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Lectures de « Miettes » et de « Elle regarde passer les gens »

Deux orfèvres du fragment, deux livres rares des Editions Verticales. Deux manières de découper le temps, de fabriquer de l’Histoire et des histoires, de l’anonyme et du commun, l’imaginaire d’une époque.
Lectures suivies d’une conversation avec Olivier Marboeuf.

 

Miettes de Philippe Artières
«Relire trente-cinq ans après leur parution les petites annonces de «Sandwich» – l’éphémère supplément de Libération –, y chercher les miettes de l’année 1980, c’est ce que j’ai entrepris de faire, ciseaux à la main. Découper une colonne, fureter dans une double page, éplucher de bout en bout une rubrique ou procéder par collages subjectifs. Autant d’expériences de lecture qui ont fait naître ce recueil protéiforme. Aux petites annonces s’ajoutent des bulletins météo ou des relevés sismiques de la même période. À travers ces événements de faible intensité, je fais le pari rêveur de revisiter un segment de notre histoire si proche et si lointaine. En captant le grain le plus fin de ce qui s’est passé et qui toujours échappe. En enregistrant ce petit rien qui fait pourtant l’épaisseur de nos vies.»

 

Elle regarde passer les gens d’Anne-James Chaton
«Elle reproche aux habitants de l’immeuble de l’espionner. Elle révèle des matières. Elle fait surgir des formes. Elle façonne des idées. Elle se fait tout voler. […] Elle doit fuir. Elle retournera à Paris. Elle y a des amis. Elle part pour la Suisse. Elle est arrêtée à la frontière. Elle n’a pas de papiers. […] Elle est de retour à New York. Elle danse. Elle parle. Elle choque. Elle a dû écourter son programme. Elle fait le bilan. Elle a perdu beaucoup d’argent. […] Elle soupçonne quelque chose. Elle ne lui fait pas confiance. Elle se méfie de cette Mary. Elle tourne autour de John. Elle lui plaît. Elle n’est pas la seule.»

Derrière ce «Elle» à identités multiples se cachent treize destins de femmes ayant marqué l’imaginaire du XXe siècle. Les vies de ces célébrités anonymes, saisies au plus près de leur quotidien, se chevauchent en une biographie sans temps mort qui réinvente l’épopée de notre modernité.

Lectures de « L’Amour, accessoires » et de « Deux fois né »

[Les Lilas • France]

 

Deux nouveautés de deux petits nouveaux chez Verticales. Deux regards décalés, drôles et incisifs sur les identités contemporaines. Deux tentatives de garder le cap au cœur d’un monde qui doucement tangue et prend l’eau. Deux lectures autour de l’art de trouver son chemin en se perdant quand même un peu.

 

L’Amour, accessoires de Fleur Breteau
Dans ce récit documentaire, Fleur Breteau nous fait découvrir un lovestore de l’intérieur. Avec sa bienveillante ironie, elle alterne portraits de clients, mode d’emploi de sextoys et chronique de sa propre existence où surgit la figure d’une sulfureuse arrière grand-tante. On est touché par le regard acéré et vivifiant, jamais impudique, de cette femme qui a le goût des autres et abhorre la « pensée sexuelle unique ».

 

Deux fois né de Constantin Alexandrakis
Ce récit autobiographique part d’un malentendu. Courant 2011, Constantin Alexandrakis apprend que son père, prétendument mort, n’a tout simplement jamais su qu’il avait un fils. Cette révélation le conduit à Athènes, sur les traces du « Géniteur », un sexagénaire peu coopératif sinon fuyant. L’enquête généalogique se mue peu à peu en quête existentielle. En chemin, l’auteur aura évoqué son initiation à la mythologie antique et au grec moderne, ses crises de démangeaison, l’obtention d’un CAP de charpentier, mais aussi la visite d’un dispensaire autogéré à Thessalonique, un séjour sur l’île rebelle d’Ikaria et les liens hallucinatoires du peyotl mexicain avec l’art de la mètis chère à Ulysse.

[Les Lilas • France]

 

Les « Pratiques du hacking » réunissent un groupe* de recherche autour du hacking comme forme emblématique de notre époque. Émanant de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne, elles questionnent depuis 2016 les pratiques artistiques irriguées par l’esprit hacker qui frappe toutes les strates de notre société.

 

Sous la forme d’une conversation ouverte et à l’appui de documents, une partie des membres du groupe  traverse les recherches passées et en cours, présente quelques pistes de travail et partage publiquement ses interrogations sur ce que Pascal Nicolas-le Strat a appelé la « recherche de plein vent »**.

 

Cette soirée est appréhendée comme une étape particulière de travail où la recherche s’envisage hors du terrain habituel du chercheur, à découvert et hors sol. Entre autres questions qui apparaitront au gré des échanges : la situation paradoxale que les Pratiques du hacking soulèvent dans le cadre institutionnel de l’école, l’écart entre les attentes de la recherche et ce que les membres du groupe cherchent déjà en tant qu’artistes et praticiens de la théorie, et les horizons incertains où toute recherche de plein vent nous mène nécessairement.

 

Pour cette soirée, le groupe de recherche invite David-Olivier Lartigaud, professeur spécialisé en théorie et pratiques numériques à l’ESAD Saint-Étienne et à l’ENSBA Lyon. En 2015, il a été co-commissaire avec Samuel Vermeil de l’exposition « A-T-T-E-N-T-I-O-N » à la Biennale Internationale Design Saint-Étienne et co-commissaire en 2013 avec François Brument de l’exposition « Singularité » pour cette même biennale. Il a dirigé l’ouvrage ART++ paru aux éditions HYX (Orléans) en 2011 et Objectiver (éditions Cité du Design-ESADSE) en 2017. Il est docteur en Art et Sciences de l’Art (Esthétique) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

*Le groupe «Pratiques du hacking» regroupe Pierre Akrich, Fabrice Gallis, Tamara Lang, Karine Lebrun, John Lejeune, Jan Middelbos, Julie Morel et Stephen Wright. Seront présents à Khiasma : Karine Lebrun (artiste, enseignante EESAB site de Quimper et coordinatrice des « Pratiques du hacking »), Tamara Lang (étudiante EESAB site de Quimper), Pierre Akrich (artiste), Jan Middelbos (artiste, ouvrier-technicien de plateau et doctorant en esthétique).

[Les Lilas • France]

 

Pour le deuxième Lundi de Phantom consacré à l’univers de Katia Kameli, l’artiste et vidéaste nous propose de plonger dans la fabrication de son film à épisodes Le Roman Algérien. Une réflexion sur la création d’une archive vivante de l’Algérie contemporaine qui interroge le rapport aux images, aux signes et à la mémoire.

 

Pour le deuxième épisode qu’elle vient d’achever, elle convoque la lecture de Marie-José Mondzain. Née à Alger, la célèbre philosophe des images regarde et commente la mise en récit de l’histoire de ce pays par des femmes militantes à partir de quelques photographies et moments clefs des premières heures de l’Indépendance.

 

Katia Kameli et Marie-José Mondzain prolongent la conversation du film en public et dialoguent autour des enjeux du regard et du geste de l’archiviste.

[Les Lilas • France]

 

Au cœur de l’été, Khiasma perdait l’un de ses plus précieux alliés, une voix chaleureuse mais sans concession, une pensée joyeuse et sauvage. Jean-Paul Curnier a cessé de penser dans la lisière et de tirer des flèches en plein cœur.
Lors de sa résidence d’écriture à Khiasma en 2014 où il s’amusait à voyager aux origines diverses de la démocratie, saluant l’organisation anarchiste des pirates et la sauvagerie américaine, renvoyant au passage les Grecs à leurs contradictions, il avait éclairé des sentiers rarement débattus. Tout cela en musique, comme il se doit.

Impossible de penser lui rendre hommage aujourd’hui sans une belle table agrémentée de rhum et d’une humeur de fête. Durant cette soirée, des voix amies traversaient des textes, histoires, aventures et musiques qu’il a peuplés de sa présence si particulière.  Parmi elles : Christophe Fiat, Gaëlle Obiégly, Alphonse Clarou, Marine Baudrillard, Laurent Malone, Alexis Forestier, Olivier Marboeuf, Jean-Pierre Ostende…

Hodos #2 : À L’heure opale

[Strasbourg • France]

 

LE PROPHÈTE

 

L’enfant qui parlait au nom du soleil

allait par les rues du village mort,

les rats couraient vers ses pieds nus

lorsqu’il s’arrêtait au carrefours.

 

L’enfant appela d’une voix pleine de galères,

de voiles blanches et de poissons volants,

et les hommes changés en pierre

s’éveillèrent en grinçant.

 

C’était l’aube annoncée par les flèches

                                              [sifflantes

des joyeux archers du voisinage,

les hommes venaient, chacun portant sa nuit

comme on porte une ombrelle.

 

Ils s’accroupirent autour de l’enfant,

et leurs gros yeux rouges riaient,

et leurs larges bouches crachaient

du sable à travers les dents.

 

L’enfant qui parlait au nom du soleil

dit:  « N’écoutez plus le chant du coq stupide »,

et les hommes aux longues lèvres se tapaient

le derrière sur les pavés.

 

L’enfant dit: « Vous riez, vous riez,

mais lorsque vous vous éveillerez

avec du sang plein les oreilles,

alors, vous ne rirez plus. »

 

Sa tête tomba, écrasante et chaude

sur l’épaule d’une jeune femme ;

elle cru qu’il voulait l’embrasser

et se mit à rire d’effroi.

 

« Vous riez, vous riez, lui dit-il,

– et les vieux montraient leurs crocs jaunes –

votre rire n’est pas l’aumône

que réclame la Gueule céleste.

 

Il lui faut vos nourrissons,

vos nez fraîchement coupés,

il lui faut une moisson

d’orteils pour son souper.

 

Elle rit, elle rit, la grande Gueule,

elle brille, elle grésille,

vous riez, vous riez, épouvantables aîeule,

mais bientôt, grand mère, vos fils et vos filles ne

                                                          [riront plus.

Vous riez sous vos parasols de nuit,

ils vont craquer, ils vont craquer,

entendez rire la grande Gueule,

car bientôt vous ne rirez plus. »

 

René Daumal

Le Contre-Ciel, 1955

 

Tracklist :

Otomo Yoshihide – Cathode #2

Ellen Arkbro – For Organ and Brass

Tarab – Untitled

Luc Ferrari –  Presque Rien No. 2

(Ainsi Continue la Nuit dans ma

Tête Multiple)

Costin Miereanu – La Colline Bleue

Kara-Lis Coverdale – Grafts

_______ – Sea (field recording)

Marta Forsberg – Disquiet (Heart)

Jocy de Oliveira – Wave Song

Tarab – Untitled

Ryuichi Sakamoto – Kokubousoushou

Yves Tumor – Limerence

"Hodos" est une série de mix musicaux créée par Victor Donati pour Sept, antenne musicale, atlas sensible et non exhaustif des musiques expérimentales.
illustration : Melek Zertal

La littérature hors livre : périphérique ou centrale ? 

[Paris • France]

 

Émission du 7 septembre : « La littérature hors livre : périphérie ou centrale ». 

Avec : Claire Finch, Olivier Marboeuf, collectif chôSe, Antoine Pietrobelli, Elom 20ce, Thomas Clerc

 

Pendant le festival Extra !, Radio Brouhaha a installé son antenne au Centre Pompidou pour une série de trois émissions littéraires qui ont posé des questions aussi immodestes que : au fait, c’est quoi la littérature en dehors du livre ? et qu’est-ce qu’une expérience littéraire ? est-ce qu’on peut y jouer à plusieurs ? et d’ailleurs où s’arrête la littérature ? où commence-t-elle ? qu’est-ce qu’elle n’est pas ? qu’est-ce qu’elle a été ? où la trouve-t-on ? et depuis quand ? et jusqu’à quand ? 

Ces questions nous les avons posé trois soirs durant à des artistes, des écrivain-es, des performers, des chercheurs, en collaboration avec des étudiant-es du master création littéraire de l’Université Paris 8, dont « Radio Brouhaha » est une émanation. 

Enregistrement réalisé au Centre Pompidou le 10 septembre 2017 dans le cadre du festival Extra! par Simon Marini et Kieran Jessel. Cette archive est extraite de la première diffusion live de la r22 Tout-monde. Le mixage a été assuré par Esther Porylès.

La littérature hors livre : sur scène, au salon ou à l’écran

[Paris • France]

 

Émission du 7 septembre : « La littérature hors livre : sur scène, au salon ou à l’écran ». 

Avec : Roger Chartier, François Bon, Elitza Gueorguieva, Emmanuelle Pireyre,
David Desrimais

 

Pendant le festival Extra !, Radio Brouhaha a installé son antenne au Centre Pompidou pour une série de trois émissions littéraires qui ont posé des questions aussi immodestes que : au fait, c’est quoi la littérature en dehors du livre ? et qu’est-ce qu’une expérience littéraire ? est-ce qu’on peut y jouer à plusieurs ? et d’ailleurs où s’arrête la littérature ? où commence-t-elle ? qu’est-ce qu’elle n’est pas ? qu’est-ce qu’elle a été ? où la trouve-t-on ? et depuis quand ? et jusqu’à quand ? 

Ces questions nous les avons posé trois soirs durant à des artistes, des écrivain-es, des performers, des chercheurs, en collaboration avec des étudiant-es du master création littéraire de l’Université Paris 8, dont « Radio Brouhaha » est une émanation. 

Enregistrement réalisé au Centre Pompidou le 6 septembre 2017 dans le cadre du festival Extra! par Simon Marini et Kieran Jessel. Cette archive est extraite de la première diffusion live de la r22 Tout-monde. Le mixage a été assuré par Esther Porylès.

La littérature hors livre : une nouvelle vie littéraire

[Paris • France]

 

Émission du 6 septembre : « La littérature hors livre : une nouvelle vie littéraire ». 

Avec : Alain Vaillant, Olivia Rosenthal, Chloé Maillet et Louise Hervé, Magali Nachtergael.

 

Pendant le festival Extra !, Radio Brouhaha a installé son antenne au Centre Pompidou pour une série de trois émissions littéraires qui ont posé des questions aussi immodestes que : au fait, c’est quoi la littérature en dehors du livre ? et qu’est-ce qu’une expérience littéraire ? est-ce qu’on peut y jouer à plusieurs ? et d’ailleurs où s’arrête la littérature ? où commence-t-elle ? qu’est-ce qu’elle n’est pas ? qu’est-ce qu’elle a été ? où la trouve-t-on ? et depuis quand ? et jusqu’à quand ? 

Ces questions nous les avons posé trois soirs durant à des artistes, des écrivain-es, des performers, des chercheurs, en collaboration avec des étudiant-es du master création littéraire de l’Université Paris 8, dont « Radio Brouhaha » est une émanation. 

 

 

Enregistrement réalisé au Centre Pompidou le 6 septembre 2017 dans le cadre du festival Extra! par Simon Marini et Kieran Jessel. Cette archive est extraite de la première diffusion live de la r22 Tout-monde. Le mixage a été assuré par Esther Porylès.

septembre 2017

[Saint-Denis • France]

 

Pour un matérialisme queer

 

Modération : Ernest Moret

Gianfranco Rebucini : Vers un communisme queer. Conscience autonome, désidentification et révolution sexuelle.

Maxime Cervulle et Isabelle Clair : Retour critique sur une controverse : Le féminisme matérialiste (français) face au poststructuralisme

Suzanne Dufour et Barbara de Vivo : Pour une articulation organique entre pensée queer et pensée matérialiste. Analyses situées à partir d’expériences politiques de lutte/vie/travail entre Rome et Paris

Entretien avec Abdellah Karroum, fondateur de l’Appartement 22

[Paris • France]

 

À l’occasion des 10 ans de la Radio Appartement 22, Abdellah Karroum, fondateur du centre d’art éponyme à Rabat et directeur du Mathaf (Arab Museum of Modern Art) à Douah, revient sur les pas des ses premiers projets jusqu’à la mise en place de la R22 Tout-monde. 

 

De complices en complices, un voyage à travers les frontières de ces deux dernières décennies. Un entretien où l’on pourra sentir la puissances des conjonctures, où l’on se demandera ce que peut bien vouloir dire d’accompagner des artistes à des endroits et pas à d’autres, ce qu’apporte la nécessité d’initier des projets à partir de la base. 

 

Une voix pour saisir au vol des histoires qui irriguent la r22 Tout-monde. Cette genèse prend à contrepied l’idée reçue qui voudrait que la circulation des modèles de développement se fasse systématiquement du Nord vers le Sud. 

Entretien, enregistrement, mixage : Simon Marini

[Saint-Denis • France]

 

De l’anti-colonialisme à la critique post-coloniale

 

Modération : Matthieu Renault

Jean-Jacques Cadet : Sur le communisme haïtien

Adler Camilus : Haïti et les sociétés postcoloniales : colonisation de la vie et pathologies sociales postcoloniales

Stéphane Dufoix : Décoloniser les sciences sociales des pays indépendants. Internationalisation des sciences sociales et trajectoires de chercheurs des années 1950 aux années 1970

[Saint-Denis • France]

 

Israël : résister à la colonisation

 

Modération : Selim Nadi

Michèle Sibony : Union Juive française pour la paix (UJFP)

Jean Stern : mirage gay à tel-aviv : le pinkwashing

Imen Habib : Boycott Désinvestissement sanctions (BDS) – La réponse citoyenne et non-violente à

l’impunité d’israël

Notre chemin, c’est l’obstacle

[Nantes • France]

 

Jef Klak fait sa rentrée sur la R22 ! Pour se mettre en jambes et en mouvement, on prend la ville à bras le corps, en long, en large, en travers, et surtout là où elle n’est pas faite pour ça. Car peut-être bien que le meilleur chemin, c’est l’obstacle.

 

Courir, grimper, sauter, glisser, rouler.

Jouer avec tous les obstacles du quotidien. 

Faire de la ville un grand terrain de jeu. 

À explorer, à toucher. 

Y tracer ses trajectoires, l’empreinte de son corps, le temps d’un souffle.

Deux très longues secondes.

 

Merci à Stany, Xavier, Valentin, et les autres Yamakasi nantais de l’ADD Academy

«Notre chemin, c’est l’obstacle» création sonore d’Aude Rabillon inclue dans le CD du quatrième numéro de Jef Klak
«Ch'val de course» (toujours disponible en librairie)

Black(s) to the Future Festival – Mixtape #2 by KA(RA)MI

Bonne nouvelle !

Black(s) to the Future rejoint le Tout-Monde : bienvenu.e.s et merci !

 

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QUI SOMMES-NOUS ?
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Black(s) to the Future est une plateforme transmedia / un collectif / une utopie afrofuturiste. C’est-à-dire un espace de réflexion créative qui se déploie en ligne et physiquement. Nous nous intéressons à des objets très différents : “théorie”, pratiques artistiques, logiciel, mode, édition, et tout autre champ qu’il pourra nous sembler, un jour, pertinent d’investir.

Nous sommes des jeunes, ou moins jeunes, artistes, chercheu.r/se, act.eur/rice.s culturel.le.s et/ou spécialistes en un domaine ; rassemblé.e.s pour échanger et travailler ensemble sur des formats, dispositifs et situations comme autant de pistes d’exploration et de métamorphoses du monde.

 

Arty, touche-à-tout, connectés, concernés, avec ou sans-le-sous…, on cherche à créer des espaces différents, de rencontre, de négociation et d’échanges.

 

blackstothefuture.com

 

 

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FESTIVITES : 16-17.09.2017 @ PB
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Pour cette 2ème édition du BLACK(S) TO THE FUTURE – Festival, dans un cadre trans-disciplinaire (musique, fête, ateliers, discussions, projections, performances…) on vous propose de nous engager dans un avenir toujours plus éclectique, inclusif et bienveillant.

 

Génération née de l’utopie “BLACK BLANC BEUR”, on a voulu explorer cette année ce que peut bien vouloir dire, et sur quelle(s) base(s), aujourd’hui à Paris, « faire communauté ».

 

Côté statement, nous comprenons une africanité qui traverse, au-delà de nos couleurs de peau, de nos cultures en partage, de nos histoires à réécrire et de (nos) futurs à p.e/a.nser.

#ONESTENSEMBLE

 

 

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2 JOURS – 2 AXES DE REFLEXION
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• Samedi 16 septembre | « Get (y)our freak on » : Comment (ré-)activer et donner force à nos marginalités ?

• Dimanche 17 septembre | « The spirit of Noise » : Comment (s’)entendre et traverser le bruit de nos esprits ?

 

Plus d’infos sur : 

facebook.com/events/1837726499587312 et blackstothefuture.com/bsttf-festival-2

 

Tarifs et préventes :

L’événement est accessible A PRIX LIBRE !
Sauf Club : 10€ en prévente et tarif réduit / 13€ sur place / Fooding & boissons selon carte
>> weezevent.com/bsttf-festival-2-jostereo-ill-syll-amina-cheetah-dj-dimond-999

Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter à : love@blackstothefuture.com

 

 

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ET MAINTENANT, C’EST COMMENT ?
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#R&B #Electro #HipHop #Beats #Percussions #Vocals #Afrofuture

 

Pour ouvrir l’antenne et vous inviter au festival, se présenter, on a décidé de partager avec vous une première lumière, sonique.

 

Black(s) to the Future Festival – Mixtape #2

by KA(RA)MI | Durée: 1:00:54

 

Lorsque des fragments de sonorités se propagent dans une vague de beats électroniques et minimalistes, la pleine Lune brille et déstabilise tout ce qui pourrait être pris pour acquis…

 

Avec du : J Dilla, Kelela, Shabazz Palaces, Nicky Lars, THEESatisfaction, Walter Mecca, Celia Wa…

 

TRACK LIST:
1. INTRO Le Yatching- Suite For Ma Dukes
2. Flyyy- J Dilla
3. God- THEESatisfaction
4. Dèesse Du Sang- Shabazz Palaces
5. Jungle Culture Outro- Nicky Lars
6. Cosmic Egg- Walter Mecca
7. Coolie High- Camp Lo
8. Navajo- Masego
9. Crew (feat Brent Faiyaz & Shy Glizz)- GoldLink
10.Frequence (Dimension 1.0)- Walter Mecca
11.Niiko- Jay Daniel
12.Disco Rouge- Walter Mecca
13. – Jetson
14. – Jetson
15.Quarrel- Moses Sumney
16.Yours- Leven Kali
17.Keep it Cool- Kelela
18.Rété Konsa (feat Unda De Sango)- Meemee Nelzy
19.Juiced- THEESatisfaction
20.Federalist Papers- Shabazz Palaces
21.Ti Zei Twal- Celia Wa
22.Supaman (Kako Phonie remix)- Celia Wa
23.Let me go- Branko feat Nonku Phiri & Mr Carmack
24.Feelings- Ka(ra)mi
25.Untitled/Fantastic- Suite For Ma Duke
26.Money Trees- Kendrick Lamar
27.Slave Ship- Nicky Lars
28.Parallax (feat The Palaceer Lazaro)- Shabazz Palaces
29.Watching You- Sassy Black
30.QueenS- THEESatisfaction
31.Frequence mod (welcome)- Walter Mecca
32.Désaccordés- Naya X Ardo
33.OUTRO – Kris Bower keys

 

 

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A bientôt !

Black(s) to the Future
(Original artwork by Ingha Mago)

Kinesis | À la pointe (coupante) des algorithmes

[Les Lilas • France]

 

Dans le cadre d’une journée d’étude organisée par le post-diplôme Documents et art contemporain de l’Ecole européenne supérieure de l’image, et de la publication dédiée à sa recherche, Louis Henderson convie deux théoriciens à proposer des lectures de son travail : Kodwo Eshun et Stephen Wright.

 

Kinesis : du grec ancien κίνησις. 1. Mouvement, particul. mouvement de la danse 2. fig. agitation, trouble, soulèvement.

Cette première exposition monographique en France du cinéaste anglais Louis Henderson s’organise autour de la mise en relation de deux de ses films récents : Black Code Code Noir (2015) et The Sea is History (2016), présenté dans une version de travail. Alors que le premier explore l’archéologie d’Internet pour mettre en lumière le rôle des algorithmes dans le contrôle social et nécropolitique de la communauté afro-américaine aujourd’hui, le second revient en République Dominicaine et à Haïti, à l’endroit même où Christophe Colomb posa le pied en 1492, geste inaugural de la Modernité coloniale.

Les nombreux événements accueillis dans l’espace de Kinesis sont autant d’efforts pour fabriquer collectivement de nouveaux régimes critiques de récit, faire émerger des figures spéculatives, actualiser les héritages des cultural studies tout autant que repenser les pratiques du hacking et notre relation aux nouvelles technologies de l’information. L’exposition Kinesis imagine des chemins et des vocabulaires pour reconstruire une histoire des possibles, rendre visible les persistances du pouvoir et fabuler le désenvoûtement de ses codes par le truchement d’une nouvelle révolution animiste au cœur de la Caraïbe.

 

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Kinesis | Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 3/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam), Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia Khurana (artiste).

Kinesis | Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 2/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf
et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la
participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa
Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam),
Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and
Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales,
FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia
Khurana (artiste).

août 2017

Kinesis | Dépasser les lignes de divisions. Féminisme transnational et cultural studies. 1/4

[Les Lilas • France]

 

Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et son groupe de recherche Travelling féministe s’associent à l’Espace Khiasma pour organiser conjointement un séminaire qui prend son point de départ dans le dialogue, la controverse et la complexité des relations qu’entretiennent l’œuvre de Stuart Hall, les cultural studies britanniques et le féminisme transnational depuis près de trente ans. Ce séminaire a le privilège de recevoir les cinéastes John Akomfrah et Lina Gopaul, membres fondateurs du Black Audio Film Collective. Réalisé en 2013, le film de John Akomfrah The Stuart Hall Project sera projeté la veille du séminaire au MK2 Beaubourg, introduisant les nombreux sujets qui seront au cœur de la discussion. Malgré les analyses des cultural studies décryptant l’exercice du pouvoir dans la culture, les penseurs majoritairement masculins du Centre for Contemporary Cultural Studies à Birmingham se montrèrent hostiles aux critiques féministes des années 1970. La controverse enfla au point que les travaux du centre furent qualifiés par des féministes de « boyzone ». Au même moment, rares furent les articulations entre les situations vécues par les femmes blanches et racisées au sein des mouvements féministes. Fréquemment, les revendications priorisées universalisaient les conditions sociales des femmes non-racisées, de classe moyenne.

 

Pour cette journée d’étude, nous avons voulu inviter plusieurs penseuses contemporaines à alimenter une conversation au sujet des relations complexes et des influences mutuelles qu’ont entretenues le féminisme transnational et les approches interdisciplinaires des cultural studies, notamment les études entreprises par Stuart Hall et ses collègues à partir du milieu des années 1960. Comment les féministes au sein des cultural studies ont-elles négocié les frontières bâties par la racialisation et l’hégémonie blanche ? Comment le travail de Stuart Hall (qui était devenu rapidement une référence intellectuelle significative auprès de beaucoup d’artistes et de cinéastes du Black Arts Movement anglais des années 1980 et 1990) a-t-il été lu en lien avec le concept d’intersectionalité qui peut servir de base au décentrement des féminismes eurocentrés, et à la remise en cause du sujet blanc et mâle comme entité normative de l’imagination occidentale ? Quelles stratégies peuvent être trouvées dans les pratiques transversales des collectifs d’artistes, d’activistes et de chercheurs/ses du Black Arts Movement des années 1980 : pour résister aux tendances individualistes de l’art contemporain et pour y puiser une inspiration permettant de construire les alliances en devenir ?

Enregistré à l'espace Khiasma le 10 juin 2016.
Mixage: Esther Porylès

Concept / modération : Nataša Petrešin-Bachelez avec la collaboration de Lotte Arndt et Olivier Marboeuf
et Giovanna Zapperi. En collaboration avec Le Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe) et la
participation de l’INHA. Avec John Akomfrah and Lina Gopaul (cinéastes et producteurs / Smoking Dogs), Elsa
Dorlin (chercheure et professeure Paris 8), Nana Adusei-Poku (chercheure et professeure à l’Université de Rotterdam),
Jamika Ajalon (artiste, musicienne, poétesse), Sophie Orlando (chercheure associée au laboratoire Black Artists and
Modernism, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (chaire Global South(s) du Collège d’études mondiales,
FMSH, Paris), Lotte Arndt (théoricienne et enseignante à l’École Supérieure d’Art et Design de Valence) et Sonia
Khurana (artiste).

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