pluridisciplinaire qui travaille de nombreux médiums indépendamment mais aussi en fusion, incorporant textes écrits et parlés, sons, musiques et visuels. Nomade, elle grandit aux Etats-Unis avant de vivre de nombreuses années en Europe, notamment au Royaume-Uni et en France. Au fil de voyages, notamment dans divers pays d’Afrique, elle a rencontré et collaboré avec d’autres artistes et universitaires qui récusent les « frontières », externes comme internalisées, et sèment des graines. Fan de science-fiction, elle a toujours considéré « l’espace » comme un lieu de réalisation et de discussion des futurs possibles. Ses publications et performances ont été diverses. Elles incluent une série d’anti-conférences audiovisuelles explorant la mémoire et la subjectivité nomade au travers d’un prisme « afrofuturiste ». Le long de sa route, elle a eu le plaisir de performer, enregistrer, tourner, publier et exposer/projeter son travail à Vienne, Londres, Berlin, en Afrique du Sud, au Sénégal, à Kampala, à Paris…

 

www.jamikaajalon.com

https://www.facebook.com/jamikaajalon.artistpage

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 4 octobre, dans le cadre du festival "Relectures 17"
Mixage : Esther Poryles
Photo : Matthieu Gauchet

[Les Lilas • France]

« On voit un homme qui a les pieds dans l’eau, et des avions qui décollent, au-dessus de lui. Le jour tombe. Il est question de piqûres et de physique quantique. De la façon dont mon corps est là et pas ailleurs. De la façon dont mon corps voyage. »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 29 septembre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photo : Matthieu Gauchet

[Les Lilas • France]

 

À la suite du texte Hymnes conçu pour l’atelier Lecture(s) de bouche(s) mené par Patrick Fontana, Nicolas Richard a entamé un vaste travail d’indexation poétique des hymnes nationaux, à l’échelle du monde. Pour cette lecture à Khiasma, il a sélectionné et mis en forme quelques entrées correspondant aux hymnes des États du continent africain et sud-américain.

 Le même soir, Patrick Fontana a diffusé la pièce Hymnes créée cette année avec les stagiaires de l’atelier Lecture(s) de bouche(s). Puis, Patrick Fontana et Nicolas Richard ont répondu aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de cet atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle.

Ces deux moments sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 30 septembre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photos : Matthieu Gauchet

[Les Lilas • France]

Depuis huit ans, Patrick Fontana mène un atelier d’expérimentation d’apprentissage du français au sein de l’Atelier Formation de base d’Emmaüs-Solidarité à Paris, ainsi qu’à l’Unité « Arts & thérapie » du Centre Hospitalier Interdépartemental de l’Oise. Cet atelier Lecture(s) de bouche(s) se base sur la découverte et la lecture à haute voix de textes de la poésie et de la littérature contemporaines.

Hymnes, la pièce sonore qu’il a créée cette année avec les stagiaires, est une partition poétique élaborée par Nicolas Richard à partir des hymnes nationaux de chacun des participants de l’atelier.

 

Le même soir, Patrick Fontana et Nicolas Richard ont répondu aux questions d’Olivier Marboeuf à propos de cet atelier Lecture(s) de bouche(s) et du projet Hymnes qui en découle. Pour finir cette intervention, Nicolas Richard a lu son texte, Hymnes (AF-AMS), une extension d’Hymnes. Ces deux moments sont également en réécoute sur la r22 Tout-Monde.

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 30 septembre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photos : Matthieu Gauchet

Oralieu Planguenoual

[Les Lilas • France]
« On voit un petit rocher, au pied duquel une petite flaque. Un enfant dépose dans cette flaque des poissons, des crabes, des coquillages… La mer monte et recouvre tout. Le narrateur se retourne sur son enfance et s’interroge : d’où peut venir la fascination pour les animaux ? Il est question des marées, de leur lien avec la lune et les planètes, de l’eau qui rentre dans les coquillages et les fait grandir. »

Alexis Fichet mène depuis plusieurs années un travail qui se confronte aux questions d’écologie, d’environnement, et plus largement aux rapports de l’Homme avec la « nature ». Le cycle Oralieu dure depuis 2013, et les différentes performances ont été créées puis jouées dans des lieux variés. Pour la première fois, les 4 performances sont présentées à la suite, au rythme d’une par jour, à l’espace Khiasma, dans le cadre de Relectures 17.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 29 septembre 2016, dans le cadre du festival « Relectures 17 »
Mixage : Esther Poryles
Photo : Matthieu Gauchet

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

violaine lochu

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

violaine lochu

Une fenêtre. Place de la Porte Blanche

Une fenêtre. Place de la Porte Blanche est une chronique poétique des états d’une place, dans le quartier de la gare à Strasbourg. D’octobre à janvier se succèdent une série de notes hétérogènes, où la place et ses acteurs se racontent autant que la fenêtre de la chambre qui observe. 

 

« c’est moi, dans le théâtre que je fais le choix de noter, qui prête à ces hommes leur intrigante politique. »

 

Né à Brest en 1996, Iwan Warnet tente d’écrire, dessiner et peindre, sous le regard amusé des maîtres qu’il s’imagine. Il étudie, exilé loin de la mer, à Strasbourg, dans l’atelier de peinture de la Haute Ecole des Arts du Rhin, il est acteur au sein du réseau VIE. 

Une fenêtre. Place de la Porte Blanche est un texte de Iwan Warnet, qu'il lit.
La création sonore est réalisée avec l'immense collaboration de Ross Heselton, Simon Marini et Augustin Soulard.

Le lundi des Revues #8 – LA MOITIÉ DU FOURBI / Sylvain Pattieu

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

Le lundi des Revues #8 – LA MOITIÉ DU FOURBI / Frank Smith

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

Plaidoyer en faveur des rats de Paris

[Les Lilas • France]
« Un ami n’est pas quelqu’un d’indispensable. Un ami n’est pas indispensable à la vie. Il n’est pas nécessaire. Il est même contingent. De ce point de vue là, un ami n’est pas un rat et le rat, peut-être, n’est pas notre ami. »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Le jour de la nuit

[Strasbourg • France]
Le jour de la nuit est un documentaire rassurant et inquiétant sur certains phénomènes célestes impliquant de complexes et lents déplacements d’astres sur leurs massives écliptiques, mais surtout sur leurs façons tout à fait troublantes de nous toucher et de laisser leur forme dans notre mémoire.

 

 

La pièce a été écrite est composée par Pauline Lecerf.
Augustin Soulard s'est occupé du mastering.

Brouhaha, les mondes du contemporain / Lionel Ruffel & Le peuple qui manque

[Les Lilas • France]
« C’est dans cette sensation de ne plus se sentir exactement moderne que cette sensation d’être contemporain pouvait trouver une réponse… »

Enregistré à l'Espace Khiasma le vendredi 19 février 2016, dans le cadre de la soirée « Brouhaha, les mondes du contemporain »
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Hello I Love You – Entretien avec Jules Colin Alias « Le Tigre »

01.2016

Musique

Vie

15:30

 

[Périgueux • France]

Jules Colin dit être né dans l’amour — d’abord dans celui de ses parents, qui d’un côté remplirent son biberon de blues New Orleans, de l’autre d’arts plastiques ; mais aussi « dans l’amour » à entendre « in love ». À Rennes, où il initie un réseau de bœuf en appartement qu’il nomme “Le Chant des Sang-Chaud », il se rebaptise « Le Tigre » : prédateur sensuel dont il possède la passion et parfois la prouesse. Inspiré par les USA du twist et des tourne-disques, il creuse un chant à coups de poing sur la poitrine, qu’il clame aux coins des rues comme aux comptoir des bars. Cet enregistrement a été fait de façon impromptue, chez lui, dans sa cuisine, le 28 Décembre 2015.

Voix & chansons, Jules Colin alias "Le Tigre"
Enregistré par Ross Heselton le 28/12/2015
Traitement du son, Augustin Soulard

Des trucs apophatiques et À bruit secret

Prononcé par : Antoni Collot

Entendu par : l’auditoire assistant au Colloque sur le Bruit à l’École Nationale Supérieure Louis Lumière le cinq décembre deux mille quatorze.

Transcrit par : Clémentine Beaugrand

Transcriptions :
Français

Prononcé par : Antoni Collot
Entendu par : l’auditoire assistant au Colloque sur le Bruit à l’École Nationale Supérieure Louis Lumière le cinq décembre deux mille quatorze.
Transcrit par : Clémentine Beaugrand

[Les Lilas • France]
PlayLife tient une place à part dans la bibliographie d’Emmanuel Adely. Il fut rédigé à l’occasion du quarantième anniversaire de la première loi sur la formation continue, pour un commanditaire qui n’est autre que l’AFPA). Un univers, celui de la formation professionnel des adultes, dont l’auteur dû assimiler les codes — et a fortiori les sigles ! —, naviguant de longues heures sur les sites spécialisés pour en nourrir son écriture…
Exhaustive notice à l’usage de l’humain de 2050, Playlife détaille, recommande, glorifie avec un enthousiasme glaçant l’avènement d’une société effroyablement parfaite. Une société qui semble avoir digéré les cauchemars de Huxley, Bradbury, Orwell et Philip K. Dick jusqu’à les transformer en préceptes bienveillants et sécuritaires. L’humain pucé, labellisé, pressurisé jusqu’à l’abnégation au profit d’une efficacité maximale s’y meut à la manière d’un programme paramètrable, reconfigurable à l’envie, euthanisable en cas d’obsolescence ; système dans le système, toujours sous la vigie de la tentaculaire entreprise LIFE. Par la mise en situation des aboutissements possibles de nos recherches contemporaines sur la connectivité, la cybernétique, la génétique et leurs vertigineuses conséquences politiques, PlayLife s’inscrit dans la pure tradition du récit de science-fiction et propose — non sans humour — une plongée stupéfiante de pragmatisme dans les rouages du meilleur des mondes, le nôtre.

 

Enregistré à la Maison des Fougères le dimanche 4 octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16.
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site.

 [Paris • France]

D’autres gestes  donne la parole à différent-e-s artistes, chercheur-se-s mais aussi collectifs et institutions qui interrogent les modalités de constitution, de conservation, de circulation et d’interprétation des archives et des patrimoines, notamment via la numérisation.  Le Jour d’après  et le travail de Maryam Jafri témoignent du rôle compliqué joué par la maitrise des outils de conservation et de diffusion du patrimoine (parfois celui des autres) dans la construction identitaire et idéologique des Etats après les indépendances. Alors que la légitimité de l’idée de Nation se trouve aujourd’hui mise à mal par la globalisation, les enjeux des archives et du patrimoine se déplacent. Quel rapport les «  communautés imaginaires  » décrites par Arjun Appadurai entretiennent-elles avec un patrimoine matériel et immatériel auxquels nous n’avons souvent accès qu’à travers des dispositifs médiatiques et numériques  ? Quelles sont les alternatives possibles à l’institution nationale de l’archive  ? Quels gestes, quels usages et quels réseaux sont-ils en jeu pour faire du patrimoine un outil d’émancipation et de connaissance  ? Avec  Lotte Arndt  (enseignante en théorie à l’École d’art et design de Valence),  Marian Nur Goni(historienne de la photographie),  Nana Oforiatta Ayim  (auteure, historienne),  Franck Ogou(archiviste, responsable de programme à l’Ecole du Patrimoine Africain),  Zineb Sedira  (artiste),Ashok Sukumaran  (artiste),  Françoise Vergès  (politologue) et  Emma Wolukau-Wanambwa(artiste).

Enregistré à Bétonsalon – Centre d'art et de recherche, le samedi 11 avril 2015, dans le cadre de l'après-midi d'étude « Images en dépendances »

Face à ce qui se dérobe

[Les Lilas • France]
Le 10 décembre 2013, Thamsanqa Jantjie, énigmatique interprète en langue des signes, vole la vedette aux chefs d’État réunis au stade de Soweto pour la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela.
Guignol, usurpateur ou schizophrène dangereux…
6 heures en direct et en roue libre.
Sa chorégraphie a embarrassé la langue de bois des pantins sur l’estrade, avant de provoquer un imbroglio médiatique aux déclarations les plus invraisemblables.
Et l’isolement de cet homme ? « Il se meut là où l’autre n’entre pas » Henri Michaux.
Corps discordant et discordance des discours… Postures et impostures :
Un récit vidéo de Matthieu Dibelius suivi d’un solo silencieux d’Elsa Wolliaston.

Enregistré à l'Espace Khiasma le jeudi 1er octobre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

The Word Shall Urge

10.2015

Musique

Vie

22:46

 

[Strasbourg • France]
Né en 1994, Ross Heselton est chanteur, guitariste, songwriter, traducteur et poète britannique/français. De par sa musique, il cherche à établir un carrefour entre contes, aventures, littératures, poésie, pensées et art. Dans ses chansons— contemplatives, méditatives, interrogatives, dévouées, passionnées et célébrâtes, il porte sa voix avec un jeu de guitare-avec-les-doigts qui emprunte autant des guitaristes flamencos d’Andalousie que des musiques répétitive et trance; autant du blues que des troubadours du Moyen-Orient ou encore de la musique expérimentale ou parfois purement pop. Il est acteur au sein du réseau VIE, et cofondateur de la micro-maison de disques Soleils Bleus.

The Word Shall Urge est réalisé par Ross Heselton, en collaboration avec Augustin Soulard (synthéthiseur modulaire) et Pierre Relaño Mascarade (synthéthiseur modulaire). Mots de Ross Heselton et Dylan Thomas. Ingénieur son, Augustin Soulard.

[Les Lilas • France]
« Stevenson aurait écrit L’île au trésor d’après le dessin d’une île. À mesure qu’il en traçait les contours, l’île et le récit, s’entremêlant, se sont élaborés parallèlement. Ainsi le projet Yarn* est une déambulation orale, un cheminement au travers d’un territoire en expansion, périphérique à la trace de notre exploration. L’un construit l’autre réciproquement. En 2015, j’ai invité Thomas Lasbouygues à rejoindre l’équipage du Sea4C pour rapatrier le voilier en Europe depuis les îles vierges britanniques. Au retour, une correspondance a été amorcée. Le premier jet fut un extrait de mon journal de bord, il y répondit par un extrait du sien dans la continuité chronologique. Au fur et à mesure, des échanges de documents divers alimentèrent notre curiosité, élaborant un récit à plusieurs voix, une dérive au travers des récits de voyageurs vers différents lieux, pour différentes époques. » (Vincent Chevillon)Yarn* est une déambulation dans l’espace et le temps. Métamorphoses et révolutions, le récit proposé se déroule, glisse, emmêle trames historiques et récits fictionnels, pose les bases d’une architecture pour la renverser. Un univers fluctuant endogène à lui-même, paradoxalement obsédé par l’ailleurs.

*Yarn :
1 – Fil continue de textile enroulé autour d’un support (ex. : pelote de laine).
2 – récits de marins à propos de leurs véritables ou supposées aventures, récits réels ou fictifs s’enchainant inlassablement, racontars…

Enregistré à l'Espace Khiasma le samedi 27 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Après une catastrophe mondiale.
Un groupe de survivants fuit un village dévasté. Accompagné dans son périple par une meute animale férale, le groupe va traverser des lieux dévastés ou repeuplés, et de nouvelles formes d’organisation sociale. Sans jamais se défaire d’un argument post-cataclysmique et de la trame linéaire du road-novel, Futur fleuve emprunte à la littérature conceptuelle et expérimentale — pour avancer ses personnages vers une rédemption écologique — impossible ? et questionner les processus de domination, de domestication et de marronnage.

Enregistré à l'Espace Khiasma le Vendredi 25 septembre 2015, dans le cadre du festival Relectures 16
Mixage : Benoit Baudinat
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Grenoble • France]

 

Une interview de Nathalie Quintane portant autour de sa pratique de l’oralité dans ses lectures et en dehors.

Nous parlons de Bernard Heidsieck et de ses notes convergentes.

Nous parlons d’une lecture rétrospective des poètes du 19ème à partir de la poésie contemporaine, appuyée par les recherches de Jean-Marie Gleize sur ce sujet.

Réalisé par Théo Robine-Langlois

Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus [part 1]

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Noisy-le-Sec • France]
Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus est une partie d’un ensemble plus vaste intitulé opéra-archipel que Julien Creuzet a initié lors de sa résidence à La Galerie. L’opéra-archipel puise dans diverses sources historiques ayant contribué à forger en France un imaginaire fantasmatique de paysages lointains, un exotisme de pacotille. Julien Creuzet démonte ces sources, les décortique, se demandant ce qu’est devenu, aujourd’hui, l’exotisme des Indes coloniales au pluriel.
Après les cessions consacrées aux plantes et à la danse, celle-ci ajoute une nouvelle dimension au projet d’investigation des formes contemporaines de l’exotisme. La voix du contre-ténor Julien Marine porte le livret de cet opéra composé de textes poétiques que Julien Creuzet a écrit à partir de ses observations tout au long de sa résidence. De ce point de départ, cœur de l’opéra, Romuald Fonkoua parle de la notion d’archipel chez Edouard Glissant. À sa suite, Maxime Cervulle livre une définition du « techno-racisme » ou comment les technologies, loin d’être neutres, sont conçues avec des paramètres discriminants et participent de la construction d’un imaginaire racialisé. Ces différentes voix apportent un éclairage à la fois poétique et théorique sur le projet de Julien Creuzet et sa quête des images des autres. Ce troisième volet d’opéra-archipel est une conférence-performance consacrée au langage, à l’oralité et à la perception des corps perdus, c’est-à-dire invisibles.

Enregistré à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec, le samedi 21 mars 2015, dans le cadre de la conférence-performance Opéra-archipel, voix chargées et corps perdus
Mixage : Sébastien Zaegel

[Grenoble • France]
Produit en résidence à Grenoble, Dream Diary est une série de performances enregistrées, chacune prenant comme départ la narration d’un rêve de la nuit précédente. La pièce explore l’espace entre le texte et sa vocalisation, c’est une narration onirique altérée par son passage par le corps de l’artiste, acquérant un effet quasi hypnotique par des procédés de répétition et de soustraction.

Réalisé par Itziar Okariz et la Session 24, avec les traductions de Jaime Lopez.

Mathieu Amalric lit Édouard Levé — Autoportrait [part 3]

[Saint-Ouen • France]
Autoportrait, dernier livre paru du vivant d’Édouard Levé n’est ni plus ni moins que ce que son nom indique. Ainsi l’auteur ne nous cache-t-il rien de ce qui le constitue, le désigne au regard des autres comme au sien, tant sur le plan physique que psychologique, voire sentimental ou sexuel, politique, philosophique, esthétique…
Mathieu Amalric, nous fait l’honneur de prêter voix et corps à ce portrait individuel-universel. Édouard Levé, écrivain, photographe, artiste, est mort en 2007 quelques jours après avoir rendu à son éditeur P.O.L son dernier manuscrit Suicide, qui évoque celui d’un ami proche et qui ‘annonce’ le sien.

Enregistré à la Médiathèque Persépolis de Saint-Ouen le mercredi 1er avril 2015, dans le cadre du festival Hors limites
Mixage : Sébastien Zaegel

[Les Lilas • France] 
sommeils, pièce radiophonique qui emprunte son nom à l’exposition d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, tisse entre elles des prises de paroles semées à la croisée des vents — ce courant d’air, qui soulève en ce moment même et jusqu’au 13 décembre les cloisons du centre d’art, rejouant l’espace devenu chambre noire, camera obscura, « espace du dedans […] chambre d’écho d’un dehors », et se jouant des perceptions sensorielles des spectateurs.
Construite autour d’un dispositif de captation très simple dans son principe : un rectangle de papier placé devant l’objectif et servant d’obturateur (membrane sensible et oscillante, actionnée par le vent et conditionnant le régime d’apparition/disparition des images), cette installation vidéo se caractérise par son recours aux voix. Des voix tunisiennes, issue d’un même « dehors » que cette lumière de Tunisie qu’exfiltre sporadiquement l’entrebâillement du papier. Les voix des passants, croisés lors du tournage, qui voient le mécanisme à l’œuvre, et participent de cette œuvre à leur insu. Qui, par leurs commentaires, mettent en lumière le fonctionnement du dispositif et certains de ses enjeux, devenant ainsi, auprès des spectateurs de l’exposition, les intercesseurs d’un hors champ.
sommeils recueille ce qui se dit à la marge de l’œuvre et devient catalyseur de récits. Un geste continué lors de tous les rendez-vous publics d’Ismaïl Bahri à l’Espace Khiasma, dans la pénombre d’une exposition « habitée en paroles ». Voix des commissaires d’expositions Olivier Marboeuf et Guillaume Désanges, de l’artiste Simon Quéheillard écrivant une lettre (Les images veillent sur moi), voix d’Ismaïl Bahri lui-même, traduisant la parole des autres comme on raconte sa propre histoire — voix que rassemble cette création sonore réalisée tout spécialement pour la r22 Tout-monde !

Pour ceux qui voudraient en apprendre plus, un extrait de la correspondance qu’Ismaïl bahri entretient avec Olivier Marboeuf et où il est question de Sommeil, est consultable en cliquant sur « Transcription ».

Transcriptions :
Français / English

Programme :
sommeils 

Réalisé par Ismaïl Bahri et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre de l'exposition sommeils programmée du 9 octobre au 13 décembre 2014

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Montreuil • France]

 

soirée de lancement de la résidence de Violaine Lochu au 116
 

La Chanson de Roland est un exemple fameux du glissement qui s’opère de l’Histoire à la légende, lorsque les événements sont pris en charge par un récit dont la portée dépasse leur dimension strictement factuelle. Ainsi, bien que la réalité historique de la bataille de Roncevaux ait été rétablie par croisement de sources documentaires, l’œuvre littéraire qui en procède continue à faire « monument » dans la mémoire et dans la langue. Or, c’est toute une série d’altérations linguistiques que Violaine Lochu lui fait subir, laquelle « ruine » littéralement le texte dans un temps archéologique accéléré. Érosion, fragmentation, sédimentation : ces phénomènes appliqués au langage se déclinent en chuchotements, silences, bruits, chants interrompus. Le poème est donné à entendre sous une autre forme, un autre relief — des aspérités nouvelles, qui laissent entrevoir sa splendeur passée. Dans une vision quasi romantique, le vestige est envisagé ici comme une re-création du langage.

Suite à sa performance, Violaine Lochu a présenté le travail qu’elle mène en résidence au 116 depuis octobre 2014, se proposant de réactiver la pratique antique de l’ars memoriae pour constituer, à travers la contribution des habitants, une mémoire plurielle de Montreuil : un « Palais de Mémoire » sous forme de cartographie, d’édition et d’interventions perforées.

Enregistré au 116 le vendredi 3 octobre 2014, dans le cadre du festival Relectures 15

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France]
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Tout bien considéré fait suite à l’invitation du collectif PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines) pour deux soirées de réflexion consacrées aux questions soulevées par la destruction du bidonville de Ris-Orangis et par l’expulsion de ses occupants. Y étaient présents Sébastien Thiéry, fondateur et animateur du PEROU, des membres militants du PEROU, ainsi que des auteurs du livre collectif Considérant qu’il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir, paru en mars 2014 chez post-éditions.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Paris • France]
Le quartier des Fougères est « un monde très simple, mais c’est moi qui le voit selon ma façon ». Un monde où le bruit du périphérique se fait oublier comme celui de la mer, et peut même servir de baromètre, où le quotidien se transforme en petites histoires, où « je peux sortir la vie d’un arbre mort » « car j’ai de chaque chose extrait la quintessence, tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or » (Charles Baudelaire).

Réalisé par Hélène Cœur à La Maison des Fougères, dans le cadre du projet La Fougère à l’écoute du temps, production Espace Khiasma

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
Le travail de Jean-Paul Curnier, en résidence à l’Espace Khiasma, se nourrit de rencontres organisées dans le cadre d’évènements publics de différentes natures (conversations, performances, concerts, etc.). Ainsi, le premier de ces rendez-vous mensuels a été consacré à l’exploration intérieure de la prédation, et de ce qu’elle implique comme forme de relation à la proie (et donc aux animaux) dans l’expérience qui lui est personnelle de la chasse à l’arc. Pièce radiophonique conçue à partir de matériaux collectés lors de cette soirée, Archéologos transpose et restitue cette étape de recherche sous une forme différente de celle — traditionnelle — de l’essai philosophique.

Réalisé par Jean-Paul Curnier et Sébastien Zaegel à l’Espace Khiasma, dans le cadre du programme de résidences d’écrivains conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

Radiomaton 23-10-13 — Sophie Haluk

[Montreuil • France]
Le Radiomaton, proposition sonore et performative de Célio Paillard et Frédéric Mathevet (L’Autre Musique), s’est installé dans Le 116, nouveau centre d’art contemporain de Montreuil, du 16 octobre au 13 décembre 2013. En voici la « récolte » : fragments de vie et de désirs collectifs…

Réalisé par Célio Paillard et Frédéric Mathevet (L'Autre Musique), dans le cadre du projet Radiomaton au 116, production Espace Khiasma

Une transcription traduite en anglais et en arabe sera très prochainement disponible sur le site

[Les Lilas • France] 
« C’est là que, en fermant les yeux, à ma grande surprise, des choses sont apparues violemment derrière mes paupières closes. […] Un entrecroisement complexe et omnicolore, […] comme les dédales : l’enchevêtrement de salles et de couloirs d’un labyrinthe en pleine expansion. »

Sous l’influence du peyotl, certaines hallucinations ont, dans l’esprit de Gwyneth Bison, ainsi jeté des ponts entre la pensée magique du chamanisme mexicain et la pensée technique et créatrice de Dédale, architecte fameux du non moins fameux labyrinthe où l’on enferma le Minotaure. Frayant son chemin à travers les pistes multiples, ouvertes à mesure qu’il en déroule l’écheveau, c’est sous le patronage de ce dernier que Gwyneth Bison a placé cette conférence dé(riv/lir)ante. S’autorisant détours, embardées et corrélations surprenantes, il relie le Mexique à la Grèce ancienne par une ligne droite, les rapprochant par une ligne courbe, comme une chaine d’anneaux qu’il déviderait : ligne de boucles, combinaison de linéarité de circularité, ou comme « à Nogent-le-Rotrou, en vacances avec son oncle, dans un circuit touristique où le point de départ est aussi l’arrivée »…

Transcriptions :
Français / English

Programme :
Daidala 

Enregistré à l’Espace Khiasma le lundi 28 septembre 2013, dans le cadre du festival Relectures 14

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site