▼ Mois
▼ Auteur-s
 

Une fenêtre. Place de la Porte Blanche

Une fenêtre. Place de la Porte Blanche est une chronique poétique des états d’une place, dans le quartier de la gare à Strasbourg. D’octobre à janvier se succèdent une série de notes hétérogènes, où la place et ses acteurs se racontent autant que la fenêtre de la chambre qui observe. 

 

« c’est moi, dans le théâtre que je fais le choix de noter, qui prête à ces hommes leur intrigante politique. »

 

Né à Brest en 1996, Iwan Warnet tente d’écrire, dessiner et peindre, sous le regard amusé des maîtres qu’il s’imagine. Il étudie, exilé loin de la mer, à Strasbourg, dans l’atelier de peinture de la Haute Ecole des Arts du Rhin, il est acteur au sein du réseau VIE. 

Une fenêtre. Place de la Porte Blanche est un texte de Iwan Warnet, qu'il lit.
La création sonore est réalisée avec l'immense collaboration de Ross Heselton, Simon Marini et Augustin Soulard.

SEMES / récit 2 : Jérémy Gravayat / EN CHANTIER

[Les Lilas • France]
Le second « récit » de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon est EN CHANTIER. Pour inaugurer ce second acte, Vincent Chevillon a invité Jérémy Gravayat à échanger sur les enjeux de la mise en récit de collectes de matériaux documentaires. Comment s’agencent les documents entre les nécessités de la transmission, de l’acte politique et celles du geste artistique ?
Cinéaste, Jérémy Gravayat réalise des films questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération Lyonnaise.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

 


Soirée dans le cadre du programme « Réfléchir la création” de l’association À bras le corps.
Le projet « Réfléchir la création » est soutenu par Arcadi.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 2 avril 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

[Montrouge • France]
Pièce sonore, 09:22mins, 2016

 

« Traitant le langage comme une matière malléable, les travaux d’Anne le Troter sont empreints d’une certaine trivialité, liée à l’utilisation de formes orales, ou des formes sans forme du langage utilitaire. S’inspirant de situations de la vie quotidienne, elle transforme en texte ses observations sur le monde qui l’entoure et questionne les fonctionnements du langage dans ce processus.

 

Utilisant la « mise en langage » comme instrument de connaissance, elle tente de décrire et partant, d’expliquer ce qu’elle observe du monde – tentative sans doute illusoire et sans fin, qui fait écho à cet extrait de Nathalie Quintane, auteure chère à l’artiste « Tout ça pour dire que ce n’est pas parce que tu écris que tu en sois moins embrouillé. Ça déplace l’embrouille, et voilà. »(1) » 

 

Isaline Vuille, Kunstbulletin, juillet-août 2014, ‘Anne le Troter – rollercoaster screams ou ça s’en va et ça revient’

 

(1) Extrait de ‘Crâne chaud’ de Nathalie Quintane, 2012, POL, Paris

 

Grand Prix du Salon et du Palais de Tokyo

Bourse de production : ADAGP

En collaboration avec les artistes ASMR : Final ASMR, Made In France ASMR, Miel ASMR, Mr Discrait, Sandra Relaxation ASMR, The French Whisperer.

Réalisation : Anne le Troter

La Maison Populaire / Carte de visite sonore

[Montreuil • France]
Un centre d’art en forme de hall d’accueil, où Auguste Rodin, Pablo Picasso, Robert Doisneau, Enrico Caruso et Martha Graham sont des noms de salle qui ouvrent des portes aux praticiens en herbe (avec certains, parmi les grands chanteurs actuels, ayant fait leur première scène dans celle d’à côté…), un lieu de rencontre et de vie « très montreuillois », maison de culture et d’éducation populaire : la Maison du même nom fête ses cinquante ans cette année ; roulement de tambour, pop-corn et claquettes !

Réalisation : Violaine Lochu
Avec les voix de : Juliette Gardé (chargée du développement des publics et de l'action culturelle et médiatrice), Louisa Ballant, Fabienne Gilles (céramiste), Delphine Mimpontel (danseuse), Malika Kaloussi (agent d’accueil et standardiste), Floriane Benjamin (coordinatrice du centre d'art et du secteur arts plastiques), Dominique Moulon (critique d'art et commissaire d'exposition), Caroline Delieutraz (artiste), les adhérant de la Maison Populaire, et un extrait de la création sonore « Portes entrouvertes » de Benoît Labourdette.

[Montrouge • France]
Tissu, carton et plâtre synthétique, installation sonore 30x26x21cm

 

« L’écriture est pour moi un fil d’Ariane, une pratique où les mots sont considérés comme des matériaux que l’on peut assembler et faire correspondre avec des objets ou des images. Si mes interventions empruntent diverses formes, elles sont traversées par des problématiques similaires.

 

Mes œuvres peuvent être de tailles variées, la plupart du temps en bois, métal ou céramique, et intègrent souvent des objets trouvés ou des enregistrements sonores, que j’utilise pour spatialiser le texte par l’intermédiaire de la voix. Partant d’une activité de poète qui prenait le livre pour seul support, j’ai progressivement ressenti le besoin de composer au-delà de la page, ce qui a déplacé ma pratique vers l’atelier et la production de volumes dialoguant entre eux dans l’espace.

 

En utilisant la sculpture, l’installation, et plus rarement l’image, je cherche à dépouiller le langage des conventions propres à nos usages coutumiers pour tenter de dégager un outil d’expression singulier. » Raphaël Tiberghien

Réalisation : Raphaël Tiberghien

Et les animaux se mirent à raconter le monde…

[Les Lilas • France]
Les animaux ont bien changé. Bien sûr on pourrait penser que ce sont nos façons de les voir qui changent. Ce qui voudrait dire qu’il n’y a que nous qui changeons : nous serions les seuls à avoir une histoire, les animaux n’y seraient que les figurants. Or, une autre version semble aujourd’hui pouvoir compliquer cette manière de raconter, une version qui suggère que les animaux changent comme nous et parfois avec nous. Selon les situations qu’on leur propose, voire les questions qu’on leur adresse, les animaux pourront ou non déployer certaines compétences. De même qu’ils pourront ou non obtenir que l’on prenne en compte ce qui importe pour eux. Ces situations dans lesquelles humains et animaux entrent en relation sont multiples. Elles vont des pratiques des éleveurs à celles des scientifiques, du vivre ensemble avec les animaux familiers aux difficultés de cohabitation avec les espèces protégées. Chacune d’elles décline des interrogations, des exigences et des difficultés particulières. Mais une question commune les traverse : avec qui voulons-nous vivre et comment ?

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

Enregistré à l'Espace Khiasma le mardi 19 avril 2016, dans le cadre de MUTANDO, résidence d’Alice Rivières et du collectif Dingdingdong
Mixage : Esther Poryles
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

La Poussière, poème déployé

[Montrouge • France]
La Poussière, poème déployé, 2013, gravure sur disque vinyle et installation sonore, 5’25

« La poussière suit méticuleusement son chemin, entre dans la maison, glisse sur les sols et les meubles avant d’investir le corps, les poumons, les yeux et la gorge enfin, là où le discours prend forme. Serait-ce donc elle qui grippe la belle mécanique du corps humain? Qui bloque l’élocution, qui vient couper, coller, fondre ou fendre les mots? Les bribes de mots ricochent et s’amalgament, des rimes se créent dans le choc des tronçons de paroles. Dans ce balbutiement apparent, le poème prend corps et les mots se chargent de matière, ils deviennent denses, physiques. Porteurs d’un sens autre que celui du langage, ils font presque douter de leur aptitude à communiquer quoi que ce soit. Pourtant ces paroles entrechoquées produisent un nouveaux flux, non conventionnel, qui n’annule pas la narration, ni la transmission. Les mots et les sons, devenus matériels, sont sculptés dans la couche du disque vinyle et permettent d’entrer à l’intérieur du langage, de creuser la surface des mots et du sens. » Agnès Werly

Réalisation : Raphaël Tiberghien

[Les Lilas • France]
Des commentaires immiscés dans les interlignes, un journal de maladie débordant sur les marges, des réponses aux répliques d’Imogène McCarthery et du commissaire Maigret : voici ce que découvre l’écrivaine Geneviève Peigné entre les pages des romans policiers de la collection « Le Masque » ayant appartenu à sa mère Odette, emportée quelques mois plus tôt par la maladie d’Alzheimer.

 

De cette façon de prendre la fiction à partie, d’interpeller des personnages comme si ces derniers étaient autant d’ « interlocuteurs » à même de répondre à la solitude et au mal-être, Geneviève Peigné noue un dialogue posthume autour du livre et de l’écriture. Dans le cadre du festival Hors limites, elle s’entretiendra avec Alice Rivières sur leur recherche commune de formes littéraires susceptibles de traduire les états de corps et d’esprit que suscite l’expérience de la maladie.

L’une, à travers ce roman singulier, L’Interlocutrice, l’autre par le biais de l’enquête existentialo-scientifique qu’elle mène à l’Espace Khiasma dans le cadre de sa résidence d’écriture : explorant les devenirs possibles de sa condition de « mutante » à laquelle la désigne la maladie de Huntington qu’elle porte dans ses gènes.

 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

[Montrouge • France]
Stéréo, 10min26, 2016
Le Bruit des GaGas est une installation immersive qui joue sur la perception de la profondeur. À travers un paysage sonore et un paysage visuel, le spectateur est invité à fouiller les ombres au delà de ce qui semble identifiable et tangible. L’idée est d’invoquer les GaGas, esprits de la tribu aborigène de Taïwan, les Jianshi.

 

La bande sonore est diffusée en boucle dans une installation avec un caisson lumineux. 

Réalisation : Julie Vacher

[Les Lilas • France]
Fabbula est une revue thématique spécialisée dans l’exploration de la réalité virtuelle « d’auteur », et des nouvelles façons de voir et percevoir que propose ce nouveau médium.

Pour ce septième lundi des revues, Fabbula lancera le thème de son numéro 3 : les « Mondes Possibles ». Ou : comment les utopies, fictions et spéculations se racontent dans les mondes virtuels et en quoi le réel en est stimulé ? Dans la continuité de la journée d’expérimentation de la veille portés par de talentueux développeurs de la scène parisienne indépendante, et forte de cette expérience partagée des mondes possibles, l’éditeur de Fabbula, assisté d’Alice Rivières et de Fabrizio Terranova, travaillera en direct avec le public de Khiasma à l’élaboration de ce numéro !

 

dans le cadre de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

avril 2016

[Bourges • France]
Lors de sa résidence de trois mois à La Box (galerie de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Bourges), Violaine Lochu développe le projet Animal Mimesis. Celui-ci interroge, de manière à la fois critique et poétique, la dimension collective de ce qu’il est convenu d’appeler la parole d’artiste. Censée révéler une vision de l’art et du monde subjective et individuelle, le « parler artiste », est pris en de nombreuses occurrences (presque toujours en fait) dans un régime de langage éminemment commun et construit. Parmi les instances de transmission de ce langage commun, l’école d’art occupe bien sûr une place privilégiée. Violaine Lochu mène cette recherche en réalisant une trentaine d’interviews avec les étudiants et enseignants de l’école ; dans les pièces sonores issues de ces interviews, des parallèles sont établis entre le phénomène de transmission de ce langage particulier et l’intelligence mimétique à l’œuvre dans les groupes animaux.

Réalisation : Violaine Lochu

Le lundi des Revues #8 – LA MOITIÉ DU FOURBI / Sylvain Pattieu

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

[Bourges • France]
Lors de sa résidence de trois mois à La Box (galerie de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Bourges), Violaine Lochu développe le projet Animal Mimesis. Celui-ci interroge, de manière à la fois critique et poétique, la dimension collective de ce qu’il est convenu d’appeler la parole d’artiste. Censée révéler une vision de l’art et du monde subjective et individuelle, le « parler artiste », est pris en de nombreuses occurrences (presque toujours en fait) dans un régime de langage éminemment commun et construit. Parmi les instances de transmission de ce langage commun, l’école d’art occupe bien sûr une place privilégiée. Violaine Lochu mène cette recherche en réalisant une trentaine d’interviews avec les étudiants et enseignants de l’école ; dans les pièces sonores issues de ces interviews, des parallèles sont établis entre le phénomène de transmission de ce langage particulier et l’intelligence mimétique à l’œuvre dans les groupes animaux.

Réalisation : Violaine Lochu

Le lundi des Revues #8 – LA MOITIÉ DU FOURBI / Alessandro Mercuri

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

[Bourges • France]
Lors de sa résidence de trois mois à La Box (galerie de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Bourges), Violaine Lochu développe le projet Animal Mimesis. Celui-ci interroge, de manière à la fois critique et poétique, la dimension collective de ce qu’il est convenu d’appeler la parole d’artiste. Censée révéler une vision de l’art et du monde subjective et individuelle, le « parler artiste », est pris en de nombreuses occurrences (presque toujours en fait) dans un régime de langage éminemment commun et construit. Parmi les instances de transmission de ce langage commun, l’école d’art occupe bien sûr une place privilégiée. Violaine Lochu mène cette recherche en réalisant une trentaine d’interviews avec les étudiants et enseignants de l’école ; dans les pièces sonores issues de ces interviews, des parallèles sont établis entre le phénomène de transmission de ce langage particulier et l’intelligence mimétique à l’œuvre dans les groupes animaux.

Réalisation : Violaine Lochu

Le lundi des Revues #8 – LA MOITIÉ DU FOURBI / Frank Smith

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

[Bourges • France]
Lors de sa résidence de trois mois à La Box (galerie de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Bourges), Violaine Lochu développe le projet Animal Mimesis. Celui-ci interroge, de manière à la fois critique et poétique, la dimension collective de ce qu’il est convenu d’appeler la parole d’artiste. Censée révéler une vision de l’art et du monde subjective et individuelle, le « parler artiste », est pris en de nombreuses occurrences (presque toujours en fait) dans un régime de langage éminemment commun et construit. Parmi les instances de transmission de ce langage commun, l’école d’art occupe bien sûr une place privilégiée. Violaine Lochu mène cette recherche en réalisant une trentaine d’interviews avec les étudiants et enseignants de l’école ; dans les pièces sonores issues de ces interviews, des parallèles sont établis entre le phénomène de transmission de ce langage particulier et l’intelligence mimétique à l’œuvre dans les groupes animaux.

Réalisation : Violaine Lochu

[Les Lilas • France]
La moitié du fourbi est une revue littéraire bi-annuelle de 112 pages, qui travaille à livre ouvert et à livre fermé. Elle voudrait incarner l’idée que « la littérature est l’exercice jubilatoire le plus sérieux du monde ».

 

Autour de 18 auteurs, chaque numéro explore librement et largement un thème unique, une proposition, une luciole. Par ce biais, la revue navigue notamment dans les eaux de la création non-fictionnelle, de la critique littéraire subjective, de la photographie, du récit-analyse, de l’entretien, du témoignage et de la parole vive.

 

Dans le cadre du festival Hors limites, Khiasma accueille la revue pour le lancement de son troisième numéro, dont l’ensemble des contributions gravite encore autour d’un seul mot : VISAGE.

 

Khiasma a donné carte blanche à trois auteurs de ce numéro.

 

Frank Smith, Alessandro Mercuri et Sylvain Pattieu présenteront une performance en résonance avec leurs textes respectifs. Ce spectacle littéraire sera suivi d’une rencontre avec les animateurs de la revue.

mars 2016

Récits d’après / les verbes

[Villemomble • France]
Le parcours « La Culture et l’Art au Collège » ‘Récits d’après’, organisé par l’Espace Khiasma au collège Pasteur de Villemomble avec la complicité de l’auteur Emmanuel Rabu, s’inscrit dans la continuité directe de la thématique du festival de littératures vivantes RELECTURES 16 ‘des récits du futur’.

 

À un moment où notre vision du futur est marquée par des incertitudes politiques, économiques, climatiques, génératrices d’angoisse et de décomposition du lien social, il semble important d’outiller les élèves pour leur permettre de concevoir un avenir qui conserve une dimension de promesses et de transformations. Or, la capacité de fabulation fait partie des ressources dont nous disposons pour transmettre une mémoire, une compréhension du monde, et inventer un devenir.

 

Récit d’après se présente donc comme un dispositif de « narration spéculative » qui a pour but la mise en situation d’une classe de sixième à travers une fiction-cadre : imaginer quels pourraient être les récits, les connaissances, les contes et les fables du « monde d’avant » qu’en regard de ce « monde d’après », les survivants de l’apocalypse pourraient se raconter. Rassemblés autour du feu ou dans l’enceinte de ce « cercle magique » théorisé par Johan Huizinga, lequel permet de créer momentanément une parenthèse spatiotemporelle dans laquelle les règles de comportements sont différentes. Ces « jeux » que l’on dit à juste titre « de sociétés », et qui peuvent être une façon de reconstituer, transmettre et remettre en acte une mémoire, des savoirs, des pratiques, des valeurs et des histoires qui permettraient de réenvisager différemment le présent « à partir de l’avenir »…

 

La question du rapport entre les Hommes et les animaux y est centrale, permettant de lier la question de l’écologie à l’usage narratif des symboliques animales dans les oeuvres aux programmes (tel que la figure du loup dans les contes, les fables, ou encore du renard dans Le Petit Prince, qui est l’oeuvre intégrale étudiée). Conformément à l’hétérogénéité textuelle qui caractérise l’esthétique littéraire d’Emmanuel Rabu, différents types de textes sont directement manipulés par les élèves, expérimentant ainsi leurs spécificités propres en imaginant comment ces derniers pourraient être agencés pour reconstituer une « encyclopédie post-apocalyptique » sous forme de poème visuel et sonore :

 

– Vaste jeu de l’Oie qui rassemblerait des savoirs disparates sur un monde animal disparu…

 

– Litanie de listes à fonction récapitulatives qui, à l’exemple de celles qui nous reste des civilisations également disparues, telles les listes lexicales sumériennes et mésopotamiennes, constituent souvent les premières formes littéraires répertoriées…

Réalisation : Emmanuel Rabu
Voix : les élèves de la classe de 6e de Chloé Denamur, du collège Pasteur de Villemomble

SEMES / récit 1 : Jocelyn Bonnerave / NOIR ATLANTIQUE

[Les Lilas • France]
NOIR ATLANTIQUE est le premier « récit » inaugurant l’acte 1 de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon. Ayant invité l’écrivain, performeur et anthropologue Jocelyn Bonnerave à explorer l’exposition comme un objet d’étude anthropologique, ce seront les principes fondamentaux d’une « sociologie animiste » en germe qui émaneront de cette fameuse « réserve ». Espace muséographique qui dérobe aux regards, lieu du penser/classer mais aussi du refoulement, de la cargaison, de l’appropriation inavouable, atelier pour l’artiste, laboratoire ou cale de bateau : c’est au cœur de cette écologie de l’ombre que s’agenceront les différentes combinaisons des futurs « actes » de l’exposition, mais où l’on peut imaginer également une « vie sociale » des objets. Où ces derniers prendraient la parole lorsque les hommes ne sont pas là. Une contre-forme de l’exposition, à la façon dont l’océan atlantique serait une contre-forme centrale des continents périphériques et qui, selon l’hypothèse de Paul Gilroy, formerait un continent résiduel d’où serait né, du fond des cales, le peuple de la Caraïbe.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le jeudi 10 mars 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Sébastien Zaegel
Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

↓   Suivants   ↓