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décembre 2016

Lise & Lisa – Lo becat

On oublie souvent que la musique dite traditionnelle, comme toutes les musiques, a dans son ADN un caractère expérimental. Si d’aucuns veulent à tout prix la figer dans un folklore passé, nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui continuent de faire bourlinguer leurs héritages. Lise Barkas et Lisa Käuffert sont de celles qui n’ont pas fini de tisser les fréquences, les régions et les époques. Plongée dans un répertoire qui continue de s’écrire.

Musique – Lise Barkas et Lisa Käuffert
Son – Victor Donati et Augustin Soulard

[Les Lilas • France]

 

« Le projet et ils vont dans l’espace qu’embrasse ton regard se déroule en plusieurs étapes et comporte différents éléments, parmi lesquels au moins deux films, dont une version est actuellement montrée au Jeu de Paume sous forme d’installation vidéo dans le cadre de l’exposition “Soulèvements”, organisée sous le commissariat de Georges Didi-Huberman.

Ces films auront notamment pour sujet l’évocation d’un lieu dont on n’a pas d’images ou presque : le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris. Il s’agit d’un espace à la fois fantomatique et hanté par l’histoire d’une révolte des sans papiers qui y étaient retenus en juin 2008, au cours de laquelle une section du bâtiment a été incendiée. Il n’y a eu presque aucune image de cet événement dans les médias. Quelques semaines plus tard, j’ai réalisé une installation autour de l’absence d’images de cette révolte, que j’ai nommée les villes invisibles 2. l’étincelle (Vincennes 2008). Depuis, d’autres Centres de Rétention dans différentes localités ont également été incendiés lors de révoltes similaires.

Le projet vise à explorer la résonance de ces révoltes, de ces feux qui continuent de se propager, qui communiquent tacitement entre eux tout en s’adressant à nous, comme autant de signaux de fumée que l’on refuse souvent de voir en se disant que « ça ne nous regarde pas », alors que la majorité des CRA se trouvent tout près de nous, à l’intérieur de nos villes… donc oui, « ça » nous regarde. »

— Estefanía Peñafiel Loaiza

[Les Lilas • France]

 

Non loin du Précheur, en Martinique, près de la rivière Sèche, il y a une grosse roche, immense bâtiment, que l’on voit depuis la route… Le tombeau des Caraïbes. Le bouche-à-oreille dit de la légende que les hommes recouverts de roucou, auraient sauté ensemble, dans le vide depuis le haut de la roche, pour fuir le futur des hommes garnis de dentelle. La chute, avant le suicide vaporeux. On a cherché sans retrouver d’ossements. C’est la voix sans visage d’un film et des bribes d’images qui apparaissent. Dans le ciel, c’est un début et une piste, depuis le drone qui survole cette roche, debout au milieu de la carrière de sable…

 

Né en 1986. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école des beaux arts de Caen, du post-diplôme des beaux arts de Lyon, du Studio national des arts contemporain – Le Fresnoy à Tourcoing. Il est représenté par la galerie Doyang Lee à Paris. Son travail a fait récemment l’objet d’une exposition personnelle au Frac Basse Normandie à Caen (2015), au centre d’art contemporain de Juvisy sur Orge, à la galerie Doyang Lee à Paris (2013), à la fondation Sandretto Re Rebaudengo à Turin (2012). Suite à sa résidence au centre d’art La Galerie à Noisy le Sec, il a participé à l’exposition collective intitulée Scroll infini, en 2015. Ses projets en 2016 incluent : résidence Orange Rouge (Seine Saint Denis), Contre-Formes exposition collective au Centre Dramatique National de Caen, exposition personnelle à la Galerie Doyang Lee, seconde biennale de Kampala (Ouganda)…

[Paris • France]

Des ponts des fragments, un livre oublié, des silhouettes furtives, des créatures étranges…

La pièce sonore Tu m’entends là, maintenant ?, écrite par l’artiste lors de sa résidence d’auteure à Noisy-le-Sec, a été conçue à partir du songe de Poliphile et enregistrée sur un lac en Suisse. Elle a été réalisée pour l’édition 2016 de Nuit Blanche et initialement diffusée à bord des Batobus  dans le cadre du programme radiophonique Floating ON AIR. 

La Galerie développe depuis 2014 une résidence d’une durée de deux mois, qui offre à un auteur la possibilité de développer un travail d’écriture, qui allie les domaines de la littérature avec l’écriture critique sur l’art dans une forme de “fiction-critique”. Il est également un partenaire privilégié pour la construction du programme culturel autour de la thématique de saison.

Delphine Chapuis Schmitz explore dans sa pratique artistique  les possibilités du langage pris à la fois comme vecteur de sens et comme matériau. Les textes qu’elle compose, le plus souvent à partir de fragments, peuvent prendre différentes formes en fonction de la situation dans laquelle ils s’inscrivent : installations, lectures, performances, publications papier ou en ligne.  Basée à Zurich, elle est docteur en philosophie et diplômée de l’Université des Arts de Zurich.  Son travail a été montré notamment au Centre Pompidou et à Jeune Création au 104 à Paris, au Museum Haus Konstruktiv et au Corner College à Zurich, à Interno 4 à Bologne et à la Fondation Ratti à Côme.

http://dchapuis-schmitz.com/info/

1er Octobre 2016
Production : La Galerie, centre d'art contemporain de Noisy-le-Sec
Courtesy Delphine Chapuis Schmitz

Regarde ta jeunesse dans les yeux – Une histoire de la naissance du hip-hop français (1980-1990)

Vincent Piolet dessine la cartographie de la naissance du rap et de la culture hip hop en France durant les années 80. Portée par les témoignages d’acteurs de ce mouvement et accompagnée d’extraits sonores, images et anecdotes fascinantes, cette conférence foule un territoire bien moins connu et documenté que les décennies suivantes qui verront l’éclosion d’un mouvement artistique et économique phénoménal. En parcourant les chemins de son livre Regarde ta jeunesse dans les yeux (éditions Le mot et le reste, 2015), Piolet revient aux racines culturelles de la culture hip-hop française des premières heures, ses lieux, ses aspirations et ses modèles, entre insouciance et culture « zulu », identité et mimétisme, banlieues et Paris.

[Paris XXe • France]

 

La Maison des Fougères a eu la chance d’accueillir Sarah de RAJE pour un atelier de création sonore « Made in Fougères » le 18, 19 et 20 octobre 2016. Cet atelier pour enfants a rassemblé une dizaine de jeunes enquêteurs en herbe, qui ont inventé des histoires autour de La Cabane Fleury en captant les sons alentours et en enregistrant leurs récits. À travers ce travail créatif, il s’agissait de capter la vie du square Fleury, tout cela en jouant et en se familiarisant avec les techniques radiophoniques.
Merci à Sarah et à la Cabane Fleury !

Participants : Matilde, Gabriel, Alexandre, Yousra, Boubakari, Tayra, Rahma, Wahel, Lina, Jezinho, Djimbala
Animé par : Sarah Haderbache

[Paris XXe • France]

 

La Maison des Fougères a eu la chance d’accueillir Sarah de RAJE pour un atelier de création sonore « Made in Fougères » le 18, 19 et 20 octobre 2016. Cet atelier pour enfants a rassemblé une dizaine de jeunes enquêteurs en herbe, qui ont inventé des histoires autour de La Cabane Fleury en captant les sons alentours et en enregistrant leurs récits. À travers ce travail créatif, il s’agissait de capter la vie du square Fleury, tout cela en jouant et en se familiarisant avec les techniques radiophoniques.
Merci à Sarah et à la Cabane Fleury !

Participants : Matilde, Gabriel, Alexandre, Yousra, Boubakari, Tayra, Rahma, Wahel, Lina, Jezinho, Djimbala
Animé par : Sarah Haderbache

[Paris XXe • France]

 

La Maison des Fougères a eu la chance d’accueillir Sarah de RAJE pour un atelier de création sonore « Made in Fougères » le 18, 19 et 20 octobre 2016. Cet atelier pour enfants a rassemblé une dizaine de jeunes enquêteurs en herbe, qui ont inventé des histoires autour de La Cabane Fleury en captant les sons alentours et en enregistrant leurs récits. À travers ce travail créatif, il s’agissait de capter la vie du square Fleury, tout cela en jouant et en se familiarisant avec les techniques radiophoniques.
Merci à Sarah et à la Cabane Fleury !

Participants : Matilde, Gabriel, Alexandre, Yousra, Boubakari, Tayra, Rahma, Wahel, Lina, Jezinho, Djimbala
Animé par : Sarah Haderbache

[Paris XXIe • France]

 

La Maison des Fougères a eu la chance d’accueillir Sarah de RAJE pour un atelier de création sonore « Made in Fougères » le 18, 19 et 20 octobre 2016. Cet atelier pour enfants a rassemblé une dizaine de jeunes enquêteurs en herbe, qui ont inventé des histoires autour de La Cabane Fleury en captant les sons alentours et en enregistrant leurs récits. À travers ce travail créatif, il s’agissait de capter la vie du square Fleury, tout cela en jouant et en se familiarisant avec les techniques radiophoniques.
Merci à Sarah et à la Cabane Fleury !

Participants : Matilde, Gabriel, Alexandre, Yousra, Boubakari, Tayra, Rahma, Wahel, Lina, Jezinho, Djimbala
Animé par : Sarah Haderbache

novembre 2016

Entretien avec Ana Vaz : Há Terra !

[Les Lilas • France]

 

« Há terra ! est une rencontre, une chasse, un conte diachronique du regard et du devenir. Comme dans un jeu, comme dans une coursepoursuite, le film oscille entre personnage et terre, terre et personnage, prédateur et proie. » Ainsi Ana Vaz décrit-elle son poème cinématographique en 16 mm. Des mouvements de caméra filants semblent traquer une jeune fille métisse dans les hautes herbes. La voix off au présent s’agglomère au passé dans la myopie de la longue focale. La boucle sonore récurrente d’un homme criant « Terre ! Terre ! » convoque le lointain souvenir de la conquête coloniale. Mais la beauté du collage tient à l’impossibilité pour le spectateur de laisser « passer » ce passé : bientôt le témoignage actuel porte sur un maire qui s’est approprié par la menace les terres des indigènes. La jeune fille traquée en vient à personnifier un territoire. Nous sommes dans le sertão brésilien, où l’exclamation « há terra! » (littéralement : « il y a (de) la terre ») peut aussi s’entendre comme l’affirmation que les sans-terre, non-possédants organisés en Mouvement depuis une quarantaine d’années, n’ont pas lieu d’en être privés. Énigmatique et fiévreux, le film vibre aussi en images et en son du Manifeste anthropophage d’Oswald de Andrade (1928), autre inspiration d’Ana Vaz : « Anthropophagie. Absorption de l’ennemi sacré pour le transformer en totem. L’humaine aventure. La finalité terrienne ». (Charlotte Garson)

 

 

Née en 1986 à Brasilia, Ana Vaz est une artiste et cinéaste dont les films et le travail spéculent sur les relations entre le soi et l’autre, le mythe et l’histoire au travers d’une cosmologie de signes, références et perspectives. Des assemblages de matériau filmé et trouvé, ses films combinent ethnographie et spéculation dans l’exploration des frictions et fictions inscrites dans les environnements naturels comme bâtis. Diplômée du Royal Melbourne Institute of Technology et du Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains, Ana Vaz fut également membre de SPEAP (SciencesPo School of Political Arts), un projet conçu et mené par Bruno Latour. Son travail est régulièrement projeté partout dans le monde : New York Film Festival, TIFF Wavelengths, CPH:DOX, Videobrasil, Courtisane, Cinéma du Réel, Lux Salon. En 2015, elle reçoit le Kazuko Trust Award présenté par la Film Society du Lincoln Center en reconnaissance de l’excellence artistique et de l’innovation de son travail filmique.

Enregistré à l'Espace Khiasma.
Entretien : Olivier Marboeuf
Mixage : Esther Poryles

Les Lignes d’erre de Fernand Deligny

[Les Lilas • France]

 

Contre « l’encastrement » institutionnel dont sont victimes selon lui les enfants autistes, Fernand Deligny, éducateur et poète, les accueille à partir de 1968 dans les Cévennes, dans un lieu de vie et des espaces au sein desquels ils peuvent librement circuler. Ces enfants, selon lui, sont simplement « mutistes », dans la mesure où ils refusent notre langage. Afin d’entrer en communication avec eux, les éducateurs le suivent dans leurs pérégrinations et reportent consciencieusement sur le papier les « lignes d’erre », tentatives de captation de ce qui constitue leur manière d’être au monde. Ces cartes, aussi splendides que fragiles, nous offrent une autre conception de l’espace et de ce qui l’anime.

 

Julien Zerbone est historien de l’art et critique d’art, il collabore notamment aux revues 303, Critique d’art et 02. Intéressé aux relations entre art et histoire politique et sociale, aux problématiques de l’art et du monde du travail et de la culture populaire, il met en place des cycles de rencontres et de conférences dans différentes structures de la région nantaise (maison des arts de Saint-Herblain, FRAC Pays de la Loire, Site Saint-Sauveur de Rocheservière..). Il intervient par ailleurs dans le cadre de projet tuteurés au sein du Département Histoire de l’art de l’Université de Nantes.

Alien(s)kin : Queer other other lands of here

Alien(s)kin: Queer other Other Lands of Here est une performance poétique audiovisuelle qui traite du pouvoir d’action de la « POC » (‘Person of Colour’) queer, depuis les marges supposées, comme disruptions des récits et chrono-géographies dominants. Se jouant des limites et frontières, un oeil sur « l’espace » comme lieu de réalisation et de création de zones alternatives d’espace/temps — des zones où les récits alternatifs respirent et sèment des géographies transitoires.

 

Jamika Ajalon est une artiste pluridisciplinaire qui travaille de nombreux médiums indépendamment mais aussi en fusion, incorporant textes écrits et parlés, sons, musiques et visuels. Nomade, elle grandit aux Etats-Unis avant de vivre de nombreuses années en Europe, notamment au Royaume-Uni et en France. Au fil de voyages, notamment dans divers pays d’Afrique, elle a rencontré et collaboré avec d’autres artistes et universitaires qui récusent les « frontières », externes comme internalisées, et sèment des graines. Fan de science-fiction, elle a toujours considéré « l’espace » comme un lieu de réalisation et de discussion des futurs possibles. Ses publications et performances ont été diverses. Elles incluent une série d’anti-conférences audiovisuelles explorant la mémoire et la subjectivité nomade au travers d’un prisme « afrofuturiste ». Le long de sa route, elle a eu le plaisir de performer, enregistrer, tourner, publier et exposer/projeter son travail à Vienne, Londres, Berlin, en Afrique du Sud, au Sénégal, à Kampala, à Paris…

 

www.jamikaajalon.com

https://www.facebook.com/jamikaajalon.artistpage

[Les Lilas • France]

En 1974, pour son inauguration, une fondation d’art à Vaduz demande un texte au poète Bernard Heidsieck. Embarrassé par cette commande (que dire d’une ville inconnue du Liechtenstein ?), c’est en tournant autour de son sujet que celui-ci finit par le trouver. Il prend une carte et trace une série de spirales concentriques. Tourner autour de Vaduz, vouloir parler de tout ce qu’il y a en dehors du plus petit du monde devenu son centre, recopier toutes les ethnies du globe, exposer dans un tourbillon de langues la richesse des peuples ; tel est le défi de Vaduz.

Dans cette conférence ponctuées d’extraits de performance, Hafida Jemni et Philippe Di Folco, tous deux proches du poète disparu en 2014, reviennent sur la genèse de cette œuvre emblématique et sur le parcours d’un poète qui dédia sa pratique à la performance et à l’expérimentation, sortant le texte du livre pour ouvrir la voie de la poésie sonore contemporaine.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivit à Khiasma : à 18h30,Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny puis, à 20h30,Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

[Les Lilas • France]

Pays des Amazones, royaume du prêtre Jean, terre de Barbarie… racontées, fantasmées, recherchées à travers le globe en des temps plus ou moins reculés, les contrées rêvées des voyageurs ont longtemps hanté les songes et les récits des grands voyageurs. Ces terres nimbées d’une aura mystérieuse, entourées de légendes ou totalement mythiques, prennent aussi bien la forme de continents : le Gondwana, l’Atlantide ou Mû, d’îles comme celle de Cythère, de pays telle la Colchide où repose la Toison d’or, sans oublier les royaumes comme celui des Cimmériens que l’on dit ténébreux…

Cet Atlas invite à une exploration de ces contrées rêvées, dans le compagnonnage des grands explorateurs du 16e siècle, mais aussi des poètes, polygraphes et érudits, de tous les temps. À partir des cartes et des récits qu’il y a rassemblés, Dominique Lanni propose à notre jeune public une « conférence contée » sous forme de carnet de voyage imaginaire.

 

Après cette conférence, l’événement Relectures 17 s’est poursuivi à Khiasma : à 17h, conférence d’Hafida Jemni et Philippe Di Folco, « Autour de Vaduz » ; à 18h30, Julien Zerbone nous a parlé des ‘lignes d’erre’ de Fernand Deligny ; puis, à 20h30, Violaine Lochu a clôturé le festival avec sa performance « Songline ».

octobre 2016

Ateliers Son et Mouvement – 2

[Paris XXe • France]

 

Compte rendu de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. 

La deuxième année de l’atelier de la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau, porté sur le son et le mouvement, a mené les élèves à réaliser un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

 

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse des dépôts et consignations.

 

Son : Hélène Cœur – Mouvement : Milena Gilabert

Ateliers Son et Mouvement – 1

[Paris XXe • France]

 

Compte rendus de l’atelier son et mouvement de l’année scolaire 2016-2017. La deuxième année de l’atelier ans la classe de Camille Bedel à l’école Le Vau porte sur le son et le mouvement.

Les élèves réalisent un « reportage » enregistré, compte rendu de fin de séance.

Ces projets ont été produits par Khiasma et financés par la Fondation de France, la Ville de Paris et la Caisse de dépôts et consignations.

Son : Hélène Cœur – Mouvement : Milena Gilabert

Une Classe Polyglotte

[Paris XXe • France]

 

Les enfants de la classe de Camille Bedel, à l’école Le Vau parlent plusieurs langues, ils se sont enregistrés.

 

Atelier son et photo mené pendant l’année scolaire 2016-2017 avec le plasticien Yo-yo Gonthier.

 

Prises de son : les élèves
Montage mixage : Hélène Cœur

Glossolalie (2011-…)

[Les Lilas • France]

 

Liant art contemporain et poésie, glossolalie 2011-(…) est une oeuvre multiforme et plurilingue qui construit un récit — une épopée — poétique et plastique dans les 7000 langues de la planète. l’oeuvre-récit s’invente langue après langue, et doit son existence même dans ce passage d’une langue à une autre. elle n’existe que parce qu’elle crée un espace d’écriture qui est un seuil : celui où se rejoignent la nature propre de chaque langue et celle de l’auteur au moment où il écrit.

Son objet est de dire le monde dans/selon l’ensemble de ses langues. dire le monde, c’est travailler un large spectre de modes d’écritures : d’une langue première (ou de sa projection) aux dynamiques d’écritures contemporaines, en passant par des fragments d’histoires, par des récits de segments d’événements, des listes, etc.

S’agglomèrent ainsi dans glossolalie 2011-(…) des temps d’avant le temps, des récits qui semblent contemporains des mythes, d’autres relatifs à des époques historiques — sans jamais s’appuyer, cependant, sur des faits réels reconnaissables. il y aurait ainsi dans chaque fragment en langue quelque chose de famillier, qui évoquerait des invariants de l’histoire humaine, plutôt que des faits attestés — choix ancré d’ailleurs dans la conviction que le fait historique est souvent (toujours ?) rédigé dans la langue des vainqueurs, et qu’il y a donc tout lieu de le questionner…

 

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Éléments pour les années 00

[Les Lilas • France]

 

 

Il n’y a plus d’Histoire, depuis vingt-cinq ans il n’y a plus d’Histoire avec un grand H, l’Histoire avec un grand H s’est achevée avec le triomphe de la démocratie et désormais il n’y a plus d’Histoire, juste des histoires. Petites. Des repères. Il ne se passe rien. Dit-on. Rien.
Et dans ce rien submergé d’immédiateté, l’occident vainqueur vit. Bien. Protégé. Kim Kardashian va bien. François Pinault va bien. Autour ça grouille un peu, ça soubresaute, mais à l’intérieur ça va. Bien. Il ne se passe rien de grave. Ou pas grand-chose. Des guerres ailleurs, des maladies, des attentats ici…
Consigner ce rien, ou ce pas grand-chose, devient dès lors un défi. Puisque nous vivons bien, que vivons-nous bien, ici ?
Pour ces Eléments pour les années 00, Emmanuel Adely qui vient d’achever sa résidence au Musée commun, propose vingt-cinq ans de ce rien pacifique au travers d’un quotidien économique qui est notre plus petit dénominateur commun, strié de textes issus des ateliers donnés pendant l’année et de nouvelles telles que le 11-Septembre, Fukushima, des attentats : un puzzle dont chaque jour est une pièce surprenante qui s’emboîte aux autres pour donner un tableau final aussi drôle que désespérant.

Dans le cadre du festival Relectures 17, organisé à Khiasma du 29 septembre au 8 octobre 2016.

Tendez l’oreille… ! Anne-Laure Pigache et Anne-Julie Rollet invitent à un voyage de 15 minutes à travers une pièce sonore. Une expérimentation de l’écoute, des jeux de voix, de conversations et de chorales de mot réalisés avec un groupe de 18 personnes accueillies pendant une résidence au Générateur au printemps 2016.

 

Écouter le marché de Gentilly un samedi de février //// Écouter comment ça parle //// S’enfermer en cabine pour mieux s’enregistrer //// Répéter tout ce que dit l’autre //// Écouter la radio //// Parler, moduler, changer de langue //// Quel est l’espace depuis lequel on parle ? //// Quel est l’espace dont Perec parle ? //// Quel espace aime-t-on traverser ? //// Dans quel espace aime-t-on rester ?

Anne-Laure Pigache & Anne-Julie Rollet
Avec les voix de Lise-Marie Baccan, Ghislaine Bergeroô, Irina Telkova, Marianne Roubaud, Nina Cholet, Aurore Laloy, François Durif, Bruno Siberchicot, Rémi Dauriac, Marie-Pierre Lepeintre, Christelle Delhommois, Pho Buu, Dorothée Beuzit.

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