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[Les Lilas • France]

 

Pour le 30ème Lundi de Phantom, João Vieira Torres nous emmène sur les traces d’Aurora, sa grand-mère disparue, sage-femme et guérisseuse pendant plus de quarante ans dans le Sertão profond du Nordeste brésilien.

 

Hanté par des apparitions et des voix, son personnage, devenu lui-même un fantôme après son exil en Europe, décide de revenir dans cette région désertique où l’évangélisme gagne du terrain. Lors de ce parcours initiatique où il ne sait ce qu’il cherche, il fera de nombreuses rencontres et chacun souhaitera lui transmettre des histoires, souvent tragiques, de femmes disparues. Il devra transporter malgré lui ce terrible héritage jusqu’à une destination mystérieuse.

 

La figure d’Aurora planait déjà sur le précédent film de João Vieira Torres, « Les enfants fantômes ». Il poursuit avec « Aurora » une écriture qui glisse du documentaire à la fiction.

João Vieira Torres est né à Recife, Brésil, en 1981. Il vit et travaille depuis 2002 à Paris. Sa pratique inclut la photographie, le cinéma, l’art vidéo et la performance et s’intéresse à la difficulté à de trouver un ancrage, qu’il soit territorial, identitaire ou corporel.

Lundi de Phantom n°30 : João Vieira Torres (Lecture)

[Les Lilas • France]

 

Pour le 30ème Lundi de Phantom, João Vieira Torres nous emmène sur les traces d’Aurora, sa grand-mère disparue, sage-femme et guérisseuse pendant plus de quarante ans dans le Sertão profond du Nordeste brésilien.

 

En première partie de soirée, João Vieira Torres a lu un texte en présence de ses rushs. 

 

Hanté par des apparitions et des voix, son personnage, devenu lui-même un fantôme après son exil en Europe, décide de revenir dans cette région désertique où l’évangélisme gagne du terrain. Lors de ce parcours initiatique où il ne sait ce qu’il cherche, il fera de nombreuses rencontres et chacun souhaitera lui transmettre des histoires, souvent tragiques, de femmes disparues. Il devra transporter malgré lui ce terrible héritage jusqu’à une destination mystérieuse.

 

La figure d’Aurora planait déjà sur le précédent film de João Vieira Torres, Les enfants fantômes. Il poursuit avec Aurora une écriture qui glisse du documentaire à la fiction.

João Vieira Torres est né à Recife, Brésil, en 1981. Il vit et travaille depuis 2002 à Paris. Sa pratique inclut la photographie, le cinéma, l’art vidéo et la performance et s’intéresse à la difficulté à de trouver un ancrage, qu’il soit territorial, identitaire ou corporel.

[Paris • France ]

 

Graduating to Numbers

How can the use of financial tools lead to emancipation from public subsidies and private donations for small-scale organizations and network ? How can new forms of transparency and redistribution be obtained through the use of financial design ? 

 

Victoria Ivanova‘s presentation will focus on financial reorganization as a key battleground in fostering a more diverse and sustainable art ecology.

 

 

Enregistré à Kadist dans le cadre de l'exposition State (in) concepts par Victor Donati le 23 novembre 2017. Mixé par Victor Donati.

[Paris • France ]

 

Graduating to Numbers

How can the use of financial tools lead to emancipation from public subsidies and private donations for small-scale organizations and network ? How can new forms of transparency and redistribution be obtained through the use of financial design ? 

 

Vermeir & Heiremans work at the intersection of contemporary art and finance markets. The artists will present “Art House Index”,and discuss fragments of their film MASQUERADE, a narrative on trust and confidence. The film focuses on the financialisation of the artists’ house, which in their practice they have defined as an artwork. MASQUERADE is live-edited through the actual performance of the Art House Index, a financial tool that measures the value of the “art house.”

 

 

Enregistré à Kadist dans le cadre de l'exposition State (in) concepts par Victor Donati le 23 novembre 2017. Mixé par Victor Donati.

[Paris • France ]

 

Graduating to Numbers

How can the use of financial tools lead to emancipation from public subsidies and private donations for small-scale organizations and network ? How can new forms of transparency and redistribution be obtained through the use of financial design ? 

 

Part 1 

00 : 03 : 13 : Antonia Alampi and Iliana Fokianaki

Future Climates discusses its research program in Athens and introduces its next step towards constituting a core group for engineering a new small-scale nonprofit model to be adapted in places with weak infrastructures for arts and culture.

Presentation of short case studies 

W.A.G.E presents WAGENCY, a forthcoming initiative that will introduce new tools for self regulation into both the non-profit end for-profit sectors, in an effort to organize artists and institutions along with buyers and sellers of art, around a shared politics of labor.

GIULIA PALOMBA will present the Cultural Cooperative Network deriving from Future Climate’s first chapter, an international circuit designed to facilitate social and economic relations between cultural actors and provide them with a common mutual aid fund, as well as with complementary payment and credit tools for self-management, self employment, and economic autonomy. 

Enregistré à Kadist dans le cadre de l'exposition State (in) concepts par Victor Donati le 23 novembre 2017. Mixé par Victor Donati.

[Les Lilas • France]

 

Pour ce 29è Lundi de Phantom, le cinéaste Jérémy Gravayat présente son projet Atlas, enquête qu’il mène depuis cinq ans sur l’histoire et l’actualité des bidonvilles de Seine-Saint-Denis. Recueil de témoignages, recherches d’archives, publication d’un journal, activités militantes et tournage d’un film composent les diverses étapes de ce cheminement au long cours, en compagnie d’habitants.

 

Jérémy Gravayat réalise des films (documentaires, fictions) questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et de l’histoire des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte et Calais, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération lyonnaise, habitants des bidonvilles.

 

Travaillant conjointement l’archive et le document, le documentaire et la fiction, l’histoire orale et la topographie, les trois films projetés au cours de cette soirée sont proposés comme des chapitres fragmentaires d’un long-métrage en cours de montage, qui sera finalisé en 2018.

Bathing in Contagious Liquids — Discussion autour du film « Maldito sea tu nombre, liber­tad »

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

17h30 Élisabeth Lebovici et Clara López Menéndez échangeront autour du film de Vladimir Ceballos, des « liqui­des pré­cieux » ana­ly­sés par Lebovici dans son récent ouvrage Ce que le sida m’a fait : art et acti­visme à la fin du XXe siècle (Paris, Les pres­ses du réel, 2017), et de la poro­sité, la fra­gi­lité et la rela­tion­na­lité des corps.

 

La confron­ta­tion entre le bloc capi­ta­liste et le bloc com­mu­niste a pris fin en 1989. Alors que Cuba, hau­te­ment dépen­dante du sou­tien sovié­ti­que, en a été for­te­ment dés­ta­bi­li­sée, le gou­ver­ne­ment de Fidel Castro a raf­fermi son insis­tance sur les valeurs socia­lis­tes telles que défi­nies par le parti. Celles-ci contras­taient avec les goûts musi­caux et esthé­ti­ques de jeunes cubain.es pas­sioné.es de rock appelé.es roquer@s, consi­déré.es par les auto­ri­tés comme por­tant l’indi­vi­dua­lisme et la disi­den­cia, et sévè­re­ment réprimé.es en consé­quence.

 

En réponse au har­cè­le­ment poli­cier envers cette sub­culture, plu­sieurs de ses mem­bres ont décidé de s’ino­cu­ler volon­tai­re­ment le VIH pour échapper au ser­vice mili­taire, au tra­vail forcé ou à l’empri­son­ne­ment. Ils et elles ont vécu leurs cour­tes vies dans les sana­to­riums créés par le gou­ver­ne­ment cubain pour conte­nir l’épidémie. Maldito sea tu nombre, liber­tad est un pré­cieux docu­ment attes­tant de ce phé­no­mène comme d’une réponse à la répres­sion poli­ti­que. Tourné en secret avec peu de moyens le temps d’un week-end dans la pro­vince cubaine de Pinar del Río en 1994, ce film pré­sente une des quel­ques rares traces de cette tra­gé­die sociale com­plexe.

Bathing in Contagious Liquids — Intro du film « Maldito sea tu nombre, liber­tad »

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

16h30 Projection de Maldito sea tu nombre, liber­tad de Vladimir Ceballos, USA, 1994, espa­gnol sous-titré anglais, 61’

 

La confron­ta­tion entre le bloc capi­ta­liste et le bloc com­mu­niste a pris fin en 1989. Alors que Cuba, hau­te­ment dépen­dante du sou­tien sovié­ti­que, en a été for­te­ment dés­ta­bi­li­sée, le gou­ver­ne­ment de Fidel Castro a raf­fermi son insis­tance sur les valeurs socia­lis­tes telles que défi­nies par le parti. Celles-ci contras­taient avec les goûts musi­caux et esthé­ti­ques de jeunes cubain.es pas­sioné.es de rock appelé.es roquer@s, consi­déré.es par les auto­ri­tés comme por­tant l’indi­vi­dua­lisme et la disi­den­cia, et sévè­re­ment réprimé.es en consé­quence.

 

En réponse au har­cè­le­ment poli­cier envers cette sub­culture, plu­sieurs de ses mem­bres ont décidé de s’ino­cu­ler volon­tai­re­ment le VIH pour échapper au ser­vice mili­taire, au tra­vail forcé ou à l’empri­son­ne­ment. Ils et elles ont vécu leurs cour­tes vies dans les sana­to­riums créés par le gou­ver­ne­ment cubain pour conte­nir l’épidémie. Maldito sea tu nombre, liber­tad est un pré­cieux docu­ment attes­tant de ce phé­no­mène comme d’une réponse à la répres­sion poli­ti­que. Tourné en secret avec peu de moyens le temps d’un week-end dans la pro­vince cubaine de Pinar del Río en 1994, ce film pré­sente une des quel­ques rares traces de cette tra­gé­die sociale com­plexe.

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

15h30 Introduction et mot de bien­ve­nue par Lotte Arndt et Lucas Morin (com­mis­sai­res de l’expo­si­tion)

 

Dans l’expo­si­tion de Candice Lin, des liqui­des en cir­cu­la­tion lient corps animés et ina­ni­més, fai­sant réson­ner des récits dis­tants en appa­rence. L’océan Atlantique, pré­sent à tra­vers les his­toi­res déve­lop­pées dans l’expo­si­tion, contient la mémoire des afri­cain.e.s escla­va­gisé.e.s jeté.e.s par dessus bord par les négriers, vou­lant ainsi tou­cher des primes d’assu­rance. C’est ce même océan que l’écrivain James Baldwin a tra­versé pour s’éloigner pen­dant des années du racisme sys­té­mi­que pré­va­lant aux Etats-Unis et le dénon­cer en se concen­trant sur l’écriture.

Les liqui­des cons­ti­tuent les corps et en brouillent les limi­tes. Dans l’espace d’expo­si­tion, un mélange de pisse dis­til­lée, d’eau de la Seine et de plan­tes infu­sées est pompé vers un sys­tème de bru­mi­sa­tion qui main­tient une cham­bre en por­ce­laine non-cuite dans un état d’humi­dité. L’air moite et odo­rant pro­duit par ce sys­tème emplit la pièce et met en jeu tous les corps pré­sents, indif­fé­rem­ment de leur statut d’ani­méité.

 

Les tra­vaux des inter­ve­nan­tes invi­tées por­tent sur les liqui­des et leurs usages artis­ti­ques, en par­ti­cu­lier l’impact de l’épidémie de sida, ainsi que les pra­ti­ques queer et fémi­nis­tes dans le champ de l’art et au-delà.

novembre 2017

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — Discussion autourdu film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) »

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

17h30 Discussion autour du film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) » d’Aykan Safoğlu, TUR/GER 2013, turc sous-titré anglais, 24 min

 

Dans cet essai fil­mo­gra­phi­que dense, Aykan Safoğlu entre­mêle des éléments du récit datant de l’époque où James Baldwin résida en Turquie avec des éléments auto­bio­gra­phi­ques. Entre 1961 et 1971, l’écrivain Noir amé­ri­cain a passé une partie impor­tante de son temps en Turquie, lui offrant l’espace néces­saire pour se consa­crer à l’écriture. Bien qu’il fut cha­leu­reu­se­ment accueilli par ses amis turcs, par la com­mu­nauté d’artis­tes et d’écrivain.e.s, il fit également l’expé­rience du racisme et fut sévè­re­ment battu durant son séjour. Comme le sug­gère Magdalena J. Zaborowska dans son étude des liens tissés par Baldwin en Turquie, ses séjours lui ont permis de « se réin­ven­ter en tant qu’écrivain Noir et queer et de reconsi­dé­rer sa concep­tion de l’iden­tité amé­ri­cain et des rela­tions racia­les états-unien­nes alors que les années 60 tou­chaient à leur fin. » Safoğlu lui même gran­dit à Istanbul dans les années 1980 et 1990. À l’âge adulte, il quitta la Turquie pour Berlin, ville qui lui pro­cura davan­tage de pos­si­bi­li­tés pour com­bler ses aspi­ra­tions d’artiste queer, mais fut exposé à la pré­ca­rité des permis de rési­dence de courte durée et au racisme en Allemagne.

 

À partir d’archi­ves, le réa­li­sa­teur entre­lace les évolutions artis­ti­ques de Baldwin, des repré­sen­ta­tions de l’écrivain par des artis­tes (parmi les­quel­les l’un des célè­bres tableaux de Beauford Delaney, et une pho­to­gra­phie de Sedat Pakay), et des traces de son enfance et de son ado­les­cence. Des stra­té­gies de résis­tance face au racisme et à l’homo­pho­bie sont pré­sen­tes dans ce récit. Alors que Safoğlu pointe l’attrait pour la blan­cheur et la blon­deur pré­sent dans la culture popu­laire turque et amé­ri­caine des années 1990 ; il prend cons­cience du conflit qui existe entre ses pro­pres désirs sexuels et les repré­sen­ta­tions hété­ro­nor­ma­ti­ves. Sur son statif de repro­duc­tion, Safoğlu initie un dia­lo­gue trans­his­to­ri­que avec Baldwin per­met­tant de faire réson­ner les choix et les expé­rien­ces de l’écrivain avec les siens.

 

Récompensé au Festival International du Court-Métrage de Oberhausen en 2013. Le film pro­jeté a été sélec­tionné par Clara López Menéndez.

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — Introduction du film Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips)

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

17h00 Projection de Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) d’Aykan Safoğlu, TUR/GER 2013, turc sous-titré anglais, 24 min

 

Dans cet essai fil­mo­gra­phi­que dense, Aykan Safoğlu entre­mêle des éléments du récit datant de l’époque où James Baldwin résida en Turquie avec des éléments auto­bio­gra­phi­ques. Entre 1961 et 1971, l’écrivain Noir amé­ri­cain a passé une partie impor­tante de son temps en Turquie, lui offrant l’espace néces­saire pour se consa­crer à l’écriture. Bien qu’il fut cha­leu­reu­se­ment accueilli par ses amis turcs, par la com­mu­nauté d’artis­tes et d’écrivain.e.s, il fit également l’expé­rience du racisme et fut sévè­re­ment battu durant son séjour. Comme le sug­gère Magdalena J. Zaborowska dans son étude des liens tissés par Baldwin en Turquie, ses séjours lui ont permis de « se réin­ven­ter en tant qu’écrivain Noir et queer et de reconsi­dé­rer sa concep­tion de l’iden­tité amé­ri­cain et des rela­tions racia­les états-unien­nes alors que les années 60 tou­chaient à leur fin. » Safoğlu lui même gran­dit à Istanbul dans les années 1980 et 1990. À l’âge adulte, il quitta la Turquie pour Berlin, ville qui lui pro­cura davan­tage de pos­si­bi­li­tés pour com­bler ses aspi­ra­tions d’artiste queer, mais fut exposé à la pré­ca­rité des permis de rési­dence de courte durée et au racisme en Allemagne.

 

À partir d’archi­ves, le réa­li­sa­teur entre­lace les évolutions artis­ti­ques de Baldwin, des repré­sen­ta­tions de l’écrivain par des artis­tes (parmi les­quel­les l’un des célè­bres tableaux de Beauford Delaney, et une pho­to­gra­phie de Sedat Pakay), et des traces de son enfance et de son ado­les­cence. Des stra­té­gies de résis­tance face au racisme et à l’homo­pho­bie sont pré­sen­tes dans ce récit. Alors que Safoğlu pointe l’attrait pour la blan­cheur et la blon­deur pré­sent dans la culture popu­laire turque et amé­ri­caine des années 1990 ; il prend cons­cience du conflit qui existe entre ses pro­pres désirs sexuels et les repré­sen­ta­tions hété­ro­nor­ma­ti­ves. Sur son statif de repro­duc­tion, Safoğlu initie un dia­lo­gue trans­his­to­ri­que avec Baldwin per­met­tant de faire réson­ner les choix et les expé­rien­ces de l’écrivain avec les siens.

 

Récompensé au Festival International du Court-Métrage de Oberhausen en 2013. Le film pro­jeté a été sélec­tionné par Clara López Menéndez.

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — Squatting Giovanni’s Room (Squatter la Chambre de Giovanni) — Discussion

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

16h30 Discussion autour de la conférence performative « Squatting Giovanni’s Room (Squatter la Chambre de Giovanni) » par Jamika Ajalon

 

Cette confé­rence per­for­ma­tive se concen­tre sur les com­plexi­tés de l’alté­rité telle que décrite dans les textes de Baldwin. Elle se basera sur ses œuvres Notes of a Native Son, Another Country, et Giovanni’s Room (La Chambre de Giovanni). Les frag­ments issus de ces textes s’entre­mê­le­ront à une auto­bio-mytho­gra­phie : Baldwin ne m’a pas sim­ple­ment ras­su­rée à une période où je me sen­tais alié­née ; il m’a également poussé à regar­der les choses avec un œil « futu­riste », par-delà les concep­tions essen­tia­li­sées de l’iden­tité.

 

Alors que le dis­cours hégé­mo­ni­que blanc pro­po­sait une pola­ri­sa­tion sim­pli­fiée du « blanc vs noir » et que les codes en usage dans une large partie de la rhé­to­ri­que afro­cen­trée excluait les expé­rien­ces queer et alter­na­ti­ves des per­son­nes raci­sées, les récits de Baldwin aux mul­ti­ples facet­tes arti­cu­laient géné­reu­se­ment les com­plexi­tés des iden­ti­tés inter­sub­jec­ti­ves. Elles ont fourni un refuge pré­caire pour l’expé­rience dia­spo­ri­que qui était la mienne, celle d’une fémi­niste Noire amé­ri­caine qui a vécu et tra­vaillé en Europe depuis pres­que 20 années.

 

Cette anti-confé­rence audio-visuelle rési­de dans un espace inter­mé­diaire tou­jours en mou­ve­ment, ali­menté de sons, d’apar­tés phi­lo­so­phi­ques, de vidéos, de prose et de poésie, le tout abordé à tra­vers un prisme afro-futu­riste.

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — Squatting Giovanni’s Room (Squatter la Chambre de Giovanni)

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

16h00 Squatting Giovanni’s Room (Squatter la Chambre de Giovanni) par Jamika Ajalon, une anti-confé­rence audio-visuelle

 

Cette confé­rence per­for­ma­tive se concen­trera sur les com­plexi­tés de l’alté­rité telle que décrite dans les textes de Baldwin. Elle se basera sur ses œuvres Notes of a Native Son, Another Country, et Giovanni’s Room (La Chambre de Giovanni). Les frag­ments issus de ces textes s’entre­mê­le­ront à une auto­bio-mytho­gra­phie : Baldwin ne m’a pas sim­ple­ment ras­su­rée à une période où je me sen­tais alié­née ; il m’a également poussé à regar­der les choses avec un œil « futu­riste », par-delà les concep­tions essen­tia­li­sées de l’iden­tité.

 

Alors que le dis­cours hégé­mo­ni­que blanc pro­po­sait une pola­ri­sa­tion sim­pli­fiée du « blanc vs noir » et que les codes en usage dans une large partie de la rhé­to­ri­que afro­cen­trée excluait les expé­rien­ces queer et alter­na­ti­ves des per­son­nes raci­sées, les récits de Baldwin aux mul­ti­ples facet­tes arti­cu­laient géné­reu­se­ment les com­plexi­tés des iden­ti­tés inter­sub­jec­ti­ves. Elles ont fourni un refuge pré­caire pour l’expé­rience dia­spo­ri­que qui était la mienne, celle d’une fémi­niste Noire amé­ri­caine qui a vécu et tra­vaillé en Europe depuis pres­que 20 années.

 

Cette anti-confé­rence audio-visuelle rési­dera dans un espace inter­mé­diaire tou­jours en mou­ve­ment, ali­menté de sons, d’apar­tés phi­lo­so­phi­ques, de vidéos, de prose et de poésie, le tout abordé à tra­vers un prisme afro-futu­riste.

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — A reading from James Baldwin's Giovanni's Room

[Paris • France]

 

[Son en anglais]

 

La décla­ra­tion de James Baldwin selon laquelle il ne se sen­tait chez lui que là où il était étranger atteste de son expé­rience pro­lon­gée de non-appar­te­nance. Ses dépla­ce­ments fré­quents en dehors des Etats-Unis, ses exils et ses voya­ges appa­rais­sent comme des stra­té­gies pré­cai­res pour échapper au racisme et à l’homo­pho­bie, sans jamais y par­ve­nir. Son désir de sta­bi­lité domes­ti­que, jamais plei­ne­ment assouvi, était inti­me­ment lié aux dis­cri­mi­na­tions racis­tes sys­té­mi­ques comme indi­vi­duel­les, et aux efforts inces­sants qu’il déploya pour lutter contre celles-ci.

Au-delà des États-Unis, les séjours étendus de l’écrivain à Paris, à Istanbul et à Saint-Paul-de-Vence for­mè­rent des étapes plus ou moins hos­pi­ta­liè­res, au cours des­quel­les des ami­tiés fortes se cons­ti­tuaient, le sou­la­geant momen­ta­né­ment de ses souf­fran­ces émotionnelles et socia­les, des contrain­tes col­lec­ti­ves et indi­vi­duel­les.

 

Dans les écrits de Baldwin, le foyer est décrit comme le résul­tat pré­cieux et pré­caire d’un enga­ge­ment émotionnel auda­cieux, défiant les normes, et moquant les caté­go­ries et les tabous raciaux et sexuels. Un don de soi qu’il décrit dans La Chambre de Giovanni comme « la puan­teur de l’amour ». Les ras­sem­ble­ments noc­tur­nes débor­dants qui avaient lieu sur la ter­rasse de sa maison en Provence ont ins­pi­rés The Welcome Table, l’un de ses der­niers textes, laissé ina­chevé. Aujourd’hui menacé par la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe, l’endroit abri­tait une com­mu­nauté cons­ti­tuée par des pro­ches et des inconnu.e.s deve­nant ami.e.s, pas­sant leurs nuits à dis­cu­ter, à se confron­ter, à se réconci­lier en pre­nant soin les un.e.s des autres.

 

Les artis­tes par­ti­ci­pant à cet événement public ont choisi de se rap­por­ter à Baldwin à partir d’affi­ni­tés électives, de faire réson­ner leurs tra­jec­toi­res dia­spo­ri­ques avec les erran­ces qui jalon­nè­rent la vie de l’écrivain, et de négo­cier les fron­tiè­res per­pé­tuel­le­ment chan­gean­tes des attri­bu­tions racia­les et des désirs sexuels.

[Paris • France]

 

[Son en anglais]

15h45 Accueil et intro­duc­tion avec Lotte Arndt, Lucas Morin (com­mis­sai­res de l’expo­si­tion) et Regina Barunke (Temporary Gallery, Cologne)

 

La décla­ra­tion de James Baldwin selon laquelle il ne se sen­tait chez lui que là où il était étranger atteste de son expé­rience pro­lon­gée de non-appar­te­nance. Ses dépla­ce­ments fré­quents en dehors des Etats-Unis, ses exils et ses voya­ges appa­rais­sent comme des stra­té­gies pré­cai­res pour échapper au racisme et à l’homo­pho­bie, sans jamais y par­ve­nir. Son désir de sta­bi­lité domes­ti­que, jamais plei­ne­ment assouvi, était inti­me­ment lié aux dis­cri­mi­na­tions racis­tes sys­té­mi­ques comme indi­vi­duel­les, et aux efforts inces­sants qu’il déploya pour lutter contre celles-ci.

Au-delà des États-Unis, les séjours étendus de l’écrivain à Paris, à Istanbul et à Saint-Paul-de-Vence for­mè­rent des étapes plus ou moins hos­pi­ta­liè­res, au cours des­quel­les des ami­tiés fortes se cons­ti­tuaient, le sou­la­geant momen­ta­né­ment de ses souf­fran­ces émotionnelles et socia­les, des contrain­tes col­lec­ti­ves et indi­vi­duel­les.

 

Dans les écrits de Baldwin, le foyer est décrit comme le résul­tat pré­cieux et pré­caire d’un enga­ge­ment émotionnel auda­cieux, défiant les normes, et moquant les caté­go­ries et les tabous raciaux et sexuels. Un don de soi qu’il décrit dans La Chambre de Giovanni comme « la puan­teur de l’amour ». Les ras­sem­ble­ments noc­tur­nes débor­dants qui avaient lieu sur la ter­rasse de sa maison en Provence ont ins­pi­rés The Welcome Table, l’un de ses der­niers textes, laissé ina­chevé. Aujourd’hui menacé par la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe, l’endroit abri­tait une com­mu­nauté cons­ti­tuée par des pro­ches et des inconnu.e.s deve­nant ami.e.s, pas­sant leurs nuits à dis­cu­ter, à se confron­ter, à se réconci­lier en pre­nant soin les un.e.s des autres.

 

Les artis­tes par­ti­ci­pant à cet événement public ont choisi de se rap­por­ter à Baldwin à partir d’affi­ni­tés électives, de faire réson­ner leurs tra­jec­toi­res dia­spo­ri­ques avec les erran­ces qui jalon­nè­rent la vie de l’écrivain, et de négo­cier les fron­tiè­res per­pé­tuel­le­ment chan­gean­tes des attri­bu­tions racia­les et des désirs sexuels.

La pédagogie institutionnelle dans le contexte artistique 2/2

[Noisy-le-sec • France]

 

Quels sont les usages sociaux de l’art ? En quoi la pédagogie institutionnelle peut-elle trouver des échos dans le champ artistique et dans la médiation au sens large ? Quels rôles pour les centres d’art dans les champs politique et social ? L’exposition est-elle un médium pertinent pour travailler avec les publics à l’échelle locale ? Comment rendre compte d’une expérience sans la trahir à travers sa restitution ? Avec qui et comment partager ces expériences au long cours ? Comment les centres d’art travaillent-ils avec des communautés spécifiques sur leurs territoires ?

 

Une discussion avec Avec l’artiste Achim Lengerer, Janine Halka et Suza Husse (District, Berlin), Anna Manubens (CAPC, Bordeaux), la curatrice Vanessa Desclaux, Olivier Marboeuf (Khiasma, Les Lilas), l’artiste Hélène Deléan et l’équipe de La Galerie.

Enregistré le 29 septembre par Simon Marini à la Galerie. Mixé par Victor Donati.

[Noisy-le-sec • France]

 

Quels sont les usages sociaux de l’art ? En quoi la pédagogie institutionnelle peut-elle trouver des échos dans le champ artistique et dans la médiation au sens large ? Quels rôles pour les centres d’art dans les champs politique et social ? L’exposition est-elle un médium pertinent pour travailler avec les publics à l’échelle locale ? Comment rendre compte d’une expérience sans la trahir à travers sa restitution ? Avec qui et comment partager ces expériences au long cours ? Comment les centres d’art travaillent-ils avec des communautés spécifiques sur leurs territoires ?

 

Une discussion avec Avec l’artiste Achim Lengerer, Janine Halka (District, Berlin), Anna Manubens (CAPC, Bordeaux), la curatrice Vanessa Desclaux, Olivier Marboeuf (Khiasma, Les Lilas), l’artiste Hélène Deléan, Emilie Renard (directrice de La Galerie), Florence Marqueyrol (responsable du service des publics de la Galerie), Clio Raterron (chargée du jeune public et de la médiation à la Galerie), Catalina Rugeles (étudiante à l’Université Paris 8 Saint-Denis et stagiaire à la Galerie)

Timeline

Introduction et présentation du projet
00 : 00 : 00 — Emilie Renard 

Groupe de recherche « La Presse »
00 : 07 : 39 — Vanessa Desclaux 
00 : 15 : 58 — Florence Marqueyrol
00 : 22 : 02 — Vanessa Desclaux
00 : 24 : 51 — Clio Raterron
00 : 29 :25 — Catalina Rugeles
00 : 36 : 07 — Achim Lengerer

District, lieu d’art à Berlin (Anglais) 
00 : 47 : 45 — Janine Halka

 

 

 

Enregistré le 29 septembre par Simon Marini à la Galerie. Mixé par Victor Donati.

[Les Lilas • France]

 

Le projet Répertoires animés mené en collaboration avec le Mundaneum de Mons se confronte en particulier à l’archive et au document comme matières premières d’une recherche autour du réagencement performatif de l’image et de la mémoire. Cela fait un certain temps que le projet visionnaire du Mundaneum de Paul Otlet – bibliographe et collectionneur visionnaire du 20e siècle – a été réinscrit dans l’histoire comme antécédent d’internet, réinvesti du titre de « google ante-litteram ». Cependant, la vision d’un centre de documentation universel éducatif et social, accessible à tous sans élitisme intellectuel, technologique ou social, capable de tisser des liens évolutifs, toujours en voie de construction, entre des ressources hétérogènes, constituant ainsi « un véritable cerveau mécanique et collectif », nous semble préconiser et ouvrir des possibles bien plus larges et prometteurs que la simple préfiguration d’un moteur de recherche et de son quasi-monopole de l’internet aujourd’hui.

 

Du 6 au 10 novembre, l’ARG a été en résidence à Khiasma et a travaillé une proposition d’installation dans l’espace de ses recherches, sous la forme d’une « constellation mouvante » de différents éléments, dont l’agencement et la dramaturgie ont évolué jour après jour : performances et projections de films de certains des membres et d’auteurs invités ; exposition de traces du projet Répertoires animés et création sur place de nouveaux processus de travail ; conversations avec des intervenants extérieurs ; etc. Cette est la restitution de cette résidence.

L'enregistrement a été réalisé le 10 novembre à l'espace Khiasma part Esther Porylès. Le mixage a était réalisé par Victor Donati.

On va aller rencontrer

[Paris • France]

 

Je vous écris d’une ville où je suis venue avec mes amis pour faire un peu de vacances. Un mot qui n’existe pas dans la langue maternelle. Quand on dit vacances ils remplissent les sacs de sports et froncent les sourcils. Ils attendent le train devant l’éternité dans laquelle ils sont assis comme on s’allonge. 

« On va aller rencontrer », séquence 8 de l'antenne «Rester. Etranger».
Avec le soutien de la commission mécénat de la FNAGP, de l'association Pour Loger et du Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines (Arts-H2H) de l'Université Paris 8.

La représentation du corps en environnement virtuel

[Antibes • France]

 

Philippe Fuchs ( Réalité virtuelle, école des Mines) aborde le bouleversement progressif qui est en train de se produire avec les systèmes immersifs et interactifs émergents, provenant des techniques de réalité virtuelle. Celle-ci est un nouvel outil performant dans le domaine de la Santé, proposant depuis au moins dix ans des thérapies virtuelles en psychiatrie ou en rééducation fonctionnelle ou sensorimotrice. Inversement, elle va être progressivement exploitée par tout public pour des applications ludiques ou artistiques, en ayant un impact sur la représentation du corps, différente de celle en environnement réel. En particulier, ce domaine donne une importance à la proprioception et génère des incohérences sensorimotrices, certaines perturbantes. Des éventuels impacts sanitaires doivent être connus par tout praticien.

 

Philippe Fuchs est professeur de Réalité Virtuelle à Mines ParisTech. Il est un des acteurs majeurs du domaine de la réalité virtuelle en France. En particulier, il est l’auteur principal et le directeur de l’ouvrage collectif « Traité de la réalité virtuelle » avec 101 auteurs. Il vient de publier (mai 2016) un livre sur « Les casques de réalité virtuelle et de jeux vidéo » (www.pressesdesmines.com). Il fut président de l’Association Française de la Réalité Virtuelle (www.af-rv.fr).

En plus de son travail de recherche depuis plus de 25 ans dans le domaine, P. Fuchs nous sensibilise aussi à la dimension phénoménologique de l’expérience vécue. Et la question de notre corporéité, il ne l’expérimente pas seulement sous l’angle de la réalité virtuelle. Ultramarathonien ayant notamment parcouru Paris-Athènes (lors des J.O.) puis Paris-Pekin 4 ans plus tard, il a cultivé au fil de ses expériences une réflexion qui fait écho à « l’être au monde » de Merleau-Ponty.

 

Enregistrement lors des journées annuelles de psychomotricité, qui se sont déroulées à Antibes en octobre 2017.

 

Voir aussi le webdoc animé de Laurent Bonnotte, Grandir à l’ère du virtuel (ép. 7 des lendemains hybrides). Lien : https://vimeo.com/233097109

Enregistré lors des journées annuelles de psychomotricité, qui se sont déroulées à Antibes en octobre 2017

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