▼ Mois
▼ Auteur-s
 

[Noisy-le-Sec • France • 12 mars 2016]

 

“Comment sortir du paysage ? Comment dépasser ce que Monet appelle une “malheureuse spécialité” ? La solution va se trouver pour lui dans un motif prélevé dans le paysage mais qui en diffère parce qu’indéfiniment répété. À la fin de l’été 1889, peu après une visite à Giverny de Berthe Morisot et de Mallarmé, le peintre s’arrête devant une meule ; il a trouvé son objet.”

 

Marianne Alphant est écrivain et critique littéraire française.
Normalienne et agrégée de philosophie, Marianne Alphant a travaillé pour le journal Libération de 1983 à 1992. Elle a dirigé les  “Revues parlées” du Centre Pompidou de 1993 à 2010. Elle a écrit plusieurs livres sur Monnet, dont, Monet : une vie dans le paysage, Hazan, Paris, 1993  (2010)

“Délégation et protocoles photographiques de l’art conceptuel” par Guillaume Le Gall, maître de conférences en histoire de l’art à l’Université de Paris-Sorbonne

[Noisy-le-Sec • France • 12 mars 2016]

 

Douglas Huebler est un des premiers artistes à avoir utilisé la photographie au sein de systèmes définis comme conceptuels. Il est surtout celui qui dans ce mouvement en a fait un usage continu et protéiforme. D’un côté l’appareil photographique lui permet de décrire et de produire des fac-similés des objets du monde, de l’autre, il lui permet d’imaginer des dispositifs qui accompagnent ses énoncés. Ces dispositifs photographiques dépendent des protocoles décrits dans les énoncés conceptuels. Néanmoins, nous verrons que, malgré les apparences, ces protocoles laissent une large place à l’approximation.

 

Guillaume Le Gall est maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université de Paris-Sorbonne et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa médicis). Il a été commissaire d’expositions sur la photographie contemporaine (“Fabricca dell’immagine”, Villa Médicis en 2004, “Learning Photography”, FRAC Haute-Normandie en 2012), et co-commissaire des expositions sur Eugène Atget (“Eugène Atget, Une rétrospective”, Bibliothèque Nationale de France en 2007), la photographie surréaliste (“La Subversion des images”, Centre Pompidou en 2009). Il a récemment publié La Peinture mécanique aux éditions Mare et Martin et dirigé les deux derniers Carnets du BAL.

“L’émotion et la créativité des intelligences artificielles” par Angelica Lim, chercheuse en intelligence artificielle et en robotique

[Noisy-le-Sec • France • 27 février 2016]

 

“L’émotion et la créativité des intelligences artificielles”
Au Japon, les robots humanoïdes jouent dans des pièces de théâtre, suscitant l’empathie et parfois même, ils tirent quelques larmes aux spectateurs. Dans cette conférence, nous expliquerons comment les recherches en robotique trouvent l’inspiration dans des domaines tels que la musique, le théâtre, l’humour, et pourquoi les émotions et la créativité posent les problèmes les plus difficiles à résoudre dans les recherches sur les intelligences artificielles aujourd’hui. Quel est l’état actuel de l’intelligence artificielle, et comment les robots sont-ils touchés par son évolution ?  Dans quelle mesure, un robot peut il développer une intelligence émotionnelle ou être créatif ?

 

Angelica Lim est ingénieure en robotique et spécialiste de l’intelligence artificielle. Elle est diplômée d’une licence en sciences informatiques (spécialité intelligence artificielle) de l’université canadienne Simon Fraser ainsi que d’un master et d’un doctorat en informatique (mention iIntelligence artificielle et traitement du signal)  de l’Université de Kyoto. Elle est également journaliste pour le blog  IEEE Spectrum Robotics Blog Automaton.
Elle travaille actuellement pour Aldebaran, une entreprise développant des robots humanoïdes. http://www.angelicalim.com

[Noisy-le-Sec • France • 27février 2016]

 

Aux cours des prochaines décennies, il conviendra de répondre à une demande accrue de produits agricoles et alimentaires sur le marché mondial avec des surfaces agricoles en voie de réduction du fait de l’extension des villes sur les meilleures terres arables. Mais l’augmentation des rendements à l’hectare ne pourra intervenir que si l’on parvient à préserver la fertilité des sols. Les formes d’agriculture industrielle qui tendent à s’imposer de nos jours contribuent malheureusement à dégrader celle-ci du fait de phénomènes très divers : érosion, lessivage, salinisation, compactation, etc. La question est donc de savoir comment il nous sera possible d’accroître les rendements agricoles sans mettre en péril la fertilité de nos terroirs et à quelles conditions.

 

Marc Dufumier est un agronome et enseignant-chercheur français à la chaire d’agriculture comparée et de développement agricole à AgroParisTech qu’il a dirigée de 2002 à sa retraite en 2011, et où il fut le successeur de René Dumont et de Marcel Mazoyer. Il a été impliqué dans la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation de nombreux projets et programmes de développement agricole, en France comme à l’étranger, notamment dans les pays du Sud.

[Noisy-le-Sec • France • 13 février 2016]

 

Pourquoi s’intéresser au concept de passivité aujourd’hui, et plus particulièrement dans le contexte de l’art ? A quelles normes, à quelles limites, et à quelles institutions la passivité nous renvoie t-elle ?

 

Dans cette conférence, je souhaite introduire l’expérience hypnotique comme un moment inaugural d’une remise en question de la passivité dans le champ de la pensée et de l’action. J’affirmerai que la passivité ne peut pas s’inscrire en opposition à l’activité ; j’insisterai sur la nécessité de ne pas penser la passivité en dehors de la relation entre soi et l’autre. J’émettrai l’hypothèse que l’action dépend étroitement d’une pensée de la passivité. Je tenterai de proposer différentes approches du concept de passivité qui émergent au carrefour de la théorie et de la pratique dans des contextes distincts. Ainsi je montrerai que la passivité entretient des relations privilégiées avec les concepts de soin, d’expérience et de dépossession, soulignant qu’un concept augmenté de la passivité met en lumière une capacité de résistance et de transformation de nature politique.

 

Enfin, j’envisagerai les enjeux qui accompagnent ce questionnement du concept de passivité dans le contexte de la pratique curatoriale. Je proposerai de considérer la passivité comme un moteur essentiel du déplacement de la figure du commissaire d’exposition hors des frontières qui délimitent habituellement son champ d’action, mettant à mal nombre d’injonctions et modes d’assujettissement qui s’imposent à elle (ou lui). Je privilégierai les relations de la passivité à l’observation, à la remise en question de l’autorité et de la notion d’auteur, et au renoncement à la position d’expert, de détenteur du savoir, au profit de celle d’amateur. Chacune de ces positons s’incarnera dans des exemples spécifiques de pratique, ou d’exposition.

 

Vanessa Desclaux

 

Vanessa Desclaux est commissaire d’exposition indépendante, critique d’art et enseignante à l’école nationale supérieure d’art de Dijon. Sa thèse en art/curating soutenue au Goldsmiths College à Londres en 2016 interroge les conditions au sein desquelles la pratique curatoriale et la figure du commissaire d’exposition opèrent et se transforment.

 

Franck Leibovici – Après la pluie et les brûlots, et au ras des pratiques

Un enjeu théorique et pratique pour l’art contemporain: représenter l’institution.
Une soirée autour des éditions Questions Théoriques.

 

Comment mettre en question l’institution-art, alors que l’on a pris acte de l’échec du projet critique global des avant-gardes, de celui de l’art de la critique institutionnelle (Daniel Buren), et que le champ de l’art ne cesse de s’ouvrir aux acteurs majeurs de l’économie néo-libérale (industrie du luxe par exemple) ? Quels outils mobiliser pour engager un travail de représentation de l’institution – de ses mécanismes, de ses limites mais aussi, peut-être, de ses potentialités ? 

 

 

Transcriptions :
العربية

Franck Leibovici, artiste et théoricien dont les ouvrages sont notamment publiés par les éditions Questions théoriques, exposeront leurs positions respectives sur ces questions cruciales.
www.questions-theoriques.com

Olivier Quintyn — Avant l’orage : valences ou vacance(s) de l’avant-garde ?

Un enjeu théorique et pratique pour l’art contemporain: représenter l’institution.
Une soirée autour des éditions Questions Théoriques.

 

Comment mettre en question l’institution-art, alors que l’on a pris acte de l’échec du projet critique global des avant-gardes, de celui de l’art de la critique institutionnelle (Daniel Buren), et que le champ de l’art ne cesse de s’ouvrir aux acteurs majeurs de l’économie néo-libérale (industrie du luxe par exemple) ? Quels outils mobiliser pour engager un travail de représentation de l’institution – de ses mécanismes, de ses limites mais aussi, peut-être, de ses potentialités ? 

Transcriptions :
العربية

Olivier Quintyn, théoricien et cofondateur des éditions Questions Théoriques, auteur du récent Valences de l’avant-garde.

Mutando – soirée de clôture de la résidence d’Alice Rivières

[Les Lilas • France]

Un boa constrictor & des Xmen, des modes d’existence & du jeu vidéo, de la réalité virtuelle & de la divination, de la science-fiction & des entendeurs de voix, des souris huntingtonniennes & des romans policiers : une pensée en zigzag qui prend de multiples chemins pour aller quelque part, afin de croiser le plus de personnes possible sur sa route.
 
La résidence « MUTANDO » se présente comme le déploiement d’un projet d’écriture ambitieux et innovant à l’intérieur même de l’espace Khiasma, devenu chambre d’échos de la collectivité des voix habitant le « personnage conceptuel » d’Alice Rivières. Catalyseur spéculatif pour la narration d’autres possibles de ce « devenir hungtintonien », c’est à travers elle que le collectif Dingdingdong (Institut de coproduction de savoir sur la maladie de Huntington) fictionne d’autres rapports au monde, à la pensée et aux savoirs. Construisant, depuis l’expérience de la maladie et avec les usagers , artistes, médecins et chercheurs qui le composent, autant de « savoirs situés », il accompagne Alice Rivières dans « la longue marche de sa métamorphose neuroévolutionnaire » à mesure des multiples récits dont elle fait l’objet (Manifeste, notes de voyage, vidéo, spectacle, jeu-videos…), et nourrit l’écriture de Mutando : roman huntingtonien d’auto-science fiction, où Alice Rivières cherche à trouver une langue adéquate au corps mutant qui est le sien.
 

Dans le cadre du festival « Hors limites », organisé par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis, et de la résidence d’écrivain d’Alice Rivières à l’Espace Khiasma, un programme conduit par le service livre de la Région Île-de-France

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

A l’occasion des « Lignes d’Erre » organisées entre les centres d’art de Seine-Saint-Denis (entre les laboratoires d’Aubervilliers, l’espace Khiasma, la Galerie de Noisy-Le-Sec, Synesthésie), Violaine Lochu a réalisé les pièces sonores SongLines. S’inspirant de traditions des aborigènes d’Australie (chez qui les songlines ont pour fonction, entres autres, de décrire un parcours entre deux points éloignés), elle s’est déplacée en grande banlieue sans carte, demandant aux personnes croisées sur son chemin de lui indiquer la direction. Les pièces réalisées à partir de ces marches s’apparentent à des cartographies orales, mêlant indications géographiques et textures sonores collectées sur le parcours.

Accueilli en résidence à l’atelier de Lindre-Basse, au cœur d’une réserve d’oiseau, Violaine Lochu pour la lettre U comme ululer, a cherché à explorer les possibilités ornithologiques de sa voix. Pour composer cette performance vocale, elle s’est inspiré du ululement des chouettes effraie et hulotte mais aussi d’autres oiseaux vivant à proximité ; cigogne, butor étoilé, locustelle, foulque, pinson, vanneau huppé, pouillot véloce, caille des blés, milan noir, hirondelle…

Pour la lettre R de son abécédaire, Violaine Lochu explore le principe de répétition au cours d’une courte performance vocale. Elle prend comme matériel d’exploration des mots dont on nous rabâche quotidiennement les oreilles ; slogans publicitaires, formules politiques, chansons populaires, répondeur téléphonique…  et se met à les répéter tant et tellement que leur pouvoir d’aliénation se révèle et s’annule à la fois, les mots si souvent entendus deviennent comme étrangers, se retournent sur eux même pour devenir matière sonore et poétique.

août 2016

Comment entendons-nous notre propre voix ? Quels rapports entretenons-nous avec elle ? Quelles sonorités aimons-nous ou au contraire détestons-nous en elle ? Telles sont les questions que Violaine Lochu a posé aux habitants du Saulnois lors de sa résidence à la Synagogue de Delme, mais également à des professionnels de la voix (chanteuses, comédien, professeur…). Il est conseillé d’écouter cette pièce sonore au casque.

Pour la lettre B de son Abécédaire vocal, Violaine Lochu est allée enregistrer les babils des enfants âgés de 8 à 10 mois du Multi-accueil de Dieuze. Elle a ensuite composé cette pièce sonore en baissant la fréquence des voix des tout petits afin qu’elles s’apparentent à celles d’adultes. Les sonorités ainsi produites oscillent entre paroles préhistoriques, chants ancestraux ou encore langage extraterrestre…

Dans le cadre de son projet de résidence Abécédaire vocal, à la synagogue de Delme, Violaine Lochu a interviewé Claire Gillie. Comme son nom l’indique, cet entretien est découpé en vingt-six thèmes classés par ordre alphabétique où Claire Gillie aborde certains de ses concepts en liaison avec son travail psychanalytique et anthropologique autour de la voix.

 

Claire Gillie est Analyste Membre d’ Espace Analytique (A.M.E.a), Membre d’Insistance et affiliée à Convergencia, Membre du CIAP (Cercle International d’Anthropologie Psychanalytique), Membre de l’AFA (Association Française des Anthropologues),Chercheur associé au CRPMS (Centre de Recherche Psychanalyse Médecine Société) Paris 7. Elle est également Docteur en Anthropologie Psychanalytique, Professeur agrégé de l’enseignement supérieur, et ayant fait une traversée de Chercheur dans les champs de la musicologie, l’ethnomusicologie (CNRS / Musée de l’Homme), les sciences de l’éducation, la sociologie (DEA de sociologie) et l’anthropologie psychanalytique (CNRS/Paris 7). 

 

 

Le hurlement est sans doute le son le plus animal que peut émettre l’homme. Jouant de cette ambigüité, Violaine Lochu crée cette pièce sonore à partir de cris d’enfants oscillant entre chant d’oiseau, langage sifflé de Gomera ou encore joute vocale.

.

Violaine Lochu est allée à la rencontre d’une soixantaine de personnes pour leur demander de lui chuchoter un secret, un mot doux, une rumeur, une confidence, une médisance… A partir de ce matériau recueilli, l’artiste propose cette pièce sonore qui par un jeu de montage révèle et cache à la fois les confidences, faisant du chuchotement une véritable texture sonore.

Première lettre de l’alphabet, le A est ici privatif : aphonie – sans voix. Dans le cadre de son projet de résidence Abécédaire Vocal, à la Synagogue de Delme, Violaine Lochu a composé cette pièce sonore à partir d’entretiens auprès de personnes ayant vécu ce symptome.

 

juillet 2016

SEMES / récit 6 : Dominique Le Brun

[Les Lilas • France]
A partir d’histoires de naufragés, nous observerons comment se jouent, se rejouent et/ou se délitent les fondements d’une société nouvelle.
Juriste, journaliste et écrivain voyageur, Dominique Le Brun est auteur de plusieurs anthologies autour de la littérature de voyage et des récits maritimes.

 

Depuis octobre 2013, Vincent Chevillon développe SEMES, un projet itinérant en plusieurs points géographiques. Initié au travers de l’océan Atlantique à bord d’un voilier, ce projet se développe aujourd’hui en Europe au cours de résidences et de voyages. Pour cette exposition monographique à l’Espace Khiasma, il joue sur l’agencement et le déplacement de particules de sens, des sèmes. Composée de récits, d’images, de sculptures ouvragées tout autant que d’objets trouvés ou de collections privées, son installation évoluera au fil de quatre séquences comme le rituel répété de mise en espace d’une carte mentale, provoquant sans cesse de nouvelles lectures, accidents et syncrétismes. Manière pour l’artiste de rendre compte d’une pratique de dérive hantée par l’imaginaire des grands récits d’explorateurs autant que par les fantômes obsédants de l’histoire coloniale.

Enregistré à l’Espace Khiasma le samedi 22 mai 2016, dans le cadre de l’exposition SEMES de Vincent Chevillon
Mixage : Esther Poryles

Mélanges

07.2016

Création sonore

Vie

1:33:54

 

Ce mix est une collection de sons sélectionnés par celles et ceux qui font ou ont fait usage de l’association Vie. Son caractère contingent en appellera d’autres. L’assemblage est le fruit d’une personne, qui vous souhaite une bonne écoute, comme tout le reste du réseau !

 

 

 

 

Celles et ceux qui veulent connaître la référence d’un morceau peuvent nous écrire à augustin.soulard@gmail.com

↓   Suivants   ↓